Clavier d'ordinateur

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Clavier d’ordinateur
Description de cette image, également commentée ci-après

Clavier intégré sur un ordinateur portable.

Caractéristiques
Date d'invention Années 1960
Se connecte via PS/2, USB, DIN, ADB

Un clavier d’ordinateur est une interface homme-machine munie de touches permettant à l'utilisateur d'entrer dans l'ordinateur une séquence de données, notamment textuelle.

Les touches sont généralement des boutons en plastiques reliés chacune à un interrupteur électronique. D'un point de vue électronique, elles sont similaires aux boutons d’une souris, d’une télécommande ou d’une manette de console de jeu, mais d'un point de vue pratique, elles ont des qualités propres à leur fonction : un symbole, une lettre, un chiffre, un mot ou une image sont habituellement imprimées ou gravées sur la touche, afin de permettre à l'utilisateur de saisir les caractères, pour écrire du texte ou pour exécuter une fonction particulière.

Certains claviers sont virtuels ou tactiles.

De plus, afin d'assurer une certaine familiarité, plusieurs normes visent à standardiser les dispositifs claviers[1]. Un clavier est parfois accompagné de pédales, de la même manière que peut l’être le clavier d’un instrument de musique.

La technique permettant d’apprendre à utiliser un clavier en utilisant tous ses doigts se dénomme dactylographie.

Historique[modifier | modifier le code]

Ancien clavier japonais.
Ancien clavier japonais.
Clavier solidaire de l'Amiga 600.
Clavier solidaire de l'Amiga 600.
Clavier ajustable Apple de type M1242.
Clavier ajustable Apple de type M1242 : 69 touches sur le clavier principal et 43 sur le pavé numérique séparé.
Clavier pliable.
Clavier pliable.

Au début des années 1960, les premiers claviers informatiques apparaissent, en même temps que les premiers systèmes d'exploitation utilisés en ligne de commande. Pour ne pas dérouter les utilisateurs, ils se sont inspirés des claviers des téléscripteurs et des machines à écrire, qui se répartissaient en quatre classes :

  • terminaux à boules (la frappe au clavier fait tourner une boule portant les différents caractères qui s'impriment), avec ou sans mise en tampon d’une ligne de texte avant envoi (exemple: IBM 2741) ;
  • appareils de type télétype, avec ou sans lecteur-perforateur de ruban (exemple : ASR33, KSR33), très robustes, mais beaucoup plus bruyants, et lents (typiquement, 500ms entre la frappe d'une touche et l'impression du caractère en mode local, parfois le triple en mode échoplex) ;
  • écrans associés à un tampon mémoire ;
  • claviers couplés à des écrans « plein écran » (full-screen) à zones programmables (exemple: série IBM 327x)[pas clair].

Vers la fin des années 1970, les claviers furent personnalisés en fonction des pays, par les grands constructeurs ou des entreprises locales (il n’en coûtait que le brûlage d’une ROM et la sérigraphie de quelques touches).

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, le clavier est intégré au boîtier de l'ordinateur personnel qui contient l'unité centrale, chaque fabricant élaborant sa propre disposition des touches.

En 1981, l'IBM PC d'IBM reprend le clavier pré-existant de 83 touches, le Modèle F d'excellente qualité mécanique, mais dont la disposition des touches s'avère peu pratique[2]. Trois ans plus tard, pour le PC AT, lui succède le Modèle F à 84 touches avec une disposition plus proche du standard actuel. Le clavier modèle M ("Enhanced") à 101-106 touches suivra en 1985-1986[3].

IBM Model F XT (83 touches)
IBM Model F AT (84 touches)
IBM Model M (101 touches)

La configuration de la plupart des claviers informatiques et bureautiques européens 105 touches est régie par la norme ISO 9995. Cette norme est initiée en 1984 par l’Association française de normalisation (AFNOR) sous la direction de Bernard Vaucelle, à la demande d’Alain Souloumiac[4]. La démarche est menée à son terme au sein de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) sous la direction d’Yves Neuville[5] qui propose une répartition des touches, comprenant le bloc alphabétique et des zones de blocs logiques : diacritique, lettres accentuées, ponctuation, numérique, arithmétique et informatique.

