Comité d’action antibolchévique

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Image de l'exposition Le Bolchevisme contre l'Europe.

Le Comité d’action antibolchévique (CAA) est une organisation collaborationniste française pendant l'Occupation allemande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Comité d’action antibolchévique est fondé par Louis-Charles Lecoc et Jean Gontier de Vassé; ils proposent en avril 1941 la présidence à l'écrivain de marine Paul Chack, qui accepte[1]. Le CAA se fait connaître publiquement peu après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, en vue d'apporter son soutien à cette dernière, par des appels publiés dans la presse en juillet, qui se targuent de suivre l'action de Pétain[2].

L'activité principale du CAA sera le soutien à la Légion des volontaires français contre le bolchévisme, dont il devient quasiment une annexe, chargée de la propagande. Le 8 août 1941, il tient ainsi un meeting salle Wagram avec Eugène Deloncle et Jean Fontenoy[3]. Chack appelle à lutter contre le « judéo-bolchevisme »[4].

Le CAA siège au 14, avenue de l'opéra à Paris. Il édite toute une série d'opuscules dans lesquels l'anticommunisme se mêle à un antisémitisme forcené. En octobre 1941, Chack se vante de la publication de 3 200 000 tracts: Le parti des traîtres (100 000), La révolution socialiste (511 000), Le parti communiste et les colonies françaises (100 000), Le parti communiste et la défense nationale (100 000), Le communisme, exploitation juive (200 000), Staline, tu as trahi le prolétariat (500 000), Vingt-cinq ans de bolchevisme (2 000 000). etc. Et de brochures contenant de nombreuses photographies comme Le paradis des soviets, diffusée à 140 000 exemplaires[5]. Il travaille de concert avec un Centre d'études antibolcheviques, animé par Lecoq et Chaumet à partir de 1942 et installé au 21, rue de la Boétie, dans le même immeuble que l'Institut d'étude des questions juives[6].

Il organise par ailleurs plusieurs campagnes et expositions sur les mêmes thèmes. Une exposition d'affiches itinérante à travers les principales villes françaises est ainsi organisée à partir de mars 1942, intitulée « Le Bolchevisme contre l'Europe ». Sa propagande caricaturale reste l'un des exemples type de la collaboration.

Proche du Rassemblement national populaire, parti collaborationniste de Marcel Déat, le Comité d’action antibolchévique participera également à l'éphémère Front révolutionnaire national (tentative avortée de parti unique) lancé par Marcel Déat en 1943[7].

Le CAA a cherché également à recruter[8]. Il n'a compté qu'environ un millier de membres (dont bon nombre appartiennent aussi à d’autres organisations de la Collaboration). Ses membres sont invités à pratiquer une activité de propagande mais aussi à détecter les communistes, les « enjuivés », les anglophiles, les adversaires de la Révolution nationale et à se mettre en relation aussi bien avec les autorités françaises que les autorités allemandes[9].

Dirigeants du Comité d’action antibolchévique[modifier | modifier le code]

  • Président : Paul Chack, officier de marine, écrivain, président de l’Association des écrivains combattants et du Cercle aryen, fusillé pour collaboration en 1945
  • Adjoint : Louis-Charles Lecoconnier (dit « Lecoc »), avocat parisien, ancien membre du Parti social français, responsable de la propagande, secrétaire général de l'exposition Le bolchevisme contre l'Europe, directeur général du Centre d'études antibolcheviques, lié à l'Institut d'étude des questions juives[10].
  • Jean Gontier dit Gontier de Vassé, secrétaire général, ancien inspecteur général pour l'Afrique du Nord des automobiles Delage dans l'entre-deux-guerres[11], ancien combattant des deux guerres, il s'est mis au service de la propagande allemande, relatant en 1940-1941 dans un livre, dans des conférences, à la radio et au cinéma, son emprisonnement par le Royaume-Uni au lendemain de Dunkerque et son refus de s'engager pour de Gaulle[12]. Il a participé à des émissions théâtrales à la radio en 1941[13] et a été nommé administrateur d'un « bien juif » en mars 1942[14]. Il est condamné à 5 ans de prison à la Libération[15]
  • André Chaumet, lié au Parti populaire français de Jacques Doriot et à l'Institut d'étude des questions juives (éditorialiste puis directeur politique du Cahier jaune , il a ensuite dirigé sa revue Revivre), journaliste (Paris-Soir, Le Matin), animateur du Centre d'études antibolcheviques, vice-président de l'Association des journalistes antisémites, directeur de l’hebdomadaire collaborateur Germinal fondé en 1944 par Claude Jamet

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, L'antisémitisme de plume
  2. Le Matin, 23 juillet 1941
  3. Paris-Soir, 10 août 1941, Le Matin, 9 août 1941, Le Petit Parisien, 9 août 1941
  4. Le Matin, 2 août 1941
  5. Le Matin, 15 octobre 1941, P. Chack, "Comment protéger la France contre le parti communiste"
  6. Dominique Rossignol, Histoire de la propagande en France de 1940 à 1944, Presses Universitaires de France, 1991, Collectif, L'antisémitisme de plume, op. cit.
  7. Le Matin, 1er mars 1943, Ibid., 12 avril 1943
  8. L'Ouest-Eclair, 17 septembre 1941
  9. Collectif, L'antisémitisme de plume, op. cit.
  10. Le Matin, 20 mai 1941
  11. L'Echo d'Alger, 26 novembre 1931
  12. Max Roussel, Je reviens d'Angleterre, Fournier, 1941 ( témoignage de Gontier ), Notice de l'ouvrage sur le site ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr,Le Matin, 7 mars 1941, Paris-Soir, 29 octobre 1940, "Un soldat de Dunkerque vous parle", Paris-Soir, 30 octobre 1940, "Un soldat de Dunkerque vous parle",Paris-Soir, 3 novembre 1940, Jean-Pierre Bertin-Maghit, Les Documenteurs des années noires. Les documentaires de propagande, France 1940-1944, Nouveau monde éditions, 2004, Notice biographique sur le site http ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr
  13. Les Ondes, 6 juillet 1941
  14. Les démêlés judiciaires avec l'ancien propriétaire juif de l'immeuble confié à Gontier et que ce-dernier a voulu vendre sont cités dans Philippe Fabre, Le Conseil d'État et Vichy: le contentieux de l'antisémitisme, Publications de la Sorbonne, 2001
  15. Revue d'histoire de la Shoah, N° 179, 2003, p. 132