Collégiale Saint-Barthélemy de Liège

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Collégiale Saint-Barthélemy
Image illustrative de l'article Collégiale Saint-Barthélemy de Liège
La collégiale en 2006
Présentation
Culte Catholique Romain
Type Collégiale
Rattachement Diocèse de Liège
Début de la construction fin XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle

pour sa partie romane

Autres campagnes de travaux 1999-2006 : Restauration
Style dominant Ottonien
Roman Mosan
Néoclassique
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1936, L'ensemble à l’exception de l’aile du cloître et de l’orgue (partie instrumentale et buffet), no 62063-CLT-0018-01)
Site web http://www.st-barthelemy.be/
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Ville Blason de Liège Liège
Coordonnées 50° 38′ 52″ nord, 5° 34′ 58″ est

Géolocalisation sur la carte : Liège

(Voir situation sur carte : Liège)
Collégiale Saint-Barthélemy

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Collégiale Saint-Barthélemy

La collégiale Saint-Barthélemy de Liège, en Belgique, est caractéristique de l'imposant style ottonien de la fin du XIe siècle aux dernières années du XIIe siècle avec ses tours jumelles de modèle rhénan. Restaurée une première fois en 1876, elle est rénovée entre 1999 et 2006 avec ses couleurs d'origine. L'intérieur en baroque français, abrite un chef-d'œuvre de l'art mosan : les fonts baptismaux de Saint-Barthélemy.

Situation[modifier | modifier le code]

Fondée en dehors des murs de la cité. Entrée côté sud place Saint-Barthélemy, façade rue Saint-Barthélemy, côté nord place Crève-Cœur, chœur rue Saint-Thomas.

Historique[modifier | modifier le code]

La collégiale Saint-Barthélemy, gravure par Remacle Le Loup vers 1740

Alors en dehors de l'enceinte de la cité, fondée en 1010 par Godescalc de Morialmé, grand prévôt de la cathédrale Saint-Lambert de Liège, la collégiale Saint-Barthélemy est bâtie à l'emplacement d'une église dédiée à Saint-Servais où reposaient les corps des saints Garius et Ulbert[1], et dotée d'un chapitre de douze chanoines. La collégiale est consacrée en 1015 par Balderic II[2],[3], successeur de Notger. Après 1025, l'évêque Réginard ajoute huit chanoines à ceux qui existaient déjà. En 1043, l'évêque Wazon en porte le nombre à trente par la fondation de dix nouvelles prébendes.

Façade Nord, Place Crèvecœur

Dans une charte de 1078, Hermengarde, parente de l’évêque de Liège Henri de Verdun, dote la collégiale de deux moulins, deux brasseries et vingt censitaires à Waremme[4]. Le chapitre de Saint-Barthélemy levait aussi les dîmes de Vieux-Heverlé.

En 1236, le chapitre Saint-Barthélemy stipula, en donnant à ferme un terrain situé à Liège, que, si on y trouvait du charbon, l'exploitation se ferait aux frais du propriétaire et de l'occupant[5].

Mathieu Laensbergh, chanoine de Saint-Barthélemy serait, vers l'an 1600, le premier auteur de l'Almanach de Liège.

Saint-Barthélemy était une des sept collégiales liégeoises (Saint-Pierre, Sainte-Croix, Saint-Paul, Saint-Jean, Saint-Denis, Saint-Martin). La collégiale Saint-Barthélemy disparaît en 1797, comme toutes les autres collégiales. Après la suppression du chapitre des chanoines, l'église est transformée en magasin militaire ; elle est rendue au culte en 1803, en tant qu'église paroissiale.

Description[modifier | modifier le code]

Dom de Limburg an der Lahn, de style ottonien rhénan construite vers 1190, restaurée en 1968 avec ses couleurs primitives

Fondée en dehors des murs de la cité, la collégiale Saint-Barthélemy de Liège, caractéristique de l'imposant style ottonien, fut édifiée de la fin du XIe siècle (le chevet) aux dernières années du XIIe siècle (massif occidental, avec ses tours jumelles de modèle rhénan reconstruites en 1876) et connut, comme la plupart des édifices religieux, de nombreuses modifications au cours des siècles. Néanmoins le caractère roman mosan de Saint-Barthélemy est resté profondément ancré dans son architecture. Au XVIIIe siècle, on ajouta deux nefs, on perça le massif occidental d'un portail néo-classique et on décora l'intérieur en baroque français. L'intérieur du massif occidental a été restauré dans le style roman original.

