Colonne Nelson (Dublin)

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Colonne Nelson
XXI OCTOBER MDCCCV (8636135413).jpg

La colonne Nelson en 1927.

Présentation
Type
Architecte
Francis Johnson (en), William WilkinsVoir et modifier les données sur Wikidata
Ouverture
Commanditaire
Géographie
Pays
Localisation
Coordonnées

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La colonne Nelson (en anglais : Nelson's Pillar, aussi connu comme Nelson Pillar ou simplement The Pillar) est une grande colonne de granit de près de 37 mètres coiffée par une statue d'Horatio Nelson de 4 mètres, construit dans le centre de ce qui était alors la Sackville Street (rebaptisée plus tard O'Connell Street) à Dublin, en Irlande. Achevée en 1809 lorsque l'Irlande faisait partie du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, en mars 1966, la colonne est gravement endommagée par des explosifs posés par les républicains irlandais. Ses restes sont ensuite détruits par l'armée irlandaise.

La décision de construire le monument est prise par Dublin Corporation dans l'euphorie suivant la victoire de Nelson à la bataille de Trafalgar en 1805. La première version imaginée par William Wilkins est considérablement modifiée par Francis Johnston pour des raisons de coût. La statue est sculptée par Thomas Kirk. Depuis son ouverture le , la colonne est une attraction touristique populaire, mais elle provoque une controverse esthétique et politique dès le départ. Un éminent monument du centre-ville honorant un Anglais consterne le sentiment nationaliste grandissant, et tout au long du XIXe siècle, il y a des appels populaires pour son enlèvement et son remplacement par un monument à la mémoire d'un héros irlandais.

Des parties du centre de Dublin sont détruites au cours de l'Insurrection de Pâques 1916, mais même si la colonne se trouve près du siège de rebelles, elle reste indemne. L'Irlande devient un État libre indépendant en 1922, puis une république en 1949. Une barrière légale s'oppose à tout retrait ou modification du monument du fait qu'il est géré par une fiducie. Les gouvernements irlandais successifs échouent à surmonter ce problème. Bien que des personnalités littéraires influentes tels que James Joyce, William Butler Yeats et Oliver St John Gogarty défendent la colonne pour des raisons historiques et culturelles, la pression pour sa suppression s'intensifie dans les années précédant le 50e anniversaire de son érection. Sa disparition soudaine suite à l'explosion qui brise la colonne, puis au retrait de la base en ruines est, dans l'ensemble, bien accueilli par le public. Bien qu'il soit largement admis que l'action est l'œuvre de l'armée républicaine irlandaise (IRA), la police est incapable d'identifier les responsables.

Après des années de débats et de nombreuses propositions, le Spire de Dublin est installé sur le site en 2003. Cette structure en forme d'aiguille dépasse de près de trois fois la hauteur de la colonne. En 2000, un ancien militant républicain revendique dans une interview la pose des explosifs en 1966, mais après l'avoir interrogé, la police décide de ne pas le poursuivre. Des restes de la colonne se trouvent dans des musées de Dublin ou apparaissent comme pierres décoratives ailleurs. Le souvenir de la colonne est également conserve dans de nombreux ouvrages de la littérature irlandaise.

Contexte[modifier | modifier le code]

Sackville Street et William Blakeney[modifier | modifier le code]

Portrait de William Blakeney.

Le réaménagement de Dublin dans sa partie au nord du fleuve Liffey commence au début du XVIIIe siècle, en grande partie grâce au promoteur Luke Gardiner (en)[1]. Son travail le plus connu est la transformation dans les années 1740 d'une ruelle étroite appelée Drogheda Street, qu'il démoli et transforme en une large artère bordée de grandes et imposantes maisons de ville. Il rebaptise la rue Sackville Street, en l'honneur de Lionel Cranfield Sackville, 1er duc de Dorset, qui sert comme Lord lieutenant d'Irlande de 1731 à 1737 et de 1751 à 1755[2]. Après la mort de Gardiner en 1755, la croissance de Dublin continue avec la création de beaucoup de bâtiments raffinés et de grandes places. Le statut de la ville est de plus amplifié par la présence du Parlement d'Irlande pendant six mois de l'année[3]. Les Actes d'Union de 1800, qui uni l'Irlande et la Grande-Bretagne sous une seule entité basée à Londres, mets fin au parlement d'Irlande et présage d'une période de déclin de la ville[4].

Le premier monument de Sackville Street est construit en 1759 à l'endroit où la colonne Nelson sera érigée. Le sujet est William Blakeney, 1er baron Blakeney, un officier de l'armée né à Limerick dont la carrière s'étends sur plus de soixante années et prends fin avec sa reddition aux Français après la bataille de Minorque en 1756[5]. Une statue en laiton sculptée par John van Nost le jeune et est dévoilée le jour de la fête de la Saint-Patrick le 17 mars 1759[Note 1],[6]. Donal Fallon, dans l'historique qu'il fait du monument, indique que presque depuis sa création, la statue Blakeney est une cible pour le vandalisme. Son sort est incertain, mais Fallon rapporte qu'elle aurait été fondue pour faire des canons[6], et qu'elle aurait été certainement enlevée avant 1805[7].

