Claude Lecomte (général)

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Claude Lecomte.

Claude-Martin Lecomte, né le à Thionville et fusillé le à Montmartre, est un militaire français. C’est l’un des premiers morts de la Commune de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Saint-Cyrien de la promotion de la Comète (1835-1837), promu colonel le 13 août 1865, il commandait en second, en 1869, le Prytanée militaire de la Flèche. Général de brigade en 1870, il fit partie de l’armée du Nord, commandée par Faidherbe, et prit part aux batailles d’Amiens, de Saint-Quentin et de Pont-Noyelles. Rentré à Paris après la capitulation, où il remplaça l’amiral Fleuriot de Langle dans le commandement du sixième secteur, il fut mis provisoirement à la tête d’une brigade de la nouvelle armée de Paris, puis nommé directeur de l’école de la Flèche.

Comme général de brigade il prend part au siège de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Après la capitulation de la capitale, il est nommé commandant du 2e secteur. Il était sur le point de partir pour la province, lorsqu’éclata l’insurrection du 18 mars 1871. Le gouvernement d'Adolphe Thiers le charge de récupérer les canons de Montmartre que la Garde nationale y avait amenés au moment de l’entrée des Prussiens aux Champs-Élysées. Il attendit vainement les attelages, destinés à l’enlèvement des pièces. Il fut cerné par une foule qui s'opposait au départ des canons, sur laquelle il donna l'ordre de tirer. Ses soldats mirent la crosse en l'air, fraternisèrent avec les habitants, le firent prisonnier et le menèrent au Château Rouge. En fin d’après midi, il fut passé à tabac, puis abattu d’un coup de Chassepot dans le dos. Quelques minutes plus tard, un autre général, Clément-Thomas, qui se promenait en civil, fut reconnu par la foule, jeté sur le cadavre de Lecomte et massacré à son tour. Leurs corps restèrent exposés sur place pendant deux jours.

La légende qui représente les généraux Lecomte et Thomas fusillés "dans les règles" par un peloton d’exécution est une fabrication médiatique : elle repose sur une image mise en scène par le photographe Appert, réalisée plus tard. Une légende tenace, qui jusqu'à aujourd'hui se reproduit automatiquement. On trouve même une pièce de théâtre militante (La Commune, drame historique de 1908), qui met en scène un pseudo-procès des deux généraux avant leur exécution.

Selon Histoire de la Commune de 1871 (1876) de Lissagaray, lorsque le général Lecomte fut arrêté par sa troupe, le Comité de vigilance de Montmartre, en particulier Ferré, Jaclard et Bergeret, émit un ordre au commandant de la Garde nationale chargé de la garde du général à Château-Rouge afin d’assurer sa protection en vue de son jugement[1]. L’ordre arriva juste après que Lecomte ait été changé d’endroit [1]. Le général fut ainsi massacré[2] malgré les efforts, sur place, du maire du 18e arrondissement, Clemenceau lui-même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Les barricades de la Commune, Editions Les amis de l'histoire, 1968, et Editions Omnibus, 2012.
  • Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Paris, Flammarion, collection Champs, 1878.

Articles connexes[modifier | modifier le code]