Une tribune d'orgue gothico-renaissante qui proviendrait de la collégiale et signée Salmier 1598 se trouve à l'église Saint-Martin de Quenast[6]. Jusqu'en 1701, la voûte de cette église était en bois à cette époque elle est voûtée en briques ainsi que plusieurs autres églises de Liège.

État fort dégradé de la Collégiale Saint-Barthélemy en 1900

Après sept ans de travaux, près de 10 000 pierres remplacées et la polychromie des murs restaurée, le , l'église a été inaugurée après ces travaux de rénovation très lourds. La place contiguë a été également rénovée et rendue piétonnière.

Patrimoine artistique[modifier | modifier le code]

L’église abrite de nombreuses œuvres d’art, notons surtout un tableau du peintre liégeois Bertholet Flémal, La Glorification de la Sainte-Croix, un chef-d'œuvre du Liégeois Englebert Fisen, Le Crucifiement ainsi que la statue de saint Roch réalisée par Renier Panhay de Rendeux (1684-1744).

Orgue[modifier | modifier le code]

Construit entre 1848 et 1851 par la maison Merklin & Schütze, l'orgue compte 40 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier. Il fut inauguré le , par MM. Petitpierre (organiste à Neuchâtel) et Duguet (organiste à la cathédrale Saint-Paul). Cet instrument, chef-d’œuvre décisif dans la carrière de Joseph Merklin, illustre le défi de renouveau que connut la facture d'orgues en Belgique au début de la période romantique. Il a été restauré entièrement par la Manufacture d'orgues Schumacher d'Eupen en 2013[7].

Carillon[modifier | modifier le code]

Le carillon, une des rares pièces réalisées par Matthias van den Gheyn, provient de l'abbaye du Val-Saint-Lambert où il avait été installé en 1774. La collégiale Saint-Barthélemy acquiert le carillon et l'horloge de l'abbaye en 1804 après la destruction de celle-ci lors de la Révolution. Ceux-ci[Quoi ?] sont installés en . Ce carillon de 38 cloches va fonctionner jusqu'en 1945[8]. Une cloche sortie des ateliers Causard est ajoutée en 1897.

Le carillon subit une première révision à l’occasion de l’exposition universelle de 1930[9]. Il est démonté en 1976, pour des raisons liées à la stabilité de la tour de l'horloge (tour sud).

Le carillon subit une profonde rénovation entre 2004 et 2014. Il est démonté et restauré par Royal Eijsbouts. La cloche Causard quitte alors sa tour dans l’attente de son installation éventuelle en tant que cloche de volée et est exposée dans le bras nord du transept de la collégiale. Douze nouvelles cloches sont ajoutées portant ainsi l’instrument à 50 cloches pour un total de 7 802 kg et le bourdon pèse 900 kg[10].

En , le carillon a fêté le bicentenaire de sa remise en fonction. Il faut gravir 340 marches pour l'atteindre.

Début 2017, les cloches de volée ne sont pas encore installées dans la tour.

Un nouveau clavier, placé dans une pièce insonorisée de la tour sud, est couplé à un système pneumatique qui remplace le tambour programmable et qui permet de jouer automatiquement les mélodies du carillon[11].

Le carillon sonne l'Angélus à 8 heures et à midi.

Les fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

La collégiale Saint-Barthélemy abrite en son sein un véritable chef-d'œuvre d'art Mosan, tant sur le plan esthétique que sur le plan technique. Les passionnés d'art Mosan disent d'eux qu'ils sont une des sept merveilles de Belgique : les fonts baptismaux de Saint-Barthélemy.

Index des artistes[modifier | modifier le code]

Liste chronologique des artistes ayant travaillé à l'église Saint-Barthélemy, ou dont une œuvre se trouve dans l'église.

