Clostridium

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le genre Clostridium est un genre bactérien regroupant des bacilles gram positifs strictement anaérobies et sporulés, assurant généralement leur mobilité par des flagelles péritriches. Il inclut des pathogènes humains comme ceux causant le botulisme ou le tétanos.

On a longtemps inclus dans dans ce genre la bactérie Clostridium difficile aujourd'hui renommée Clostridioides difficile après analyse de son ARN ribosomique 16S[1].

Les cellules reproductives, dites forme végétative, ont la forme d'un bacille d'où leur nom, du grec κλωστήρ 'fuseau'. Leurs endospores ont une forme de quille ou de bouteille, ce qui les distingue des autres endospores bactériennes, généralement de forme ovoïde. Les différentes espèces de Clostridium vivent dans les sols ou le tube digestif des animaux, humains inclus[2]. Elles contribuent aussi à la flore vaginale normale[3].

Phylogénie : Clostridium appartient à la famille des Clostridiaceae, Ordre des Clostridiales, Classe des Clostridia, Phyllum des Firmicutes.

Biotypie[modifier | modifier le code]

  • Etude macroscopique :

Colonie Grandes colonies (sauf C. difficile qui forme de petites colonies)
Odeur très intense
Caractère hémolytique : double hémolyse β (sauf C. difficile qui est non-hémolytique)

  • Etude microscopique

- Sur base de l'observation microscopique
mobilité : souvent
mode de groupement : (bacille isolé) à vérifier et compléter
Genre sporulant (spores sub-terminaux à terminaux déformants visibles par coloration négative ou par coloration positive : vert malachite 5%)

- test d'orientation :
GRAM + (et par conséquent GASSNER moins et donc LACTOSE moins)
Bacille
Régulier
Epais
Test Catalase : Cat. négatif (Anaérobie)
Test Oxydase : Oxy. négatif
Test O/F O/F = NA (Tube O négatif (tube aérobie vert) Tube F positif pour les genres aérotolérants (tube anaérobie jaune))

À noter que le genre Clostridium est anaérobie strict aérotolérant seulement pour quelques espèces (tube F = Positif)

Le tube F étant mis en anaérobiose avec un bouchon de paraffine, il y a toujours un peu d'O2 qui parvient à diffuser jusque dans le bouillon de culture. Par conséquent, seules les souches Aérotolérantes auront un tube F positif.

- Test complémentaires :
-Bouillon thioglycolate (vérifier si croissance dans la zone anaérobie du bouillon)

- Choix de la galerie biochimique :
Galeries API 20 A© de chez Biomérieux® pour l'identification des bactéries anaérobies.

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Le genre Clostridium comporte de nombreuses espèces dont certaines hautement pathogènes pour l'homme.

Les plus « célèbres » espèces :

D'autres espèces comme C. acetobutylicum ou C. butyricum, sans danger pour l'homme, sont utilisées pour des fermentations dans l'industrie.

Beaucoup d'espèces sont présentes dans le sol qui est leur habitat naturel (Clostridium sporogenes, Clostridium butyricum...).

Les quelque 150 espèces de bacilles sporulés anaérobies appartenant au genre Clostridium sont des germes saprophytes telluriques intervenant dans la putréfaction des déchets organiques (protéolyse et saccharolyse). Ils peuvent aussi se trouver en commensaux de la flore intestinale, surtout chez les herbivores mais également chez l'homme. C'est notamment le cas de la flore iodophile des diarrhées de fermentation résultant de la pullulation d'espèces saccharolytiques par l'arrivée dans le colon de glucides non résorbés.

Ils sont presque tous mobiles ; leurs spores, plus larges que le corps bacillaire sont généralement subterminales ou terminales. Ils ne possèdent ni cytochrome, ni peroxydase, ni catalase.

Toxicité[modifier | modifier le code]

Quelques espèces sont toxigènes et peuvent causer des maladies non contagieuses résultant de l'introduction accidentelle dans l'organisme du germe et de sa toxine. Les 4 principales de ces maladies sont le botulisme, le tétanos, la gangrène gazeuse et l'entérotoxémie.

Les acides gras sont convertis par des levures en polymères à longue chaîne de type acide dicarboxylique puis en 1,3-propanediol via l'utilisation de la bactérie Clostridium diolis.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lawson, P. A. et al.,Reclassification of Clostridium difficile as Clostridioides difficile (Hall and O’Toole 1935) Prévot 1938 DOI:10.1016/j.anaerobe.2016.06.008
  2. Anne Maczulak, Encyclopedia of Microbiology, Facts on File, , 168–173 p. (ISBN 978-0-8160-7364-1)
  3. Barbara Hoffman, Williams gynecology, New York, McGraw-Hill Medical, (ISBN 978-0071716727), p. 65