Collectif Les Morts de la rue

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Collectif Les Morts de la rue
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Lutte contre la pauvreté
Fondation
Fondation 2002
Identité
Méthode Interpellations, études, actions de terrain
Financement Dons, subventions
Site web site web des morts de la rue.

Le Collectif Les Morts de la rue est une association loi de 1901 créée en 2002.

Il mène des actions liées aux décès de personnes vivant ou ayant vécu dans la rue : recensement, accompagnement, hommages, sensibilisations, etc.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Collectif Les Morts de la rue a commencé au sein de l'association Aux captifs la libération. Confrontés à la mortalité des personnes sans domicile, ses membres ont décidé d'interpeller la société, faire savoir ces décès, refuser leur disparition. Pour cela, ils ont sensibilisé plusieurs associations proches des personnes sans domicile pour mettre en commun les décès auxquelles elles étaient confrontées. En 2000, cinq associations : Aux Captifs, La Libération, ATD Quart monde, le Collectif Ivry SDF, Emmaus Liberté, La Mie de pain; rejointes en 2001 par l'aumônerie du Chapsa, Autremonde, Les Compagnons de la nuit, Les Équipes Saint Vincent, Magdala, Les Restaurants du cœur, les Relais du cœur de Paris... puis en 2002 par Le Collectif Dignité Cimetière (Rennes), Cœur de femmes, le CPHB St Merri, Emmaus France, Les Équipes Saint Vincent, La Raison du plus faible, le Sappel, Le Secours catholique... Les hommages publics aux Morts de la Rue, ont lieu deux fois par an. [incompréhensible].

Le premier hommage public a été catholique, les suivants ont été interreligieux[1], puis enfin sans aucune connotation religieuse. [incompréhensible][2].

Les personnes de la rue sont mobilisées sur le sujet ainsi que les associations souvent non confessionnelles. En concertation avec l'association créatrice à l'origine de l'initiative, le Collectif Les Morts de la rue prend son indépendance.[réf. nécessaire]

La création du collectif a lieu en 2002.

Objectifs statutaires[modifier | modifier le code]

Les objectifs, tels qu'ils sont définis par l'association[3], sont :

  • « Faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée »
  • « Dénoncer les causes souvent violentes de ces morts »
  • « Veiller à la dignité des funérailles »
  • « Soutenir et accompagner les proches en deuil »

Actions[modifier | modifier le code]

Les différents objectifs de l'association se déclinent par différentes actions :

Faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée se décline par différentes actions, telles que les Hommages aux morts de la rue, bisannuels puis annuels[4],[5],[6] et la Publication de faire-parts[7],[8]. D'autre part, depuis 2015, des volontaires en service civique sont recrutés pour faire vivre la mémoire des morts de la rue, par un travail d'enquête et de sensibilisation. Mission des volontaires en service civique à la rencontre du voisinage des personnes décédées à la rue[9],[10].

Dénoncer les causes souvent violentes de ces morts est possible grâce au travail en amont de recherche et recueil des informations concernant les décès, et de l'étude épidémiologique Dénombrer et Décrire sur la mortalité des personnes sans chez soi[11],[12]. D'autres études complémentaires se font, en lien avec des partenaires associatifs ou institutionnels : Article signé conjointement avec l'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) et l'Inserm CépiDc, ou Étude Dénombrer et décrire la mortalité des personnes sans chez soi[13], en convention avec la DGCS (Direction générale de la cohésion sociale) comprenant notamment l'évaluation du nombre de décès[14],[15] mais aussi : Estimation du nombre de décès de personnes sans domicile en France, 2008-2010.

Le nombre de décès en France est évalué par une équipe d'épidémiologiste, du Collectif les Morts de la rue, de l'Inserm|CépiDc et de l'ONPES. 6730 personnes "SDF" seraient décédées entre 2018 et 2010[16]. Ces articles sont basés sur le travail de recueil et l'analyse des données faites par le Collectif Les Morts de la rue, et qui se perfectionnent et se professionnalisent en 2012 avec la convention avec la DGCS. On y retrouve des études épidémiologiques[17] et une réflexion éthique[18],[19],[20]. Ce travail avait commencé dans les années antérieures, esquissant des premières analyses sur les causes des décès[21]. En décembre 2016, la sortie du rapport sur les décès 2016 met en lumière plusieurs préjugés : seules 1 % des personnes SDF sont mortes d'hypothermie en 2015, l'alcool est rarement une cause de mortalité, les personnes sans domicile ne sont pas toujours isolées [22]