L'étude menée grâce au financement du Ministère de l'Industrie français et l'Agence nationale d'amélioration des conditions de travail permis une amélioration sensible des claviers bureautiques et informatiques. Les préconisations du rapport d'Yves Neuville[5] furent adoptées lors d'une réunion de l'ISO à Berlin et furent immédiatement reprises par tous les constructeurs de compatibles PC.

De nombreuses variantes de clavier existent :

L’industrie utilise des modèles très variés sur les machines-outils assistées par ordinateur : ce sont généralement de grands pavés de touches disposées en matrice et programmées pour des tâches spécifiques.

Principes de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Membrane d'un clavier moderne à membrane.
Membrane d'un clavier moderne, avec une touche et son plot de contact en plastique déformable servant aussi de ressort de rappel (en vert).

D'une façon simplifiée, l'appui sur une touche génère un code, appelé scan code, qui est envoyé à − ou récupéré par − l'ordinateur ; le système d'exploitation associe ce code à un caractère (ou une action), qui est par exemple affiché à l'écran si l'utilisateur utilise un traitement de texte. La gestion logicielle du clavier et de ses touches est spécifique à chaque système d’exploitation.

La partie électronique des claviers comprend en général un microcontrôleur, qui envoie les scan codes, qui filtre les éventuels rebonds, et qui contrôle l'allumage ou l'extinction des voyants du clavier.

Types de claviers[modifier | modifier le code]

Sinclair 48K ZX Spectrum.
Sinclair 48K ZX Spectrum, clavier chiclet aux touches caoutchouc.
Clavier à projection.
Clavier à projection.

La typologie des claviers correspond à diverses caractéristiques portant sur la technologie de détection de la frappe, la disposition des touches, leur géométrie, les caractéristiques visuelles et tactiles…

  • Technologies de frappe. La détection de l'appui sur une touche peut être :
    • à membrane : un clavier à membrane, ou clavier souple, est constitué de multiples couches de polyester imprimé, qui constituent le décor et les différents circuits : l'appui sur une touche va déformer une première membrane qui va entrer en contact avec une membrane située en dessous ; la connexion électrique permet, finalement, d'obtenir le caractère désiré ;
    • à interrupteur mécanique : la première technologie de clavier mécanique est connue sous le nom buckling spring : le doigt appuie sur une touche (autour de 30 à 40 g) qui comprime un ressort jusqu'à un point critique où celui-ci sort brutalement de son axe ; ce comportement, où le ressort plie au lieu de continuer à se comprimer, est appelé « flambage » (anglais : buckling) et n'a rien d'aléatoire[6] ; un interrupteur est actionné après dégagement latéral du ressort, ce qui permet d'envoyer un signal électrique et, finalement, d'afficher le caractère désiré. IBM a popularisé cette technologie avec ses modèles F des années 1980, puis avec ses modèles M[7], plus connus. La technologie buckling spring est actuellement propriété de la société Unicomp (Kentucky).
      • à course « linéaire » quand une touche semble ne rencontrer aucun obstacle lors de la frappe ;
      • à course « sensitive » quand une légère halte et un clic audible marquent la transition entre l'appui qui ne fait rien et l'appui qui provoque l'activation.
    • à détection optique (meilleur longévité par absence de pièces mécaniques, réduction ou limitation de certains bruits électromagnétiques permettant de « lire » les touches utilisées à distance, surtout si couplé à une transmission optique) ;
    • à détection « logique », pour les claviers virtuels : claviers virtuels pour écrans tactiles, claviers projetés…
  • Disposition des touches (voir section dédiée). La disposition des caractères, leur agencement spatial offrent différentes fonctionnalités :
    • touches séparées les unes des autres pour éviter des frappes multiples (clavier « chiclet ») ;
    • disposition matricielle (alignement en lignes et colonnes)[8] ;
    • disposition optimisée pour une langue (AZERTY, QWERTY, QWERTZ, Dvorak, BÉPO…) ;
    • disposition ergonomique ou accessible.
  • Géométrie et matière des touches :
    • touches souples ou gommées ;
    • touches dures ;
    • touches plates, sphériques, ovoïdes…
  • Aide visuelle sur les touches :
    • caractères imprimés, gravés sur les touches ;
    • rétro-éclairage du clavier améliorant l'utilisation en environnements sombres ;
    • LED d'activation permettant de connaître l'état de certaines touches de fonction (Caps-Lock, Num-Lock…) ;
    • touches pouvant s'allumer de plusieurs couleurs en fonction de leur état ou de leur pertinence (jeux…) ;
    • touches LCD permettant d'afficher explicitement leur fonction courante.
  • Présence de touches de « fonction » améliorant l'ergonomie (réduction de la nécessité de basculer du clavier vers un autre mode d'interaction) :
    • touches « multimédia » permettant de contrôler le son, les pistes sonores ou vidéo ;
    • touches « bureautique » permettant de lancer diverses applications usuelles ;
    • touches spécifiques (scroll, zoom…) ;
    • touche « souris » permettant de déplacer le curseur sans repasser par la souris.

