Clotilde Bizolon

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Clotilde Bizolon
Bizolon004.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 69 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Clotilde ThévenetVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
La mère Bizolon
La maman des poilusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Distinction

Clotilde Bizolon, dite la mère Bizolon ou la maman des poilus, née Clotilde Thévenet le à Coligny, dans l'Ain, et morte le à Lyon des suites d'une agression survenue le 29 février[1], est une personnalité lyonnaise qui consacra une partie de sa vie au soutien des soldats de la Première Guerre mondiale[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après le décès de son mari, puis de son fils Georges (1892-1915), au début de la Première Guerre mondiale, elle se retrouve seule[3]. Avec l'aide d'amis et de voisins, elle crée près de la gare de Perrache, à Lyon, une buvette de plein air (« un pied humide », comme on dit à Lyon[4]), lieu dédié à la détente et au réconfort des poilus passant par cette gare. Elle leur sert du café, du vin et leurs prodigue encouragement et réconfort.

Elle commence à recueillir des dons divers, reçoit l'aide d'un riche Américain, M. Hoff. Les soldats la baptisèrent la mère Bizolon. La buvette est d'abord faite de bric et de broc et, après de multiples sollicitations — et l'appui d'Édouard Herriot, maire de Lyon —, une nouvelle buvette faite de matériaux plus nobles est édifiée.

Clotilde devient alors de plus en plus populaire, et est nommée par les Lyonnais « la maman des poilus »[5] et par les soldats « La Madelon » qu'ils lui chantaient régulièrement pour la remercier de sa générosité.

Après la fin du conflit, elle transforme l'ancienne boutique de cordonnier de son mari en un modeste « bouchon lyonnais » et participe à de nombreuses œuvres de bienfaisance. Par sa modestie et sa notoriété, décorée de la légion d'honneur, elle devient la plus célèbre « patronne des bouchons lyonnais ».

La buvette rouvrit lors de la Seconde Guerre mondiale en 1939.

Il semblerait qu’elle ait été victime d’un crime crapuleux le . Elle meurt le et de nombreux lyonnais vinrent assister à ses funérailles, à Saint-Martin d’Ainay[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 29 février 1940, un livreur intrigué par des gémissements la retrouve ensanglantée[1]. Manifestement agressée à son domicile par un inconnu[1]. Elle décède le 3 mars à l'Hôtel-Dieu de Lyon.

Parallèlement Stanislas Bendich, unijambiste, est arrêté dans la même période pour un autre motif[1]. Il décède lui-même au cours de sa détention, début mars 1940, des suites probables d'un suicide par empoisonnement[1]. Il est alors considéré par l'autorité judiciaire comme le très probable coupable du meurtre de Clotilde Bizolon, sans qu'aucun témoignage ne puisse étayer cette suspicion[1]. Toutefois, cette hypothèse est remise en cause par le témoignage tardif[7] : celui d'un Lyonnais, tout jeune homme au moment des faits qui, en compagnie de la concierge de l'immeuble aurait vu « débouler un soldat plutôt grand sortir de la porte borgne, juste derrière chez Clotilde ». La désorganisation de la police en pleine « débâcle » à ce moment n'aurait pas permis d'entendre son témoignage.

L'enterrement de la maman des poilus, pris en charge par la ville de Lyon, rassembla de nombreux Lyonnais et se déroula en présence du cardinal Gerlier.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a b c d e et f Nicolas Le Breton, Grands criminels lyonnais, Ouest-France, , 281 p. (ISBN 978-2-73736068-8), p. 65-75.
  2. « Clotilde Bizolon », sur fdaf.org.
  3. a et b Jean Butin (historien), « Clotilde Bizolon la maman des poilus », Centre presqu'ile Lyon,‎ 2002/2003, p. 72-74 (ISSN 0339-6614)
  4. Jean-Pierre Gutton et Jean-Charles Bonnet, Les Lyonnais dans l'histoire, Éditions Privat, coll. « Les hommes dans l'histoire », 1985, 405 p. (ISBN 978-2708994027).
  5. « Clotilde Bizolon, “la maman des poilus” », sur leprogres.fr, Le Progrès, .
  6. « Où sont les femmes ? » CLOTHILDE BIZOLON (1871-1940), « la maman des poilus », sur numelyo, (consulté le 20 septembre 2018)
  7. Christophe Gallet, « Un témoin dédouane l’unijambiste accusé du crime de la maman des poilus », sur leprogres.fr, Le Progrès, .
  8. Bruno Thévenon, « Clotilde Bizolon, la “mère des poilus” », sur leprogres.fr, Le Progrès, .
  9. Rue Clotilde-Bizolon sur le site web Rues de Lyon.