Combinaison anti-g

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Combinaison anti-g MSF830.

Une combinaison anti-g est un vêtement spécial utilisé principalement par les pilotes de chasse et les spationautes, destiné à empêcher l'apparition du phénomène appelé voile noir, constaté dès la Première Guerre mondiale au cours des combats aériens. Les puissances et manœuvrabilités des aéronefs augmentant rapidement, il devint vite indispensable de protéger les pilotes pour leur permettre d'effectuer des manœuvres aériennes induisant des facteurs de charge très élevés. La combinaison anti-g permet aux pilotes de chasse de résister jusqu'à 9g (positif c'est-à-dire renvoyer le sang dans le cerveau) afin d'empêcher la perte de connaissance.

Historique[modifier | modifier le code]

À l'origine de cette découverte, on évoque couramment le scientifique Sigmund Rascher. Ce médecin nazi, basé dans le camp de Dachau durant la Seconde Guerre Mondiale, avait demandé l'aide d'Himmler car il n'arrivait pas à obtenir de volontaires pour ses expériences pouvant se révéler fatales, et souhaitait donc des prisonniers pour conduire des expériences sur la haute-altitude, en les enfermant dans une chambre d'altitude de la Luftwaffe, mais aussi des tests sur l'hypothermie (d'après une idée du Dr. Erich Hippie de la Luftwaffe, qui échappât au procès de Nuremberg) en les immergeant nus dans de l'eau glaciale, ou en les laissant à l'extérieur, puis en les réchauffant par différentes méthodes (telles que l'eau chaude, l'eau bouillante[1], et même en les mettant au lit avec des femmes nues, sur une idée de Himmler lui-même[2]), ou en les autopsiant lorsqu'ils décédaient durant les tests, afin de se servir des résultats au profit des pilotes de chasse (on recherchait le moyen de les sauver lorsqu'ils tombaient dans la mer du Nord). Il avait ainsi obtenu des déportés du camp de Dachau, ainsi que des prisonniers russes et polonais (et quatre femmes Roms de Ravensbrück).

C'est durant l'Opération Paperclip que des scientifiques nazis (mais non Racher, qui avait été exécuté par Himmler en 1945) ont été utilisés par l'Etat Américain pour développer ou améliorer des technologies, comme la combinaison anti-g.

Officiellement, le principe de la combinaison anti-g a été attribué en 1941 au Canadien Wilbur R. Franks de Toronto. Plusieurs scientifiques ont contribué à son perfectionnement parmi lesquels le neurophysiologiste américain EH Lambert et Forrest Morton Bird.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Au départ, il consistait en un simple sanglage serré de la partie inférieure du corps (cuisses en particulier) pour éviter que le sang ne s'y accumule, provoquant une mauvaise irrigation du cerveau, résultant en une perte de connaissance.

Une autre technique couramment employée consiste à pressuriser le corps à l'aide d'air comprimé.

Les caractéristiques physiologiques du réseau sanguin de la girafe, comme refouler le sang à plusieurs mètres de hauteur, ont été copiées pour sa réalisation[3].

Le principe de fonctionnement des combinaisons modernes développées entre autres en Allemagne sous l'appellation « Libelle » (« libellule » en allemand) est calqué sur un phénomène observé en particulier chez ces insectes dont le vol très saccadé fait subir au corps des accélérations pouvant aller jusqu'à 30 g.

La combinaison contient un liquide circulant librement et venant comprimer les parties basses du corps. Un pilote équipé et entraîné peut résister à des accélérations de 10 g avant de perdre connaissance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Berger, Robert L., « Nazi Science — the Dachau Hypothermia Experiments », New England Journal of Medicine,‎
  2. (en) Letter from Rascher to Himmler, 17 Feb 1943 from Trials of War Criminals before the Nurenberg Military Tribunals, Vol. 1, Case 1: The Medical Case, Washington, DC, US Government Printing Office, 1949-1950, pp. 249–251
  3. (en)Alan R. Hargens, Developmental Adaptations to Gravity/Cardiovascular Adaptations to Gravity in the Giraffe, Life Sciences Division, NASA Ames Research Center (California), 1994, p.12.