Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance

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Collège Notre-Dame de
Bonne-Espérance
Image illustrative de l’article Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance
Vue générale depuis l'entrée du jardin botanique
Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance
Généralités
Création
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Coordonnées 50° 23′ 10″ nord, 4° 08′ 23″ est
Adresse Rue Grégoire Jurion 22
7120 Vellereille-les-Brayeux
Site internet www.college-bonne-esperance.beVoir et modifier les données sur Wikidata
Cadre éducatif
Réseau Libre confessionnel[1]
Pouvoir organisateur Collège Notre-Dame de Bonne-Espérance ASBL
Directeur Alain Maghe
Matricule 5640900188
Formation Enseignement primaire et secondaire
Options Latin-grec
Latin-mathématiques
Latin-allemand
Latin-sciences
Langues modernes
Sciences-mathématiques
Sciences-informatique
Sciences économiques
Arts d'expression
Localisation

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(Voir situation sur carte : Hainaut)
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Le collège Notre-Dame de Bonne-Espérance (anciennement petit séminaire de Bonne-Espérance) est un établissement d'enseignement primaire et secondaire situé à Vellereille-les-Brayeux en Belgique. Il a été fondé le dans les bâtiments historiques de l'ancienne abbaye de Bonne-Espérance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Bonne-Espérance.

Le collège occupe les bâtiments de l'ancienne abbaye éponyme, fondée en 1130 par des chanoines prémontrés[2]. Cette communauté est présente sur le site jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En 1793, le monastère est déclaré « bien national » par les révolutionnaires français et les chanoines sont contraints de quitter les lieux. Les Autrichiens reprennent ensuite temporairement le contrôle de la région et les chanoines regagnent l'abbaye.

Le , les troupes révolutionnaires françaises chassent définitivement les derniers religieux de Bonne-Espérance. Les bâtiments sont vendus et rachetés en secret par la communauté via le fermier de la Basse-Cour[3]. Mais les difficultés à reprendre la vie monastique sont telles que les derniers chanoines survivants se résolvent, le , à faire don de leur abbaye au séminaire épiscopal du diocèse de Tournai[4].

Fondation[modifier | modifier le code]

Le , l'évêque de Tournai, Mgr Jean-Joseph Delplancq décide d'implanter à Bonne-Espérance une section inférieure du séminaire de Tournai. Le « petit séminaire » ouvre ses portes le , sous la direction de l'abbé André-Philibert Descamps[5],[6]. Cet établissement d'enseignement secondaire, destiné en premier lieu à la formation des prêtres, accueille déjà 278 élèves en .

La section de philosophie et l'école normale primaire[modifier | modifier le code]

Aile gauche (1767) autrefois occupée par la section de philosophie

En 1834, le diocèse décide de transférer de Tournai à Bonne-Espérance la section de philosophie préparatoire au grand séminaire[7]. Celle-ci prend place dans l'aile gauche des bâtiments de l'actuel jardin botanique. En 1838, Mgr Gaspar-Joseph Labis entrevoit la création d'une École normale primaire destinée à la formation des instituteurs. Celle-ci est inaugurée à Bonne-Espérance en par le président du séminaire, l'abbé Charles Legrand. Rapidement, une petite « école primaire d'application » est ouverte par l'école normale. Au milieu du XIXe siècle, on compte respectivement une cinquantaine d'étudiants de philosophie et une centaine pour l'école normale[8].

Inauguration de la ligne ferroviaire[modifier | modifier le code]

Carte topographique (1882) indiquant Bonne-Espérance et la ligne de chemin de fer 108.

L'accès à Bonne-Espérance est facilité grâce à l'inauguration, le , de la ligne de chemin de fer entre Erquelinnes et Haine-Saint-Pierre[9]. La station de Bonne-Espérance est mise en service à quelques centaines de mètres du séminaire éponyme[10], en présence de Léopold, duc de Brabant. Cette gare desservira Bonne-Espérance jusqu'en 1962, date à laquelle la SNCB décide d'interrompre le trafic de voyageurs entre Binche et Erquelinnes.

Première extension des bâtiments[modifier | modifier le code]

La salle des fêtes construite en 1857-1858 (photo du début du XXe siècle).

Dès les années 1850, le nombre total d'internes à Bonne-Espérance atteint les 400 élèves, ce qui nécessite une extension des locaux existants. Une salle appelée museum (salle d'étude équipée d'une scène pour les représentations théâtrales), est construite entre 1857 et 1858 dans un style éclectique. On aménage également de nouvelles classes et de nouveaux dortoirs[11].

En 1879, le nombre total d'internes à Bonne-Espérance s'élève à 450. En outre, l'école normale se trouve à l'étroit dans des locaux jugés « vétustes » par un inspecteur de l'époque. Par conséquent, un transfert de l'école normale vers le collège de Binche est proposé par l'évêché. Cependant, une baisse de la population étudiante dans les années 1880 permet le maintien de l'école normale à Bonne-Espérance[12].

