Coloured
Kleurlinge
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5 176 750[1] |
|---|---|
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200 000 |
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144 000 |
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11 000 |
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1 200 |
| Population totale | 5,4 millions |
| Langues | Afrikaans, anglais[2] |
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| Ethnies liées | Basters, Cape Coloured, Cape Malay, Griquas, Namas |

- 0–20%
- 20–40%
- 40–60%
- 60–80%
- 80–100%
Coloured est un terme d'origine anglaise qui désigne des groupes de populations vivant principalement en Afrique du Sud, mais aussi en Namibie, en Zambie, au Botswana et au Zimbabwe. Cette désignation apparait au XIXe siècle dans la colonie du Cap. C'est une catégorisation raciale coloniale, solidifiée par l'apartheid, ayant fait l'objet de nombreuses contestations et réappropriations par les populations qu'elle amalgame.
Héritiers d'une longue histoire de rencontres entre différents groupes culturels dans des contextes parfois violents, les Coloureds sont les descendants de populations très diverses : Khoïsan, esclaves (qui dans le contexte sud-africains viennent principalement des actuels Mozambique, Madagascar, Inde, Sri Lanka, et Indonésie), européennes et populations de langues bantoues. Malgré cette diversité les Coloureds ont développé une culture et une identité propre et aujourd'hui de nombreuses personnes s'autodésignent et se revendiquent comme « Coloured » en Afrique australe.
Répartition géographique
[modifier | modifier le code]Du fait de l'histoire de la population coloured, les personnes se définissant comme tel sont surtout implantées dans la partie ouest de l'Afrique du Sud (cf. carte ci-dessous) bien qu'elles soient aussi présentent dans toute l'Afrique australe.
D'après le recensement de 2022, avec plus de 5 millions d'individus, les personnes se définissant comme Coloureds représentent près de 9 % de la population sud-africaine totale[1]. Elles sont proportionnellement plus représentées dans les deux principales provinces de l'ouest de l'Afrique du Sud : dans la province assez densément peuplée du Cap-Occidental (avec 3,12 millions de personnes soit 42,1 % de la population de cette région) et celle moins densément peuplée du Cap Nord (avec 563 605 personnes soit 41,6 % de la population de cette région)[1].
Un terme difficile à traduire
[modifier | modifier le code]Le terme de « coloured(s) » (ou « Kleurlinge » en afrikaans) est parfois traduit en français par « métis » ou par « coloré(s) ». La désignation comme « métis » est aujourd'hui évitée par la plupart des spécialistes francophones de l'Afrique du Sud[3], celle-ci donnant l’impression trompeuse d’un simple « mélange de noir et de blanc »[4] quand l’histoire des Coloureds est bien plus complexe. Concernant le terme de « coloré », l'historien François-Xavier Fauvelle, estime qu'il « fait trop porter l’accent sur l’aspect somatique, minimisant l’importance du sentiment d’appartenance à cette communauté »[4]. La plupart des spécialistes français de l'Afrique du Sud font donc le choix de la non-traduction en conservant le terme « coloured ».
En afrikaans le terme équivalent de « Kleurlinge » est couramment utilisé mais aussi celui de « Bruinmense » (« gens bruns »), voire de « Bruin Afrikaners » (« Afrikaners bruns »). Cette référence à la couleur brune est ancrée dans la hiérarchie raciale construite par le colonialisme et l'apartheid et selon laquelle les Coloured occuperaient une position intermédiaire entre la minorité blanche dominante et la majorité « noire-africaine »[5]. Elle est toutefois trompeuse dans la mesure où les caractéristiques phénotypiques des personnes coloureds, et notamment leur couleur de peau, sont très diverses variant selon l'écrivain nigérian Kole Omotosho (cité dans Adhikari) : « from charcoal black to bread-crust brown, sallow yellow and finally off-white cream that wants to pass for white » (« du noir charbon au brun croûte de pain, en passant par le jaune pâle et enfin le crème cassé qui se veut blanc »)[6]. Une personne se définissant comme « coloured » peut donc avoir la peau plus claire qu'une personne se définissant comme « blanche » ou plus foncée qu'une personne se définissant comme « noire ».
