Combe-Capelle

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Combe-Capelle
Combe-Capelle
Plan de la colline de Combe-Capelle
par Denis Peyrony (1943)
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Département Dordogne
Protection Logo monument historique Classé MH (1946)
Coordonnées 44° 45′ 15″ nord, 0° 50′ 58″ est

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Combe-Capelle
Combe-Capelle

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Combe-Capelle
Combe-Capelle

Combe-Capelle est un ensemble de gisements préhistoriques situé dans la vallée de la Couze sur la commune de Saint-Avit-Sénieur dans le département de la Dordogne (France). Découvert en 1885, il est connu pour la mise au jour en 1909 d'un squelette humain dénommé l'« Homme de Combe-Capelle ». Ce site paléolithique et mésolithique fait toujours objet de fouilles et, en 2011, la découverte d'un lissoir néandertalien a renouvelé l'intérêt pour le site.

Le squelette est à l'origine des conférences d'été de la vallée de la Couze qui se tiennent annuellement à Montferrand-du-Périgord.

Historique des fouilles[modifier | modifier le code]

En août 1885, le site de Combe-Capelle est découvert par Michel-Antoine Landesque, curé de Lavalade en Dordogne. Il y amène les membres de la Société géologique de France en septembre 1887 pour leur montrer les résultats in situ de ses fouilles[1].

Otto Hauser photographié avec les restes humains mis au jour à Combe-Capelle.

Le , un ouvrier du négociant en art et archéologue autodidacte Otto Hauser, entreprenant des fouilles à l'abri sous roche du Roc de Combe-Capelle, découvre un squelette humain : l'Homme de Combe-Capelle[2].

En 1910, Denis Peyrony loue le terrain du site et commence des fouilles scientifiques, notamment en 1925 au Haut de Combe-Capelle, désigné également sous le nom d'abri Peyrony. À sa demande, le paléontologue et préhistorien Henri-Marc Ami (en) effectue des fouilles importantes entre 1926 et 1931 à Combe-Capelle Bas. Il y creuse une tranchée à flanc de colline de 35 à 40 mètres de long et de 2,5 à 10 mètres de large. Denis Peyrony reprend l'étude du gisement après la mort de Henri-Marc Ami en 1931[3].

Le plateau du Ruffet fait l'objet de fouilles en 1969[4].

À la fin des années 1980 et début 1990, des fouilles sont menées par Harold Lewis Dibble (en) et Michel Lenoir sur les gisements du Haut de Combe-Capelle et de Combe-Capelle Bas[5],[6].

En 2009 et 2010, des fouilles à l'abri Peyrony et au Roc de Combe-Capelle sont reprises par une équipe menée par Shannon McPherron et Michel Lenoir[7].

En 2012 la même équipe, utilisant les meilleures technologies de relevés informatisés et de microscopie électronique, trouve et identifie les plus vieux outils spécialisés connus à ce jour en Europe : des lissoirs en os, servant au travail du cuir, sont mis au jour à l'abri Peyrony et au Pech-de-l'Azé, autre site néandertalien de Dordogne distant de 35 km de Combe-Capelle[8],[9].

Description du site[modifier | modifier le code]

Photographie du site de Combe-Capelle prise en 1909 par Otto Hauser.

Le site de Combe-Capelle descend sur un dénivelé d'environ 40 mètres depuis le plateau de Ruffet jusqu'à la route départementale D26 qui suit la vallée de la Couze (affluent de la Dordogne) à la limite des communes de Montferrand-du-Périgord et de Saint-Avit-Sénieur.

Il est dominé au Nord-Ouest par une carrière exploitée depuis de nombreuses années. Orienté vers le Sud-Est, il comprend quatre lieux, fouillés à différentes époques (voir plus haut l'historique des fouilles).

Plateau de Ruffet[modifier | modifier le code]

Le Plateau de Ruffet est le gisement le plus élevé du site. Il a livré une industrie moustérienne de tradition acheuléenne (MTA), acheuléenne et aurignacienne[4],[6].

Roc de Combe-Capelle[modifier | modifier le code]

Le Roc de Combe-Capelle est un abri sous roche s'ouvrant au pied d'une petite falaise sur la partie haute du versant. Il est connu pour la découverte en 1909 par Otto Hauser d'un squelette humain dénommé « l'Homme de Combe-Capelle »[6] (voir section plus bas).

Haut de Combe-Capelle ou abri Peyrony[modifier | modifier le code]

Cet abri sous roche est situé à environ 60 mètres du Roc de Combe-Capelle, sur la même ligne de la falaise[Quoi ?]. Il est fouillé par Denis Peyrony en 1925, par une équipe menée par Michel Lenoir et Harold Dibble en 1990, et par une équipe conjointe de l'université de Bordeaux I et du Max Planck Institute en 2009-2012. L'abri a livré une industrie lithique moustérienne de tradition acheuléenne, indiquant que le site était occupé par des Néandertaliens. Les objets recueillis sont des petits bifaces cordiformes, des racloirs, des encoches et denticulés[6],[10]. En 2013, fut publiée la découverte de lissoirs en os recueillis en 2011 à l'abri Peyrony. Ces objets, fabriqués à partir d'os de cerfs, sont les outils spécialisés les plus âgés d'Europe. Datés de 50 000 ans, ils ont été attribués à Néandertal car celui-ci n'a été remplacé par Homo sapiens dans cette région qu'il y a 40 000 ans[8],[11].

Combe-Capelle Bas[modifier | modifier le code]

Combe-Capelle Bas s'étend de la partie basse de la colline jusqu'à la vallée. Le gisement a livré des industries rattachées au Moustérien, comprenant notamment des racloirs et des encoches/denticulés[6],[12].