La Première guerre scolaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première guerre scolaire.

Au milieu du XIXe siècle, l'enseignement en Belgique connaît de « vives tensions idéologiques »[13]. Les milieux libéraux soutiennent la création d'écoles publiques laïques et neutres, non contrôlées par le clergé. De leur côté, les catholiques prônent la liberté d'enseignement et, au niveau du secondaire, « les évêques multiplient collèges et écoles moyennes confessionnelles »[14]. Dans le Hainaut, l'évêque de Tournai, Mgr Edmond Dumont, décide d'ouvrir toute une série de collèges épiscopaux à travers le diocèse, à Charleroi (1873), Soignies (1874), Ath (1876), Chimay (1877) ou encore La Louvière (1877-1880)[12]. De 1879 à 1884, la Belgique connaît la Première guerre scolaire : le gouvernement Frère-Orban II décide en 1881 d'étendre le réseau secondaire de l'État, concurrencé par un réseau catholique en plein développement[15]. L'ouverture de ces nouveaux établissements, publics ou catholiques, représente l'une des causes principales de la baisse du nombre d'élèves à Bonne-Espérance : ils sont 450 en 1879, 358 en 1882 et seulement 300 en 1893[16].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Représentation de « gymnastique suédoise » par les élèves du séminaire et de l'école normale.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 2013 : ouverture de l'internat aux filles.

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Anciens professeurs[modifier | modifier le code]

« Nommé professeur-titulaire de quatrième latine, le chanoine Cassart enseigne, pendant un an, la religion, le latin, le grec et le français. En 1932, on lui confie la classe de syntaxe qu'il conserve cinq ans. De César, il passe à Virgile et de Xénophon à Hérodote. Il s'occupe beaucoup de ses élèves et veille à garder le contact avec les anciens; c'est ainsi qu'il fonde, en 1935, "Bona Spes", un bulletin de liaison toujours vivace. En 1937, il monte en rhétorique. Ses cours sur Cicéron, Tite-Live, Homère ou les tragiques grecs, Bossuet ou Racine sont très appréciés. Plus conscient que jamais de ses responsabilités d'éducateur, il multiplie les initiatives pédagogiques et organise des "études de lecture" pour ses élèves. Soucieux de culture générale et de formation humaniste, il préconise le travail personnel et publie des articles remarqués dans "Les Études Classiques" et "Nora et Vetera"[34]. »


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du SEGEC
  2. Nandrin 1973, p. 57.
  3. Milet 1994, p. 61.
  4. Pêtre et Peeters 2005, p. 38.
  5. Clément 2000, p. 42-43
  6. À vrai dire, il existait une clause dans le contrat signé entre le diocèse de Tournai et la communauté : une rétrocession des biens était possible au cas où la communauté renaitrait avant la mort du dernier chanoine. Le , à la mort du tout dernier chanoine, André-Joseph Dailly, le séminaire épiscopal de Tournai devint définitivement propriétaire des bâtiments abbatiaux. Le détail de toutes les démarches juridiques entreprises au début du XIXe siècle est expliqué dans Milet 1994, p. 59-68
  7. Clément 2000, p. 43.
  8. Clément 2000, p. 44-45.
  9. Théophile Lejeune, Histoire de la ville de Binche, Binche, Victor Winance-Nachtergaele, , p. 16 ; 218.
  10. Ligne 108 : (Haine-Saint-Pierre) Y Mariemont - Erquelinnes sur belrail.be
  11. Clément 2000, p. 45
  12. a et b Clément 2000, p. 46
  13. Wynants et Paret 1998, p. 24.
  14. Wynants et Paret 1998, p. 26.
  15. Wynants et Paret 1998, p. 28.
  16. Clément 2000, p. 47.
  17. Biographie nationale publiée par l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, t. XLI : Supplément tome XIII (fascicule Ier), Bruxelles, Établissements Émile Bruylant, (lire en ligne), col. 414-433.
  18. Jean Levie, Michel Levie (1851-1939) et le mouvement chrétien social de son temps, Louvain, Éditions de la société d'études morales, sociales et juridiques, , p. 14-16.
  19. Archives des Missions étrangères de Paris.
  20. Régine Fabri, « Alphonse Meunier », Nouvelle biographie nationale, vol. 9,‎ , p. 270-271 (lire en ligne).
  21. Ursmer Berlière, « Notice sur la vie et les travaux du Chanoine Alfred Cauchie », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 199-202 (lire en ligne).
  22. a et b Biographie nationale publiée par l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, t. XXXII : Supplément tome IV (fascicule Ier), Bruxelles, Établissements Émile Bruylant, (lire en ligne), col. 602-604.
  23. Joseph Cuvelier, « Notice sur Dom Ursmer Berlière », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 270.
  24. Albert Severyns, « Notice sur Joseph Bidez », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 98-124 (lire en ligne).
  25. Pierre Martens, « Notice sur Victor Grégoire », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 146 (lire en ligne).
  26. Louis Lefort, « Notice sur Monseigneur Paulin Ladeuze », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 121 (lire en ligne).
  27. Biographie nationale publiée par l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, t. XLI : Supplément tome XIII (fascicule Ier), Bruxelles, Établissements Émile Bruylant, (lire en ligne), col. 95-110.
  28. Alphonse Vermeylen, « Pierre Groult », Nouvelle biographie nationale, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, vol. 4,‎ , p. 200-201 (ISSN 0776-3948, lire en ligne)
  29. Gérard Garitte, « Notice sur René Draguet », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 115 (lire en ligne).
  30. Jean Ladrière, « Notice sur Franz Grégoire », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 85 (lire en ligne).
  31. Georges Ubaghs, « Notice sur Marius Lecompte », Annuaire de l'Académie royale de Belgique,‎ , p. 73 (lire en ligne).
  32. P. Staner, « JURION (Floribert) », Biographie belge d'outre-mer, Académie royale des sciences d'Outre-Mer, t. VII-C,‎ , col. 219-226 (lire en ligne [PDF]).
  33. (nl) « Yves Urbain », sur odis.be (consulté le 27 juillet 2015)
  34. Mémoires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai, t IV, Tournai, p. 6-54 1983