Bataille de Trafalgar[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Bataille de Trafalgar et Horatio Nelson.

Le , une flotte de la Royal Navy commandée par le vice-amiral Horatio Nelson défait les flottes combinées des marines française et espagnole à la bataille de Trafalgar. Au plus fort de la bataille, Nelson est mortellement blessé à bord de son navire amiral, le HMS Victory, alors que la bataille est assurée[8].

The Death of Nelson par le peintre Benjamin West, 1806.

Nelson avait été salué à Dublin sept ans plus tôt après la bataille d'Aboukir de 1798, en tant que défenseur de la harpe et de la Couronne, c'est-à-dire les symboles respectifs de l'Irlande et la Grande-Bretagne[9]. Quand les nouvelles de la bataille de Trafalgar atteignent la ville le 8 novembre, des scènes de célébration patriotique s'organisent en mettant en exergue le désir de commémorer ce héros[10]. Les commerçants ont une raison particulière d'être reconnaissant pour cette victoire puisqu'elle rétablit la liberté des navires de commerce en mer et supprime la menace d'une invasion française[11]. Une partie importante de la population de la ville a une connaissance qui a participé à la bataille : jusqu'à un tiers des marins de la flotte de Nelson sont originaires d'Irlande et environ 400 de Dublin même. L'historien Dennis Kennedy estime que Nelson est considéré dans la ville comme un héros, non seulement parmi les protestants, mais aussi par beaucoup de catholiques qui comptent parmi les classes moyennes montantes[12].

La première étape vers l'édification d'un monument permanent à Horatio Nelson est prise le par les représentants de la ville, qui, après l'envoi d'un message de félicitations au roi George III, conviennent que l'érection d'une statue formerait un hommage approprié à la mémoire de Nelson[13],[14]. Le 28 novembre, après une réunion publique confirmant ce sentiment, un « comité Nelson » est créé, présidé par le lord-maire de la ville. Arthur Guinness II, le fils du fondateur de la célèbre brasserie, fait partie des notables de la ville présent dans ce comité[13]. Les tâches initiales du comité consistent à décider précisément la forme du monument et son emplacement. Ils ont également pour mission de lever les fonds[15].

Création et construction[modifier | modifier le code]

Lors de sa première réunion, le comité établi une souscription publique et, au début de l'année 1806, invite des artistes et des architectes à soumettre des propositions pour un monument[16]. Aucune spécification n'été fournie, mais la vogue européenne contemporaine en architecture commémorative met en avant la forme classique, caractérisée par la colonne Trajane à Rome[17]. Les colonnes commémoratives, ou « piliers de la victoire », sont rares à l'époque en Irlande et la colonne de Cumberland à Birr, érigée en 1747, est une des rares exceptions[18]. D'après les propositions faites, le choix du comité Nelson est celui d'un jeune architecte anglais William Wilkins, alors au début d'une carrière distinguée[Note 2]. La proposition de Wilkins est celle d'une colonne dorique sur un socle surmonté d'une galère romaine sculptée[19].

Dessin de la colonne en 1811.

Le choix du site de la Sackville Street ne fait pas l'unanimité. Les responsables de la Wide Streets Commission sont préoccupés par la congestion du trafic et font donc valoir un emplacement le long de fleuve et visible de la mer[11]. Une autre suggestion est un emplacement au bord de mer, peut-être Howth Head à l'entrée de la baie de Dublin. La présence récente de la statue de Blakeney dans Sackville Street et le désir d'arrêter le déclin de la rue, sont des facteurs qui ont pu influencer le choix final de ce site qui, selon Kennedy, est le choix préféré du Lord Lieutenant[20].

À la mi-1807, la collecte de fonds se révèle difficile et les sommes recueillies à ce moment sont bien en deçà du coût probable de l'érection du monument de Wilkins. Le comité informe l'architecte avec regret de ce fait[21], et engage Francis Johnston, architecte le City Board of Works, pour faire des ajustements visant à réduire les coûts du projet[22]. Johnston simplifie le dessin, substituant un grand bloc fonctionnel au piédestal délicat de Wilkins et remplaçant la galère proposée avec une statue de Nelson[21]. Thomas Kirk, un sculpteur de Cork, est chargé de créer la statue à partir en pierre de Portland.

