Collectif NousToutes

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Collectif #NousToutes
Logo de l’association
Seconde marche contre les violences sexistes et sexuelles (Paris, ).
Cadre
Forme juridique Collectif
But Lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, promotion des droits des femmes
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation Juillet 2018
Fondatrice Caroline De Haas
Identité
Site web noustoutes.org

Le collectif #NousToutes est un collectif féministe engagé contre les violences sexistes, sexuelles, économiques, psychologiques, verbales et physiques faites aux femmes. Il regroupe des personnes physiques, des associations et des organisations syndicales et politiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Créé le 3 juillet 2018, #NousToutes fait suite aux mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc[1],[2]. L'une des fondatrices est Caroline De Haas. Mais ce collectif, regroupant citoyens et associations, souhaite se décentraliser et rester sans leader pour permettre le maintien d’une participation collective et nationale[3].

  •  : réunion de lancement à la Bourse du travail de Paris[4].
  •  : réunion d’associations et de militantes féministes pour créer un événement autour de la défense de la lutte contre les violences. Cette assemblée a rassemblé 600 personnes physiquement, et 7000 à travers les réseaux grâce sa diffusion en direct sur Facebook[5]. À la suite de cette réunion, 1 000 volontaires sont recrutés pour organiser le mouvement, et les coordonnées de 5 000 personnes intéressées par une marche contre les violences sont récupérées[6].

Événements[modifier | modifier le code]

Les événements les plus retentissants réalisés par le collectif sont des marches visant à attirer l’attention des politiques tout en faisant monter le niveau de conscience collective sur ces violences au sein de la société française[7]. Elles sont organisées autour de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

  •  : première marche organisée par le collectif, rassemblant 80 000 personnes dans une cinquantaine de villes françaises (dont 30 000 à Paris) selon les organisatrices et 18 000 selon la police et les préfectures [8].
  •  : seconde marche organisées par le collectif, rassemblant 150 000 personnes dans toute la France selon les organisatrices (100 000 à Paris et 50 000 dans une trentaine de villes sur l’hexagone). Pour le cabinet indépendant Occurrence (cabinet d'études et de conseil), les manifestant.e.s étaient 49 000 à Paris[9].
  • 21 novembre 2020 : afin de respecter les mesures sanitaires, la marche est remplacée par une journée de mobilisation en ligne, constituée d'actions d'interpellation et de sensibilisation, de formations et de concerts[10].

De nombreuses personnalités soutiennent ces initiatives et participent à l’une ou aux deux marches : Muriel Robin, Eva Darlan, Alexandra Lamy, Claudia Tagbo, Najat Vallaud-Belkacem, Daphné Bürki, Jeanne Cherhal, Inna Modja, Laurent Sciamma.

Enquêtes[modifier | modifier le code]

Le , est publiée une enquête sur le consentement sexuel[11]. Une étude dans laquelle 100 000 personnes (96 600 femmes) ont été interrogées à la suite de la diffusion du questionnaire de 30 questions lancé par #NousToutes sur ses réseaux sociaux, entre le 7 et 17 février. Ce n'est cependant pas un sondage basé sur un échantillon représentatif, notamment au niveau de l'âge (les trois quarts des répondantes ont entre 15 et 35 ans)[12].

À la suite de cette enquête, le collectif a lancé une nouvelle campagne #JaiPasDitOui pour inviter les femmes à témoigner[13].

