Collectif contre l'islamophobie en France

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Collectif contre l'islamophobie en France
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 2003
Identité
Siège Garges-lès-Gonesse
Président Samy Debah
Directeur exécutif Marwan Muhammad
Porte parole Yasser Louati
Membres 12 000
Site web islamophobie.net

Notes

Statut consultatif spécial auprès du conseil économique et social de l’organisation des Nations unies.

Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) est une association française créée en 2003, dont l'appellation juridique exacte est ADDH-CCIF (Association de défense des droits de l'Homme - Collectif contre l'islamophobie en France).

Son objet est de lutter contre l'« islamophobie » — définie par l'association comme « l’ensemble des actes de rejet, de discrimination ou de violence perpétrés contre des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane »[1].

À cet effet, le CCIF recense et analyse les actes présumés islamophobes. Il publie un rapport annuel commenté. Il organise des événements sur le thème de l'islamophobie et dispose d'une équipe qui propose assistance juridique ou soutien psychologique aux victimes. L'association est régulièrement auditionnée par la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui juge son travail utile (en 2014).

Sur le fond comme sur la forme, l'activité du collectif est l'objet de nombreuses critiques ; sur la validité de ses statistiques, sa proximité avec des islamistes, avec les Frères musulmans ou son appartenance à une « mouvance clairement anti-française, anti-laïque, anti-féministe et anti-sémite ».

Présentation[modifier | modifier le code]

La création d'ADDH-CCIF, en 2003, fait suite, en particulier, aux propos de l’éditorialiste Claude Imbert, tenus sur la chaîne d’information en continu LCI :

« Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire[2],[3]. »

Le fondateur et président de l'association est Samy Debah. Selon Sylvain Mouillard et Bernadette Sauvaget (de Libération), c'est un ancien prédicateur du Tabligh[note 1] pour qui « être Frère musulman, ce n’est pas une tare, mais je ne le suis pas »[5].

Selon Bernard Godard, le CCIF est « directement issu des jeunes réislamisés par les réseaux fréristes et accompagnés par Tariq Ramadan. » Il ajoute que le fondateur et leader du CCIF, « Samy Debbah, âgé de trente deux ans à l'époque, issu de la banlieue nord et enseignant en histoire, fait partie de cette nouvelle génération venue à l'islam par les réseaux fréristes, l'UOIF ou le collectif des musulmans de France proche de Tariq Ramadan[6]. »

Marwan Muhammad devient directeur exécutif le 1er mars 2016[7]. En septembre 2015, le porte-parole est Yasser Louati[8] — il remplace alors Elsa Ray[9] qui elle-même succéda à Marwan Muhammad[10],[11].

En 2016, le CCIF informe que son équipe est constituée de quatre juristes, une assistante juridique, une chargée de communication, deux chargés de projet et quatre psychologues, ainsi que de bénévoles. Lila Charef est la responsable du service juridique[8].

Reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

En juin 2011, le CCIF est reconnu d’intérêt général par les autorités[12].

La même année, le Conseil économique et social (ECOSOC) de l’Organisation des Nations unies accorde le « statut consultatif spécial »[note 2] à l'association[13]. La contribution de l’ADDH-CCIF à des activités conformes à la charte des Nations unis, fait l'objet d'un rapport quadriennal présenté à l'ECOSOC, qui le transmet, pour analyse au Comité chargé des ONG[note 3].

Le premier rapport est transmis en 2015. Ce rapport note, entre autres, que l'ADDH-CCIF « […] a participé à des réunions privées avec d’autres ONG et le bureau genevois des Nations Unies du 20 au 23 mars 2014, ainsi qu’à l’organisation d’une manifestation parallèle avec Islamic Human Rights Commission (IHRC). L’association a participé à la session “High Level Segment” du Conseil des droits de l’homme, à Genève, du 1er au 4 avril 2014[16]. »

Le CCIF est invité chaque année par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe[17].

En juin 2015, le président du CCIF est invité « au ministère de l’Intérieur pour participer à la nouvelle instance de dialogue avec l’islam mise en place par l’équipe de Bernard Cazeneuve[5]. »

Adhérents[modifier | modifier le code]

En 2013, l'association revendique 700 adhérents et 8 antennes régionales[18].

En août 2016, à la suite des polémiques apparues avec le port du burkini en France, l'association mène une campagne d'adhésions en ligne et revendique « 5 000 nouvelles adhésions en moins d'une semaine, ainsi que 32 595 euros de dons »[17]. En octobre 2016, elles approchent les 12 000, selon son directeur, contre 2 500 en 2015[19].

Régime fiscal[modifier | modifier le code]

En France, « le code général des impôts ouvre le droit à une association reconnue d'intérêt général de délivrer des reçus de dons qui permettent au donateur de bénéficier d'une réduction d'impôt pour don d'un montant en principe égal à 66 % de la somme versée dans la limite de 20 % du revenu imposable[20]. »

En septembre 2016, Isabelle Kersimon s'interroge sur la procédure du rescrit fiscal. La journaliste suggère que si le CCIF déclare être apolitique et areligieux c'est pour profiter de l'avantage fiscal. Elle affirme que le collectif — ayant bénéficié de cette facilité dans le passé sous son appellation d'Association de défense des droits de l’homme (ADDH) — aurait dû déposer une demande de renouvellement lors du changement de dénomination, elle n'a pas été en mesure de déterminer précisément ce qu'il en était[21]. L'un des rôles de l'administration fiscale est de contrôler a posteriori que les reçus sont délivrés dans les conditions légales — buts et caractéristiques de l'association, gestion, etc.[22]

Lutte contre l'« islamophobie » et ambiguïté sémantique du terme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Islamophobie.