Contrairement à l'usage dans les autres pays anglophones, le terme « coloured » ne désigne pas en Afrique du Sud les personnes noires en général[7]. Certains habitants des États-Unis peuvent avoir du mal à comprendre qu'on puisse se revendiquer comme « Coloured »[8]. En effet, dans ce pays, le terme de « colored » (sans « u ») renvoie à une histoire ségrégationniste particulière et n'a pas fait l'objet d'un processus de réappropriation par les premiers concernés (contrairement au N-word par exemple). Ceci explique en partie les incompréhensions de la part des fans et commentateurs nord-américains quand la chanteuse sud-africaine Tyla explique être « fière d'être Coloured »[9].
Histoire
[modifier | modifier le code]D'après l'historien Mohamed Adhikari, il existe un double piège lorsqu'on s’intéresse à l'histoire des Coloureds : celui de considérer cette histoire et l'identité qui lui est liée comme « le produit automatique du métissage » et celui de présenter l'identité coloured comme « une fausse identité imposée à des personnes faibles et vulnérables par la minorité blanche au pouvoir »[10]. Retracer l'histoire de la catégorie « coloured », de sa genèse, des appropriations et des dénonciations dont elle a fait l'objet permet alors de ne pas minimiser le rôle que les premiers concernés ont joué dans la construction de leur identité et d'aller au-delà d'une image simpliste du phénomène.
Histoire précoloniale : les racines Khoisan
[modifier | modifier le code]Si l'héritage Khoisan a longtemps été dénigré voir rejeté par une partie de la population coloured qui préférait insister sur ses racines européennes[11], il fait depuis la fin de l'apartheid l'objet d'une véritable revendication et réactivation (un « Khoisan revivalism »)[12]. Khoïsan est un terme servant à désigner conjointement deux groupes de populations autochtones d'Afrique australe qui partagent des caractéristiques génétiques, culturelles et linguistiques les distinguant des populations bantoues aujourd'hui majoritaires dans la région. De manière très schématique, les Khoïsan se divisent entre les chasseurs-cueilleurs San, dont la culture néolithique est attestée depuis 20 000 AP, et les pasteurs Khoikhoi dont les premières migrations ont été établies entre 2000 et 2500 AP[13]. Les premiers sont qualifiés par les colons de « Bushmen » (ou Bochiman) et les seconds d'« Hottentot », deux termes qui sont aujourd'hui perçus comme péjoratifs.
Ces populations Khoisan vont avoir de nombreux échanges avec les agriculteurs bantou qui migrent vers le sud depuis le territoire de l’actuel Mozambique à partir de 1800-1700 AP. S’il est difficile de retracer avec certitude les relations entre groupes de langues khoesan et bantou, des processus de conflits mais aussi d’absorption et d’emprunts culturels s’opèrent. Cette hypothèse est notamment appuyée par le fait que des langues bantoues, comme le xhosa ou le zoulou, intègrent plusieurs des « clics » caractéristiques des langues khoesan. De même, les traditions orales recueillies par les premiers colons évoquent des cas d’incorporation d’individus et de lignages « khoesan » par des populations de langues bantou (et vice-versa)[13].
A partir du XIXe siècle, ces catégories linguistiques et culturelles labiles qui englobent des populations hétérogènes vont être durcies par les populations d'origine européenne pour définir des groupes « raciaux » à partir de critères physionomiques propres à l’idéologie raciste qui se développe en Europe, masquant ainsi les phénomènes de passage et d’échange entre groupes. Cette opposition entre une Afrique du Sud « brune » à l’ouest, habitée par des populations khoesan et une Afrique du sud « noire » à l’est, peuplée de populations bantous qui pratiquent l’agriculture va notamment irriguer l’opposition entre « coloureds » et « noirs africains »[14].