En décembre 1807, les fonds récoltés sont de 3 827 £, loin des quelque 6 500 £ requis pour financer le projet[Note 3]. Néanmoins, au début de l'année 1808, le comité s'estime assez confiant pour commencer le travail et organise une cérémonie de pose de la première pierre. Cette cérémonie a lieu le — le jour suivant l'anniversaire de la victoire de Nelson à la bataille du cap Saint-Vincent en 1797 — en présence du nouveau Lord Lieutenant, le duc de Richmond, ainsi que divers dignitaires et notables de la ville. Une plaque commémorative faisant l'éloge de la victoire de Nelson à Trafalgar est fixée au socle. Le comité continue à recueillir de l'argent en même temps que la construction avance. Lorsque le projet est terminé à l'automne de l'année 1809, les coûts totalisent 6 856 £, mais les contributions atteignent-elles 7 138 £, fournissant donc au comité un excédent de 282 £.

Une fois terminé, le monument avec sa statue est d'une hauteur de 40,8 mètres. Les quatre côtés du piédestal sont gravés avec les noms et les dates des plus grandes victoires de Nelson[Note 4]. Un escalier en colimaçon de 168 marches est monté à l'intérieur du creux de la colonne et une plate-forme située immédiatement sous la statue sert de panorama. Selon le rapport publié par le comité, près de 626 mètres cubes de calcaire noir et 207 mètres cubes de granit ont été nécessaires pour construire la colonne et son socle. La colonne est ouverte au public le , au quatrième anniversaire de la bataille de Trafalgar, pour dix pence pré-décimaux[Note 5]. Les visiteurs peuvent grimper à la plate-forme panoramique et profiter de ce qu'un premier rapport décrit comme « une superbe vue panoramique sur la ville, le pays et la belle baie ».

Histoire (1809–1966)[modifier | modifier le code]

Entre 1809 et 1916[modifier | modifier le code]

Sackville Street et la colonne de Nelson dans les années 1900.

Le monument est rapidement devenu une attraction touristique populaire ; Kennedy écrit que « pour les 157 prochaines années, son ascension est un must sur la liste de tous les visiteurs ». Pourtant, dès le début, des critiques existent, tant pour des raisons politiques et esthétiques. Le numéro de septembre 1809 du Irish Monthly Magazine édité par Walter « Watty » Cox rapporte que « notre indépendance nous a été arrachée, non pas par les armes de la France, mais par l'or de l'Angleterre. La statue de Nelson enregistre la gloire d'une maîtresse et la transformation de notre sénat dans un bureau d'escompte ». Dans un historique de la ville de Dublin datant de 1818, les auteurs vantent l'échelle du monument, mais sont critique de plusieurs de ses caractéristiques : ses proportions sont décrites comme « lourdes », le piédestal comme « inesthétique » et la colonne elle-même comme « maladroite ». Cependant, l'Hibernian Magazine estime que la statue est ressemblante à son sujet, et que la position de la colonne dans le centre de la grande rue donne à l'œil un point focal dans ce qui serait autrement qu'un amoncellement de pavés.

En 1830, la hausse du sentiment nationaliste en Irlande fait dire à Kennedy qu'il n'aurait probablement pas pu être construit à une date ultérieure. Pour autant, le monument attire souvent des commentaires favorables des visiteurs. En 1842, l'écrivain William Makepeace Thackeray décrit un Nelson « sur un pilier de pierre » au milieu de « [l']extrêmement large et belle » Sackville Street. Quelques années plus tard, le monument est une source de fierté pour certains citoyens, qui la surnomme Dublin's Glory (« Gloire de Dublin ») lorsque la reine Victoria visite la ville en 1849.

Proposition de nouvelle entrée en 1894.

Entre 1840 et 1843, une autre colonne consacrée à Nelson est érigée à Trafalgar Square de Londres. Avec une hauteur totale de 52 mètres, elle est plus grande que son équivalent de Dublin et, à 47 000 £[Note 6], beaucoup plus coûteuse à construire. Elle n'a cependant aucun escalier intérieur ou plate-forme panoramique. La colonne de Londres fait l'objet d'une attaque au cours de la campagne de la dynamite des Féniens (en) en mai 1884, lorsque de l'explosif est placée à sa base mais n'explose pas.

En 1853, la reine assiste à la Grande exposition industrielle où un plan de la ville est présenté et prévoit la suppression du monument. Cela s'avère impossible car depuis 1811 la responsabilité légale de la colonne est gérée dans une fiducie où les membres doivent « embellir et préserver le monument dans la perpétuation de l'objet ». Toute action visant à supprimer ou à modifier la colonne nécessite ainsi un passage d'une loi du Parlement à Londres tandis que la Dublin Corporation — le gouvernement de la ville — n'a aucune autorité en la matière. Aucune action découle donc de la suggestion de ce nouveau plan de la ville, mais des tentatives régulières pour supprimer le monument sont réalisées les années suivantes. Une proposition est faite en 1876 par Alderman Peter McSwiney, un ancien lord-maire, pour remplacer la « structure inesthétique » avec un monument à la mémoire du récemment mort Sir John Gray (en), qui a fait beaucoup pour fournir à Dublin un approvisionnement en eau potable. La Dublin Corporation est cependant incapable de faire avancer cette idée.

