Cobra indien

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Naja naja

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Naja naja est une espèce de serpents de la famille des Elapidae[1]. En français, ce serpent est appelé cobra indien ou serpent à lunettes.

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre au Pakistan, en Inde, au Sri Lanka, au Bangladesh, au Népal et au Bhoutan[1].

Sa présence est incertaine en Afghanistan (extrémité sud-est).

Description[modifier | modifier le code]

Les "lunettes" caractéristiques de Naja naja
Charmeur de serpents
Naja naja

Son nom de serpent à lunettes est dû aux marques que l’on peut observer quand il déploie sa coiffe.

Il mesure 1,4 à 2,2 mètres à l'âge adulte.

C'est un serpent principalement crépusculaire et nocturne, qui se nourrit essentiellement de rongeurs mais qui apprécie aussi les oiseaux, les lézards, les crapauds, etc.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle pond de 8 à 20 œufs, couvés pendant 70 jours. Les jeunes mesurent de 25 à 30 cm à l'éclosion.

Venimosité[modifier | modifier le code]

Le venin du cobra indien est essentiellement neurotoxique et cardiotoxique, comme pour beaucoup de serpents de la famille des Élapidés. Le venin de cette espèce est l'un des plus puissants et ses glandes à venin en contiennent une grande quantité qu'il peut injecter en une morsure. Il agit sur les synapses (connexions nerveuses), en bloquant leur fonctionnement, ce qui provoque la paralysie de tous les muscles, et du cœur quand celui-ci est atteint par l’afflux de sang envenimé, pouvant mener à un arrêt cardiaque, quand ce n'est pas une mort par étouffement du fait de l'arrêt de la fonction respiratoire.

Plus la quantité injectée est grande, plus la morsure est nocive. Chez les souris, la DL50 varie de 0,45 à 0,75 mg/kg selon les études. La quantité de venin contenue dans une morsure efficace de cobra indien varie quant à elle de 169 et 250 mg.

Le taux de mortalité pour les victimes humaines n'ayant pas été traitées médicalement est, selon les études, approximativement de 20 à 30 %. Le nombre important de survivants sans traitement s'explique surtout par la quantité très variable de venin que le serpent a eu le temps d'injecter en une morsure, en effet dans de nombreux cas la quantité de venin est très faible et parfois nulle (morsure sèche fréquente). Cependant, seul un pourcentage minoritaire des morsures est mortel pour l'homme lorsque des soins médicaux appropriés sont apportés à temps, notamment avec l’administration d'un antivenin spécifique. Pour les victimes qui ont reçu un traitement médical rapide, le taux de mortalité est d'environs 9 %.

Le cobra indien n'attaque jamais volontairement un animal plus gros que celui qu'il pourrait avaler, c'est à dire de la taille d'un petit rongeur, il ne mord donc l'être humain que lorsqu'il se sent attaqué, lorsqu'on lui marche dessus par inadvertance ou lorsque qu'on le dérange dans sa cachette sans l'avoir aperçu. Ce cobra ne manque pas d'avertir avant de mordre lorsqu'il a vu venir le danger pour lui : il se dresse, souffle bruyamment pour bien prévenir de sa présence et de sa dangerosité, et aplatit son capuchon pour tenter d'impressionner son adversaire. La paire d'yeux dessinée à l'arrière est destinée à déstabiliser l'ennemi tandis que les deux tâches à l'avant sont censées faire croire que le serpent a une très grosse tête. C'est une technique d'intimidation contre les prédateurs, mais aussi surtout un avertissent visible pour les grands herbivores (comme les bovidés), qui parcours sans cesse son territoire, et qui sans cela lui marcheraient dessus sans égard en étant occupées à brouter. Les bovins comprennent ce message et s'écartent en évitant de marcher sur le petit animal afin d'éviter les lourds désagréments d'une morsure. La morsure venimeuse n'est utilisée par le cobra qu'en dernier recours, lorsque ces signaux n'ont pas rapidement fonctionné pour écarter l'assaillant et que le serpent s'est fait piétiné, ou attaqué par un prédateur. Dès lors qu'une personne a aperçu un cobra sur son chemin qui a manifesté ainsi sa présence, l'être humain ne court normalement plus aucun risque en laissant simplement tranquille ce serpent qu'il sait dangereux. À un mètre de distance il n'y a aucun danger dans ce cas de figure. Les vachers indiens peuvent donc passer leur vie à marcher sur les parcours pastoraux sans jamais se faire mordre malgré leur rencontre parfois quotidienne avec ce cobra, grâce à ce signalement de la part du serpent, ils craignent bien plus dans ce contexte les vipéridés (Daboia russelii et Echis carinatus) qui sont beaucoup plus difficiles à détecter pour l'homme. Ce serpent ne cherche jamais à attaquer, il cherche à fuir, à s'écarter du danger, ou à se cacher dès qu'il le peut. Les morsures sur l'homme surviennent essentiellement lorsque que les protagonistes sont entrés en contact par accident et que le serpent n'a pas eu la possibilité d'avertir de sa présence.

