Claude Vivier

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Claude Vivier
Naissance
Montréal, Drapeau : Québec Québec
Décès
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur

Claude Vivier, né à Montréal le , mort à Paris le , est un compositeur québécois. Il entreprend ses premières études de musique à 19 ans, et entre par la suite au Conservatoire de musique de Montréal. De 1967 à 1970, il étudie la composition avec Gilles Tremblay. Grâce à une bourse du Conseil des Arts du Canada, il part étudier la composition électroacoustique en Allemagne sous la tutelle de Stockhausen de 1970 à 1974. Il s’est par ailleurs initié à la musique des ensembles de gamelan au cours d’un séjour dans l’île de Bali en Indonésie. Il laisse une quarantaine d'œuvres, dont la plupart ont été enregistrées sur disque ou DVD.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Vivier naquit de parents inconnus et fut adopté à deux ans par une famille modeste. À l’âge de 13 ans, il commença à fréquenter des pensionnats dirigés par les Frères Maristes, une communauté vouée à la formation de jeunes garçons à la prêtrise. Il y étudia la musique, joua de l'orgue et écrivit ses premières mélodies.

Son amour de la poésie et de la musique moderne éclipsèrent bientôt la vocation religieuse. Lorsqu’on lui indiqua de quitter le noviciat à l’âge de dix-huit ans pour « manque de maturité », il s’inscrivit en 1965 au Conservatoire de musique de Montréal où il étudia la composition avec Gilles Tremblay et le piano avec Irving Heller jusqu'en 1970.

En 1971 il entreprit des études en Europe, d’abord à « l’Institut de Sonologie » d’Utrecht, puis à Cologne sous Karlheinz Stockhausen. Vivier apprit beaucoup de ce dernier, bien que ses œuvres subséquentes n’en portent pas la marque.

Il revint à Montréal en 1974 où il commençait à être reconnu. Des pièces comme Lettura di Dante furent créées avec un certain succès lors des concerts de la SMCQ[1]. À l’automne de 1976, il entreprit un long voyage en Extrême-Orient, principalement au Japon et à Bali.

Son opéra Kopernikus, dont il est l’auteur du livret, fut créé le 8 mai 1980 au Monument National de Montréal. À cette époque, son style change, sous l’influence de la « musique spectrale», née en France, principalement développée par les compositeurs Gérard Grisey et Tristan Murail. Sa première pièce dans ce style musical, Lonely Child, écrite en 1980 pour soprano et orchestre, est devenue l’une de ses plus connues. Celle-ci, de même que des pièces telles Prologue pour un Marco Polo et Wo bist du Licht!, est conçue pour faire partie d’une œuvre, restée inachevée, un « opéra fleuve », intitulé Rêves d’un Marco Polo.

En juin 1982, grâce à une bourse du Conseil des Arts du Canada, Vivier rejoint Paris, où il entreprit l’écriture d’un opéra sur la mort de Tchaïkovski.

Le 7 mars 1983, à l'âge de 34 ans, un mois avant son 35e anniversaire, il mourut à son domicile parisien, poignardé de 45 coups de couteau assenés par un prostitué âgé de 19 ans qu'il avait rencontré le même jour dans un bar gay. Son corps ne fut découvert que le 12 mars. L'assassin fut ultérieurement appréhendé et condamné pour ce meurtre.

Sur sa table de travail, on a retrouvé le manuscrit inachevé de sa dernière œuvre chorale Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele (« Crois-tu en l'immortalité de l'âme? »). Il y décrit une rencontre dans le métro parisien avec un beau jeune homme. L'œuvre s'interrompt sur le texte : « Alors sans autre forme de présentation, il sortit de son veston noir foncé acheté probablement à Paris un poignard et me l’enfonça en plein cœur. »

Le fonds d'archives de Claude Vivier est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Chronologie des œuvres[modifier | modifier le code]

1973
  • Chants, pour sept voix de femmes 22'
  • O! Kosmos, pour soprano et chœur 7'
1974
  • Jesus erbarme dich, pour soprano et chœur 3'
  • Lettura di Dante, pour soprano et sept instruments 26'
1975
  • Hymnen an die nacht, pour soprano et piano 5'
  • Pièce pour flûte et piano 7'
  • Pièce pour violon et clarinette 7'
  • Pièce pour violon et piano 9'
  • Pièce pour violoncelle et piano 9'
  • Pour guitare 5' (écrite pour Michael Laucke)[3]
1976
  • Piano-forte, pour piano 9'
  • Prolifération, pour ondes Martenot, piano et percussion 15'
  • Siddhartha, pour orchestre 25'
1977
  • Journal, pour quatre voix solistes, chœur et percussion 50'
  • Love Songs, pour sept voix solistes 23'
  • Pulau Dewata, pour ensemble de claviers 13'
  • Shiraz, pour piano 14'
1978
  • Paramirabo, pour quatre instruments 12'
  • Les communiantes, pour orgue 17'
1979
  • Kopernikus : Rituel de la mort, opéra en deux actes 65'
  • Orion, pour orchestre 14'
1980
  • Aikea, pour trois percussionnistes 15'
  • 5 chansons pour percussion solo 15'
  • Lonely Child, pour soprano et orchestre 19'
  • Zipangu, pour orchestre à cordes 12'
1981
  • Bouchara, pour soprano et ensemble 13'
  • Et je reverrai cette ville étrange, pour six musiciens 16'
  • Prologue pour un Marco Polo, pour soprano, alto, ténor, baryton, basse, et ensemble 21'
  • Samarkand, pour quintette à vent et piano 14'
  • Wo bist du Licht!, pour mezzo-soprano et ensemble 21'
1982
  • Trois airs pour un opéra imaginaire, pour soprano et ensemble 15'
1983
  • Glaubst Du an die Unsterblichkeit der Seele, pour chœur mixte, synthétiseurs, percussion, récitant et ensemble 8'

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société de musique contemporaine du Québec
  2. Fonds André Pijet (P570) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  3. « Canadian composer Claude Vivier letter »,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]