Actions (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

  • Mars 2019 : 1 400 fausses plaques portant des noms de femmes sont collées sous des plaques de rues parisiennes[14]
  • Juillet 2019 : week-end de mobilisation à Paris pour la marche de novembre et rassemblement place de la République à l'appel des familles de victimes de féminicides[15]
  • Septembre 2019 : 100 militantes brandissent les noms des femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année 2019 sur la place du Trocadéro[16].
  • Octobre 2019 : pochoirs féministes sur les trottoirs de Paris[17]
  • Février 2020 : à la cérémonie des César du cinéma, participation au rassemblement contre les douze nominations du film de Roman Polanski, accusé de viol et d'agressions sexuelles[18].
  • 8 mars 2020 : participation à la marche organisée pour la Journée internationale des droits des femmes[19]
  • Mars à mai 2020 : pendant la période de confinement liée à la pandémie de Covid-19 en France[20], 26 sessions de formation en ligne sont proposées par le collectif pour apprendre à détecter les différents types de violences sexistes et sexuelles et à réagir de la bonne manière quand on est face à une victime[21]. Plus de 20 000 personnes y participent[22]. Un système de soutien "Confinement & Parentalité" est proposé sur whatsapp pour aider les parents à tenir le coup et à prévenir les violences envers les enfants[23]. Une campagne d'information et de sensibilisation contre les violences faites aux enfants et aux adolescents est lancée avec l'Unicef France[24].
  • Juillet 2020 : participation aux rassemblements organisés dans toute la France pour protester contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, et Éric Dupond-Moretti, ayant tenu publiquement des propos sexistes[25]. Lancement d'une tribune de 20 000 jeunes de 13 à 25 ans réclamant la démission de Gérald Darmanin[26],[27]
  • Janvier 2021 : suite à la publication du livre de Camille Kouchner "La Familia Grande", lancement du hashtag #MeTooInceste et d'une pétition demandant la formation obligatoire et systématique des professionnels à la détection de l'inceste et des violences sexuelles. Le hashtag a suscité près de 80 000 messages en 2 jours.[28]

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le collectif revendique deux objectifs principaux[29] :

  • Interpeller le gouvernement pour mettre en place des politiques publiques efficaces de lutte contre les violences sexistes et sexuelles ;
  • Sensibiliser un maximum de personnes à la thématique des violences (chiffres, mécanismes) afin de leur permettre de les détecter dans leur entourage et de savoir orienter les femmes victimes.

#NousToutes combat toutes les violences faites aux femmes et aux enfants : le harcèlement, le viol, les violences physiques, les mutilations sexuelles féminines, les discriminations... et dénonce le cumul des violences en raison du racisme, de l’homophobie, de la grossophobie, de la transphobie, du validisme, de l’appartenance à une religion…

Le collectif exige l'instauration par les pouvoirs publics de mesures puissantes de protection, de prise en charge des victimes, de formation du personnel de police, justice et santé, de tribunaux pour juger ces actes plus rapidement que cela se fait actuellement, ainsi que des campagnes de prévention dans les écoles et les médias. Les mesures en place actuellement sont jugées insuffisantes par le collectif ainsi que les moyens qui y sont alloués[30].

Communication[modifier | modifier le code]