La connectique est aussi un élément caractéristique des claviers, puisque ceux-ci doivent pouvoir communiquer avec le système qui les utilise. Voir section « Connectique ».

Disposition des touches[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Les claviers se caractérisent par leurs particularités techniques (touches muettes) et surtout nationales (caractères spécifiques, disposition…). Il existe de nombreuses dispositions des touches (AZERTY, QWERTY, QWERTZ, Dvorak, BÉPOetc.), chacune pouvant avoir des variantes. Ainsi, l’azerty français n’est pas le même que l’azerty belge, et le qwertz allemand n’est pas le même que le qwertz suisse.

On appelle key rollover (KRO) le nombre de touches sur lesquelles l'utilisateur peut appuyer successivement, sans les relâcher, avant de bloquer le clavier ; un clavier sera dit NKRO s'il ne se bloque pas. Ces claviers, dits anti-ghosting, sont très prisés des joueurs, mais peuvent se révéler catastrophiques en usage bureautique, l'appui inopiné de deux touches entraînant la prise en compte des deux tour à tour, ce qui peut facilement faire perdre un travail en cours[réf. nécessaire].

La surface des touches est soit plate, soit cylindrique (s'adapte aux extrémités des doigts), soit ronde (principalement sur les anciens claviers) ; les caractères sur les touches sont soit imprimés, soit gravés. La pression sur une touche s'exprime en centinewton (cN) ; un centinewton équivalant environ au poids d’un objet ayant une masse d’un gramme, la pression nécessaire pour enfoncer une touche est aussi notée en grammes.

Deux caractéristiques importantes, mais rarement indiquées, des claviers sont la distance entre le bord gauche de la touche Q et le bord droit de la touche M (sur un clavier AZERTY) et le haut de la rangée numérique et le bas de la dernière rangée alphabétique. Quand on est amené à travailler sur plusieurs machines, si les claviers de celles-ci ne sont pas de caractéristiques similaires pour ces deux mesures, les fautes de frappe se multiplient[réf. nécessaire].

Claviers des compatibles PC[modifier | modifier le code]

Clavier XT (IBM 5150).
Clavier XT (IBM 5150).
Clavier AT.
Clavier AT.
Comparaison de deux normes différentes : européenne et américaine.

Les claviers pour compatibles PC sont les plus répandus. Les types successifs de claviers pour ces ordinateurs ont été :

  • le clavier XT à 83 touches (clavier de l'IBM Personal Computer XT = PC avec processeur Intel 8088) ; disparaît en 1987, incompatible avec les PC AT ;
  • le clavier AT standard à 84 touches (clavier de l'IBM Personal Computer AT = PC avec processeur Intel 80286) : 10 touches F1 à F10 à gauche + 56 touches au centre + 18 touches de pavé numérique à droite.
  • le clavier AT étendu, de 101 à 106 touches (les touches F1 à F12 passent en haut du clavier, et un pavé de flèches et un pavé de fonctions sont ajoutés à droite du pavé qwerty ou azerty, à gauche du pavé numérique) ; ainsi :
    • clavier américain → 101 touches,
    • claviers européens → 102 touches (ajout d'une touche à droite de la touche Maj gauche),
    • clavier coréen → 103 touches (ajout de deux touches autour de la barre d'espace),
    • clavier japonais → 106 touches (ajout d'une touche sous la touche Tab, d'une touche à droite de la touche Maj gauche, d'une touche à gauche et de deux touches à droite de la barre d'espace),
    • etc.
  • avec l'apparition de Windows 95, trois touches spécifiques sont ajoutées à la ligne de la barre d'espacement aux différents claviers AT étendus (qui comptent désormais de 104 à 109 touches) : deux touches Windows, équivalant à un clic sur le bouton Démarrer de Windows, et une touche Menu. IBM résiste plusieurs années au mouvement, y compris sur sa série Thinkpad, au motif qu'elle juge les réductions entraînées sur les largeurs des touches Majuscule, Alt et même barre d'espace contre-productives, et que Windows 95 s'utilise très bien par combinaison des touches existantes.