En 1882, le Moore Street Market and Dublin City Improvement Act est adopté par le parlement de Westminster, remplaçant la fiducie pour donner l'autorité à la Dublin Corporation de réimplanter la colonne, mais cela est soumis à un calendrier strict, trop strict selon les autorités de la ville. La loi devient caduque sans que la colonne ne soit déplacée. Une tentative similaire, avec le même résultat, est faite en 1891. Le sentiment ds habitants de Dublin est partagé sur la démolition, certaines considérant le monument comme le point focal de la ville. L'entreprise de tramway adresse une pétition pour son maintien puisqu'il marque le terminus de la ligne centrale de tramway. Selon Donal Fallon dans son livre The Pillar: The Life and Afterlife of the Nelson Pillar (2014), « à bien des égards le pilier était devenu partie intégrante du tissu de la ville ». Kennedy écrit lui que le monument est « « […] une familière et très grande pièce, plutôt délabrée, du mobilier de la ville, [il s'agit de] la colonne, la colonne de Dublin plutôt que la colonne Nelson […] [c'est] aussi une sortie, une expérience ». Le sculpteur local John Hughes (en) invite les étudiants de la Metropolitan School of Art à « admirer l'élégance et la dignité » de la statue de Kirk et « la beauté de la silhouette ».

Photographie colorisée de O'Connell Street (ex-Sackville Street) au début du XXe siècle.

En 1894, des modifications importantes sont réalisées au socle du monument. L'accès original sur le côté ouest où les visiteurs entrent dans le piédestal par plusieurs marches pour descendre en dessous du niveau de la rue est remplacé par une nouvelle entrée au niveau du sol sur le côté sud. Une grande véranda est aussi créée. Le monument entier est entouré par de lourdes grilles de fer[Note 7]. Dans le nouveau siècle qui arrive, malgré le nationalisme croissant à Dublin — 80 % des conseillers de la Dublin Corporation sont nationalistes —, la colonne est, en 1905, généreusement avec des drapeaux pour marquer le centenaire e la bataille de Trafalgar. L'atmosphère politique en mutation avait longtemps été annoncé par l'arrivée dans Sackville Street d'autres monuments, tous célébrant des héros irlandais, dans ce que l'historien Yvonne Whelan décrit comme un « défi dans la pierre » au gouvernement britannique. Entre les années 1860 et 1911, la colonne Nelson est rejoint par des monuments à Daniel O'Connell, William Smith O'Brien et Charles Stewart Parnell, ainsi que Sir John Gray et le Père Mathew. Pendant ce temps, en 1861, après des décennies de construction[Note 8], le Wellington Monument du Phoenix Park de Dublin est achevé. Ce vaste obélisque de 67 mètres de haut pour 37 mètres carrés à sa base honore Arthur Wellesley, le 1er duc de Wellington, ancien Secrétaire en chef pour l'Irlande né en Irlande. À la différence de la colonne Nelson, l'obélisque de Wellington attire peu de controverse et ne pas fait l'objet d'attaques physiques.

Insurrection de Pâques 1916[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Insurrection de Pâques 1916.
La colonne Nelson au loin entourée de ruines de bâtiments détruits après l'Insurrection de Pâques 1916.

Le lundi de Pâques, , des membres des Irish Volunteers et de l'Irish Citizen Army investissent plusieurs rues et bâtiments importants du centre de Dublin, dont l'un des bâtiments les plus proches du monument, la Poste centrale de Dublin. Ils mettent en place leur quartier-général dans ce dernier bâtiment et déclarent la création d'une république d'Irlande sous un gouvernement provisoire. L'une des premières actions enregistrées de l'Insurrection de Pâques ont eu lieu près de la colonne quand des lanciers de la caserne Marlborough Street à proximité, sont envoyés pour enquêter sur les troubles et sont prit pour cible depuis la Poste centrale. Ils se retirent dans la confusion, laissant quatre soldats et deux chevaux morts.

Pendant les jours qui suivent, Sackville Street et en particulier la zone autour du monument devient un champ de bataille. Selon certains récits, les insurgés tentent de faire sauter la colonne. Cela n'est pas confirmé et même contesté par les combattants, au motif que la grande base du monument fournissait une couverture utile lors des déplacements vers d'autres positions rebelles. Arrivé au jeudi soir, l'artillerie britannique avait détruit une grande partie de la rue. Les feux créés par les obus rendaient la statue visible aussi loin que Killiney à 14 kilomètres.

Le samedi, lorsque le gouvernement provisoire capitule finalement, la plupart des bâtiments de Sackville Street entre le monument et la Liffey sont détruits ou gravement endommagés, y compris l'Hôtel Imperial. De la Poste centrale de Dublin, seule la façade est restée. Un journal de New York indique que la colonne Nelson est détruite dans la destruction de la rue, mais elle n'a subit que des dommages mineurs, principalement des traces de balles sur la colonne et la statue elle-même. La légende veut même qu'un tir a décollé le nez de la statue de Nelson.

