Col de Manse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Col de Manse
Image illustrative de l'article Col de Manse
Le col de Manse vu depuis la route arrivant de Gap.
Altitude 1 269[1] m
Massif Massif des Écrins (Alpes)
Coordonnées 44° 36′ 41″ nord, 6° 07′ 54″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Gapençais
(sud)
Champsaur
(nord)
Ascension depuis Gap ou la Bâtie-Neuve Forest-Saint-Julien ou Saint-Laurent-du-Cros
Déclivité moy. 5,3 %
Kilométrage 9,5 km
Accès RD 944 ou CD 14 RD 944, CD 13 ou CD 14
Fermeture hivernale non

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Col de Manse

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col de Manse

Le col de Manse, culminant à 1 269 mètres d'altitude, est le principal point de communication entre le bassin de Gap et le haut Champsaur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Manse est le nom d'un hameau de la commune de Forest-Saint-Julien, qui se trouve sur le versant nord du col.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le col de Manse a pour voisins à l'ouest le col Bayard (1 248 m d'altitude), dont il est séparé par le plateau de Bayard (1 331 m d'altitude), et à l'est le col de Moissière (1 573 m) d'altitude, dont il est séparé par le puy de Manse (1 617 m d'altitude).

Le col de Manse est largement ouvert, et ses abords dégagés. De ce fait, il est facilement enneigé en hiver.

Le col est franchi par la route départementale 944 reliant Gap à Orcières, récemment réaménagée. Peu après le col, la D 544 croise la départementale 14 qui monte de Saint-Laurent-du-Cros et redescend au sud vers la Bâtie-Neuve selon un tracé particulièrement difficile dans les terrains de marnes très friables. Au même carrefour une route (D 13) se détache vers Ancelle. Il existe un projet de construction d'une autoroute reliant Gap à Grenoble, qui passerait probablement par le col de Manse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le col de Manse a de tout temps été un passage entre le bassin de Gap et le haut-Champsaur. Bien qu'il n'existe aucune preuve de la présence d'une voie romaine reliant Embrun à Grenoble par le Champsaur[2], il semble avéré que les Romains franchissaient usuellement le col de Manse. Un chemin dit « voie romaine » existe sur le versant nord du col ; d'autre part l'historien Joseph Roman situe à Manse-Vieille, à proximité immédiate du col, Ictodurum, une mutatio de la via Domitia reliant Embrun à Gap ; le site de la commune de la Bâtie-Neuve la situe un peu plus au sud, au lieudit Montreviol (=Monstrat-viola ?)[3]. Il pourrait s'agir plutôt d'un des multiples chemins secondaires qui existaient alors autour des voies romaines.

Curiosités[modifier | modifier le code]

  • Au col se trouve un « refuge Napoléon » : c'était l'un des six refuges construits grâce à une dotation de Napoléon faite en reconnaissance de l'accueil enthousiaste que les Gapençais et les Champsaurains lui avaient fait lors de son retour de l'Île d'Elbe ; construit sous Napoléon III, il a été entièrement restauré, et sa présence rappelle toujours cet épisode historique.
  • Au sud-est du col se trouve une colline dont le versant sud est à pic au-dessus du bassin de Gap, et dont le profil particulier lui a valu le nom de « chapeau de Napoléon » (altitude 1 412 mètres, accès à pied depuis la D14).
  • À proximité du col, on peut retrouver la trace de ce qui devait être le chemin de fer de Gap à Corps : la plateforme fut construite de part et d'autre du col entre 1910 et 1930, mais les voies ne furent jamais posées, et le projet finalement abandonné (les restes sont surtout visibles sur le versant nord, le long du CD 14).
  • Le canal de Gap passe en tunnel sous le col ; peu accessible sur le versant nord, il est visible à l'air libre 2 kilomètres plus bas côté sud, et offre là une belle promenade à partir du réservoir des Jaussauds et jusqu'à la route Napoléon.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Le Tour de France a emprunté ce col lors de la 12e étape du Tour de France 1972 entre Carpentras et Orcières-Merlette, avec un passage en tête du Portugais Joaquim Agostinho, puis lors de la 15e étape du Tour de France 1989 entre Gap et Orcières-Merlette, avec cette fois un passage en tête du Néerlandais Steven Rooks, et lors de la 16e étape du Tour de France 2011 entre Saint-Paul-Trois-Châteaux et Gap, où le Canadien Ryder Hesjedal franchit le col en première position. Lors du Tour de France 2013, il est franchi à deux reprises, lors des 16e et 18e étapes, avec des passages en tête respectifs du Portugais Rui Costa puis à nouveau Ryder Hesjedal. Enfin, le col a été franchi lors de la 16e étape du Tour de France 2015 reliant Bourg-de-Péage à Gap et a été classé en deuxième catégorie ; l'Espagnol Rubén Plaza est passé en tête. Il a été classé en 3e puis deux fois en 1re catégorie et finalement deux fois en 2e catégorie[4].

Une légende locale[modifier | modifier le code]

En l'an 595, Arey, évêque de Gap, fit un voyage à Rome. À son retour, son charroi fut attaqué par un ours alors qu'il gravissait le col de Manse[5]. Un des bœufs de l'attelage fut tué. Arey s'avança vers l'ours, et lui intima l'ordre de remplacer le bœuf sous le joug. L'animal se plia à l'autorité du saint homme, et lui permit de rentrer à Gap dans un attelage plutôt original. Une fois arrivé, l'évêque, reconnaissant, libéra l'ours, qui partit se réfugier dans les bois sous le col de Manse, où il ne fit plus parler de lui. Le bois de l'Ours est signalé sur la petite route de Serre-Richard (commune de Saint-Laurent-du-Cros) à Manse[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Coordonnées identifiées à l'aide de Géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. voir par exemple l'article Les voies romaines en Dauphiné, dans l' Almanach Dauphinois 2003, pp. 64 à 69
  3. La Bâtie-Neuve et ses hameaux.
  4. (fr) Le dico du Tour - Le col de Manse dans le Tour de France depuis 1947.
  5. à cette époque, les voyageurs empruntaient volontiers le col de Freyssinières et le vallon d'Orcières pour passer de la haute Durance en Champsaur ; voir l'article Champsaur.
  6. selon d'autres sources, l'épisode se serait situé dans la forêt de Boscodon, sur la rive gauche de la Durance, et aurait eu des suites encore plus merveilleuses ; voir La légende dorée du Dauphiné, par Gabrielle Sentis, Éd. Didier-Richard, Grenoble, 1984 (ISBN 2-7038-0028-2).