Aujourd'hui, la disposition du clavier reste celle du clavier AT défini en 1983 ; les changements sont surtout des blocs de touches mieux espacés, des commandes de flèches en T inversé[pas clair], et les trois voyants Verrouillage numérique, Verrouillage majuscules et Arrêt de défilement, ainsi que l'ajout fréquent de touches de fonctions dédiées (contrôle de volume, raccourcis d'applications…).

Touches les plus communes[modifier | modifier le code]

Touche d'insertion et de défilement.
Touche d'insertion et de défilement.
Partie gauche d'un clavier.
Partie gauche d'un clavier : tabulation, verrouillage des majuscules, majuscule, Ctrl, Windows, Alt.
Touches Ctrl, option (ou Alt) et commande (ou pomme) sur le clavier d'un Macintosh.
Touches Ctrl, option (ou Alt) et commande (ou pomme) sur le clavier d'un Macintosh.

Idéalement, l'utilisateur doit pouvoir écrire tous les caractères utilisés dans sa langue, que ce soit en appuyant sur une seule touche ou par combinaison de plusieurs touches ; cette commodité n'est pas forcément des plus faciles. En général, les touches les plus représentées sont :

  1. Touches de saisie de texte
    • A, B, C, Б, Γ, etc. → Lettres courantes sans diacritique des différents alphabets (latin, cyrillique, grec, etc.)
    • é, à, ç, ą, ß, etc. → Lettres avec diacritiques (accents, cédille, ogonek, etc.), caractères spécifiques d'un alphabet (ex. : eszett) (disposition variable en fonctions des langues)
    • :, !, §, , etc. → Ponctuation, caractères spéciaux, symboles (disposition variable en fonctions des langues)
    • 1, 2, 3, etc. → Chiffres
    • +, -, *, / → Opérateurs mathématiques
    • Entrée ou Enter ou Touche entrée
    • Insert ou Inser ou InsTouche insertion
    • Suppr. ou Delete ou Del.Touche supprimer
    • Tab ou Touche tabulation
    • Retour arrière, Effacement
    • Espace ou Space bar ou Blanc → Barre d'espace, Barre d'espacement
    • / → Slash, Barre oblique
    • \Backslash, Barre oblique inversée, Contre-oblique
    • - → Trait d'union, Tiret du 6, signe moins
    • _Tiret bas, Tiret du 8, Underscore, Souligné
    • | → Pipe, Vertical Bar, Barre verticale
    • ( ) → Parenthèse ouvrante/fermante
    • [ ] → Crochet ouvrant/fermant
    • { } → Accolade ouvrante/fermante
  2. Touches mortes → modifient la prochaine touche enfoncée (par exemple, sur un clavier azerty français ou belge, l'appui sur ^ suivi d'une voyelle, correspond à la voyelle accentuée circonflexe)
    • ^, ¨, `, ~, etc. → Accents divers (suivant pays du clavier)
    • Compose ou Touche compose (DEC, SUN/Unix)
  3. Touches de combinaison
    • Alt (Option ou des Macintosh) → Touche alternative (appelée touche option par les utilisateurs Macintosh)
    • Alt GrTouche Alternate Graphic(s), remplace la combinaison CTRL+ALT et permet l'accès au troisième signe (en bas à droite) sur une touche
    • ◆ METATouche méta du clavier clavier Knight (en), présente à gauche et à droite à côté des touches Contrôle, équivalentes aux touches Alt et Alt Gr
    • Contrôle ou Ctrl → Deux touches Contrôle présentes à gauche LCtrl et à droite RCtrl
    • Maj ou Shift ou Touche majuscule à gauche LShift et à droite RShift, permet l'accès au deuxième signe (en haut) d'une touche ou la majuscule d'une lettre
    • HYPERTouche hyper du clavier clavier space-cadet (en)
    • SUPERTouche super du clavier clavier space-cadet (en), équivalente à la touche Logo
    • LogoTouche logo
      • sur Windows ⊞ Win Menu démarrer (ou autre fonction si combinée avec une autre touche)
      • sur Apple Touche commande
    • FnTouche fonction, permet l'accès à une fonction ou signe indiqué sur une autre touche, généralement de la même couleur (ne pas confondre avec les touches F1, F2, etc.)
  4. Touches directionnelles et de défilement
  5. Touches de verrouillage
  6. Touches système
    • F1, F2… jusqu'à F12touches de fonction (reprises des claviers de mainframes, où elles occupaient la place du pavé numérique, en 4 lignes de 3).
    • Attn ou Pause ou BreakTouche pause pour stopper l'affichage et touche break (accès par combinaison Ctrl+Pause) pour stopper un programme
    • Echap. ou EscTouche échappement
    • Impr. écran ou Print Scrn ou ImpEcrImpression d'écran
    • Système ou SysReq ou SysRqRequête système, accès par combinaison Ctrl+Impr. écran
    • LogoTouche logo utilisée soit seule, soit en combinaison
    • ≣ Menu ou AppsKey → Menu contextuel (équivalent du clic droit de la souris)