Bouleversements coloniaux, création et appropriation de la catégorie « coloured »
[modifier | modifier le code]Bouleversements coloniaux
[modifier | modifier le code]Au XVIIe et XVIIIe siècle, les sociétés khoisan vont être profondément bouleversées par l'installation d'une colonie néerlandaise dans la région actuelle du Cap, et l'importation par la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) d'esclaves d'Asie du Sud et d'autres pays africains. Si le coût humain de l'avancée du front pionnier de la colonie (mené par les Trekboers) et la mortalité causée par les guerres coloniales sont élevés pour ces groupes, ce ne sont pas tant les individus mais les sociétés et cultures khoisan qui s'étiolent progressivement. Déracinées, ces populations se retrouvant amalgamées avec d’autres groupes (esclaves, métis, noirs libres, etc.) au bas de l’échelle de valeur de la société coloniale. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles cet ensemble hétérogène de groupes parlant comme langue véhiculaire un créole néerlandais (qui deviendra l’afrikaans) va être désigné de diverses manières et notamment de « baastards » (« bâtards ») pour dénigrer leur métissage[15]. Ces populations sont présentes au sein de la société coloniale mais se développent aussi aux marges de la colonie du Cap où elles sont parfois repoussées (c'est le cas notamment des Basters de Rehoboth qui reprennent à leur compte la désignation péjorative de « bâtards » et des Griquas qui établissent même momentanément un État indépendant, le Griqualand). Après le passage de la colonie sous contrôle britannique au tournant du XIXe siècle et l’abolition de l’esclavage en 1834, ces groupes vont être de plus en plus souvent qualifié de « coloured ».
De la catégorie à l'identité « coloured »
[modifier | modifier le code]En 1840, la catégorisation de « coloured » apparait pour la première fois dans les recensements menés par une élite coloniale qui veut classer des habitants qu'elle ne parvient pas à faire rentrer dans les catégories raciales de « noir » (réservée aux populations de langues bantoues) ou d'« européen »[16]. L’utilisation de cette nouvelle catégorie permet en effet d’introduire, à la suite des théories racialistes européennes, une distinction « raciale » au moment où s’estompent, du fait de la fin de l’esclavage et de l'avancée de la christianisation, les distinctions de statuts (libres versus non libres) ou de religions (chrétiens versus païens). L’élite coloniale blanche peut ainsi fermer « des portes d’accès qu’elle avait bon gré mal gré tenues entrouvertes »[17] pour une minorité de « noirs libres » (esclaves affranchis parfois de longue date ou métis ayant pu s’installer comme colons et eux-mêmes acquérir terres et esclaves) qui se retrouvent progressivement rejetés dans la masse des populations « coloureds ».
Dès sa création cette catégorisation est un site de contestations et de rejets mais également de réappropriations et une base de revendications culturelles et politiques[18]. D'après l'historien Mohamed Adhikari, si le label de « coloured » apparait bien dans la première moitié du XIXe siècle, l'identité coloured ne se cristallise elle qu'à la fin du même siècle[19]. La continuation de l'expansion coloniale anglaise et boers, la découverte de diamants en 1867 puis d'or 1886 mettent en mouvement de nombreuses populations et ont des effets sur la manière dont les habitants de ce territoire se perçoivent et se définissent. Ces phénomènes entrainent ainsi, à partir des années 1870, l'arrivée d'un nombre important d'Africains locuteurs de langues bantoues dans la colonie du Cap, incitant les Coloureds « à affirmer une identité distincte en tant que personnes de couleur, afin de revendiquer une position relativement privilégiée par rapport aux Africains, sur la base de leur association plus étroite à la culture occidentale et de leur ascendance partielle avec les colons européens »[19].
Maintien et contestations au XXe siècle
[modifier | modifier le code]D’après Mohamed Adhikari, tout au long du XXe siècle l’identité coloured va se maintenir de manière relativement stable, bien que contestée par des « mouvements radicaux » (Non-European Unity Movement, Black Consciousness Movement, United Democratic Front) dont les membres coloureds revendiquent le rattachement à une identité noire plus large. La portée de cette contestation reste toutefois relativement marginale. Elle atteint son apogée dans les années 1980, mais perd de son influence avec la fin de l’apartheid[20]. La thèse principale de M. Adhhikari est, qu'au cours de cette période, l’identité coloured se maintient autour de quatre caractéristiques centrales : une volonté assimilationniste dans la société dominante blanche ; la peur de perdre le « statut intermédiaire » dans la hiérarchie raciale au profit des Noirs ; la honte attachée à une supposée « hybridité raciale » ; et la marginalité des Coloureds dans la société sud-africaine. D'après lui, tous ces éléments poussent les Coloureds à revendiquer une identité distincte « en conformité aux attentes racistes des Blancs, tout en décourageant les stratégies alternatives, en particulier l'association à une identité noire plus large »[21].
