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Première bataille d'Agordat

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Première bataille d'Agordat
Description de cette image, également commentée ci-après
Guerriers derviches
Informations générales
Date
Lieu Agordat
Érythrée
Issue Victoire italienne
Belligérants
Italie Mahdistes
Commandants
Capitaine Gustavo Fara Ibrahim Faragiallah
Forces en présence
6 officiers et 230 hommes[1],[2] 1 000 hommes (100 cavaliers, 600 fantassins armés de fusils et 300 armés de lances et d'épées)[3]
Pertes
3 tués
8 blessés[4]
250 tués et blessés[4]

Guerre des Mahdistes

Batailles

La Première bataille d'Agordat ou plus communément nommé le combat d'Agordat est livré le entre le Corps royal des troupes coloniales (Regio Corpo Truppe Coloniali - RCTC) et les Derviches pendant la guerre des Mahdistes du Soudan.

Environ un an après Métemma, a lieu la première bataille d'Agordat. En vérité, la première bataille d'Agordat devrait être appelée, beaucoup plus correctement, le premier combat d'Agordat en raison des faibles forces qui se sont affrontées. Pas plus de 2 000 combattants au total pour les deux camps. Mais on a pris l'habitude de l'appeler ainsi pour la distinguer de la "deuxième", celle de 1893, qui est certainement à compter parmi les batailles en raison de l'importance des forces engagées, au total environ 14 000 hommes. Dans les deux faits d'armes, cependant, le rapport numérique des forces est identique, un contre cinq au désavantage des Italiens. Une autre concordance est qu'il y a eu dans les deux cas une victoire nette des armes italiennes sur les habiles guerriers, les Derviches, qui avaient déjà humilié les forces coloniales britanniques, les meilleures du monde, et anéanti celles d'Abyssinie[1].

Après la victoire du Mahdi sur le Negus Yohannes IV d'Éthiopie, les Derviches sontt plus déterminés que jamais à étendre leur influence vers le sud, c'est pourquoi ils ordonnent au diglal (chef) des Beni Amer, qui avec ses tribus s'est récemment soumis à l'Italie, de se rendre immédiatement à Kassala, de se mettre sous les ordres du Mahdi et de rompre ainsi les pactes conclus avec les infidèles, les Italiens. Mais le diglal s'est bien gardé d'obéir à une telle injonction, qui pour lui, une fois à Kassala, aurait signifié une mort certaine. C'est ainsi qu'en juin 1890, un millier de derviches, conduits par l'émir Ibrahim Faragiallah et commandés par Kater Deemedan, s'abattent avec rapacité sur le Dega pour un châtiment exemplaire, qui doit s'appliquer à tous ceux qui refusent d'obéir à la volonté des mahdistes. Leurs forces s'élèvent à 100 cavaliers, 600 fusiliers et 300 lanciers à pied, ainsi que quelques centaines d'irréguliers[3].

Le raid prend les guerriers de ces populations frontalières par surprise et sans préparation, de sorte que le massacre est immense. Les pillages, les incendies, les viols et les saccages le sont également. Le diglal des Beni Ammer lui-même est assassiné de façon barbare, tout comme le chef de la tribu des Omram, Scek Egel. Plus de cinq cents jeunes femmes sont également enlevées et réduites en esclavage. Le prestige des Italiens, parmi les populations nouvellement assujetties, subit un coup sévère lors de la féroce incursion mahdiste. Il faut faire quelque chose immédiatement et montrer à tous que ceux qui se déclarent amis de l'Italie ne peuvent pas être touchés en toute impunité. Pour cette raison, le commandement italien décide de faire intervenir immédiatement ses propres unités, confiant la tâche à un excellent officier, le capitaine Gustavo Fara.

C'est le colonel Cortese, commandant du fort de Cheren, qui ordonne au capitaine Fara avec les 1re et 2e compagnies du 1er bataillon indigène (un total de 230 hommes et 6 officiers: le capitaine Gustavo Fava et les lieutenants Issel, Cristofano, Gino Pennazzi, Michele Spreafico et Olivari[2]) de se diriger à marches forcées vers Biscia, à plus de 80 kilomètres de Cheren, où ils espérent engager le combat contre les derviches. Le 26 juin, la colonne du capitaine Fara arrive près de la ville d'Agordat, où les éclaireurs ont remarqué de nombreuses pistes de chevaux et de chameaux près d'une rivière. Une fouille des environs donne des résultats négatifs : aucune présence de l'ennemi. La marche forcée ayant été très fatigante, le commandant italien prend la décision de camper en attendant aux puits d'Agordat.