Le CCIF a pour but de lutter contre l'islamophobie définie comme :

« L’ensemble des actes de discrimination ou de violence contre des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à l’islam[1]. »

Une part de la méfiance envers le Collectif est liée à l'ambiguïté qui a longtemps pesé sur le concept d'islamophobie. En septembre 2013, la rédaction du quotidien Le Monde note que le mot a été l'objet de controverses, « tant il apparaissait comme un instrument propre à invalider toute critique de l'intégrisme musulman […] de la religion musulmane et instaurer, au bout du compte, un délit de blasphème[23]. »

En France, l'expression est acceptée par les intellectuels et les autorités quand la confusion est levée et qu'elle est utilisée pour qualifier « la réalité des actes commis contre des lieux de culte ou des citoyens musulmans[23]. »

Dans son rapport sur « La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie » présenté en avril 2014, La Commission nationale consultative des droits de l'homme — en notant qu'il existe des risques d'instrumentalisation — prend le parti « de désigner par le terme islamophobie ce phénomène rampant, dangereux, qui menace le “vivre ensemble” et appelle à toutes les vigilances[24]. » La commission a « jugé utile » le travail du collectif dans sa lutte contre l'islamophobie. Sa présidente, Christine Lazerges, « avoue ne “pas comprendre” la méfiance dont le CCIF fait l’objet[5] »[note 4].

Malgré ces précisions apportées progressivement à la portée du terme « islamophobe », le doute persiste pour certains observateurs qui considèrent que la légitime lutte, contre les actes d’« intolérance et de discrimination envers les musulmans », peut être instrumentalisée afin d'empêcher toute critique de l'Islam. Ainsi, par exemple, l'ethnologue Jeanne Favret-Saada affirme[27] :

« Chacun sait toutefois que le CCIF a imposé cette désignation (“Islamophobie”) à l'administration et aux médias pour désigner ces actes délictueux, mais que sa visée politique d'ensemble est d'y faire entrer toute critique de l'islam. »

Pour Jean-Christophe Moreau, « […] l’étude des rapports annuels du CCIF est particulièrement révélatrice de sa propension à faire passer pour “islamophobe” n’importe quel événement mettant en cause des musulmans ou affectant d’une manière d’une autre l’image de l’islam[25]. »

Actions[modifier | modifier le code]

Le CCIF organise des événements sur le thème de l'islamophobie, répertorie et recense les actes islamophobes, apporte une assistance juridique aux victimes et leur propose, si elles le souhaitent, un soutien psychologique. Ces actions se doublent parfois d'actions militantes.

Selon le sociologue Marwan Mohammed, en raison de son militantisme et de l'idéologie qu'il porte, le CCIF est fréquemment « la cible de Manuel Valls, de Caroline Fourest mais également du Figaro ou du responsable de l’Observatoire de l’islamophobie[28]. »

En 2014, discutant des raisons pour lesquelles le collectif se désolidarise d'un appel à la mobilisation contre l'État islamique, lancé par des musulmans de France, Alain Gresh écrit que le CCIF « fait un travail de terrain remarquable contre les actes anti-musulmans en France »[29].

Le Canard enchaîné, dans un article publié le 17 août 2016, affirme que « le CCIF s'est spécialisé dans la rédaction de “rapports” instruisant le procès de la laïcité »[30].

La 28 août 2016, Jean-Christophe Moreau reconnaît qu'« il offre un soutien indispensable aux victimes de racisme anti-musulman, encore trop souvent négligées par les acteurs historiques de la lutte contre le racisme[25] ».

Campagnes de communication[modifier | modifier le code]

À la suite d'une déclaration de Jean-François Copé qui déplorait qu'un élève puisse se faire « arracher son pain au chocolat à la sortie du collège par des voyous lui expliquant qu'on ne mange pas pendant le ramadan », le CCIF organise une distribution gratuite de pains au chocolat à la gare Saint-Lazare le 10 octobre 2012[31],[32],[33].

Fin octobre 2012, le CCIF lance une campagne intitulée Nous (aussi) sommes la Nation, destinée à « dénoncer les préjugés, les attitudes islamophobes et les discours stigmatisants »[34]. La campagne, refusée par la RATP, est en partie financée par la fondation Open Society, créée par le milliardaire américain George Soros, qui a accordé 35 000 euros au CCIF[35].

La critique de cette campagne par le journaliste Ivan Rioufol a entraîné une action en justice de la part du CCIF[36], qui a été débouté de sa plainte par la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris[37].

Port du voile et du burkini[modifier | modifier le code]

En août 2016, le patron d'un restaurant refuse de servir deux femmes voilées. Laurence Rossignol — ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes — saisit la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), le parquet de Bobigny ouvre une enquête pour « discrimination à caractère racial », le CCIF appelle, quant à lui, à « ruiner la réputation de ce restaurant sur tous les espaces en ligne où il est listé […] dans une démarche concertée qui allie action juridique, communication politique et mobilisation structurée, afin d'atteindre l'objectif: faire condamner le restaurateur »[38].