Veiller à la dignité des funérailles est une nécessité pour les personnes sans ressources ou isolées. Le collectif y participe notamment en accompagnant les morts isolés en convention avec la ville de Paris depuis 2004[23],[24], mais aussi en partenariat avec des associations présentes dans différentes régions de France. Cette action se poursuit à la demande, par le soutien administratif et juridique apporté aux associations et structures qui en font la demande.

Soutenir et accompagner les proches en deuil est une action qui se développe depuis les débuts de l'association en 2002 par l'accueil des personnes endeuillées, le soutien administratif et humains aux associations, des groupes de parole, et des formations.

Associations adhérentes[modifier | modifier le code]

L'association est composée de personnes physiques (des particuliers) et morales (des associations). Les associations adhérentes sont de tailles très diverses. Certaines sont nationales, d'autres sont locales. Toutes, de près ou loin sont en lien avec les personnes sans domicile ou en grande précarité. Plusieurs transmettent les informations sur les décès qui permettent au Collectif Les Morts de la rue de mieux interpeller. Et le Collectif en retour aide les associations dans les différentes démarches liées aux funérailles. Ci-dessous, en voici la liste, à jour en juin 2016.

Associations nationales[modifier | modifier le code]

Associations locales[modifier | modifier le code]

Ces associations membres proviennent de différentes communes ou régions de France.

Association Cent-Voix, Bergerie de Berdine, Association Charonne, Association Espoir, Association Pension de famille Bauer Thermopyles Plaisance, Association rouennaise pour l'adieu aux morts isolés (ARAMI), Association varoise d'accueil familial, Association Solidarité Jean Merlin, Autremonde, Aux captifs la libération, Café accueil aux gens de la rue, Cœur du Cinq, Collectif angevin d'accompagnement des morts de la rue, Comité Solidarité Défense, Compagnons de la nuit, De l'ombre à la lumière - Nantes, Entraide du foyer de l'âme, Entraide et Partage, Entraide et partage avec les sans logis, Fraternité du serviteur souffrant, La Bagagerie d'antigel, La Maison de l'amitié, Le Petit Café de Saint Ambroise, Les Bancs publics, Les Enfants du canal, Les Œuvres de la mie de pain, Les Restaurants du cœur, les Relais du cœur de Paris, Magdala (Lille), Maison d'accueil CHRS St Joseph, Maison de la solidarité de Gennevilliers, Notre Noël, Protection civile de Paris, SOS Accueil, Soupe Saint Eustache, Tadlachance, Toi pour tous.

Des collectifs d'accompagnement des morts de la rue ou isolés sont présents dans plusieurs villes de France et d'Europe[modifier | modifier le code]