#NousToutes communique via une newsletter et sur les réseaux sociaux. Le collectif y recense le nombre de femmes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints, en reprenant les chiffres établis par le collectif Féminicides par compagnons ou ex. À cela s’ajoutent des visuels de sensibilisation à toutes les autres formes de sévices endurées par les femmes : racisme, grossophobie, lesbophobie, validisme, transphobieetc.[31].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Morgane Cabanes, « Nous Toutes, 2ème édition : quel bilan au bout d’un an? », sur NéonMag.fr, (consulté le 11 avril 2020).
  2. Fanny Marlier, « “Nous Toutes”, le mouvement féministe qui prend de l'ampleur sur le web », sur Lesinrocks.com, (consulté le 11 avril 2020).
  3. « Tout ce qu'il faut savoir sur le collectif NousToutes à l'origine de la manifestation féministe », sur Valeursactuelles.com, (consulté le 11 avril 2020).
  4. « "Nous Toutes" : "Pour que Metoo se transforme en actions concrètes" », sur L'Obs (consulté le 14 mai 2020)
  5. Anne-Marie Kraus, « Le mouvement #NousToutes, sur les traces de #MeToo », sur MarieClaire.fr (consulté le 11 avril 2020).
  6. Catherine Mallaval et Anaïs Moran, « Une marche dans les pas de #MeToo », sur Libération.fr, (consulté le 14 mai 2020)
  7. Monica Mirkos, « Pourquoi le violet comme couleur représentative des féministes ? », sur MarieClaire.fr, (consulté le 11 avril 2020).
  8. « Manifestations contre les violences sexistes et sexuelles : « On veut du respect, on n’est pas des objets » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 14 mai 2020)
  9. Virginie Ballet, « Tous pour #NousToutes », sur Liberation.fr, (consulté le 11 avril 2020).
  10. « On vous raconte la journée de mobilisation de #NousToutes », sur www.20minutes.fr (consulté le 15 décembre 2020)
  11. https://mcusercontent.com/62287411bbad9159a4fde8959/files/b5de70f4-cb44-4559-9403-d314b0fecace/Dossier_complet_JaiPasDitOui.01.pdf
  12. ServiceActu, « Nous Toutes dévoile sa grande enquête sur le consentement sexuel... et c'est effrayant », sur Lesinrocks.com, (consulté le 11 avril 2020).
  13. Pierre Nicolas L'Olive, « Le collectif NousToutes dévoile son enquête sur le consentement », sur Huffingtonpost.fr, (consulté le 11 avril 2020).
  14. Le Figaro.fr, « Paris: «NousToutes» a renommé 1400 rues avec des noms de femmes », sur Le Figaro.fr, (consulté le 23 mai 2020)
  15. Par Marie ZafimehyLe 4 juillet 2019 à 12h00 et Modifié Le 4 Juillet 2019 À 18h07, « Féminicides : un rassemblement pour dénoncer «le silence incroyable» de Macron », sur leparisien.fr, (consulté le 23 mai 2020)
  16. « PHOTO - À Paris, le collectif #NousToutes dénonce "le 100ème féminicide" de l'année », sur Europe 1 (consulté le 14 mai 2020)
  17. Alexandra Pichard, « Pochoirs féministes : «L’histoire des trottoirs raconte des petits bouts de notre société» », sur Libération.fr, (consulté le 14 mai 2020)
  18. « Devant la salle Pleyel, des féministes veulent dénoncer des “César de la honte” », sur Les Inrocks, (consulté le 14 mai 2020)
  19. « Angèle a manifesté pour les droits des femmes », sur Mouv (consulté le 23 mai 2020)
  20. Caroline De Haas: « La crise sanitaire doit être pensée sous toutes ses formes », society-magazine.fr, 27 mars 2020, propos recueillis par Noémie Pennacino
  21. « Les formations contre les violences sexistes de #NousToutes sur Zoom cartonnent », sur Les Inrocks, (consulté le 14 mai 2020)
  22. Marlène Thomas, « Salaires, confiance en soi, violences... Le «coaching» féministe se réinvente », sur Libération.fr, (consulté le 23 mai 2020)
  23. « Confinement et parentalité : #NousToutes lance un dispositif de soutien », sur 50 - 50 Magazine, (consulté le 14 mai 2020)
  24. Madame Figaro, « NousToutes et l'UNICEF s'unissent pour "faire entendre le cri" des enfants confinés et victimes de violences », sur Madame Figaro, (consulté le 14 mai 2020)
  25. « Mobilisation à l'appel du collectif #NousToutes : le point sur les manifestations région par région », sur Franceinfo, (consulté le 31 juillet 2020)
  26. « Darmanin : “Pourvoir Féministe” tente de relancer une affaire classée en 2018 », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 31 juillet 2020)
  27. Les invités de Mediapart, « Le gouvernement est aveugle aux aspirations de la jeune génération #MeToo », sur Club de Mediapart (consulté le 31 juillet 2020)
  28. Lorélie Carrive, « #MeTooInceste : près de 80 000 messages en deux jours », sur www.franceinter.fr, (consulté le 21 janvier 2021)
  29. « Marches contre les violences sexistes et sexuelles : les rassemblements près de chez vous », sur www.franceinter.fr, (consulté le 14 mai 2020)
  30. « Violences sexistes et sexuelles : 49 000 personnes ont participé à la marche #NousToutes à Paris, selon le cabinet indépendant Occurrence », sur FranceTVInfo, (consulté le 11 avril 2020).
  31. Fiona Moghaddam, « Depuis #NousToutes, "une prise de conscience de la société" sur les violences faites aux femmes », sur FranceCulture.fr, (consulté le 11 avril 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adèle Ponticelli, « #MeToo et véganisme : chair fraîche indisposée ! », Vacarme, no 86,‎ , p. 52 à 58 (présentation en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]