En 2016, le CCIF — avec la Ligue des droits de l'homme — s'oppose aux arrêtés « anti-burkini », le conseil d'État « fixe les limites du pouvoir des maires » dans son ordonnance du 26 août 2016[39],[40]. Le 29 août, le collectif assigne en justice plusieurs communes qui maintiennent la mesure[41].

Au nom de mères qui, « dans certains établissements, rencontrent des difficultés pour accompagner les sorties scolaires de leurs enfants », le Collectif contre l'islamophobie en France a adressé en juin 2012 une lettre à Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale, lui demandant l'abrogation d'une circulaire de la rentrée 2012 signée par son prédécesseur, Luc Chatel. Au nom du principe de « laïcité et de neutralité du service public », celle-ci préconise « d'empêcher que les parents d'élèves ou tout autre intervenant manifestent, par leur tenue ou leurs propos, leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques lorsqu'ils accompagnent les élèves lors des sorties et voyages scolaires »[42],[43].

Isabelle Kersimon , journaliste — co-auteur du livre Islamophobie la contre-enquête — écrit, en 2015 : « Le CCIF a pour objectif à moyen terme de faire abroger les lois de 2004 (sur les signes ostentatoires de religion à l'école) et 2010 (sur la visibilité du visage dans l'espace public), lois qu'il juge “désastreuses” dans l'un de ses premiers rapports, confirmant bien là qu'elles sont son premier objectif concret. Marwan Muhammad considère d'ailleurs que ces lois ont été promulguées par des “lâches” qui n'assument pas leur “haine”[44]. »

Rapport annuel sur l'islamophobie en France[modifier | modifier le code]

Le CCIF publie un rapport annuel commenté, chargé de dresser un bilan de l'islamophobie, d'en analyser l'évolution, et de recenser les actes islamophobes. C'est également une des missions de l'observatoire de l'islamophobie du CFCM.

Les deux associations utilisent des méthodologies différentes pour obtenir leurs statistiques : l'observatoire de l'islamophobie — dirigé par Abdallah Zekri — tire ses données des plaintes et mains courantes que la police et la gendarmerie lui fournissent[45] ; le CCIF prend en compte dans son rapport les actes qui lui sont directement signalés sans avoir systématiquement fait l'objet de dépôt de plaintes.

En 2015, Alice Géraud, de Libération, note que quels que soient les « baromètres » utilisés, « ils disent la même chose. Les statistiques de plaintes du ministère de l’Intérieur et celles de l’Observatoire de l’islamophobie […] font en effet le même constat de hausse. ». Elle précise que la majorité des actes, recensés en 2014 par le CCIF, sont des discriminations concernant en particuliers des femmes, très peu étant suivis de plaintes[46].

Le premier rapport, sorti en 2008 et réalisé par une doctorante en sciences politiques, Ouria Shéhérazade Khalil, recense les actes de 2005 à 2007.

En janvier 2016, Bernard Cazeneuve révèle que le nombre d'actes antimusulmans, recensés par ses services, a triplé — une hausse de 223 % entre 2014 et 2015 — pour s'établir à environ 400[55].

En novembre 2015, Mathilde Goanec de Mediapart écrit : « Le collectif a enregistré près de 530 signalements depuis le mois de janvier, et constate que les attaques et humiliations se sont sérieusement intensifiées depuis les attaques meurtrières à Paris et Saint-Denis[56]. »

L'un des membres de l'institution le Défenseur des droits, dirigée par Jacques Toubon, « salue le sérieux des données transmises par le CCIF »[5].

Critique des chiffres du CCIF[modifier | modifier le code]

Il existe des écarts, entre les chiffres officiels du Gouvernement et ceux fournis par le CCIF. Le ministère comptabilise uniquement les plaintes reçues[57], la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) recense également les plaintes effectives enregistrées par le ministère de l'intérieur, tandis que la CCIF « délivre le nombre d’actes recensés, vérifiés, et triés par ses soins, sans qu’ils se traduisent nécessairement en justice. “On résout beaucoup d’affaires à l’amiable”, explique Marwan Muhammad. Les chiffres ne sont donc pas identiques, mais les tendances, elles, le sont »[58].

En 2013, en commentant la position du CCIF, lors des émeutes de Trappes, Abdallah Zekri — qui dirige l'observatoire de l'islamophobie du CFCM — reproche : « Leur objectif est de faire peur à la communauté musulmane. Ils allument le feu en permanence… ». À la suite de l'article du Figaro qui rapporte ces propos, Samy Debah déclare dans le droit de réponse qui lui est accordé ; « [le CCIF] relate la parole des victimes de l'islamophobie, peu répercutée dans les médias dominants […] Votre article reprend enfin des propos nous attribuant comme «objectif» «de faire peur à la communauté musulmane». Or, c'est l'islamophobie qui fait peur aux français musulmans, pas nous[45] »

En 2014, Jean-Christophe Moreau, remarque que, depuis l'accès au Statut Consultatif spécial du Conseil économique et social des Nations unies, le recensement des « actes islamophobes » du rapport annuel du CCIF ne propose plus d'inventaire détaillé[12].