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles et ouvrages consacrés à Bonne-Espérance[modifier | modifier le code]

  • Album jubilaire 1955 : Séminaire de Bonne-Espérance, Luttre, Imprimerie Dantinne, , 40 p.
  • « Bonne-Espérance et les Anciens dans la Guerre 40-45 », Bona Spes, no 135,‎ , p. 5-22.
  • Paul Clément, « Histoire du « Petit Séminaire » de Bonne-Espérance », Bona Spes, no 141,‎ , p. 42-48.
  • Paul Clément, « Histoire du « Petit Séminaire » de Bonne-Espérance (suite) », Bona Spes, no 143,‎ , p. 15-21.
  • Fête jubilaire du Petit-Séminaire de Bonne-Espérance : 1830-1880, Tournai, Casterman, , 61 p.
  • Albert Milet, Bonne-Espérance : Histoire d'une abbaye prémontrée aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottignies, Quorum, , 174 p. (ISBN 2-8041-1552-6)
    Compilation d'articles écrits par Albert Milet sur l'histoire et l'archéologie de l'abbaye. Cet ouvrage offre également une importante bibliographie sur Bonne-Espérance (pp. 144 à 157).
  • Jean-Pierre Nandrin, « Bonne-Espérance », dans Albert D'Haenens (dir.), Abbayes de Belgique : Guide, Bruxelles, Dewincklear, , p. 54-71.
  • Pierre-Jean Niebes et Claude Vael, « La congrégation des sœurs de Charité de Notre-Dame de Bonne-Espérance au Pays de Charleroi de sa création en 1859 à 1918 », Documents et rapports de la Société royale paléontologique et archéologique de l'arrondissement judiciaire de Charleroi, t. LXIV,‎ , p. 96-124.
  • Philippe Pêtre (textes) et Pierre Peeters (photographies), L'Abbaye de Bonne-Espérance : 1130-2005, Tournai, Incipit, , 160 p.
    Histoire de l'abbaye accompagnée de plus de 200 illustrations.
  • Edmond Puissant, « Bonne-Espérance : Notice », dans Congrès archéologique et historique de Mons, Bonne-Espérance, Mons/Frameries, Union des imprimeries, , p. 1-14.

Articles et ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Paul Clément, L'enseignement en Belgique, particulièrement dans le diocèse de Tournai, des origines à nos jours, vol. 2 : De 1850 à 1940, Louvain-la-Neuve, Centre Galilée, .
  • Ghislaine De Bièvre (dir.), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, t. 1 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin, Liège, Mardaga, (ISBN 2-8021-0045-9), p. 427-447.
  • Paul Wynants et Martine Paret, « École et clivages aux XIXe et XXe siècles », dans Dominique Grootaers, Histoire de l'enseignement en Belgique, Bruxelles, CRISP, , p. 13-84.
  • Le patrimoine majeur de la Wallonie : Liste du patrimoine exceptionnel arrêtée par le Gouvernement wallon le 08/06/1993 sur la proposition de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles, Alleur, Éditions du Perron, (ISBN 2-87114-102-9), p. 112-115.

Revue[modifier | modifier le code]

  • Bona Spes. Bulletin de l'Association royale des anciens du collège Notre-Dame de Bonne-Espérance, Vellereille-les-Brayeux.
    Revue trimestrielle publiée depuis 1935. Référence pour l'histoire et la vie du collège.

Roman[modifier | modifier le code]

  • Louis Villarceau, Latiniste, Paris, Œuvre d'Auteuil, , 286 p.
    Ce livre raconte de manière romancée la vie d'élève à Bonne-Espérance au début des années 1880.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]