Le Collectif Dignité Cimetière est présent à Rennes[25] ; le Collectif Mémoire-Fraternité à Lille[26] ; Grains de sables à Strasbourg[27] ; Morts sans toi(t) à Lyon[28] ; Morts de rue à Grenoble[29] ; Marseillais solidaires des morts anonymes[29] ; Goutte de vies à Toulouse[30] ; Association rouennaise pour l'adieu aux morts isolés[31] ; De l'ombre à la lumière à Nantes[32] ; Collectif angevin d'accompagnement des morts isolés[33] ; Collectif bordelais des morts de la rue[34], Collectifs débutant à Avignon et Besançon ; Collectif bruxellois des morts de la rue[35]...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jusqu'au bout de la route », sur L'Humanité (consulté le 17 mars 2016)
  2. Cécile Rocca, « Les Morts de la rue », Études sur la mort, vol. no 122,‎ , p. 17–43 (ISSN 1286-5702, lire en ligne)
  3. Collectif Morts de la rue, « Historique - Statuts - rapports d'activité - Collectif Morts de la rue », sur www.mortsdelarue.org (consulté le 8 mars 2016)
  4. Collectif Morts de la rue, « Médias, échos... - Collectif Morts de la rue », sur mortsdelarue.org (consulté le 2 mars 2016)
  5. itele.fr, « Paris : hommage aux 480 SDF décédés dans la rue en 2014 », sur www.itele.fr (consulté le 16 mars 2016)
  6. « Paris: Hommage aux 202 morts de la rue depuis six mois », sur 20minutes.fr (consulté le 16 mars 2016)
  7. Alternatives Economiques, « Sans domicile fixe : les morts de la rue », sur www.alternatives-economiques.fr (consulté le 16 mars 2016)
  8. « 482 morts de la rue en 2014 » (consulté le 30 juin 2016)
  9. « Mémoire des morts de la rue », sur Mémoire des morts de la rue (consulté le 30 juin 2016)
  10. La-Croix.com, « Des liens inattendus autour des morts de la rue », sur La Croix (consulté le 16 mars 2016)
  11. « Dénombrer et décrire la mortalité des personnes sans chez soi - Veille inégalités sociales de santé », sur resodochn.typepad.fr (consulté le 17 mars 2016)
  12. « SDF: Plus de 2 000 morts chaque année en France », (consulté le 30 juin 2016)
  13. « Étude Dénombrer et décrire »
  14. Françoise Marmouyet, « http://www.la-croix.com/Solidarite/En-France/Une-etude-inedite-sur-les-morts-de-la-rue-2013-10-09-1037289 », La Croix, no 09/10/2013,‎
  15. « Les morts de la rue: Dénombrer et décrire | Ancreai », sur ancreai.org (consulté le 16 mars 2016)
  16. « Plus de 2 000 sans domicile fixe meurent chaque année dans nos rues », sur francetvinfo,
  17. Collectif Morts de la rue, « Denombrer et décrire - Collectif Morts de la rue », sur mortsdelarue.org (consulté le 2 mars 2016)
  18. Véronique Nahoum-Grappe, « Mourir dans la rue », Esprit, vol. Mars/Avril,‎ , p. 210–214 (ISSN 0014-0759, lire en ligne)
  19. « Mourir dans la rue | article | Espace éthique/Ile-de-France », sur www.espace-ethique.org (consulté le 16 mars 2016)
  20. Bernard Sarrazin, « Comment la rue tue ? La disparition », Études sur la mort, vol. no 122,‎ , p. 45–54 (ISSN 1286-5702, lire en ligne)
  21. « pageTitle », sur Rue89 (consulté le 16 mars 2016)
  22. « Mort des SDF : cruelles réalités et idées reçues | Editions Législatives », sur www.editions-legislatives.fr (consulté le 19 décembre 2016)
  23. « A Paris, les morts isolés « ne sont plus enterrés comme des chiens » », sur 20minutes.fr (consulté le 2 mars 2016)
  24. Hubert Prolongeau, Sans domicile fixe, Points (ISBN 9782757857311, lire en ligne)
  25. Degrenne, « « Même mort, personne ne doit être oublié » | Site de Rennes, Ville et Métropole », sur Site de Rennes, Ville et Métropole (consulté le 19 décembre 2016)
  26. « Le Collectif Mémoire Fraternité rend hommage aux victimes de la misère », sur lavoixdunord.fr, (consulté le 19 décembre 2016)
  27. Denis Becker, « Le collectif Grains de sable expose les SDF de Strasbourg - France 3 Alsace », France 3 Alsace,‎ (lire en ligne)
  28. Lyon mag, « Lyon rend hommage aux morts sans toi(t) », sur Lyonmag.com (consulté le 19 décembre 2016)
  29. a et b « Le Collectif des morts de rue de Grenoble », Alpes solidaires, (consulté le 19 décembre 2016)
  30. « A Toulouse, des bénévoles accompagnent les sans-abri jusqu'à la tombe », L'Express.fr,‎ (lire en ligne)
  31. « Rouen : l'association Arami accompagne les défunts démunis », tendanceouest.com,‎ (lire en ligne)
  32. « Nantes: 30 « morts de la rue » cette année, un hommage se prépare pour eux », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  33. « Mourir de la rue, mais être enterré dignement. Info - Angers.maville.com », sur www.angers.maville.com (consulté le 19 décembre 2016)
  34. « Hommage en mémoire des morts de la rue Bordelais », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  35. « Cérémonie d'hommage aux morts de la rue - Ville de Bruxelles », sur bruxelles.be, (consulté le 19 décembre 2016)