Comité japonais de commerce et d'information

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Le comité japonais de commerce et d'information ou Jikyoku Iinkai (時局委員会, « Comité pour l'état actuel des affaires »?) est une organisation de propagande pro-japonaise active aux États-Unis de 1937 à 1940.

La plupart de ses anciens membres et des propagandistes rémunérés sont jugés et incarcérés après l'attaque de Pearl Harbor.

Fondation du comité[modifier | modifier le code]

Le comité est établi le par le consulat japonais de San Francisco avec la proche coopération d'hommes d'affaires japonais locaux[1],[2]. Situé au 549 Market Street[3], il est créé peu de temps après le déclenchement de la seconde guerre sino-japonaise dans l'objectif d'influencer l'opinion publique américaine au profit du Japon et contre la Chine[4]. Son objectif officiel est de promouvoir l'« amitié traditionnelle » entre les États-Unis et le Japon[3].

Opérations[modifier | modifier le code]

Un message secret envoyé au consulat japonais par le ministère japonais des Affaires étrangères affirme que le comité est la principale organisation de « création de propagande et d'information aux États-Unis[5] ». Il est dirigé par K. Takahashi, un responsable local de la Nippon Yusen Kaisha jusqu'au , puis par un responsable de Mitsubishi, S. Takeuchi, avec Tsutomu Obana, secrétaire de la chambre de commerce japonaise de San Francisco, en tant que secrétaire du comité[6].

Après le vote de la loi sur l'enregistrement des citoyens étrangers (en) en 1938, le comité est enregistré comme une agence contrôlée par des citoyens japonais, mais Tsutomu Obana cache que l'organisation est directement financée et dirigée par le gouvernement japonais[7],[8]. Le comité investit au moins 175 000$ pour promouvoir les idées pro-japonaises[9],[10]. Parmi les individus qui ont fondé l'organisation, Frederick Vincent Williams reçoit chaque mois 300$ pour écrire des articles pro-japonais, des discours, et des messages radiophoniques[11], David Warren Ryder écrit une série de pamphlets intitulés « Affaires extrême-orientales », et Ralph Townsend (en) imprime des pamphlets avec le soutien du comité[12],[13].

Fin de l'organisation et suites[modifier | modifier le code]

Comme le FBI intensifie sa surveillance des citoyens étrangers, le consulat japonais devient une cible privilégiée en raison de ses activités secrètes avec le comité[5]. Celui-ci est dissous le [6],[2].

Cependant, une enquête fédérale sur la propagande japonaise est lancée en novembre 1941 et découvre le travail que le comité a effectué de 1937 à 1940[14],[15], et le , le gouvernement américain attaque Townsend, Ryder, et Williams, pour violations de la loi sur l'enregistrement des citoyens étrangers, ainsi que Tsutomu Obana pour dissimulations d'informations sur le comité[9],[4], Townsend et Ryder sont accusés d'avoir travaillé pour des étrangers sans s'enregistrer, et alors que Williams était enregistré, il est accusé de fausses déclarations lors de son enregistrement[16]. Obana et Townsend plaident coupables, mais Townsend nie avoir travaillé pour le compte du Japon. Ryder et Williams clament leur innocence et leur ignorance que le comité était dirigé par le gouvernement japonais[17], mais les deux hommes sont incarcérés en juin[12] Tous les quatre reçoivent des peines de prison[12]. Le gouvernement américain accuse également Takahashi et Takeuchi de conspiration mais ils avaient déjà quitté le pays à ce moment-là[9],[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. United States Office of Government Reports, "Foreign Agent Indictments," Information Digest, January 28 1942, 6.
  2. a et b "6 Americans, Japanese Indicted In Grand Jury Propaganda Probe," Utica NY Daily Press, January 29, 1942
  3. a et b "20 Sign As Agents Of Foreign Groups," New York Times, November 30, 1938
  4. a, b et c Dillard Stokes, "Scribner's Writer Seized As Jap Agent," Washington Post, January 29, 1942
  5. a et b Peter O'Connor, “General Introduction,” in Japanese Propaganda: Selected Readings, Series 2, Volume 1, ed. Peter O'Connor (Tokyo: Edition Synapse, 2005), 35
  6. a et b "Six Indicted For Distributing Pro-Jap 'News'," Racine Journal Times, 28 January 1942.
  7. "Federal Jury Indicts Japanese and Americans on Spy Charges," Christian Science Monitor, January 28, 1942.
  8. Dillard Stokes, "Axis Inquiry Now Seeking Aid of Army," Washington Post, May 16, 1942
  9. a, b et c "Six Are Indicted As Japan's Agents," New York Times, January 29, 1942
  10. Dillard Stokes, "Evidence Traces Million Yen From Tokyo To Agency U.S. Retailing Jap Propaganda," Washington Post, May 14, 1942
  11. "106 Register As Foreign Agents Here," Washington Post, October 11, 1938
  12. a, b et c Dillard Stokes, "Jap Agents Given Jail Terms, Lecture," Washington Post, June 6, 1942
  13. Sydney Greenbie, "Ryder-Williams Trial Unwinds Japanese Intrigue," Christian Science Monitor, June 3, 1942.
  14. "Six Indicted For Distributing Pro-Jap 'News'," Racine Journal Times, 28 January 1942.
  15. "Three Americans Held as Jap Agents After Skillful Sleuthing by G-Men," Port Arthur News, 9 February 1942
  16. Special Committee on Un-American Activities, Investigation of Un-American Propaganda Activities in the United States (Washington DC: United States Government Printing Office, 1943), 214.
  17. Dillard Stokes, "Justice Goldsborough Clashes With Jap Agents' Counsel," Washington Post, May 27, 1942

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barak Kushner, The Thought War: Japanese Imperial Propaganda (Honolulu: University of Hawaii Press, 2006)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]