Peu de temps après la halte des Italiens aux puits, une troupe de derviches apparait soudain, tirant des chevaux à l'air fatigué, pour se rendre à l'abreuvoir. Vraisemblablement, ces guerriers se sont séparé du groupe principal, peut-être lors d'un raid, puis, fatigués, sont venus là pour se désaltérer. Fara les reconnait immédiatement pour des ennemis grâce à leurs uniformes caractéristiques, de longues robes blanches rapiécées avec des pièces de couleur. La surprise est si grande en voyant les àscari, que les guerriers n'ont pas le temps de réagir. Une douzaine de traînards sont rapidement encerclés et capturés. Désarmés, ils sont amenés devant les officiers italiens. Interrogés, par l'intermédiaire d'un interprète, ils refusent de répondre et s'enferment dans un silence absolu ; même les menaces d'exécution pour leur récent comportement de maraudeurs ne valent rien. Conduits à tour de rôle (peut-être pour essayer de faire parler le suivant par peur) devant le peloton d'exécution, ils meurent fièrement.

La terrible scène a cependant terrifié un de leurs esclaves, un certain Abdallah, qui plaide pour sa vie en échange de la révélation de l'endroit où se trouve le gros des mahdistes. Rassuré, il dit qu'après le massacre de Dega, les derviches sont descendus par les gorges du Dantai pour camper au confluent des rivières Giache et Barca, d'où ils doivent partir le lendemain. La région n'est pas très éloignée. À l'aube du 27 juin 1890, le capitaine Fara et ses subordonnés, les lieutenants Cristofano, Spreafico et Issel, donnent les ordres nécessaires pour que les compagnies soient prêtes pour la prochaine bataille, malgré la faim qui se fait sentir chez tout le monde, car la caravane de nourriture n'est pas encore arrivée. Bientôt les àscari arrivent sur les sommets des collines, d'où l'on peut dominer le camp ennemi. Dans la vallée, le long des rives de la Giache, une colonne dense d'hommes et d'animaux se déploie pour entamer la marche de retour : des guerriers armés, la plupart de fusils, d'autres de lances, certains à pied, d'autres sur des montures ; de nombreux dromadaires, chargés à ras bord des nombreuses choses précédemment pillées ; au centre une masse de jeunes femmes. De grandes bannières bleues flottent au vent, tandis que sur les piques de nombreux guerriers se trouvent des trophées hideux de têtes humaines coupées[4].

Alors que les deux compagnies italiennes se déploient pour l'attaque, l'arrière-garde ennemie donne l'alerte. Les premières volées de fusils des compagnies italiennes indigènes sont meurtrières : de larges brèches s'ouvrent dans les rangs des Derviches, qui se reforment, insouciants des pertes, pour en venir au corps à corps et affirmer ainsi leur supériorité numérique à la pointe du fusil. Il faut donc, à un certain moment, que les àscari en viennent à se servir de leur baïonnette en faisant des étincelles, signe du bon entraînement des officiers italiens[4]. Pendant ce temps, l'arrière des derviches est en ébullition, à cause de la rébellion des femmes Beni Amer faites prisonnières, qui s'acharnent à couper les cordes des charges des dromadaires, les faisant tomber sur les têtes des combattants derviches. Cependant, la réaction de ces derniers est terrible, beaucoup de femmes ont le ventre horriblement entaillé au poignard, tandis que d'autres ont de la résine liquide versée sur leur corps puis enflammée, les laissant mourir dans d'atroces tourments. Les cris d'agonie des femmes amène les àscaris à ne pas faire de quartier, ni de prisonniers.