Luttes coloureds pour les droits civiques et contre l'apartheid
[modifier | modifier le code]En 1854, la colonie du Cap se voit doter d'institutions représentatives avec un parlement élu, légiférant sur les affaires intérieures. La constitution du Cap instaure notamment deux assemblées dont les membres sont élus au suffrage censitaire. Le minimum de propriété pour voter à la chambre basse est ainsi très faible (25 livres). La sélection des électeurs de la chambre haute est plus rigoureuse et nécessite de posséder déjà une certaine fortune (de 2 000 à 4 000 livres). Le minimum de propriété requis concerne toutes les formes de propriété, foncière communale ou traditionnelle. Elle est très faible par rapport aux qualifications requises alors ailleurs dans le monde. Dès le début, ce montant est d'ailleurs contesté[22]. Mais en vertu du principe d'égalité des races proclamée dans la colonie du Cap dès 1828, le droit de vote repose sur une franchise électorale non raciale permettant, sous condition de certaines qualifications, à tout citoyen de la colonie d'être électeur, qu'il soit blanc, noir ou coloured. En application de cette franchise, un grand nombre de coloured (55 % de la population du Cap) se retrouve électeurs de plein droit à la chambre basse.
En 1872, la colonie du Cap se voit accorder le droit d'avoir un « gouvernement responsable » devant son parlement. L'engagement à traiter les Coloured comme les « sujets de race blanche » est explicitement réaffirmé par le nouveau gouvernement qui annule en 1874 et 1878 les motions de l'opposition visant à restreindre les critères électoraux. Dans les années 1880, le système de franchise électorale du Cap reste toutefois unique en Afrique australe. Toutefois, au Cap oriental, les descendants des colons britanniques arrivés en 1820 se sentent menacés démographiquement et politiquement alors que du côté des populations blanches de langue afrikaans, le mouvement de l'Afrikaner Bond demande aussi un durcissement des critères électoraux. En 1892, les conditions censitaires de la franchise électorale sont modifiés au détriment des populations les moins aisés qu'elles soient noires, blanches ou coloured[23]. La Constitution du Cap de 1872 interdisant toujours explicitement toute discrimination fondée sur la race ou la couleur, la nouvelle loi électorale relève tout simplement le niveau de franchise, passant de 25 à 75 £. Si un certain nombre de blancs pauvres perdent ainsi leur droit de vote, un nombre plus important encore de noirs et de coloureds sont affectés par cette modification de la franchise électorale. Dans le même temps, la loi rajoute un critère d'éducation imposant que tout électeur potentiel soit alphabétisé.
En 1908, lors de la tenue de la Convention nationale sur l'Union entre les quatre colonies britanniques d'Afrique du Sud, seulement 22 784 autochtones et coloureds, sur un total de 152 221 électeurs, sont inscrits sur les listes électorales communes de la colonie du Cap, alors que le système est toujours non racial. Le South Africa Act garantit cependant à la nouvelle province du Cap de pouvoir conserver son système électoral unique alors que dans les autres provinces les populations de couleurs sont privées du droit de vote[24].
À la fin des années 1920 et au début des années 1930, le suffrage universel est accordé à l'ensemble des populations blanches : les restrictions censitaires ou d'éducation sont supprimées et le droit de vote accordé aux femmes sur tout le territoire sud-africain. Au Cap cependant, toutes les restrictions liées aux revenus, au patrimoine, à l'éducation et au sexe sont maintenues pour les populations noires et coloured.