Dans l'Irlande indépendante[modifier | modifier le code]

Après la guerre d'indépendance irlandaise et le traité qui suit, l'Irlande est partagée. Dublin devient la capitale de l'État libre d'Irlande, un Dominion au sein du Commonwealth of Nations. À partir de décembre 1922, date de l'inauguration de l'État libre d'Irlande, le monument devient un problème pour les Irlandais plutôt que pour le gouvernement britannique. En 1923, quand Sackville Street est à nouveau en ruines suite à la guerre civile irlandaise, le magazine The Irish Builder and Engineer appelle au retrait de la colonne Nelson considérant qu'il s'agit d'une « erreur ». Ce point de vue est repris par la Dublin Citizens Association. Le poète William Butler Yeats, qui devient membre du Sénat irlandais, favorise sa réimplantation ailleurs, mais estime qu'elle ne doit pas, comme certains le veulent, être détruite. Il indique que « la vie et le travail des gens qui ont construit sont une partie de notre tradition ».

Détail de la statue de Nelson avec la plate-forme d'observation.

Sackville Street est rebaptisée O'Connell Street en 1924[Note 9]. L'année suivante, la Dublin Metropolitan Police et le Dublin Civic Survey exigent une loi pour permettre le retrait du monument, sans succès. La ​​pression continue en 1926 lorsque The Manchester Guardian rapporte que la colonne doit être détruite puisqu'il constitue un obstacle à la circulation des voitures. Les demandes d'enlèvement, de destruction ou de remplacement de la statue avec celle d'un héros irlandais continue jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et au-delà. Les principales pierres d'achoppement restent l'interprétation stricte des modalités de la fiducie et la réticence des gouvernements irlandais successifs à prendre des mesures législatives. En 1936, le magazine du mouvement ultra-nationaliste des « Chemises bleues » fait remarquer que cette inactivité montre un échec dans l'esprit national : « le vainqueur est parti, mais les cicatrices qu'il a laissé restent, et la victime n'essaye même pas de les enlever ».

En 1949, l'État libre d'Irlande évolue en République d'Irlande et quitte le Commonwealth of Nations. Néanmoins, le sentiment reste partagé sur le retrait du monument. Cette année là, l'historien de l'architecture John Harvey le qualifie de « grande œuvre » et fait valoir que, sans lui, « O'Connell Street perdrait beaucoup de sa vitalité ». La plupart des pressions pour s'en débarrasser, dit-il, vient de « maniaques de la circulation qui […] ne parviennent pas à visualiser le chaos qui résulterait de la création d'un flux de trafic à travers ce point ». Dans une émission radio de 1955, Thomas Bodkin (en), ancien directeur de la Galerie nationale d'Irlande, loue non seulement le monument, mais Nelson lui-même : « [c'était] était un homme d'une galanterie extraordinaire, il a perdu son œil bravement au combat, et son bras d'une manière similaire ».

Le , un groupe de neuf étudiants de l'University College Dublin parviennent à obtenir les clés du monument et s'enferment à l'intérieur. Depuis la plate-forme, ils accrochent une affiche de Kevin Barry, un volontaire de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) de Dublin exécuté par les Britanniques pendant la guerre d'indépendance irlandaise. Une foule se rassemble et chante une chanson consacrée à Barry. Finalement, les membres de la police investissent dans le monument et mettent fin à la manifestation. Aucune mesure n'est prise contre les étudiants, dont le but principal est selon la police est de faire de la publicité.

En 1956, les membres du parti politique Fianna Fáil, alors dans l'opposition, propose que la statue de Nelson soit remplacée par une de Robert Emmet, le meneur protestant d'une rébellion avortée en 1803. Ils estiment qu'un tel geste peut inspirer les protestants en Irlande du Nord à se battre pour unifier l'Irlande. Dans le Nord, la possibilité de démonter et ré-ériger le monument à Belfast est soulevée au Executive Committee (en), mais l'initiative ne réussie pas à obtenir le soutien du gouvernement d'Irlande du Nord.

En 1959, le nouveau gouvernement de Seán Lemass reporte la question du déplacement du monument pour des raisons de coût et cinq ans plus tard Lemass accepte « d'étudier » la question du remplacement de la statue de Nelson avec une de Patrick Pearse, le meneur de l'insurrection de Pâques, à temps pour le 50e anniversaire de l'érection du monument en 1966. Une offre de financement du meneur syndical américain Mike Quill — né en Irlande — pour le retrait de la colonne n'est pas retenue et, alors que l'anniversaire approche, Nelson reste en place.

Destruction[modifier | modifier le code]

La colonne détruite, le lendemain matin de l'attaque.