Malgré tout son arsenal d'avertissement, efficace pour éviter beaucoup de morsures, et sa faible agressivité relativement à d'autres serpents venimeux, le cobra indien est le serpent qui cause le plus de victimes humaines au monde, il est donc pour cette raison considéré comme le serpents venimeux le plus dangereux de la planète. Il est en tête du « Big four », les quatre espèces de serpents qui font le plus de victimes en Asie (avec Bungarus caeruleus, Daboia russelii et Echis carinatus). Mais cette première place s'explique avant tout par la réunion de plusieurs facteurs statistiques importants. Il existe de très nombreux serpents aussi venimeux voire bien plus dangereux dans le monde, mais le cobra indien a la particularité d'être l'un des serpents les plus fréquents dans son aire de répartition, et cette aire de répartition (le sous-continent indien) est aussi l'une des plus densément peuplée et cultivée par l'homme au monde, les rencontres fortuites entre l'homme et ce serpent sont donc beaucoup plus nombreuses qu'avec les autres espèces de serpents venimeux. Il faut ajouter à cela que le cobra indien a des mœurs et des biotopes en partie très anthropophiles, il s'est bien adapté aux milieux modifiés par l'homme tels que les champs, les pâturages, mais aussi et surtout les villages, les fermes avec leurs décombres, et même souvent les jardins à la périphérie des villes, où il consomme les nombreux rongeurs qui y pullulent. L'homme rencontre donc beaucoup plus fréquemment cette espèce de serpent venimeux que n'importe quelle autre présente dans le sous-continent indien. Enfin dans le sous-continent indien, l'essentiel de la population est encore rurale, n'a pas pour habitude de porter des chaussures et des pantalons qui limiterait le risque de morsure, et travaille continuellement dans les champs et les fermes, donc là où vit ce serpent, et le déloge très fréquemment de ses cachettes sans l'avoir vu (objets divers amassés sur le sol dans lesquels ou en dessous desquels il aime se lover, bâtiments ruraux, bois exploité dans les campagnes, conduits divers, chantiers, etc). Ce sont tous ces facteurs combinés qui concourent à démultiplier le nombre d'accidents. A cela il faut ajouter que ce cobra tient une place importante dans la culture indienne, il est tantôt considéré comme sacré ou porte-bonheur, tantôt comme objet de démonstration, ou même comme un simple jouet, et on voit fréquemment des groupes d'enfants s'amuser avec des cobras qu'ils ont capturé dans leurs cachettes, malgré la peur qu'ils inspirent, et une partie importante des accidents surviennent dans ces circonstances.

Le Cobra indien dans la culture[modifier | modifier le code]

Ce cobra est très utilisé par les charmeurs de serpent en Inde.

Dans la tradition bouddhique, le Naja est un animal bénéfique, qui, en se dressant derrière lui, protège le Bouddha contre les démons.

  1. Synonymes

Cette espèce compte de nombreux synonymes[1] :PAR MOUSSA SARKIS

  • Coluber naja Linnaeus, 1758
  • Naja brasiliensis Laurenti, 1768
  • Naja fasciata Laurenti, 1768
  • Naja lutescens Laurenti, 1768
  • Naja maculata Laurenti, 1768
  • Naja non-naja Laurenti, 1768
  • Coluber caecus Gmelin, 1788
  • Coluber rufus Gmelin, 1788
  • Naja tripudians Merrem, 1820
  • Naja nigra Gray, 1830
  • Naja naja gangetica Deraniyagala, 1945
  • Naja naja lutescens Deraniyagala, 1945
  • Naja naja madrasiensis Deraniyagala, 1945
  • Naja naja indusi Deraniyagala, 1960
  • Naja naja bombaya Deraniyagala, 1961
  • Naja naja karachiensis Deraniyagala, 1961
  • Naja naja ceylonicus Chatman & di Mari, 1974
  • Naja naja polyocellata Mehrtens, 1987

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Référence Reptarium Reptile Database : Naja naja  (en)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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