Collégiants

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«Grote Huis», Rijnsburg, baptême, ca. 1735 (Balthasar Bernards, d'après Louis Fabricius Dubourg, 1736)

Dans l’histoire chrétienne, les collégiants, étaient une association fondée en 1619 par des arminiens et des anabaptistes Hollandais. Ils sont appelés ainsi à cause de leurs réunions (collèges) organisés le premier dimanche de chaque mois durant lesquels tous les participants avaient la liberté de s'exprimer[1]. Ils constituaient à Amsterdam un groupe de dissidents, cartésiens et humanistes, ouverts à toutes les confessions. Spinoza participa à leurs débats et y noua de vives amitiés, jusqu'à faire de l'un d'eux son exécuteur testamentaire[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette pratique a vu le jour en 1619, après le synode de Dordrecht forçant les États de Hollande à renvoyer des clercs pour leurs convictions religieuses. Trois frères habitant Warmond, van der Kodde - Gijsbert, Jan Jacobsz et Adriaen, ont alors décidé d'organiser leurs propres offices religieux[3],[4]. La société a commencé comme un refuge en réaction à l'animosité de la controverse entre calvinistes et arminiens. Leur nom est dérivé de la coutume selon laquelle ils appelaient leurs communautés des « collèges », comme l'ont fait Philipp Jacob Spener et les piétistes d'Allemagne[5].

Le premier lieu de rencontre des collégiants a eu lieu au village de Warmond, dans la résidence de l'un des frères, mais ils ont ensuite établi leur quartier général à Rijnsburg près de Leyde.

Il y avait d'autres communautés importantes de collégiants, par exemple à Amsterdam et Hoorn. Le collège d'Amsterdam a été fondé en 1646 par Adam Boreel. Daniel De Breen, théologien remonstrant de Leyde, a adapté le collège aux principes des Rijinsburgers. Un mennonite dissident, Galenus Abrahamsz, a amené de nombreux autres mennonites au collège d'Amsterdam[6] ou les collégiants dirigeaient un orphelinat, « De Oranjeappel », lieu où l'écrivain néerlandais Aagje Deken a été élevé.

Croyances et pratiques[modifier | modifier le code]

Depuis le début, le principe de la société était d'admettre tous les individus désireux de reconnaître leur croyance en la Bible et de la prendre pour guide dans la vie. Mais aucune confession de foi n'était demandée et la plus grande diversité d'opinions était admise. Leurs réunions consistaient en réunions de prière hebdomadaires au cours desquelles tous les membres de la communauté pouvaient prier et commenter les écritures. Il n’y avait pas d’organisation régulière d’un ministère entre eux. Mais ils reconnaissaient la nécessité d'un baptême, administré par immersion. En outre, deux fois par an, ils tenaient des réunions de plusieurs jours, semblable à celles de l'Église d'Écosse[5].

Les collégiants et Spinoza[modifier | modifier le code]

Benoît Spinoza a rejoint les groupes d'étude des collégiants quand il vivait près de Leyde de 1660 à 1663[7]. C'est durant cette période qu'il commence à travailler sur son œuvre principale, Éthique. À la fin du XVIIe siècle, les idées de Spinoza avaient fortement inspirées les collégiants et provoqué une division temporaire de leurs membres en deux partis, dans des lieux de réunion séparés. Le dirigeant du « parti spinoziste » était John Bredenburg, marchand de Rotterdam, opposé au libraire d'Amsterdam, Francis Couper, auteur d' Arcana Atheismi detecta [Les secrets de l'athéisme révélés] et également éditeur de la Bibliotheca Fratrum Polonorum seu Unitariorum.

Ces deux partis se sont réunis à la mort des deux protagonistes et ont attiré de nombreux membres au sein de leur société durant le XVIIIe siècle.

Dernières années en tant que groupe religieux et héritage[modifier | modifier le code]

Les dernières réunions (ouvertes) des collégiants ont eu lieu à Rijnsburg le 27 mai 1787, à Rotterdam le 9 septembre 1788 et à Amsterdam en 1791. Le dernier baptême à Rijnsburg remonte à 1801. Le centre de Rijnsburg a été vendu en 1828, après le décès du dernier collégiant. « De Oranjeappel », un orphelinat des collégiants, subsiste encore de nos jours en tant que fondation promouvant des activités d'aide à la jeunesse[8].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Collegiants » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Ephraim Chambers, Cyclopædia or, an universal dictionary of arts and sciences, Londres, James and John Knapton, John Darby, Daniel Midwinter, Arthur Bettesworth, John Senex, (OCLC 1086916116)
  2. K.O. Meinsma, Spinoza et son cercle, Paris, Vrin, (ISBN 2-7116-8246-3)
  3. (en) Hendrik Willem van Loon, Life & Times of Rembrandt, Kessinger Publishing, (ISBN 1-4179-2970-7), p. 532.
  4. (nl) "Impressie van de Landelijke Vrijzinnige Beraadsdag (Impression of the National Liberal Convention)". Remonstrant Brotherhood. URL accessed 11 June 2006.
  5. a et b Blunt, John Henry. Dictionary of Sects, Heresies, Ecclesiastical Parties, and Schools of Religious Thought. Rivingtons. 1874. p 110.
  6. (en) Andrew Cooper Fix, Prophecy and Reason : The Dutch Collegiants in the Early Enlightenment, Princeton, Princeton University Press, , p. 45
  7. (en) Daniel and Garrett Thompson, The Longman Standard History of Philosophy, Pearson Longman, , p. 423
  8. (en) A. Loosjes, Het weeshuis der Collegianten "De Oranjeappel" 1675–1925,

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Fix, Andrew C., Prophecy and reason: the Dutch Collegiants in the early Enlightenment, Princeton, NJ, Princeton University Press,
  • (en) Fix Andrew C., « Angels, Devils, and Evil Spirits in Seventeenth-Century Thought: Balthasar Bekker and the Collegiants », Journal of the History of Ideas, vol. 50, no 4,‎ , p. 527-547 (lire en ligne)
  • (nl) Slee J.V.C., De Rijnsburger Collegianten. Geschiedkundig onderzoek, Haarlem, Erven F.Bohn,
  • Preus, JS " The Bible and Religion in the Century of Genius Part I: Religion on the Margins: Conversos and collegiants ". Religion, volume 28, number 1, january 1998, p.   3-14 (12).
  • (en) Rosa Ethel Lee, The influence of Mennonites, Collegiants and Quakers on the life and writings of Spinoza ...,
  • Kolakowski, Leszek. "Dutch seventeenth-century non-denominationalism and Religio Rationalis: mennonites, collegiants and the Spinoza connection." The two eyes of Spinoza & other essays on philosophers . Translated by Agnieszka Koakowska and others; éd. Zbigniew Janowski. South Bend, Ind.: St. Augustine's Press. (ISBN 1-58731-875-X)