Peu de temps après h 30 le matin du , une puissante explosion détruit la partie supérieure de la colonne. O'Connell Street est presque déserte à ce moment-là, même si la sortie d'une salle de bal à proximité est sur le point de se terminer et d'amener une foule sur la rue. Il n'y a pas de victime — seul un chauffeur de taxi garé à proximité a réellement été en danger — et les dommages aux bâtiments proches restent relativement légers. Ce qui reste alors du monument est une base sabrée de 21 mètres de haut.

Dans la première réponse du gouvernement à cette destruction, le ministre de la Justice Brian Lenihan (en) condamne ce qu'il a décrit comme « un outrage planifié et commis sans aucun égard pour la vie des citoyens ». Cette réponse est considérée comme « tiède » par The Irish Times dont l'éditorial juge l'attaque comme « un coup direct au prestige de l'État et à l'autorité du gouvernement ». Kennedy suggère que la colère du gouvernement est principalement dirigée contre ce qu'ils considèrent comme une distraction des célébrations officielles du 50e anniversaire de l'insurrection de Pâques.

La destruction du monument est regretté par certains qui considèrent que la ville y avait perdu l'un de ses monuments les plus importants. L'association littéraire irlandaise s'inquiète, peu importe les mesures futures, que le lettrage sur le piédestal soit préservé. L'Irish Times rapporte de son côté que la Royal Irish Academy of Music (en) envisagent des mesures juridiques pour empêcher le retrait du moignon restant. Les réactions du grand public sont relativement légères, caractérisées par les nombreuses chansons inspirées par l'incident dont la très populaire Up Went Nelson, basée sur The Battle Hymn of the Republic et chantée par un groupe d'enseignants de Belfast, qui reste au sommet du hit-parade irlandais pendant huit semaines. Une journal américain rapporte que l'ambiance dans la ville est gaie, avec des cris de « Nelson a perdu sa dernière bataille ! ». Certaines sources rapportent que le président irlandais Éamon de Valera téléphone à l'Irish Press pour suggérer le titre « L'admiral britannique quitte Dublin par les airs », ce qui est selon le sénateur et candidat à la présidence David Norris « le seul cas […] d'humour dans ce [fait] lugubre ».

Les lettres de la colonne Nelson dans le jardin de la Butler House (en) de Kilkenny en 2009.

Le sort du monument est scellé lorsque la Dublin Corporation émet un préavis le déclarant « bâtiment dangereux ». La fiducie convient que la base doit être désormais supprimée. L'Institut royal des architectes d'Irlande (en) demande en dernière minute de retarder la démolition, mais pour des raisons de planification , ce sursis est rejetée par le juge Thomas Teevan. Le 14 mars l'armée détruit la base du monument par une explosion contrôlée, surveillée à distance par une foule qui, selon la presse, « soulève une acclamation retentissante ». Il y a une bousculade pour prendre des souvenirs et de nombreuses parties de la maçonnerie sont récupérées par des particuliers. Certaines de ces reliques, dont la tête de Nelson, trouvent finalement place dans les musées[Note 10] et les parties lettrées de la maçonnerie du piédestal sont conservées dans les jardins de la Butler House (en) à Kilkenny. Des sources contemporaines et ultérieures précisent que l'explosion de l'armée cause plus de dégâts que la première mais cela, selon Fallon, est un mythe puisque les demandes de dommages résultant de la seconde explosion sont bien plus faibles que la somme réclamée à la suite de l'explosion d'origine.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Enquête[modifier | modifier le code]

Vue de Sackville Street vers 1910 avec la colonne Nelson en arrière plan.

L'enquête a d'abord supposé que l'Irish Republican Army (IRA) est à l'origine de la destruction du monument. The Guardian rapporte le 9 mars que six hommes sont arrêtés et interrogés, mais leur identité n'est pas révélée et il n'y a pas de suite. Le porte-parole de l'IRA nie toute implication en indiquant que le groupe n'a aucun intérêt à démolir de simples symboles de domination étrangère, précisant même : « nous sommes intéressés par la destruction de la domination elle-même ». En l'absence de pistes, les rumeurs suggèrent que le mouvement séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA) pourrait être responsable, peut-être dans le cadre d'un exercice d'entraînement avec un groupe dissident républicain irlandais. En effet, au milieu des années 1960, l'expertise de l'ETA dans les explosifs est généralement reconnue.

Aucune autre information n'arrive jusqu'en 2000, lorsque, au cours d'un entretien à la Raidió Teilifís Éireann un ancien membre de l'IRA, Liam Sutcliffe, affirme qu'il a placé la bombe qui a explosé la colonne. Dans les années 1950, Sutcliffe est proche d'un groupe de volontaires dissidents dirigés par Joe Christle (1927-1998), un ancien membre de l'IRA qui a été expulsé en 1956 pour « imprudence ». Au début de l'année 1966, Sutcliffe apprend que le groupe de Christle prévoit une opération nommée « Humpty Dumpty » qui vise la colonne Nelson de Dublin. Il offre ses services au groupe. Selon Sutcliffe, le 28 février, il place une bombe à l'intérieur de la colonne dans les premières heures du matin. L'explosif est un mélange de gelignite (en) et d'ammonal. Cela n'a pas explosé alors Sutcliffe est revenu le lendemain matin pour récupérer sa charge et retravailla son minuteur. Le 7 mars, peu de temps avant la fermeture du monument, il grimpe l'escalier intérieur et place la nouvelle bombe près de la partie supérieure de la colonne avant de fuir. Il apprend le succès de sa mission le lendemain après avoir dormi tranquillement. À la suite de ses révélations, Sutcliffe est interrogé par la police, mais aucune charge n'est retenue. Il ne nomme pas d'autres personnes impliquées dans cette action, en dehors de Christle et de son frère.