En 2015, Jack Dion, du magazine Marianne, note « la propension [du CCIF] à instrumentaliser le moindre incident afin de nourrir la caricature qui est sa marque de fabrique, en 2014, il y aurait 130 cas de lycéennes ou collégiennes interdites de cours pour des tenues jugées « abusivement ostentatoires ». Quand bien même cela serait vrai – ce qui reste à prouver – ce ne sont que 130 cas, aussi regrettables et condamnables soient-ils, sous réserve de vérification de chacun d’entre eux. »[59]. Le Monde rappelle que la loi de 2004 interdit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse », et précise que la plupart des cas recensés par le CCIF concernait la longueur de la jupe. Pour la porte-parole du CCIF, Elsa Ray, « il ne s’agit pas d’une question de droit trop floue […] la loi est claire. Mais on se heurte à des positions idéologiques de la part de certains membres de la communauté éducative[60] ».

Eugénie Bastié, du Figaro, cite le rapport CCIF 2016[8] et y note que, pour le collectif, l'islamophobie est avant tout un « racisme structurel […] l'État français et ses institutions sont responsables de 70 % des actes islamophobes[17] ».

Le CCIF prend en compte les perquisitions de l'état d'urgence qu'il considère comme islamophobe[57]. Médiapart précise :« Au Collectif […] le téléphone ne cesse de sonner. Parmi les témoignages, plusieurs personnes ayant subi des perquisitions ou assignées à résidence sans comprendre pourquoi[56]. »

En 2016, Isabelle Kersimon — qui a étudié les statistiques entre fin 2003 et 2012 — considère que « les chiffres du CCIF ne sont absolument pas fiables » et que « son rôle est d'alimenter le sentiment de persécution des musulmans par les non-musulmans ». « Il faut savoir que le CCIF comptabilisait à l'époque des faits aussi divers qu'une question posée à une jeune femme voilée lors d'un entretien à l'ANPE, des règlements de compte crapuleux, […] des propos jugés insultants et, beaucoup plus graves, des expulsions de prédicateurs violemment antisémites et appelant au djihad […] ». Elle souligne que la réalité des faits et l'augmentation des actes islamophobes seraient mieux appréhendés s'ils étaient analysés uniquement après résultat d'enquêtes[57].

Rapport 2017[modifier | modifier le code]

Le rapport 2017 parait en janvier 2017, simultanément au rapport de l'Observatoire national contre l'islamophobie (ONCI), du Conseil français du culte musulman. Les deux rapports font apparaître une baisse des actes anti-musulmans mais ils restent trois fois plus nombreux dans celui du CCIF[note 5]. Le rapport officiel du gouvernement observe une baisse de 56,7%[62], celui de l'ONCI, une baisse de 57,6%, tandis que celui du collectif indique une diminution de 35,9%[63],[61]. Le CCIF signale 419 discriminations, 39 agressions, 25 attaques contres des édifices, 98 discours haineux, et indique que :

  • les discriminations ont lieu, pour 64% des cas, dans les services publics et sont résolus par des médiations ;
  • durant l'état d'urgence, 427 dossiers ont été analysés dont 297 perquisitions, 30 interdictions de sortie du territoire et 100 assignations à résidence ;
  • les femmes sont les principales victimes d'actes islamophobes (75% des cas, et la totalité des agressions physiques graves) ;
  • 30 dossiers ont été traités dans le domaine de la santé, dont de nombreux "refus de soin" à l'hôpital ;
  • 141 cas de "discriminations au travail" ont été signalés[54].

Critique de leur stratégie depuis mai 2016[modifier | modifier le code]

Lors d'une conférence à l'École Normale Supérieur de Paris, le 16 novembre 2016, Gilles Kepel considère que « Les terroristes ont politiquement échoué car ils n’ont pas réussi à fracturer la société française », mais — depuis l'été 2016 et les affaires de burkini — « une "conversion a été opérée". […] le CCIF, en mettant en avant la question de l’islamophobie, a "fait oublier les attentats" et "passer la France, particulièrement dans la presse anglo-saxonne, comme un goulag pour musulmans" ». Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve lui répond alors « La thèse développée par le CCIF doit être combattue […] les Français ne sont pas islamophobes »[64].

En août 2016, la Dilcra constate une diminution des actes islamophobes en France[65]

Idéologie[modifier | modifier le code]

France-soir, relève en 2016, que le CCIF « est loin de faire l'unanimité: efficace association de lutte contre les actes antimusulmans pour les uns, le groupe est vu par d'autres comme le relais d'un islam politique à combattre[66]. »

Le CCIF fait l'objet de critiques par des sites d'extrême droite tels que Riposte Laïque ou François Desouche et le Front national demande au gouvernement d'envisager sa dissolution. Mais « contrairement à ce que laisse entendre le CCIF, les attaques contre ses méthodes et son idéologie ne sont pas l’apanage de l’extrême droite »[25].

Selon le politologue Laurent Bouvet ; « beaucoup de ses membres attisent les haines communautaires et opposent les populations. Pour eux, être laïc, c'est être islamophobe[67]. »

Eugénie Bastié (Le Figaro, 2016) note que l'association est « fortement contestée » pour ses « accointances communautaristes, notamment auprès du controversé Parti des Indigènes de la République »[17].

