Claude Guimond de La Touche
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Claude Guimond de La Touche, né le à Châteauroux et mort le à Paris, est un poète tragique français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils d’un procureur du roi au bailliage; il a accompli ses études chez les jésuites de Rouen. Entré dans leur Société des le , il a étudié les lettres, l’histoire, la philosophie, et professé ces matières au collège de Rouen jusqu’en 1748. À la suite de tracasseries ordinaires dans les congrégations religieuses, il est rentré, au bout de quatorze ans, dans la vie civile, et s’est consacré aux lettres[1].
Il débute par une ode sur la naissance du duc de Bourgogne, intitulée : Mars au berceau (, in-8°). La seule tragédie qu’il ait composée et qui a fait vivre son nom, Iphigénie en Tauride, a été représentée au Théâtre-Français le . Selon en croit mademoiselle Clairon, le cinquième acte, dont les comédiens n’étaient pas contents, a été refait en entier, le jour même, par l’auteur, et pourtant le rideau a été se levé à cinq heures et demie.
Le succès d’Iphigénie en Tauride a été tout d’enthousiasme. Guimond, redemandé à grands cris, se laissa amener sur la scène et s’évanouit de joie en se retirant. Sa pièce, remarquable à plusieurs égards et restée comme une des meilleures tragédies de second ordre, fut pourtant maltraitée par Fréron, Grimm et Geoffroy qui l’a appelée une « farce burlesque », un « fatras extravagant ».
À l’imitation des Grecs, ou simplement à l’exemple de Collé, l’auteur a rempli son sujet, sans y introduire d’épisodes d’amour, et le maintien de la simplicité du plan d’Euripide n’a manqué ni d’intérêt ni de pathétique. Beaucoup d’emprunts ont été signalés : la scène de la reconnaissance était tirée tout entière de l’opéra d’Iphigénie de Duché de ( ; celle où Iphigénie interroge Oreste sur le sort de la famille des Atrides, et dont le fond est dans Euripide, rappelait par quelques détails l’Oreste et Pylade de Lagrange-Chancel (), mais en l’améliorant. On a également reproché à l’auteur d’avoir exagéré sans utilité pour l’action la stupide férocité de Thoas, et de n’avoir pas assez préparé ni motivé le dénouement. Quant au style, on a dit que la versification pesante, monotone, les morceaux déclamatoires et les fautes de langue d’Iphigénie en Tauride étaient sauvés par l’énergie, la chaleur qui animaient l’ensemble de l’œuvre qui a été imprimée plusieurs fois (Paris, , 1778, , , , , in-8°).
On a encore de Guimond de La Touche : Épître à l’amitié (Londres, , in-8°) ; les Soupirs du cloître, ou le Triomphe du fanatisme (, in-8°), satire contre ses anciens confrères, les Jésuites.
Guimond de La Touche travaillait à une tragédie de Régulus, dont il avait déjà fait trois actes, qui n'ont pas été retrouvés, quand il est mort d'une fluxion de poitrine[2].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 958.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Guimond de La Touche, Claude : depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours », dans Ferdinand Höfer, Nouvelle Biographie générale, Paris, Firmin Didot, , 992 p. (OCLC 257688640, lire en ligne), p. 747-8.
- ↑ François Fayolle, « Notice sur Guimond de La Touche », dans Œuvres choisies de Chateaubrun, et Guimond de la Touche, Paris, Lecointe, , 167 p., in-16 (OCLC 822808586, lire en ligne), p. 59-63.
Liens externes
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