En 1945, on dénombre 54 000 électeurs coloured inscrits sur les registres électoraux de la province du Cap[25]. Or avec la mise en place de l'apartheid, à partir de 1948, leur place dans les institutions est remis en cause par le gouvernement du parti national. Ainsi, durant cette période (1948-1991), les Coloured sont l'un des quatre grands groupes « raciaux » reconnus par la loi dite Population Registration Act, à côté des Blancs, des Noirs et des Indiens. Tout comme les autres groupes de personnes classifiées comme « non-blanches », ils subissent de nombreuses discriminations : ils ne peuvent accéder à de nombreux emplois et services, leurs droits civiques, politiques et syndicaux sont limités[26]. De même, suite à l'adoption en 1950 du Group Areas Act, ils sont délogés des zones considérées comme « blanches » et expulsés vers des townships « coloureds » où les conditions de vie sont dures. Au Cap cette politique est symbolisée par la destruction en 1966 du quartier de District 6 et l'expulsion de sa population vers les nouveaux townships d'Hanover Park, de Manenberg, etc[27],[28]. Ils bénéficient toutefois de certains emplois réservés et, jusqu'en 1956, de la franchise électorale du Cap qui, nonobstant l'observance de certaines exigences (liés au sexe, à la propriété, aux revenus ou à l'éducation), leur permet d'exercer leurs droits civiques. Retirés des listes électorales communes, en vertu de la loi de 1951 sur la représentation distincte des électeurs, et réinscrits sur des listes séparées, les électeurs coloured élisent alors quatre députés blancs pour représenter leurs intérêts au parlement. Ces sièges sont cependant supprimés en 1970 avec l'entrée en vigueur d'un conseil représentatif des Coloured, effaçant alors les derniers vestiges de la franchise électorale du Cap.
La constitution sud-africaine de 1983 redonne aux électeurs de la catégorie coloured la possibilité d'élire des représentants au parlement, siégeant dans une chambre séparée tandis que les noirs doivent attendre la constitution sud-africaine de 1993 pour disposer des mêmes droits civiques que leurs concitoyens blancs.
Populations
[modifier | modifier le code]Les Coloureds ne constituent pas un groupe homogène, ni par leurs origines, ni par leur religion (certains sont musulmans), ni par leurs langues (anglais ou afrikaans), ni par leurs histoires, certaines populations ayant une histoire politique assez riche, marquée par la construction d'États indépendants (comme le Griqualand).
Les métis du Cap sont issus principalement des mélanges entre Européens et populations Khoisan aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils parlent l'afrikaans et sont protestants.
Les Basters de Rehoboth ont des caractéristiques similaires à celles des métis du Cap, sont essentiellement calvinistes, mais ils ont émigré au XIXe siècle vers la Namibie.
Les Griquas, également issus de relations entre Khoisan et Afrikaners, ont migré dès les années 1750 vers les régions au nord-ouest de la Colonie du Cap. [réf. souhaitée] Ils maintiendront leur indépendance politique jusqu'aux années 1870. [réf. souhaitée]
Toujours de souche européenne et Namas, les Oorlam ont émigré vers la Namibie au début du XIXe siècle.
Les Malais du Cap sont issus principalement des mélanges entre Khoïkhoï, Européens et esclaves indonésiens ou malais aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils parlent l'afrikaans et sont musulmans.
Au KwaZulu-Natal le terme coloured désigne les populations ayant des ancêtres communs anglais et zoulous alors qu'au Zimbabwe il désigne les personnes issues d'unions entre Africains (Shonas ou Ndébélés) et colons britanniques ou Afrikaners. [réf. souhaitée]
Philippe Gervais-Lambony [3] note l'existence d'une identité coloured marquée par l'émergence de groupes nationalistes coloured comme le « mouvement de résistance coloured », lequel réclame un droit à l'autodétermination pour ce groupe ethnique. À l'inverse, certains Coloured réfutent cette désignation ethnique et s'assimilent en tant que Noirs ou Khoï ou juste en tant que Sud-Africains.
Langue
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Les Coloured ont dans leur très grande majorité l'afrikaans pour langue maternelle. [réf. souhaitée] Près de 10 % sont cependant anglophones et résident principalement au Natal et dans la province du Cap-Oriental. Il existe également une troisième langue spécifique appelée Kaapse taal constituant un dialecte propre à la région du Cap. [réf. souhaitée]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- [1]. Statistics South Africa (page 7).
- ↑ First home language by population group and gender (percentages): South Africa, 2001. Statistics South Africa (page 19).