Spécificités par constructeurs[modifier | modifier le code]

Touches d'un clavier multimédia.
Touches d'un clavier multimédia.

Certains constructeurs ont personnalisé leurs claviers de façon plus ou moins forte, avec des modèles dépassant parfois 120 touches, permettant la gestion directe de l’alimentation (I/O, mettre en veille, réveiller), du lecteur multimédia utilisé (volume, mode muet, lecture ou pause, microphone on ou off), des raccourcis (navigateur Web, courriel, chat, recherche, calculatrice, etc.), des commandes définies par l'utilisateur, du contrôle d'affichage (zoom, luminosité), etc.

Clavier Apple sans fil.
Clavier Apple sans fil.
Diodes lumineuses intégrées aux touches.
Diodes lumineuses intégrées aux touches.

Les marques les plus connues ont aussi ajouté des éléments spécifiques.

  • Les claviers Apple disposent de deux touches « Commande » (anciennement « Pomme » ; équivalent de la touche méta des PC) de part et d’autre de la barre d'espace, et d'une touche option (équivalent de la touche Alt), située entre la touche Ctrl et la touche commande ; la touche Ctrl, absente sur les premières générations de claviers, sert peu à la frappe ; sous Mac OS 8 et 9, elle faisait apparaître un menu contextuel (les souris Apple n'ayant à l'époque qu'un seul bouton). L'utilisateur peut saisir tous les diacritiques utilisés en français et ses ligatures : des touches mortes, pour tous les accents (accent circonflexe, tréma, accent grave à droite du « ù », accent aigu obtenu par la combinaison « Alt + Maj + & »), permettent d'accentuer toutes les voyelles en majuscules ; les combinaisons « Alt + a », « Alt + o » et « Alt + ç » donnent respectivement æ, œ et Ç.
  • Compaq et Apple ont fabriqué des claviers dont les voyants Verrouillage numérique, Verrouillage majuscules et Arrêt de défilement se trouvaient insérés dans les touches (plutôt qu'affichés à part, ou pas affichés du tout).
  • Microsoft a ajouté deux touches Windows, qui ouvrent le menu démarrer et s'utilisent pour des raccourcis claviers, et une touche Menu, équivalant au clic sur le bouton droit de la souris ; les ordinateurs IBM Thinkpad n’avaient pas, jusqu’en 2006 et leur série 60, de touche Windows ; ainsi, il n’existe pas réellement de clavier Windows, même si plusieurs claviers de PC disposent de une à trois touches Windows.
  • Sun a entre autres disposé un bloc de 10 touches sur la gauche, dont l'une sert à copier la sélection et une autre à coller (mécanisme de copier-coller) ; une touche Compose permet d’entrer des caractères spéciaux, notamment les caractères accentués de l’alphabet latin, en utilisant des combinaisons telles que « Compose + o », puis « e » pour obtenir œ, ou « Compose + e » puis apostrophe pour é (ce système, très répandu sur les machines tournant sous Unix telles que les stations Sun, peut également être mis en œuvre sous Linux[9]).

Les claviers de type IBM se distinguent de ceux de type Unix par la séparation des touches qui affichent des caractères (lettres, accents, chiffre, etc.) et des touches de fonction, servant à effectuer des opérations spécifiques ; au départ banalisées (de F1 à F12), les touches de fonction se complétèrent progressivement de 13 touches débanalisées (trois touches système, un bloc « Insertion, Suppression, Origine, Fin, Page précédente, Page suivante », et un bloc de quatre flèches).

