Col d'Izoard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Col de l'Izoard)
Aller à : navigation, rechercher
Col d'Izoard
Image illustrative de l'article Col d'Izoard
Mémorial du col d'Izoard
Altitude 2 361[1] m
Massif Massif du Queyras (Alpes)
Coordonnées 44° 49′ 11″ nord, 6° 44′ 07″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Queyras
(sud)
Briançonnais
(nord)
Ascension depuis Guillestre Briançon
Déclivité moy. 6,9 % 6 %
Déclivité max. 11,3 % 9,2 %
Kilométrage 15,9 km 19,1 km
Accès D 902 D 902
Fermeture hivernale octobre-juin

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Col d'Izoard

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col d'Izoard

Le col d'Izoard est situé dans les Hautes-Alpes, au nord-ouest du massif du Queyras, à une altitude de 2 361 m. Il relie Briançon, au nord-ouest, à Château-Ville-Vieille, au sud-est. La route D902 qui le franchit est fermée à la circulation automobile de novembre à mai-juin entre les hameaux de Brunissard sur la commune d'Arvieux, et Le Laus sur la commune de Cervières.

Il est fréquemment emprunté par le Tour de France cycliste et est réputé pour le lieu appelé Casse Déserte sur le versant méridional. Il s'agit d'une zone extrêmement rocailleuse (pitons de cargneules), que certains décrivent comme lunaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

La route a été construite en 1893-1897 par le général baron Berge[2] ; un mémorial est élevé en sa mémoire au col en 1934. Au sommet, il est possible de profiter d'un relais cyclotouristique et de visiter le musée.

Géologie[modifier | modifier le code]

Musée du Tour de France

Cet environnement minéral très atypique résulte de la nature des roches présentes : des cargneules. Au cours de la formation des Alpes, les couches calcaires reposant au fond de la Téthys et datant du Trias (250 millions d'années) et du Crétacé (140 millions d'années) se sont inversées. En glissant l'une sur l'autre il y a 40 millions d'années, les calcaires ont été broyés donnant naissance à ces roches peu compactées et friables. Les eaux riches en sulfate ont ensuite dissous les calcaires triasiques et les ions en solution ont précipité pour former un ciment qui consolide ces roches.

Le col de l'Izoard est caractérisé par la présence d'éboulis et de crêtes rocheuses qui résultent de l'érosion différentielle affectant les roches.

Activités[modifier | modifier le code]

Le col, fréquemment franchi par le Tour de France, est aussi depuis 1990 sur le tracé du triathlon de l'Embrunman, qui lui doit en partie d'être considéré comme un des plus durs au monde[réf. nécessaire].

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Profil[modifier | modifier le code]

Stèle dédiée à Louison Bobet et Fausto Coppi sur le versant sud

L’ascension du col d’Izoard par le versant nord totalise 19,1 km à 6 % à partir du rond-point du Queyras (1 208 m) à Briançon. Les pourcentages des trois premiers kilomètres à travers le quartier de Fontchristiane, sont proches de 6 %. Mais ils sont suivis d’un replat et d'une courte descente[3]. La route grimpe ensuite, à partir de Terre Rouge, jusqu’à Cervières, village atteint après environ 9 km d'ascension. Pour encore deux kilomètres, la pente oscille entre 5 et 8 %. La pente, à partir du Laus, au km 11,4, vers 1 745 m d'altitude, est nettement plus difficile. Les derniers kilomètres, sur une route en lacets dans une forêt de mélèzes[4], présentent fréquemment des pourcentages voisins de 8 %[3] (avec rampe maximum à 11 %). Ce n’est qu’à partir du refuge Napoléon (2 282 m) — où la pente faiblit un peu —, à un kilomètre du sommet que l’on sort de la forêt pour rentrer dans le décor rocailleux typique du col d’Izoard.

Le versant sud, depuis Guillestre, est considéré comme le plus mythique et totalise 31,6 km à 4,4 % à partir du rond-point au carrefour des routes D902A et D86 (971 m). Ce n'est qu'après 1,5 km que la route quitte Guillestre, au rond-point face à la gendarmerie (1 054 m). Mais les 17,4 premiers kilomètres qui suivent la rivière du Guil présentent peu de difficultés[5] si ce n’est une épingle à 5 % au niveau d’un monument aux morts des deux guerres mondiales, au km 16,7, peu avant la jonction de la D902 et de la D947. À partir de ce carrefour (1 355 m) où on aperçoit Château-Queyras, il reste 14,1 km à 7,1 % nettement plus difficiles. Après avoir passé Arvieux (1 547 m face à une chapelle) et 3,7 km de route depuis le carrefour précédent, la montée devient rectiligne avec quelques portions difficiles comme une ligne droite à 8 % à La Chalp puis une autre à 10 % dans la traversée du hameau de Brunissard, l’un des passages les plus raides de ce col[5]. À la sortie de Brunissard, la route grimpe ensuite en lacets dans une forêt de conifères comme sur l’autre versant, sur environ quatre kilomètres, avec quelques points de vue sur la vallée. Les pentes de ce secteur forestier avoisinent les 9 % avec quelques passages frôlant les 11 %. C’est alors que se présente la Casse Déserte, avec ses cheminées pierreuses à 2 220 m d’altitude. À partir de ce lieu, les cyclistes sont souvent exposés au vent[5], à cause de l’absence de végétation. C’est à la sortie de la Casse Déserte, après une courte descente[3], que se situe la stèle dédiée à Louison Bobet et Fausto Coppi, dont les plaques sont apposées sur un rocher monolithique. À partir de ce lieu, il reste environ deux kilomètres avec une pente proche de 9 %.

Tour de France[modifier | modifier le code]

Le col d'Izoard a été franchi au total à 33 reprises par le Tour de France, dont 23 depuis 1947. Il a été classé hors catégorie lors de ses 4 derniers passages[6]. Voici les coureurs qui ont franchi les premiers le col[7] :

Le col d'Izoard escaladé sur le Tour 1936

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO, , 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 172-177

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Coordonnées identifiées à l'aide de Géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. Écomusée du pays de la Roudoule, La Route des Grandes Alpes, Édition de l’écomusée du pays de la Roudoule, Puget-Rostang (ISSN 1246-1938), p. 33.
  3. a, b et c « Col de l’Izoard. Sous le regard de Coppi », magazine Le Cycle hors-série no 506H, juillet 2005, p. 50-53
  4. Sport-passion – L’ascension du col d’Izoard
  5. a, b et c « Col de l’Izoard. L’imposante légende », magazine Le Cycle no 339, mai 2005, p. 70-74
  6. (fr) Le dico du Tour - Le col d'Izoard dans le Tour de France depuis 1947.
  7. (fr) Le col d'Izoard.