Le politologue Gilles Kepel, spécialiste de l'islam en France, dans son livre Quatre-vingt-treize, considère que : « le CCIF ainsi que le site des Indigènes de la République et le site islamiste Forsane Alizza – Les Cavaliers de la Fierté – sont les jumeaux chimériques des portails anti-islamiques Riposte laïque, Observatoire de l’islamisation, le Bloc identitaire ou fdesouche. Ces sites réduisent l’autre exécré à des traits caricaturaux[note 6] ».

Selon Haoues Seniguer ; « la logique sous-jacente du CCIF, et c’est là une hypothèse, consiste à banaliser les pratiques les plus orthodoxes de l’islam, en réduisant les questions existentielles à de la casuistique juridique. En procédant ainsi, ce faisant, ils participent à l’amalgame entre musulmans ordinaires et musulmans violents, et surtout, plus grave, ils contribuent à délégitimer la lutte nécessaire contre l’islamophobie[68]. »

Pour Céline Pina, femme politique, « l'attitude de la gauche française envers cette mouvance clairement anti-française, anti-laïque, anti-féministe, antisémite pose la méme question ; naïveté ou clientélisme ? Déni ou calcul[69] ? »

Proximité avec l'islamisme et repli identitaire[modifier | modifier le code]

Dans un article du Figaro.fr de 2012, un « expert reconnu » explique que le CCIF incarne « un islam identitaire agressif ». Samy Debah — alors président du collectif — conteste le propos dans un droit de réponse :

« Le CCIF n'incarne pas l'islam, et encore moins un islam “identitaire agressif”. Il défend les droits d'individus de confession musulmane en tant que citoyens à part entière et non à part, droits expressément garantis par la Constitution française et les traités internationaux[70]. »

Dans son livre L'Islam, l'épreuve française[71], Élisabeth Schemla rapporte une déclaration attribuée à Marwan Muhammad, faite lors d'une conférence à la mosquée d’Orly, en août 2011[72] (ou 2012, selon les sources[73],[74]) :

« Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française. »

En avril 2013, Marwan Muhammad répond sur l'antenne de RMC :

« Cette citation est tirée d’un blog d’extrême droite, puis recitée, à droite et à gauche, en m’imputant ce propos-là, que j’aurais tenu à la mosquée d’Orly en août 2012 […] le CCIF n’a absolument jamais donné de conférence à la mosquée d’Orly, et encore moins moi en août 2011[75]. »

En juin 2015, ce « vieux dossier » — qui pour Ludwig Gallet, de L'Express, appartient à une « zone grise » entourant le CCIF — est utilisé par le journaliste Mohamed Sifaoui pour tenter de décrédibiliser le collectif. Le journaliste rappelle que, pour l'intéressé, il s'agit d'un hoax (canular) lancé par des sites identitaires, et interroge Elisabeth Schemla qui, expliquant avoir trouvé un document filmé, déclare : « S'agissant de Marwan Muhammad, je peux vous garantir avoir vu et retranscrit moi-même cette vidéo ». « Une vidéo très difficile à retrouver, puisque la plupart des liens sont aujourd'hui indisponibles », ajoute Ludwig Gallet[72].

Sylvain Mouillard et Bernadette Sauvaget, de Libération, notent que la 4e cérémonie de levée de fonds du CCIF (dîner-gala de mai 2015, avec un ticket d'entrée de 200 €) avait réuni des personnalités diverses. Par exemple, Pascal Boniface — directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques — ou Alain Gresh — ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique — y étaient présents, en même temps que des imams salafistes (Rachid Abou Houdeyfa et Abou Anas) ; « Yasser Louati, nouveau porte-parole du CCIF, assume : “On peut ne pas être d’accord avec certains intervenants, mais ils n’ont pas enfreint la loi”. » Les journalistes ajoutent : « aujourd’hui [avril 2016], le CCIF resserre ses liens avec la mouvance néosalafiste française, incarnée par l’ONG islamique Baraka City ou l’activiste numérique Al Kanz[5]. » Anne Vidalie, du journal L'Express, indique : « Sur la liste des invités du gala figurent parfois des personnages sulfureux tel, en 2013, Hani Ramadan, le frère de Tariq, prédicateur lui aussi, défenseur de la lapidation et adepte de diatribes contre la “barbarie sioniste”. L'année suivante, le CCIF convie deux prêcheurs ultraradicaux[76]. »

Selon Mohamed Sifaoui, le CCIF fait partie « des associations islamistes[77] ».

Le Canard enchaîné affirme, dans un article publié le 17 août 2016, que « le CCIF a défendu des imams expulsés pour radicalisme » et que son président Marwan Muhammad se produit régulièrement en présence d'imams radicaux[30].

Pour la journaliste Eugénie Bastié, le CCIF est proche des Frères musulmans[78]. Jean-Christophe Moreau écrit, dans Le Huffington Post, que le collectif « entretient d'excellentes relations avec l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) », organisation proche des Frères musulmans[12]. Un jugement partagé par Bernard Godard, pour qui le CCIF est « formé dans la mouvance frériste », mouvance que L'Express qualifie de « celle qui gravite dans l'orbite des Frères musulmans — hérauts d'un islam politique — autour de l'islamologue Tariq Ramadan, très contesté en France, voire des courants "islamo-gauchistes" »[79].