L'Homme de Combe-Capelle[modifier | modifier le code]

Crâne de l'homme de Combe-Capelle.

Ce squelette humain complet est découvert en 1909 lors de fouilles dirigées par Otto Hauser. Celui-ci vend le squelette en 1910, en même temps que celui d'un adolescent néandertalien retrouvé par lui-même en 1908 sur le site du Moustier en Dordogne, au Musée d'ethnologie de Berlin (de) (Museum für Völkerkunde). Ces restes humains font ensuite partie des collections du musée de Préhistoire et de Protohistoire de Berlin (Museum für Vor- und Frühgeschichte). À la fin de la Seconde Guerre mondiale, suite aux bombardements sur Berlin et en particulier sur le Martin-Gropius-Bau accueillant alors le musée, les squelettes sont considérés comme perdus - sauf les crânes qui sont entreposés dans un endroit plus sûr[13]. En 1945, l'Armée rouge transfère de nombreux objets des collections du musée en Union soviétique. En 1958, les Soviétiques retournent à l'Allemagne de l'Est une partie des collections du musée. En 2001, le crâne de l'homme de Combe-Capelle est de nouveau identifié dans ces collections du musée[13]. Ce crâne est exposé au musée de Préhistoire et de Protohistoire, transféré en 2009 au Musée Nouveau de Berlin (Neues Museum).

L'homme de Combe-Capelle a longtemps a été considéré comme vivant au Paléolithique, il y a environ 30 000 ans. En 2011, une analyse du collagène extrait de l'une des dents du crâne conservé à Berlin a montré un âge de seulement de 8550 ans avant le présent, soit un âge calibré d'environ 7600 à 7700 ans avant notre ère, correspondant au Mésolithique[13],[14].

Protection[modifier | modifier le code]

Le site de Combe-Capelle est classé monument historique depuis le [15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel-Antoine Landesque, « Excursion à la station préhistorique de Combe-Capelle », Bulletin de la Société Géologique de France, vol. 15, no 3,‎ , p. 866-869.
  2. (en) Almut Hoffmann, Jean-Jacques Hublin, Matthias Hüls et Thomas Terberger, « The Homo aurignaciensis hauseri from Combe-Capelle - A Mesolithic burial », Journal of Human Evolution, no 61,‎ , p. 211-214 (PMID 21486678, DOI 10.1016/j.jhevol.2011.03.001, lire en ligne).
  3. Denis Peyrony, « Combe-Capelle », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 40, nos 10-12,‎ , p. 243-257 (DOI 10.3406/bspf.1943.5021, lire en ligne).
  4. a et b J. de Heinzelin et Paul Fitte, « Deux sites paléolithiques de plein air dans la vallée de la Couze (Dordogne) », Bulletin de la Société préhistorique française. Étude et travaux, vol. 68, no 1,‎ , p. 335-340 (DOI 10.3406/bspf.1969.4188, lire en ligne).
  5. Dibble & Lenoir 1995.
  6. a b c d et e Harold L. Dibble et Michel Lenoir, « Données nouvelles sur le gisement de Combe-Capelle à Saint-Avit-Sénieur (Dordogne) », Gallia Préhistoire, vol. 39,‎ , p. 31-83 (DOI 10.3406/galip.1997.2149, lire en ligne).
  7. Michel Lenoir et S. McPherron, « Haut de Combe-Capelle »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur pacea.u-bordeaux1.fr (consulté le 23 septembre 2018).
  8. a et b (en) Marie Soressi, Shannon P. McPherron, Michel Lenoir, Tamara Dogandžić, Paul Goldberg, Zenobia Jacobs, Yolaine Maigrot, Naomi Martisius, Christopher E. Miller, William Rendu, Michael P. Richards, Matthew M. Skinner, Teresa E. Steele, Sahra Talamo et Jean-Pierre Texier, « Neandertals Made the First Specialized Bone Tools in Europe », PNAS, vol. 110, no 35,‎ , p. 14186–14190 (DOI 10.1073/pnas.1302730110)
  9. « Néandertal a fabriqué les premiers outils spécialisés en os d'Europe », sur inrap.fr, (consulté le 26 avril 2014).
  10. « New Excavations… », « Max Planck Institute ».
  11. « Les plus anciens outils spécialisés d'Europe attribués à Néandertal », sur maxisciences.com (consulté le 6 septembre 2015).
  12. (en) Hélène Valladas, Norbert Mercier, Jean-Louis Joron, Shannon P. McPherron, Harold L. Dibble et Michel Lenoir, « TL dates for the Middle Paleolithic site of Combe-Capelle Bas, France », Journal of Archaeological Science, no 30,‎ , p. 1443-1450.
  13. a b et c (en) Almut Hoffmann et Dietrich Wegner, « The rediscovery of the Combe Capelle skull », Journal of Human Evolution, no 43,‎ , p. 577-581 (DOI 10.1006/jhev.2002.0588).
  14. (de) Christoph Seidler, « Alter Schädel neu datiert: Forscher entzaubern Steinzeitmann », sur Der Spiegel, (consulté le 23 septembre 2018).
  15. « Gisement préhistorique (Combe Capelle) », notice no PA00082810, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Harold Lewis Dibble et Michel Lenoir, The Middle Paleolithic Site of Combe-Capelle Bas (France) [« Le site du Paléolithique moyen de Combe-Capelle Bas (France) »] (monographie n° 91), University of Pennsylvania Museum of Archaeology, 1995, 363 p. (ISBN 978-0-924171-38-3, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Les industries lithiques du Gravettien du nord de l’Aquitaine dans leur cadre chronologique », Paléo, Les Eyzies, no 20 « Spécial table ronde (2e partie) : Le Gravettien : entités régionales d’une paléoculture européenne (juillet 2004) »,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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