Galerie[modifier | modifier le code]

Sources fondamentales[modifier | modifier le code]

  • Cartulaire de l'église collégiale de Saint-Barthélemy, Bibliothèque du Grands Séminaire de Liège[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Jean Chapeaville, Qui gesta pontificum tungrensium, t. I, Liège, Typis Christiani Ouwerx junioris, (présentation en ligne)
  2. (la) Anselme, « Gesta episcoporum Tungrensium, Traiectensium et Leodiensium », dans M.G.H., SS, t. 7, Hanovre, Koepke, (lire en ligne), p. 207 et la correction du texte par Godefroid Kurth, « Notice sur un manuscrit d'Hariger et d'Anselme, conservé à l'abbaye d'Averbode », Bulletin de la Commission Royale d'Histoire, Commission Royale d'Histoire, 4e série, vol. II,‎ , p. 377-394 (lire en ligne)
  3. (la) « Vita Balderici episcopi leodiensis », dans M.G.H., SS, t. 4, Hanovre, Koepke, (lire en ligne), p. 726
  4. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 18/2 : Wallonie. Province de Liège, arrondissement de Waremme, Mardaga, , 720 p. (ISBN 2870095821 et 978-2870095829), p. 6
  5. Denise van Derveeghde, Le domaine du Val Saint-Lambert de 1202 à 1387. Contribution à l'histoire rurale et industrielle du Pays de Liège, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Bibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université de Liège » (no CXXX), , 239 p.
  6. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 18/2 : Wallonie. Province de Hainaut, arrondissement de Tournai, Mardaga, , 472 p., p. 472
  7. « Liège, Saint-Barthélemy », sur http://www.orgel-schumacher.be Schumacher
  8. E. Vanderheyden, I. Zumkir, J-M. Kinet, A. Longrée et J. Baiwir, La collégiale Saint-Barthélemy de Liège, Namur, Institut du Patrimoine wallon, coll. « Carnets du Patrimoine » (no 102), , 64 p. (ISBN 978-2-87522-102-5, présentation en ligne), p. 13
  9. Roland Forrer, « Liège : Inauguration du carillon restauré de la collégiale Saint-Barthélemy », sur http://upf-be.over-blog.com/,
  10. « Carillons liégeois : collégiale Saint-Barthélemy », sur http://www.fabrice-muller.be
  11. Stéphane Gaudry, « Mécanismes d’horloge de clocher : Quelques photos de l’exposition sur les mécanismes d’horloge de clocher qui s’est tenue à la collégiale Saint-Barthélemy à Liège. »,
  12. Joseph Daris, Notices historiques sur les églises du diocèse de Liège, t. VI, Liège, Demarteau, , 226 p. (lire en ligne), « Cartulaire de l'église Saint-Barthélemi à Liège », p. 177-223

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Vanderheyden, I. Zumkir, J-M. Kinet, A. Longrée et J. Baiwir, La collégiale Saint-Barthélemy de Liège, Namur, Institut du Patrimoine wallon, coll. « Carnets du Patrimoine » (no 102), , 64 p. (ISBN 978-2-87522-102-5, présentation en ligne)
  • Alexandre Dumas, Impressions de voyage : Excursions sur les bords du Rhin, vol. I, Michel Lévy Frères, coll. « Oeuvres complètes d'Alexandre Dumas », (1re éd. 1841), 285 p. (lire en ligne), chap. X (« Aix-la-Chapelle »), p. 182 :

    « l'église Saint-Barthélemy, la plus vieille de Liége »

  • Georges Hansotte, L'église Saint-Barthélemy à Liège, Liège, coll. « Feuillets archéologiques de la Société royale Le Vieux-Liège », , 30 p.
  • Jean Paquay, La collégiale Saint-Barthélemy à Liège. Inventaire analytique des chartes, Liège,
  • Analecta Ecclesiastica Leodiensia, vol. I,
  • J. Hoyoux Hoyoux, « Les chanoines de la collégiale Saint-Barthélemy à Liège au XVIe siècle », Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome, no 55-56,‎ 1985-1986, p. 109-122 (ISSN 0073-8530)
  • Émile Schoolmeesters, « Les doyens et les prévôts de la collégiale Saint-Barthélemy à Liège », Leodium, no 10,‎ , p. 29-36
  • Richard Forgeur, « La restauration de la collégiale Saint-Barthélemy à Liège », Bulletin de la Commission royale des monuments et des sites, vol. 8,‎ , p. 15-38 (lire en ligne).
  • Jean-Pierre Félix, Inventaire descriptif des orgues de la ville de Liège, , 550 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]