Claudia Feh

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Claudia Feh
Naissance
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Domaines Éthologie, conservation
Diplôme Doctorat
Renommée pour Projet de réintroduction du cheval de Przewalski
Distinctions Rolex Awards for Enterprise (2004)

Claudia Feh, née en 1951, est une biologiste et éthologue suisse, spécialisée dans les comportements des chevaux. Elle est la fondatrice de l'association Takh, vouée à la conservation des chevaux de Przewalski, menacés de disparition dans les années 1970, et est à l'origine de leur réintroduction en Mongolie.

Parcours[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Passionnée par les chevaux, elle pratique l'équitation. Durant l'école secondaire, elle est encouragée par son professeur de biologie à réaliser un projet de recherche portant sur les zèbres du zoo de Zurich[1]. Elle est également marquée par les peintures pariétales de chevaux sauvages lors de sa visite des grottes de Lascaux[2]. Par la suite, elle passe également plusieurs années à observer le comportement de chevaux en Camargue[1].

Elle est diplômée d'une thèse de doctorat de l'université d'Aix-Marseille II[1].

Sauvegarde des chevaux de Przewalski[modifier | modifier le code]

En 1991, elle fonde l'association Takh (« cheval sauvage » en mongol), dédiée à la conservation des chevaux de Przewalski[2].

Au début des années 1990, elle constitue un groupe de onze chevaux de Przewalski, originaires de plusieurs zoos européens. Elle prend le risque de placer ces cinq étalons et six juments en liberté dans le sud de la France, dans un parc des Cévennes, choisi pour sa similarité avec leur milieu naturel, afin qu'ils se réhabituent à la vie sauvage, certains n'ayant jamais brouté d'herbe ni vécu en groupe social[3],[4],[5],[6]. Dans cet espace, les chevaux peuvent former des groupes sociaux librement, adopter une hiérarchie naturelle et de se reproduire naturellement[2],[5]. En 2004, le groupe comporte 55 chevaux, forme cinq groupes familiaux et deux groupes d'étalons, et atteint la troisième génération d'individus. Ceux-ci ont retrouvé un comportement normal, les chevaux étant moins agressifs et les étalons ne commettant plus d'infanticides, contrairement à pendant leur période de captivité[2],[6],[7].

Elle développe un projet de restauration dans la région mongole de Khomiin Tal, près du parc national des Lacs noirs. En septembre 2004, douze des cinquante-cinq chevaux du Villaret y sont réintroduits au sein d'une surface clôturée de 150 km2. Afin que la réintroduction soit un succès, Claudia Feh cherche à intégrer les populations locales au projet, les chevaux domestiques ne devant pas s'hybrider avec les chevaux de Przewalski ni leur transmettre de maladies[1],[2],[6]. Elle développe pour cela un système de microcrédit, afin que les populations nomades puissent diversifier leurs activités et diminuer leur dépendance vis-à-vis de l'élevage[6]. Elle participe également à une étude menée par des chercheurs du Centre for GeoGenetics, au sein du Muséum d’histoire naturelle du Danemark. Ces chercheurs ont analysé les génomes de chevaux de Przewalski vivants et les ont comparé aux restes, conservés dans des musées, de chevaux de la même espèce, par le passé, permettant d'améliorer les stratégies de reproduction[8].

Distinction[modifier | modifier le code]

Elle reçoit en 2004 le prix Rolex pour l'entreprise, pour son projet de sauvegarde des chevaux Przewalski[1],[5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) « Evolutionary Genomics and Conservation of the Endangered Przewalski’s Horse », Current Biology,‎ (DOI 10.1016/j.cub.2015.08.032, lire en ligne)
  • (en) Claudia Feh et B. Munkhtuya, « Male infanticide and paternity analyses in a socially natural herd of Przewalski's horses: Sexual selection? », Behavioural Processes, vol. 78,‎ , p. 335-339 (lire en ligne)
  • (en) C. Feh, B. Munkhtuya, S. Enkhbold et T. Sukhbaatar, « Ecology and social structure of the Gobi Khulan Equus hemionus subsp. in the Gobi B National Park, Mongolia », Biological Conservation, vol. 101,‎ , p. 51-61 (DOI 10.1016/S0006-3207(01)00051-9, lire en ligne)
  • (en) R. P. Reading, H. M. Mix, B. Lhagvasuren, C. Feh, D. P. Kane, S. Dulamtseren et S.Enkhbold, « Status and distribution of khulan (Equus hemionus) in Mongolia », Journal of The Zoological Society of London,‎ (DOI 10.1017/S0952836901000887, lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) Julie Scardina et Jeff Flocken, Wildlife Heroes: 40 Leading Conservationists and the Animals They Are Committed to Saving, Running Press, , 264 p. (ISBN 0762443197, lire en ligne)
  2. a b c d et e « Le cheval de bataille de Claudia Feh », sur L'Hebdo, (consulté le 26 juin 2017).
  3. Denis Delbecq, « Le cheval de Przewalski, sauvé par son propre génome ? », sur Le Temps, (consulté le 26 juin 2017).
  4. Patrick Bard, « Comme une île en plein ciel », sur Le Monde, (consulté le 26 juin 2017).
  5. a b et c (en) Gary Strauss, « A Wild Horse on the Comeback Trail », sur National Geographic, (consulté le 26 juin 2017).
  6. a b c et d « A la haute école de la liberté », sur Le Temps, (consulté le 26 juin 2017).
  7. A.-F. So, « Derniers chevaux sauvages », sur La dernière heure, (consulté le 26 juin 2017).
  8. Vahé Ter Minassian, « L’échappée belle du cheval de Przewalski », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]