Selon Gilbert Collard — député et secrétaire général du Rassemblement bleu Marine —, « cette organisation, dont le financement reste opaque, est très proche des imams radicaux et de certaines mosquées salafistes, dont elle a déjà assuré la défense en justice[17]. »

Pour Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, « le CCIF cherche, en pesant dans le débat public, à rendre visibles et acceptables des pratiques relevant d'une conception rigoriste de l'islam, au risque de favoriser le cloisonnement et le repli identitaire[80]. » Cette critique de repli identitaire est également celle du politologue Laurent Bouvet qui range le Collectif parmi les « entrepreneurs identitaires »[81].

Féminisme et sexualité[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest reproche au CCIF de systématiquement accuser les organisations féministes d'islamophobie[82].

« Les éditions Nathan ont sorti un nouveau manuel pour les enfants dans lequel ils indiquent que les femmes musulmanes [en Arabie Saoudite] n'ont pas la moindre liberté et qu'elles peuvent être condamnées à mort en cas de désobéissance. »[83]. Le rapport 2010 du CCIF conteste cette vision de l'islam saoudien[84]

Accusation de racisme et d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Dans une tribune publiée par le magazine Marianne, Fatiha Boudjahlat (secrétaire nationale du Mouvement républicain et citoyen à l'éducation) critique à la fois Edwy Plenel, le parti des Indigènes de la République, le CCIF, et les identitaires…, auxquels elle reproche « dans l'affaire du burkini comme dans tant d'autres », d'avoir une obsession : « faire rendre gorge à l'arrogante République française ». Pour elle, il s'agit là de « nouveaux racistes », mot qu'elle définit comme « celui qui interdit de penser en dehors de son épiderme et de la communauté ethnique dans laquelle il assigne l'autre à résidence[85]. »

Refusant l’amalgame avec des positions clairement antisémites, Daniel Bensoussan-Bursztein note néanmoins que « certaines prises de position récentes du CCIF en faveur de personnes soupçonnées, à tort ou à raison, l’enquête et la justice seules pourront le dire, d’agressions antisémites, à Vigneux puis dans le train Toulouse-Lyon devraient inciter les institutions juives à redoubler de vigilance sur ce terrain[86] ».

Inquiétude aussi — exprimée en 2013 par Claude Askolovitch, dans Marianne — quant au retour des rhétoriques anti-juives prononcées par le porte-parole du CCIF, notamment en insistant sur le fait que certains ministres, comme Manuel Valls, seraient juifs ou pratiqueraient un crypto-judaïsme qui les rendrait plus sensibles à l'antisémitisme qu'à l'islamophobie. Cette rumeur est née, en juin 2011, lorsque Manuel Valls, fortement critiqué à la radio juive de Strasbourg pour son manque de fermeté vis-à-vis de l'antisémitisme, a évoqué alors sa famille, le philosophe Vladimir Jankélévitch, puis son épouse, Anne Gravoin, d'origine juive[87].

En décembre 2016, Marwan Muhammad, « se faisant le relai du site Arrêt sur images » — qui avait publié une enquête sur le « Décryptage d'un plan com' façon "carte postale de la diversité" »[88] — appelle à reconnaître les personnalités qui se trouvaient autour de Manuel Walls lors de l'annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, afin de « simplement mieux comprendre […] les conditions de leur participation (spontanée ou non) et de leur soutien affiché au candidat Walls »[89]. Isabelle Kersimon remarque que plusieurs commentaires suivant cet appel relèvent de propos conspirationnistes et antisémites.

Critique de mise en place d'une concurrence victimaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Concurrence des mémoires.

La concurrence des mémoires est un débat récurrent : il apparaît quand les victimes d'actes à caractère discriminatoire se groupent dans une communauté spécifique, pour se faire reconnaître, et que leur lutte est interprétée comme une compétition avec d'autres communautés.

En 2015, Gilles Clavreul — Délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA) — pense qu'il existe une véritable volonté politique de clarifier le sujet de l'antiracisme et que des choix doivent être faits pour bien nommer les choses. La journaliste de Libération qui dresse son portrait écrit : « Dans ce malaise post-Charlie, où l’antisémitisme tue, et l’islamophobie gangrène […] » et rapporte ses propos : « Tous les racismes sont condamnables, mais le racisme anti-Arabe et anti-Noir n’a pas les mêmes ressorts que l’antisémitisme dans sa violence. Il faut être capable de dire la particularité de l’antisémitisme ». En ce qui concerne l'islamophobie, son opinion est nuancée : « Il regarde, avec méfiance, l’éclatement de la sphère antiraciste en collectifs sectoriels qu’il juge clairement communautaristes : collectifs contre l’islamophobie, contre la négrophobie. Ils sont dans une revendication victimaire destinée à faire reconnaître un groupe en tant que groupe[90]. »

En 2013, la rédaction du Monde relève que des critiques sont émises par ceux des détracteurs qui perçoivent — dans le combat des associations qui luttent contre l'islamophobie — la « volonté chez certains musulmans de s'inscrire dans une concurrence victimaire avec les juifs, afin de "minimiser" l'antisémitisme ». Le quotidien ajoute : « Là encore, une définition claire de la lutte contre l'islamophobie permettra de couper court à toute instrumentalisation[23]. »

En 2013, dans une intervention radiophonique — relevée par le site rue89.nouvelobs — Marwan Muhammad déclare : « De la même façon que l’on lutte contre l’antisémitisme, il faut lutter contre l’islamophobie. Quand on entend le ministre de l’Intérieur dire que nos compatriotes juifs peuvent porter leur kippa avec fierté, j’aimerais l’entendre dire que tous nos compatriotes musulmans – les dames qui le portent – peuvent porter le hijab avec fierté également[91]. »