Spécificités par système d'exploitation[modifier | modifier le code]

Les systèmes d'exploitation ne permettent pas toujours de saisir correctement tous les caractères ; par exemple, pour certaines dispositions de clavier sous Windows, il n’existe pas de façon directe de faire un « É ». C’est le cas de la disposition azerty française, tandis que l’azerty belge, le clavier canadien multilingue standard ou le bépo le permettent. Il est en outre généralement difficile d'écrire directement les guillemets français (« et »), l'apostrophe typographique (’), le e dans l’o « œ » ainsi que les tirets cadratins « — » avec les dispositions de clavier les plus courantes.

Le comportement du clavier peut être modifié après création et installation de nouveaux pilotes de clavier, notamment sous Windows, mais à condition de disposer de droits d'administrateur[10],[11]. Toutefois, des versions portables existent sans droits d'administrateur[12].

Connectique[modifier | modifier le code]

Connecteur DIN
Connecteur DIN.
Connecteur USB.
Connecteur USB.
Convertisseurs USB → PS/2 pour clavier (bleu-violet) et souris (vert)..
Convertisseurs USB → PS/2 pour clavier et souris.

Les claviers d'ordinateurs peuvent soit être intégrés à l'ordinateur, soit utiliser différents types de connectique pour être raccordés à la machine :

  • ADB : pour les ordinateurs Mac, jusqu'à la fin des années 1990 ;
  • DIN : 5 broches de raccordement + blindage rond, que l’on pouvait rencontrer sur les claviers des premiers PC (PC/G, PC/XT et PC/AT) et qui a complètement disparu ;
  • PS/2 : 6 broches de raccordement + blindage rond ; apparu en 1987, il a remplacé le connecteur DIN dans les années 1990 ; seule la connectivité physique étant modifiée (assurant la compatibilité électrique), des adaptateurs permettaient une interconnexion dans un sens ou dans l’autre ;
  • USB : rectangulaire à quatre broches + blindage ; omniprésent sur tous les ordinateurs depuis 1998, il a remplacé le connecteur PS/2 dans les années 2000 et permet d'ailleurs de relier à l'ordinateur la quasi-totalité des périphériques actuels. Étant tributaire du polling du contrôleur USB au lieu de fonctionner par interruptions, il est jugé parfois moins réactif que ses prédécesseurs. Par ailleurs les très anciens BIOS n'intègrent pas en ROM la complexe gestion de l'USB (assurée alors par l'OS) et ces claviers sont donc inaptes à intercepter ces anciens BIOS pour en changer les paramètres. Le problème ne se pose pas avec les UEFI.

En outre, différentes technologies sans fil se développent depuis 2004 : infrarouge IrDA (peu utilisé), Bluetooth, liaison radio propriétaire, USB sans fil… ; ces technologies utilisent un émetteur/récepteur de très faible portée (pour la confidentialité) et coût, qui peut être intégré dans ou connecté à l'ordinateur.

Ergonomie et accessibilité[modifier | modifier le code]

Le choix d'un clavier dépend des priorités de l'utilisateur : prix, esthétique, précision des touches, rapidité de la frappe, liberté de mouvement, faible pollution électromagnétique (qui les interdisent dans certains endroits, comme les avions), accessibilité pour personnes handicapées et ergonomie générale. Les formes et les technologies clavier sont donc très différentes : les claviers à membranes sont peu chers à fabriquer ; les claviers mécaniques sont réputés fiables, résistants et précis[13] ; les claviers sans fil améliorent la liberté de mouvement (mais le recyclage des piles nécessaires à l'alimentation en énergie provoque une pollution supplémentaire), etc.

Position recommandée devant son poste de travail.
Position recommandée devant son poste de travail.