Le comportement des porte-drapeaux derviches est remarquable. Immobiles, sans aucune défense dans cette terrible mêlée, ils tiennent haut leur bannière bleue. Dès que l'un d'eux est tué, un autre le remplaçe pour lever à nouveau la bannière. A la fin du combat, jusqu'à dix-huit porte-drapeaux sont morts sous une même bannière[4]. Face à l'irrésistible élan des àscari, magnifiquement dirigés par les officiers italiens, toujours en première ligne là où la mêlée est la plus vive, les rangs des derviches commencent à faiblir. L'effondrement et la déroute définitifs des Mahdistes a lieu lorsqu'un grand nuage de poussière, dans lequel on peut apercevoir des chameaux, est aperçu depuis une pente voisine. Les derviches pensent avoir affaire à l'avant-garde des renforts italiens arrivés de Cheren, alors qu'il ne s'agit que d'une trentaine de chameaux de la caravane, apportant des provisions aux Italiens après deux jours de jeûne. En fin de compte, les corps de plus de 250 derviches tombés au combat sont comptés sur le terrain[5], tandis que les Italiens n'ont à déplorer que la perte de trois hommes (un Ascari et deux Beni-Amer)[5] et huit blessés. Un important butin est récupéré et quelque 400 prisonniers sont libérés. En outre, 180 fusils, de nombreuses lances, des trompettes, des tambours, des chevaux et 7 drapeaux de bataille sont pris à l'ennemi[5]. Pour la bataille d'Agordat, la première victoire italienne sur le sol africain, le capitaine Gustavo Fara est décoré de la croix de l'ordre militaire de Savoie, les lieutenants Cristofano, Spreafico et Issel de la médaille d'argent de la valeur militaire et 3 ascari de la médaille de bronze de la valeur militaire[4]. Entre-temps, les Italiens occupent Agordat comme avant-poste, construisant un blockhaus pour le défendre et le garnissant d'une compagnie d'ascari.

Conséquences

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Les Derviches survivants, pour la plupart blessés, gagnent les hauteurs voisines et se dirigent vers les montagnes environnantes, mais là, les Baria prennent leur impitoyable revanche, rendant la cruauté par la cruauté : seuls 60 d'entre eux reviennent à Kassala[4],[6]. L'affrontement à Agordat rend les Derviches plus prudents, de sorte que, bien que l'émir de Kassala ait menacé de se venger rapidement, à l'exception de quelques autres petits raids, aucun acte d'importance ne se produit pendant un certain temps[5]. Cependant, comme Agordat est un point de passage obligé pour les mahdistes qui voulent faire une incursion dans le haut Barca, siège des Beni-Amer, les Italiens prennent la résolution d'y construire un fort, en le garnissant d'une compagnie indigène et en l'équipant d'artillerie de montagne[7]. Ce fort est construit sur une position choisie par le général Baratieri, où se rejoignent les deux principales communications entre Cheren et Kassala, assez bien approvisionné en eau, avec un champ de vision libre, un bon champ de tir, et dans une excellente position stratégique pour faciliter la défense contre tout corps ennemi qui voudrait se diriger sur Cheren à partir de Kassala, Agordat étant un point de passage obligé[7]. La victoire italienne, la fondation du fort et le recrutement des bandes de Barca donnent également une impulsion aux relations commerciales avec le Soudan. À partir de ce moment, environ deux ans s'écoulent avant que les Italiens ne combattent à nouveau les Derviches (bataille de Serobeti, 16 juin 1892).

Références

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  1. a et b Orazio Ferrara, Italiani nelle guerre d'Africa, IBN Editore, Rome 2012, (ISBN 9788875651435), page 33
  2. a et b Emilio Bellavita, La battaglia di Adua, Gherardo Casini Editore, 1930, (ISBN 9788864100265), page 145
  3. a et b Orazio Ferrara, Italiani nelle guerre d'Africa, IBN Editore, Rome 2012, (ISBN 9788875651435), page 30.
  4. a b c d e f et g Orazio Ferrara, Italiani nelle guerre d'Africa, IBN Editore, Rome 2012, (ISBN 9788875651435), page 38
  5. a b c et d Emilio Bellavita, La battaglia di Adua, Gherardo Casini Editore, 1930, (ISBN 9788864100265), page 147
  6. Les Italiens en Afrique orientale : les batailles contre les Derviches
  7. a et b Emilio Bellavita, La battaglia di Adua, Gherardo Casini Editore, 1930, (ISBN 9788864100265), pagina 148

Bibliographie

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  • (it) Emilio Faldella, Storia degli eserciti italiani, Bramante editrice, 1976
  • (it) Francesco Valori, Dizionario delle battaglie, casa editrice Ceschina, Milan, 1968

Liens externes

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