- Denis-Constant Martin, « Le poids du nom. Culture populaire et constructions identitaires chez les "Métis" du Cap », Critique internationale, vol. 1, no 1, , p. 73–100 (ISSN 1290-7839, DOI 10.3406/criti.1998.1358, lire en ligne, consulté le )
- François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 61
- ↑ Mohamed Adhikari, Not white enough, not black enough: racial identity in the South African coloured community, Ohio University Press ; Double Storey Books, coll. « Ohio University research in international studies. Africa series », (ISBN 978-0-89680-244-5), p. 10-11
- ↑ Mohamed Adhikari, Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, coll. « Research in International Studies, Africa Ser », , 2 p. (ISBN 978-0-89680-244-5 et 978-0-89680-442-5)
- ↑ Mohamed Adhikari, Not white enough, not black enough: racial identity in the South African coloured community, Ohio University Press ; Double Storey Books, coll. « Ohio University research in international studies. Africa series », (ISBN 978-0-89680-244-5), p. 2
- ↑ (en) Zahid Jadwat, « ‘Educate yourself!’ ‘Coloured’ is an identity in SA, even if not in America », sur Salaamedia, (consulté le )
- ↑ (en) Des Erasmus, « Tyla’s identity turns on a U », sur The Mail & Guardian, (consulté le )
- ↑ Mohamed Adhikari, Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, coll. « Research in International Studies, Africa Ser », (ISBN 978-0-89680-442-5), xi|traducteur=traduit par mes soins|
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 79
- ↑ Rafael Verbuyst, « Khoisan Consciousness: Articulating Indigeneity in Post-Apartheid Cape Town », Afrika Focus, vol. 35, no 1, , p. 213–227 (ISSN 0772-084X et 2031-356X, DOI 10.1163/2031356X-35010013, lire en ligne, consulté le )
- François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 149-150
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 73
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éd. du Seuil, coll. « L'univers historique », (ISBN 978-2-02-048003-1), p. 63-64
- ↑ Chloé Buire, « Les townships, produits urbains d’une longue histoire ségrégationniste », dans Citadins-Citoyens au Cap : Espace et justice après l’apartheid, Presses universitaires de Paris Nanterre, coll. « IFAS-Recherche », , 55–75 p. (ISBN 978-2-84016-355-8, lire en ligne)
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 151
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 95
- Mohamed Adhikari (trad. traduit par mes soins), Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, coll. « Research in International Studies, Africa Ser », (ISBN 978-0-89680-442-5), p. 3
- ↑ Mohamed Adhikari, Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, coll. « Research in International Studies, Africa Ser », (ISBN 978-0-89680-442-5), p. 2-6
- ↑ Mohamed Adhikari (trad. traduit par mes soins), Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, coll. « Research in International Studies, Africa Ser », (ISBN 978-0-89680-442-5), xiii
- ↑ N. Worden, Cape Town: The Making of a City, New Africa Books, 2011, p. 171.
- ↑ 1892. Cape Franchise & Ballot Act
- ↑ (en-GB) « EISA South Africa: White domination and Black resistance (1881–1948) », sur Eisa.org.za,
- ↑ Hermann_Giliomee, The last afrikaner leaders, a supreme test of power, Tafelberg, 2012, p. 47.
- ↑ Gilles Teulié, Histoire de l'Afrique du Sud: des origines à nos jours, Tallandier, (ISBN 979-10-210-2872-2), p. 259-317
- ↑ Shamil Jeppie et Crain Soudien, The struggle for District Six: past and present, Buchu books, (ISBN 978-0-9583057-3-0)
- ↑ François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-5782-3), p. 406-407
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Mohamed Adhikari, Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, 2005, 252 p. (ISBN 9780896802445)
- (en) Vernie A. February, Mind Your Colour: The "coloured" Stereotype in South African Literature, Routledge, 1981, 248 p. (ISBN 9780710300027)
- (en) R. E. Van der Ross, 100 Questions about Coloured South Africans, 1993, 36 p. (ISBN 9780620178044)
- Philippe Gervais-Lambony, La nouvelle Afrique du Sud, problèmes politiques et sociaux, la Documentation française, 1998
- François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, 2006, Seuil
Romans
[modifier | modifier le code]- (en) Pamela Jooste, Dance with a Poor Man's Daughter, Doubleday, 1998, (ISBN 978-0-385-40911-7)
- (en) Zoë Wicomb, David’s Story, New York, Feminist Press at the City University of New York, 2001.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