Pour Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau — auteurs de Islamophobie : la contre-enquête — le CCIF se positionne dans une démarche de « concurrence victimaire » notamment avec la communauté juive. Puisque les organisations juives font le bilan depuis des années des personnes tuées en raison de leur judéité, le CCIF souhaiterait faire de même ce qui leur permettrait de justifier le slogan de leur page d'accueil[Où ?] « L'islamophobie tue en France »[92]. Le CCIF, pour prouver ce slogan, met en avant un seul exemple : le meurtre d'Archane Nouar[93]. Il fut tué en sortant d'une mosquée en Dreux en 2011. Le CCIF considère qu'il s'agit d'un meurtre lié à la religion de la victime. La justice rend un avis différent, elle condamne l'accusé pour violences volontaires ayant entraîné la mort (sans intention de tuer) et non pas pour meurtre, et considère qu'il s'agit d'un règlement de compte sans rapport avec la religion de la victime[92].

Le sociologue Michel Wieviorka révèle la façon dont ce processus de « concurrence victimaire » a permis un recyclage de l'antisémitisme[94].

Dans une étude intitulée « Le dialogue judéo-musulman et citoyen à l’épreuve de la haine antisémite », publiée en 2012, Daniel Bensoussan-Bursztein du Centre communautaire laïc juif s'inquiète car, depuis les années 2000 ;

« […] l’évocation de l’islamophobie se fait rarement sans une allusion voilée ou explicite au traitement, supposé privilégié, dont “bénéficierait” l’antisémitisme. Plus inquiétant, un discours se développe ces temps-ci visant à désigner les communautés juives françaises comme responsables du préjugé antimusulman dans la société française […] L’appellation “contre le racisme et l’islamophobie” fait pendant à “contre le racisme et l’antisémitisme” que l’on trouve dans l’intitulé de la LICRA. Symboliquement, c’est la place de la victime qu’il s’agit d’occuper. Celle-ci peut être source de ce que d’aucuns qualifient de “concurrence victimaire”[86] ».

Politique[modifier | modifier le code]

Nicolas Sarkozy, s'appuyant sur une note interne des renseignements généraux, déclare, pendant la campagne présidentielle de 2012, lors d'un meeting le 11 mars[95], que le CCIF et Tariq Ramadan ont conjointement appelé à voter pour François Hollande. Le porte-parole du collectif dément[96].

Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF, considère que les raisons d'opposition à l'islam diffèrent selon les préférences politiques :

« À droite, l'islamophobie est alimentée par un discours sur l'identité ou la sécurité ; à gauche, par la défense de l'égalité hommes-femmes et la laïcité[11]. »

Rapport aux autres associations luttant contre l'islamophobie[modifier | modifier le code]

Autres associations similaires[modifier | modifier le code]

Il est difficile de connaître la représentativité relative de telle ou telle association luttant contre l'islamophobie. Les médias en revanche les classent par « degré de radicalité ». Ainsi le CCIF est considéré comme :

Volonté d'être plus radical que le CFCM[modifier | modifier le code]

Le Comité contre l'islamophobie en France et le Conseil français du culte musulman s'opposent régulièrement sur la façon de combattre l'islamophobie[99].

En effet, le CCIF est jugé plus extrémiste et hors de la ligne politique du CFCM. Il est cependant médiatiquement très actif et est souvent convié par les médias à commenter la problématique de l'islamophobie. Aussi le CFCM a-t-il décidé, pour le contrer et éviter une perte d'influence, de créer un organisme spécifique : l’Observatoire de l’islamophobie, et ordre est donné de ne jamais citer dans la presse le CCIF.

Une convention avec le ministère de l’Intérieur est signée par le CFCM pour créer cet Observatoire. Le CCIF reproche alors au CFCM de collaborer avec le gouvernement français. Abdallah Zekri, président de Observatoire, répond : « Le CCIF nous reproche de “collaborer” avec le ministère, mais oublie de dire qu’il a essayé, par notre intermédiaire, d’être reconnu comme partenaire officiel. Le ministère de l’Intérieur a refusé. »

Quand Jean-François Copé a évoqué le vol de pain au chocolat en période de ramadan, le CFCM a d'abord porté plainte puis s'est désisté. Le président du CCIF estime qu’« une fois de plus le CFCM s’est décrédibilisé. En outre, si l'institution souhaitait montrer qu'elle est indépendante, ses prises de position dans cette affaire ont reflété le contraire », il considère que le CFCM « ne peut pas, à longueur de temps, écrire des communiqués pour dénoncer les actes islamophobes et, en même temps, passer l’éponge face à l’attitude caractérisée de Copé[100]. »

Le CCIF est en première ligne pour défendre la femme au voile intégral dont le contrôle, le 19 juillet 2013, a dégénéré en émeutes urbaines. Ses méthodes sont très contestées au sein même de la communauté musulmane. Abdallah Zekri, qui dirige l'Observatoire de l'islamophobie, déclare peu après :

