Claude Polin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Polin.
Claude Polin
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Conjoint
Nancy Derr Polin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Parti politique
Membre de
Conseil scientifique du Front national (d)
Club de l'horloge

Claude Polin, né en avril 1937 et mort le à Paris, est un philosophe politique, universitaire et essayiste français. Royaliste légitimiste, il est un spécialiste du totalitarisme et du libéralisme, dont il est aussi un opposant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Polin est le fils de Raymond Polin[1].

Carrière et collaborations[modifier | modifier le code]

Professeur de philosophie politique et sociale à l'université Paris IV-Sorbonne, auditeur à l'Institut des hautes études de Défense nationale, Claude Polin se fait connaître en 1977, avec son ouvrage intitulé L'esprit totalitaire, publié chez Sirey[1]. S'ensuivent d'autres livres, souvent écrits en collaboration avec son ami Claude Rousseau, et entre autres, un « Que sais-je ? » sur Le totalitarisme, réédité pour la troisième fois en 2007[1].

Entre 1974 et 1983, Polin fait partie de la rédaction de la revue légitimiste La Légitimité, avec Guy Augé, Jean-Pierre Brancourt et Thierry Buron[2]. Dans les années 1980-1990, il collabore occasionnellement à Éléments et Nouvelle École, avant de se rapprocher des revues Catholica et Chronicles dans les années 2000-2010[1].

Travaux[modifier | modifier le code]

Dans L'esprit totalitaire, Polin démontre que, comme le communisme et le fascisme, le libéralisme conduit à l'uniformisation des esprits et à la surveillance de masse. Pour lui, le totalitarisme est avant tout un phénomène moderne qui ne doit rien à la nature du pouvoir, mais qui est le fruit de l'« esprit égalitaire » et, plus indirectement, de la mentalité économique, « le culte de l'égalité [étant] fils du culte de l'économie ». D'après Polin, c'est particulièrement vrai pour le libéralisme, qui implique la croyance en la « vertu sociogénique » de l'activité économique et qui transforme la société en un marché gouverné par l'intérêt personnel, niant toute limite et ayant pour principal objectif d'assouvir tous les désirs et pulsions des hommes. Pour Polin, résumé par Alain de Benoist, « l'homme totalitaire, c'est l'homo œconomicus » et « loin de constituer un rempart contre les totalitarisme, les démocraties libérales recèlent en leur sein le principe même de son avènement »[1].

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Pour la revue Éléments, Claude Polin est souvent classé parmi les « contre-révolutionnaires » en raison de son légitimisme, mais sa pensée « est en réalité beaucoup plus complexe »[1].

En outre, Claude Polin est, pendant 6 mois en 1989, membre du conseil scientifique du Front national, instance créée un peu plus tôt par Jean-Yves Le Gallou[3]. Il appartient également au Club de l'horloge[4].

À l'hiver 1981, il cosigne dans Éléments une tribune intitulée « Pour une alternative au socialisme »[5]. En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »[6], initiée par le collectif Non à la guerre[7].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Époux de Nancy Derr Polin, enseignante d'anglais à l'École alsacienne, il a deux filles[8].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, Hatier, coll. « Profil d'une œuvre », 1973, 80 p.
  • L'Esprit totalitaire, Éditions SIREY, 1977.
  • Les Illusions de l'Occident, Albin Michel, 1980.
  • avec Raymond Polin, Le Libéralisme. Espoir ou péril, Paris, Table ronde, 1984, 370 p.
  • avec Claude Rousseau, Les illusions républicaines, PSR éditions, 1993, 352 p.
  • La Cité dénaturée. Cité classique contre cité moderne, PSR éditions, 1997, 358 p.
  • Le Totalitarisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 3e éd. mise à jour, 2007, 127 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Alain de Benoist, « Claude Polin, contre le libéralisme et pour le carpe diem », Éléments, no 174,‎ octobre-novembre 2018, p. 25.
  2. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7), p. 15.
  3. Renaud Dély, Histoire secrète du Front National, Paris, Grasset, 1999
  4. Philippe Lamy (sous la dir. de Claude Dargent), Le Club de l'horloge (1974-2002) : évolution et mutation d'un laboratoire idéologique (thèse de doctorat en sociologie), Paris, université Paris-VIII, , 701 p. (SUDOC 197696295, lire en ligne), p. 540.
  5. Philippe Lamy (sous la dir. de Claude Dargent), Le Club de l'horloge (1974-2002) : évolution et mutation d'un laboratoire idéologique (thèse de doctorat en sociologie), Paris, université Paris-VIII, , 701 p. (SUDOC 197696295, lire en ligne), p. 370.
  6. « Liste des personnalités signataires de l'Appel », sur nonguerre.chez.com.
  7. Renaud Dély, « L'extrême droite ratisse large contre les frappes de l'Otan. Le «Collectif non à la guerre» a tenu une réunion pro-serbe hier soir », sur liberation.fr, .
  8. Denis Sureau, « Mort du philosophe Claude Polin », sur chretiensdanslacite.com, .

Liens externes[modifier | modifier le code]