Codex Gigas

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Par ses dimensions physiques, ce codex est le plus grand manuscrit médiéval connu

Le Codex Gigas (du grec Gigas signifiant « géant ») est un manuscrit médiéval écrit au XIIIe siècle par un moine bénédictin du monastère de Podlažice en Bohême et qui se trouve maintenant dans la Bibliothèque nationale de Suède. Il est également connu sous le nom de Bible du Diable en référence à l'enluminure du diable que l'on trouve au folio 290.

Apparence[modifier | modifier le code]

Le texte, de couleur claire, se détache d'un fond foncé, sur une page blanche.
Le Codex est richement enluminé ; ici, une lettrine.

Le livre mesure 97 cm de haut sur 50 cm de large, et 22 cm d'épaisseur, et est contenu dans un dossier en bois. Sa reliure pleine est en cuir de veau, avec des décorations en métal. Le volume, rédigé en latin, avec une calligraphie de type minuscule caroline, est l'œuvre d'un seul scribe[1],[Note 1].

Le Codex Gigas contenait, à l'origine, 320 feuilles de vélin ; huit d'entre elles ont été retirées du livre pour une raison inconnue ; ces pages contenaient vraisemblablement les règles des Bénédictins. Le vélin utilisé est de la peau de veau (ou d'âne selon certaines sources) et proviendrait de quelque 160 bêtes. Le Codex pèse 75 kg.

Il est la plus grande des Bibles géantes qui apparaissent au XIe siècle. L'ouvrage est un exemple tardif du genre, à une époque où, au contraire, sont créés, à Paris, des volumes de petit format.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Codex Gigas fut rédigé dans le monastère bénédictin de Podlažice, près de Chrudim, en Bohême, qui fut détruit au XVe siècle, durant la révolution hussite. Il est supposé qu'il a été écrit par le moine copiste, Herman le Reclus (en), qui, selon la légende, aurait vendu son âme au diable[Note 2],[2].

L'absence de toute référence à la mort du roi Ottokar Ier de Bohême, intervenue le , suggère que la date la plus probable de l'achèvement de la rédaction du volume, est la fin de l'année 1229 ou au début 1230. Le Codex est alors légué au monastère cistercien de Sedlec (en), puis racheté par le monastère bénédictin de Břevnov (en), à Břevnov. De 1477 à 1593, le Codex est conservé à la bibliothèque du monastère de Broumov, à Broumov. Il est emporté à Prague en 1594 pour rejoindre les collections personnelles de Rodolphe II du Saint-Empire.

Le sac de Prague par les Suédois en 1648[modifier | modifier le code]

À la fin de la Guerre de Trente Ans, de nombreuses œuvres d'art et objets précieux sont ramenés en Suède par les troupes suédoises comme butin de guerre, le Codex Gigas en fait partie. De 1649 à 2007, il est conservé à la Bibliothèque royale de Suède, à Stockholm.

Le retour à Prague[modifier | modifier le code]

Le Codex a été prêté par le gouvernement suédois à la ville de Prague le , soit 359 ans après sa disparition, pour les besoins d'une exposition à la Bibliothèque nationale de la République tchèque[3]. Il a été restitué en .

Contenu[modifier | modifier le code]

Le portrait du diable.

Ce manuscrit rassemble plusieurs textes : l'Ancien et le Nouveau Testament, deux œuvres de Flavius Josèphe, les « Étymologies » d'Isidore de Séville, l'« Ars medicinae » (L'art de la médecine), le manuel de médecine le plus utilisé au Moyen Âge, une « Chronica Boëmorum » (Chronique des Bohémiens) datant du XIIe siècle et signée Cosmas de Prague, ainsi qu'un calendrier.

Le portrait du diable figure au folio 290 où il est représenté seul, dans un paysage vide ; il fait face à une représentation de la cité du Paradis, sur le folio 289[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon des experts (Anna Wolodorski, The National Library, Stockholm, Michael Gullick, Stevenage), l'homogénéité de la structure de l'encre, et l'analyse graphologique effectuée, qui a fait ressortir en particulier la similitude des 'g' ouverts, permettent de penser que la rédaction n'a été réalisée que par un seul copiste.
  2. Certains chercheurs pensent que la légende du moine puni et emmuré vivant, provient d'un malentendu dans la signature du livre qui se lit Hermanus inclusus. Ce mot latin inclusus fait penser à un horrible châtiment, mais le vrai sens du mot se rapproche plus du mot reclus, ce qui signifie que la signature aurait pu être faite par un moine solitaire, qui a choisi de se taire sur le monde extérieur et de consacrer sa vie à la rédaction du Codex Gigas (durée de la rédaction, estimée à au moins, 25 ans).

Références[modifier | modifier le code]

  • La Bible du Diable - Bibliothèque numérique mondiale
  1. (en) « Codex Gigas - Read more », sur kb.se
  2. (en) Daily Mail - Ellie Zolfagharifard - 11 May 2015, « The mystery of the Devil's Bible : Sinister drawing inside 'cursed' medieval manuscript that legend says was drawn by Lucifer himself », sur www.dailymail.co.uk (consulté le 2 août 2015).
  3. Radio Praha - Václav Richter - 22/09/2007, « Le Codex Gigas, un livre monument », sur www.radio.cz (consulté le 1 août 2015).
  4. (en) « Codex Gigas > Highlights > Devil Portrait », sur kb.se

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • S. Bártl et J. Kostelecký, Ďáblova bible. Tajemství největší knihy světa, Paseka,‎ (ISBN 80-85192-64-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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