Remplacement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Spire de Dublin.
Le Spire de Dublin, érigé en 2003.

Le , le parlement irlandais adopte le Nelson Pillar Act mettant fin à la fiducie de la colonne Nelson et transmettant les droits de propriété du site à la Dublin Corporation. Les membres de la fiducie reçoivent 21 170 £ en compensation pour la destruction du monument et une somme supplémentaire pour la perte de revenus. Au cours des débats, le sénateur Owen Sheehy-Skeffington (en) fait valoir que la colonne pouvait être réparée et aurait dû être reconstruite.

Pour plus de vingt ans, le site reste vide alors que diverses campagnes cherchent à occuper cet espace vacant. En 1970, l'Arthur Griffith Society suggère un monument consacré à Arthur Griffith, fondateur du Sinn Féin, et Patrick Pearse, dont le centenaire tombe en 1979. Plusieurs autres propositions sont faites, mais aucune n'est acceptée par la Dublin Corporation. En 1987, une demande émanant de la Dublin Metropolitan Streets Commission de Dublin prônant la reconstruction du monument avec une autre statue, est également rejetée. En 1988, dans le cadre des célébrations 1000e anniversaire de la fondation de la ville, la Smurfit Millennium Fountain est érigée à proximité du site. Il s'agit d'une commande d'un homme d'affaires de Dublin, Michael Smurfit, en mémoire de son père. Cela incorpore une statue en bronze d'une femme, sculptée par Éamonn O'Doherty (en). Le monument, connu familièrement comme Anna Livia (en), n'est pas universellement apprécié à l'exemple du sculpteur Edward Delaney (en) qui la considère comme une « horreur atroce ».

En 1988, un nouveau projet de colonne encourage les artistes et les architectes à présenter de nouvelles idées pour un mémorial permanent remplacant la colonne Nelson. Un mât de 110 mètres, un arc de triomphe sur le modèle de celui de Paris et une « tour de lumière » font partie des suggestions. En 1997, la Dublin Corporation annonce une concours formel pour le monument afin de marquer le nouveau millénaire en 2000. Le gagnant de celui-ci est Ian Ritchie avec le Spire de Dublin : une structure en forme d'aiguille haute de 120 mètres. Le , il est achevé, malgré une certaine opposition dans la classe politique et artistique. Lors des fouilles précédents la construction du nouveau monument, la première pierre de la colonne Nelson est récupérée. La presse se fait écho d'une capsule temporelle contenant des pièces de monnaie précieuses est découvert, mais cela se révèle faux.

Postérité[modifier | modifier le code]

La destruction de la colonne provoque une surabondance temporaire de chansons populaires, dont Nelson's Farewell des The Dubliners, dans lequel la disparition « aéroportée » de Nelson est présenté comme la contribution de l'Irlande à la course à l'espace.