Par contre, l'ergonomie, malgré de multiples travaux, n'a pas beaucoup évolué et les dispositions alternatives restent actuellement peu usitées, malgré la sensibilisation croissante concernant les pathologies pouvant être favorisées par un usage intensif (microtraumatismes, troubles musculosquelettiques, syndrome du canal carpien). Les conseils d'ergonomie générale portent d'abord sur la position au poste de travail :

  • la personne assise doit maintenir son dos droit devant l'ordinateur, la tête légèrement penchée vers l'écran (par exemple le haut de celui-ci étant à hauteur de l'œil). On ignore la raison de cette recommandation, personne ne faisant la même dans le cas de la lecture sur papier. Il est admis que le papier puisse se trouver sur le bureau, la lecture se faisant alors vers le bas ;
  • les coudes doivent être près du corps et les mains ne pas former d'angle trop marqué avec les bras (d'où les claviers en V) ;
  • le milieu de la barre d’espace doit être devant le visage, au milieu, et accessible par les pouces quelles que soient les positions des mains sur le clavier ;
  • les huit doigts utilisés doivent se placer, au repos, au centre du clavier, index posés sur les touches repères marquées d'un ergot (pour un clavier azerty : F et J)[14].
Clavier ergonomique.
Clavier courbé plus ergonomique.

Plusieurs études ont aussi abouti à des propositions différentes des touches, parfois sévèrement critiquées[15] ; pour diminuer la fatigue de la frappe et augmenter sa vitesse, elles prennent en compte la fréquence des lettres dans chaque langue et la physiologie de la main, proposant ainsi les variantes suivantes :

  • agencement des touches en trois dimensions (et non dans un plan)[16] ;
  • alignement des touches en colonnes, pour supprimer le décalage entre les rangées de touches typique de la majorité des claviers actuels[17], simple reflet de la nécessité du placement des barres sur les anciennes machines mécaniques. Ils sont dits « droits », alors que les touches ne sont alignées qu'en ligne, les lettres restant décalées en verticale) ;
  • orientation courbée des touches (en une espèce de V plus ou moins marqué, avec parfois séparation nette entre touches pour la main gauche et pour la main droite), afin de pouvoir orienter les bras de façon plus naturelle et moins collées au corps, comme le Natural Keyboard de Microsoft ;
  • changement de la disposition des touches comme avec la disposition Dvorak, la disposition Colemak, et pour le français : Marsan, Dvorak-fr, disposition bépo, etc.

Enfin, des assistances spécifiques ont été mises en œuvre pour aider les personnes handicapées à se servir d'un ordinateur :

  • optimisations pour la saisie avec une seule main ;
  • claviers à très peu de touches, fonctionnant par accords (pour le braille notamment) ;
  • réduction des rebonds par des filtres logiciels (la fonction « touche filtre » permet d'éviter la répétition d'une lettre en cas d'appui prolongé d'une touche) ;
  • développement de logiciels de saisie de texte par reconnaissance automatique de la parole, permettent de limiter l'usage du clavier.

Divers[modifier | modifier le code]

Le caractère « ⌨ » dans le jeu de caractères Unicode symbolise un clavier (U+2328).

Les claviers d'ordinateurs portables sont généralement munis d'un pavé tactile qui sert entre autres à activer le pointeur de la souris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. © Gouvernement du Québec, Standard sur le clavier québécois (SGQRI 001) - Foire aux questions, Secrétariat du conseil du trésor du Québec, (lire en ligne).
  2. https://deskthority.net/wiki/IBM_Model_F
  3. https://deskthority.net/wiki/IBM_Enhanced_Keyboard#History
  4. Rapport Perspectives de l’Informatique dans l’administration p. 72 - La Documentation française, 1983
  5. a et b Yves Neuville, Le clavier informatique et bureautique, Cedic-Nathan, 1985.
  6. Voir Les lois de comportement des ressorts sur wikibooks
  7. (en) Information page on the IBM model M keyboard, based on the design of mechanical typewriters
  8. (en) « The Matrix Architecture (straight vertical key columns) increases typing accuracy and decreases wrist distortion », sur Typematrix, (consulté le 3 août 2015)
  9. (en) Linux Compose Key Sequences
  10. MSKLC (Microsoft Keyboard Layout Creator)<(en) [The Microsoft Keyboard Layout Creator]
  11. (fr) Exemples de pilotes personnalisés
  12. http://pkl.sourceforge.net/ Portable Keyboard Layout
  13. (en) Visual guide expertly explains mechanical keyboard switches de Geek.com
  14. Guides et documents en ergonomie de bureau, sur l'espace des ressources humaines de l'Université Laval
  15. (fr) La fable du clavier, (ISSN 0751-7971) (Titre original : The fable of the keys)
  16. Claviers Kinesis contoured ou Maltron
  17. Claviers Typematrix, TrulyErgonomics ou Plum (n'est plus fabriqué).