Claude Fournier (réalisateur)

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Claude Fournier
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Claude Fournier (né le à Waterloo, au Québec) est un écrivain, réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, monteur, producteur et compositeur québécois. C'est le frère jumeau de Guy Fournier et l'oncle de Jean-Vincent Fournier, cinéastes québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études classiques aux collèges de Saint-Hyacinthe et de Chambly, il est embauché à la télévision de Radio-Canada dès 1951. Là, il est de la première équipe du service de l'information télévisée. En 1957 il décroche un emploi de rédacteur et scénariste à l'Office national du film du Canada[1]. Rapidement, il passe à la réalisation et se fait remarquer avec son premier documentaire, Télesphore Légaré, garde-pêche. Doué pour la caméra, il participe à l'aventure collective qu'est La lutte, court-métrage documentaire tourné sans scénario ni proposition écrite et qui constitue un jalon dans l'affranchissement de la production francophone à l'ONF[2]. Il s'installe à New York en 1961 et travaille pour Drew Associates, où il côtoie Robert Drew, Richard Leacock et D.A. Pennebaker[1]. C'est aux États-Unis qu'il réalise le documentaire Midwestern Floods.

De retour au Québec en 1963, il fonde une première compagnie privée, Les films Claude Fournier, et compte ainsi parmi la génération qui mettra sur pied l'industrie cinématographique québécoise[3]. C'est au sein de cette compagnie qu'il réalise On sait où entrer, Tony, mais c'est les notes!, désopilant documentaire sur le phénomène yéyé québécois[2]. Diffusé à la télévision de Radio-Canada le 20 avril 1968, Le dossier Nelligan est un essai documentaire en forme de procès qui soulève la colère de plusieurs personnalités du milieu du cinéma[3]. En mai 1970 sort le premier long métrage de fiction réalisé par Fournier, la comédie érotique Deux femmes en or, qui devient rapidement un phénomène populaire (on parle de deux millions de spectateurs) malgré une réception critique hostile[2]. Le cinéaste tentera de renouer avec ce succès en réalisant Les chats bottés en 1971 et La pomme, la queue et les pépins en 1974.

Il fait preuve de plus d'ambition en réalisant, en anglais, le western Alien Thunder, qui met en vedette Donald Sutherland, mais le succès n'est pas au rendez-vous[1]. Après avoir réalisé Je suis loin de toi mignonne, où il réunit le tandem Denise Filiatrault et Dominique Michel pour une fiction portant sur la course au mariage lors de la Seconde Guerre mondiale, Fournier se consacre à deux projets historiques d'envergure: l'adaptation de Bonheur d'occasion, le roman de Gabrielle Roy, et la réalisation des Tisserands du pouvoir, qui raconte l'histoire des Québécois émigrés en Nouvelle-Angleterre au début du XXe siècle[4]. Pour Bonheur d'occasion, il tourne simultanément une version française et une version anglaise du film (intitulée The Tin Flute), qui de plus se double d'un feuilleton télévisé. Pour Les Tisserands du pouvoir, il divise son récit en deux longs métrages, sortis en salles à quelques semaines d'intervalle.

Fournier revient ensuite à la comédie avec J'en suis!, caricature de l'omniprésence des homosexuels dans le milieu des antiquaires[5] qui reçoit un accueil mitigé. Il enchaîne avec la télésérie Juliette Pomerleau, adaptation du roman d'Yves Beauchemin, puis revient au cinéma avec The Book of Eve, adaptation du roman homonyme de Constance Beresford-Howe qu'il tourne en anglais. En 2004 il termine Je n'aime que toi, l'histoire d'une écrivain d'âge mûr qui trouve l'inspiration dans le récit d'une mystérieuse jeune prostituée.

Il enchaîne avec la série télévisée Félix Leclerc. Une polémique éclate à l'hiver 2005 lorsque le nouveau directeur de la programmation de Radio-Canada, Mario Clément, déclare que la série est l'une des pires qu'il ait vues à la télévision[6]. Le couple Fournier-Raymond poursuit alors en diffamation la Société Radio-Canada pour une somme de 4,3 millions de dollars. En octobre 2008, à la suite d'un procès largement médiatisé[7], la Cour supérieure du Québec condamne la SRC à verser 200 000 $ aux plaignants[8].

En 2008, Claude Fournier et sa conjointe Marie-José Raymond se voient confier, par l'homme d'affaires Pierre-Karl Péladeau, la direction générale d'un important projet de numérisation et de restauration du patrimoine cinématographique québécois, Éléphant - mémoire du cinéma québécois[9]. Fournier et Raymond occupent ces fonctions jusqu'à la fin de l'année 2018, supervisant la restauration de 225 longs métrages.

En 2009, il signe une autobiographie truculente, À force de vivre[10].

Filmographie[modifier | modifier le code]

comme réalisateur[modifier | modifier le code]

comme scénariste[modifier | modifier le code]

comme directeur de la photographie[modifier | modifier le code]

comme monteur[modifier | modifier le code]

comme producteur[modifier | modifier le code]

comme Compositeur[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, il est élu conseiller municipal à Saint-Paul-d'Abbotsford, par 125 voix contre 42 pour son adversaire.

Dans le film Deux femmes en or, on peut apercevoir la Coupe Grey.

Selon ses propres dires, Claude Fournier a déjà été l'amant du réalisateur Claude Jutra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Houle, Michel., Dictionnaire du cinéma québécois, Fides, (ISBN 0775506990 et 9780775506990, OCLC 5444414, lire en ligne)
  2. a b et c Jean, Marcel, 1963-, Dictionnaire des films québécois (ISBN 2924283671 et 9782924283677, OCLC 900394181, lire en ligne)
  3. a et b Coulombe, Michel., Jean, Marcel, 1963- et Carrière, Louise., Le Dictionnaire du cinéma québécois, Boréal, (ISBN 2890522660 et 9782890522664, OCLC 20934601, lire en ligne)
  4. Michel Coulombe, « Entretien avec Claude Fournier », Ciné-Bulles, Volume 8, numéro 1,‎ , p. 20-24 (ISSN 0820-8921, lire en ligne)
  5. « J’en suis! – Film de Claude Fournier », sur Films du Québec (consulté le 31 décembre 2018)
  6. « La série Félix Leclerc - Le réalisateur Claude Fournier envisage d'intenter des poursuites », sur Le Devoir (consulté le 15 décembre 2018)
  7. « Série Félix Leclerc - Le ras-le-bol de Mario Clément », sur Le Devoir (consulté le 15 décembre 2018)
  8. Gabrielle Duchaine, « Poursuite contre Mario Clément : une cause à 1 million $ », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 15 décembre 2018)
  9. « Une mémoire d’Éléphant », sur Le Devoir (consulté le 15 décembre 2018)
  10. « Autobiographie - Savoureuses réminiscences de Claude Fournier », sur Le Devoir (consulté le 15 décembre 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Claude Fournier, À force de vivre, Libre Expression, Montréal, 2009, 688 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]