Néanmoins, au cours de ses plus de 150 ans d'existence, le monument fait partie intégrante de la vie Dublin et a souvent cité dans la littérature irlandaise de la période. Il est par exemple en toile de fond dans le roman de James Joyce Ulysse (1922) qui fait une représentation minutieuse de la ville sur une seule journée. Joyce partage l'avis de William Butler Yeats que l'association entre l'Irlande et l'Angleterre est un élément essentiel d'une histoire commune. Oliver St John Gogarty, dans son mémoire littéraire As I Was Going Down Sackville Street, considère que la colonne est « la plus grandiose chose que nous avons à Dublin »« la statue en pierre blanche regardait toujours vers le sud vers Trafalgar et le Nil ». Ce monument, dit Gogarty, « marque la fin d'une civilisation, le point culminant de la grande période du XVIIIe siècle à Dublin ». Dans le poème de Yeats The Three Monuments (1927) se moque des dirigeants de la post-indépendance de l'Irlande pour leur moralité rigide et manque de courage, l'avers des qualités des « trois vieilles canailles » : Charles Stewart Parnell, Horatio Nelson et Daniel O'Connell. L'écrivain Brendan Behan, dans ses Confessions of an Irish Rebel (1965) écrit à partir d'un point de vue nationaliste que l'Irlande ne doit rien à Nelson. Dans son poème Dublin (1939), Louis MacNeice, écrit sur le retrait des vestiges de suzeraineté britannique d'Irlande : « Nelson sur son pilier / regarde l'effondrement de son monde ». Enfin, dans le poème Nelson's Pillar, Dublin (1957) d'Austin Clarke (en) dédaigne les différents plans pour retirer le monument et conclut « Laissez-le regarder le ciel / Avec ceux qui gouvernent. Yeux de pierre / Et télescopes peuvent prouver / Nos bénédictions sont au-dessus ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Donal Fallon, The Pillar : The Life and Afterlife of the Nelson Pillar, Dublin, New Island Books, (ISBN 978-1-84840-326-0)
  • (en) Dennis Kennedy, Dublin's Fallen Hero, Belfast, Ormeau Books, (ISBN 978-0-9572564-1-5)
  • (en) Tristram Hunt, Ten Cities That Made an Empire, Londres, Allen Lane, (ISBN 978-1-84614-325-0)
  • (en) Thomas Pakenham, The Year of Liberty : The History of the Great Irish Rebellion of 1798, Londres, Phoenix Books, (ISBN 978-1-85799-050-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À noter que cet honneur se fait du vivant de Blakeney, ce qui est assez inhabituel.
  2. Dans la suite de sa carrière, Wilkins sera le responsable de la conception de nombreux grands bâtiments de Londres, dont la National Gallery et l'University College de Londres, et d'un certain nombre de bâtiments de l'université de Cambridge.
  3. La somme de 6 500 £ en 1805 équivaut à environ 500 000 £ en 2016.
  4. Les inscriptions sont : « ST. VINCENT XIV FEBRUARY MDCCXCVII » (ouest); « THE NILE I AUGUST MDCCXCVIII » (nord); « COPENHAGEN II APRIL MDCCCI » (est); « TRAFALGAR XXI OCTOBER MDCCCV » (sud). Cela se réfère respectivement à la bataille du cap Saint-Vincent (14 février 1797), la bataille d'Aboukir (1er au 3 août 1798), à la bataille de Copenhague (2 avril 1801) et à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805).
  5. Dix pence pré-décimaux représentent 2,70 £ en 2016.
  6. 47 000 £ de 1843 représentent 5,3 millions £ en 2016.
  7. Ces modifications sont apportées par l'architecte George Palmer Beater (1850-1928).
  8. La première pierre du Wellington Monument a été posée en 1817.
  9. Le changement a d'abord été proposé par la Dublin Corporation en 1884, mais a été à l'époque rejetée par les résidents.
  10. Une dizaine de jours après l'explosion initiale, la tête de Nelson est récupérée par des étudiants de la National College of Art and Design afin de collecter de fonds. La tête est exposée, moyennant une participation, à divers endroits dont de présentations sur scène par The Dubliners et The Clancy Brothers. La tête traverse la mer d'Irlande et est louée pour être exhibée dans un magasin d'antiquités de Londres. Elle retourne en Irlande en septembre 1966, trouvant finalement place dans la bibliothèque de la ville de Dublin dans Pearse Street (en).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Luke Gardiner », dans H. Andrews et J. Coleman, Dictionary of Irish Biography, Mercier Press,
  2. (en) Frank Hopkins, Rare Old Dublin : Heroes, Hawkers & Hoors, Dublin, Mercier Press, (ISBN 1-86023-150-0), p. 114
  3. (en) Siobhán Marie Kilfeather, Dublin : a Cultural History, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-518201-9)
  4. Hunt 2014, p. 137.
  5. (en) « William Blakeney », dans H. M. Stephens et Richard Harding, Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne)
  6. a et b Fallon 2014, p. 5-8.
  7. Kennedy 2013, p. 7-8.
  8. (en) « Horatio Nelson », dans Nicholas Rodger, Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne)
  9. Pakenham 1992, p. 337.
  10. Fallon 2014, p. 24.
  11. a et b (en) Micheál Ó Riain, « Nelson's Pillar », History Ireland, vol. 6, no 4,‎ (lire en ligne).
  12. Kennedy 2013, p. 25–27.
  13. a et b (en) Patrick Henchy, « Nelson's Pillar », Dublin Historical Record, vol. 10, no 2,‎ , p. 53–63 (lire en ligne).
  14. Fallon 2014, p. 26.
  15. Kennedy 2013, p. 3–4.
  16. Fallon 2014, p. 27-28.
  17. Kennedy 2013, p. 3-4.
  18. (en) Howley Hayes Architects, « The Cumberland Column, Birr, Co. Offally: Conservation Report », Contae Uíbh Fhailí County Council,‎ (consulté le 5 juillet 2016)
  19. Kennedy 2013, p. 6.
  20. Kennedy 2013, p. 6-8.
  21. a et b Kennedy 2013, p. 10-11.
  22. (en) Paula Murphy, Nineteenth-Century Irish Sculpture : Native Genius Reaffirmed, New Haven, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-15909-7, lire en ligne), p. 11.