« Que savent-ils de ce qui s'est passé vendredi soir à Trappes ? […] Il ne s'agit pas de nier les actes islamophobes, mais si cette femme a été agressée ou insultée, elle aurait dû porter plainte […] Pour 2012 : le CFCM comptabilise 201 actes islamophobes, en augmentation de 28 %; le CCIF, lui, en voit 469, en hausse de 57 %… Leur objectif est de faire peur à la communauté musulmane. Ils allument le feu en permanence… Nous, vendredi, nous appelions au calme[45]. »

Autres associations concurrentes : CRI et la LDJM[modifier | modifier le code]

En 2013, le CCIF dénonce « un climat général propice aux passages à l'acte violent », cependant, Marwan Muhammad admet que « la France ne connaît pas de ratonnades islamophobes ou de bandes organisées pour casser du musulman ». La Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI) — jugée plus radicale par Stéphanie Le Bars, du Monde — appelle dans le même temps à dénoncer « le laxisme de la police et de la justice », et estime que « l'émotion dans la communauté musulmane est à son comble »[101]. Le CCIF met en garde contre un certain « emballement », et reconnaît que sur l'affaire de l'agression des femmes voilées d'Argenteuil en juin 2013, la mairie et la préfecture ont « joué le jeu »[101].

Pour Élise Vincent, du Monde :

« Il y a une concurrence larvée entre différentes organisations pour le monopole de la parole légitime sur l'islamophobie […]. À la différence du CCIF, le CRI est issu des luttes sociales et de l'extrême gauche. La rivalité à laquelle se livrent ces mouvements accentue malgré eux l'illisibilité de la lutte contre les actes antimusulmans[102]. »

Le CCIF est également concurrencé par la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM)[103].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Tabligh est qualifié de « société de prédication fondamentaliste musulmane » pour les uns[4], et de « mouvement ultrafondamentaliste et prosélyte » pour d'autres[5]
  2. ECOSOC ; « Les ONG dotées du statut consultatif […] peuvent, si elles en font la demande, prendre part aux conférences internationales entrant dans leurs domaines d’action et organisées par les Nations Unies, ainsi qu’aux réunions des organes de préparations des dites conférences, à condition d’y être dûment accréditées »
  3. Libération confirme (d'abord en 2013[14], puis en 2016[15]) que le CCIF dispose du « statut spécial consultatif au sein du Conseil économique de l’ONU en tant qu’ONG luttant activement pour le respect des droits de l’homme » — « Il y a actuellement 4 507 ONG auxquelles l'Ecosoc a accordé un statut consultatif et l'Association de défense des droits de l'Homme est l'une d'entre elles »
  4. En 2003, la CNCDH avait refusé d'adopter ce terme[25]. La campagne de l'OCI devant la commission des droits de l'homme de l'ONU, censée combattre l'islamophobie, tentait alors d'obtenir la réhabilitation mondiale de « la diffamation des religions » — un faux nez pour imposer le controversé délit de blasphème[26].
  5. « l’ONCI n’inclut pas de discriminations dans son décompte. Mais, pour la première fois, son président, Abdallah Zekri, affirme que l’Observatoire est saisi depuis deux ans par des Français musulmans victimes de discriminations d’origine institutionnelle (dans l’enseignement, la police, les collectivités locales…) »[61]
  6. Quatre-vingt-treize, Paris, Gallimard, 2012 : « De même que l’identitaire européen nordique Anders Breivik est un jumeau chimérique de l’identitaire islamiste américano-yéménite Anwar al-Awlaki, de même les portails anti-islamiques comme « Riposte laïque », « Observatoire de l’islamisation », le « Bloc identitaire » ou « fdesouche », d’une part, et le site francophobe et anti-blanc des « Indigènes de la République », le site islamiste « Forsane Alizza – Les Cavaliers de la Fierté » ou le « Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) », d’autre part, procèdent d’une gémellité mentale, par laquelle ils réduisent l’autre exécré à des traits caricaturaux où ils voient son essence éternelle, matière à sa stigmatisation et sa déshumanisation. »

Références[modifier | modifier le code]

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  3. Catherine Coroller, « Les actes islamophobes recensés », sur liberation.fr,‎ .
  4. « Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste » », sur lemonde.fr,‎
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  14. Alice Géraud, Willy Le Devin, « Les figures montantes du militantisme musulman », sur liberation.fr,‎ (consulté le 6 août 2015)
  15. Valentin Graff, « Si, France 2, le CCIF a bien un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l'ONU », sur liberation.fr,‎
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  38. « Un restaurateur refuse de servir deux femmes voilées, une ministre s'indigne », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 6 septembre 2016) :

    « "Madame, tous les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes". Voilà, cette phrase veut tout dire. Analysez-là et puis voilà, peut-on entendre de la part du restaurateur dans cette vidéo visiblement tournée par l'une des deux clientes. "Les racistes comme moi ne tuent pas les gens", explique-t-il. "Parce qu'on a mis des bombes monsieur ?" demande l'une des deux femmes. »

  39. « Signes religieux : le Conseil d’Etat fixe les limites du pouvoir des maires », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 14 septembre 2016)
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  101. a et b Stéphanie Le Bars, « Émoi à Argenteuil après des agressions de femmes voilées », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 31 août 2016).
  102. « Des collectifs "concurrents" contre l'islamophobie » », sur lemonde.fr,‎
  103. « Islamophobie : une Ligue de défense très offensive », marianne.net, 9 août 2013.

Lien externe[modifier | modifier le code]