Claude Dilain

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Claude Dilain
Claude Dilain.
Claude Dilain.
Fonctions
Sénateur de la Seine-Saint-Denis
Groupe politique SOC
Successeur Évelyne Yonnet
Maire de Clichy-sous-Bois
Prédécesseur Gérard Probert
Successeur Olivier Klein
Conseiller général du canton du Raincy
Prédécesseur Raymond Mège
Successeur Ludovic Toro
Prédécesseur Ludovic Toro
Biographie
Nom de naissance Claude André Dilain
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Denis (France)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Enfants 5 enfants
Profession Médecin
(spécialité : pédiatrie)

Claude Dilain est une personnalité politique française né le à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et mort le à Paris. Claude Dilain a été sénateur de la Seine-Saint-Denis et maire de Clichy-sous-Bois.

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fils d’ouvrier né et élevé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans le quartier Bel-Air, il devient médecin-pédiatre et choisit Clichy-sous-Bois pour y installer son cabinet en 1978[1] de 1978 à 2013[2]. Maire, il continue d'exercer quatre demi-journées par semaine dans sa ville[3]. Investi dans la vie locale, il milite contre une usine d'incinération puis une voie routière qui devait couper la ville en deux[4]. Dans ces combats, il se lie avec le jeune communiste Olivier Klein dont il fera plus tard son premier adjoint. Avec lui, il conduit une liste opposée au maire, ancien PCF, André Déchamps, accusé de dérives racistes. Leur liste d'union de la gauche l'emporte en juin 1995 sur Gérard Probert, maire sans étiquette, avec 150 voix d'avance dans une triangulaire contre le FN et la droite[4].

Élu conseiller général du canton du Raincy en 1998, il est battu en 2004 puis réélu en 2011[5].

En mars 2008, il est réélu maire au premier tour de scrutin[6] avec le renfort de militants associatifs issus de la révolte de 2005[4]. En septembre 2011, Claude Dilain est élu sénateur de la Seine-Saint-Denis et démissionne de la mairie (Olivier Klein lui succède) pour se consacrer à son nouveau mandat[7].

Bien que de bords politiques diamétralement opposés, il crée en 1997 une des premières communautés de communes d'Île-de-France avec le maire de la ville voisine de Montfermeil (dirigée par Pierre Bernard puis Xavier Lemoine), qui devient la Communauté d'agglomération de Clichy-sous-Bois Montfermeil[8]. La structure est présidée en alternance par les maires des deux communes : « Quand les populations cumulent autant de handicaps, on ne peut pas y ajouter des dissensions entre les communes », déclare alors Claude Dilain[8].

Sans responsabilité nationale dans l'appareil du Parti socialiste, il avait soutenu Martine Aubry[4].

Victime d'un malaise fin février 2015, il décédait à l'hôpital parisien Georges-Pompidou le 3 mars suivant, après plusieurs jours de coma[1],[9].

Sur Twitter, Gérard Larcher, le président du Sénat, salua la mémoire de Claude Dilain, défenseur inlassable des quartiers déshérités[10] :

« Claude Dilain était un pourfendeur des inégalités territoriales et une grande figure de la politique de la Ville »

Dans un communiqué[10], le président de la République François Hollande a rendu hommage à

« un acteur passionné de la politique de la ville », soulignant que « Maire de Clichy-sous-Bois pendant plus de seize ans, il avait mené un combat exemplaire pour les droits des habitants des quartiers. »

De son côté, le Premier ministre Manuel Valls[10] salua un

« élu exemplaire, qui aura marqué sa ville de Clichy-sous-Bois, la Seine-Saint-Denis et la République », un « défenseur acharné des territoires urbains en difficulté. »

Le 7 mars 2015, le président de la République a rendu un hommage public à Claude Dilain dans sa ville, appelant à continuer son combat pour la banlieue [11] :

« Poursuivre l'œuvre de Claude Dilain, cet inlassable défenseur des banlieues. C'est en substance le message de François Hollande délivré samedi devant plus d'un millier d'habitants de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) après la mort mardi de leur ancien maire PS à la tête de cette ville de banlieue parisienne durant seize ans et qui fut le théâtre de violentes émeutes en 2005. " Notre devoir aujourd'hui c'est d'entendre " le message de Claude Dilain " pour que les drames qu'il a vécus ne se reproduisent plus " a souligné le président de la République, rappelant la batterie de mesures annoncées la veille[12] par le gouvernement, notamment sur la mixité sociale dans les quartiers. Le chef de l'Etat a également loué la mémoire de l'ancien sénateur PS et maire de Clichy-sous-Bois, "l'un des meilleurs enfants " de la République. »

Actions[modifier | modifier le code]

En 1995, Claude Dilain est élu maire d'une ville très endettée[13] et parmi les plus pauvres de France[14]. Il réussit à équilibrer le budget et met en place une stratégie de désendettement de la ville, qui est classé A1 en 2006 par l'agence de notation Moody's : « « On parle beaucoup des villes de banlieue et de manière implicite on sous-entend qu'elles sont mal gérées, dit-il. On a voulu démontrer qu'on peut être une ville pauvre et de pauvres et être très bien gérée. »[13]. En 2010, la note progresse à Aa3 : « Nous faisons un maximum d'économies sur le fonctionnement pour pouvoir faire des investissements sans trop emprunter. On s'était fixé de ne pas emprunter plus que la moitié de ce qu'on remboursait. [Cette note] nous permet d'emprunter plus facilement avec des taux d'intérêt plus faibles. »[15].

De 2000 à 2007, il est nommé vice-président du Conseil national des villes. En avril 2008, il est élu président de l'association Villes et banlieues de France, association créée en 1983, rassemblant des élus de banlieue de toutes tendances, et dont il était auparavant vice-président[16].

Avec le maire de Montfermeil, il se bat pendant plusieurs années pour obtenir une branche du tramway T4 desservant le plateau de Clichy face à l'opposition d'Alain Calmat, maire de Livry-Gargan, dont Claude Dilain fut un temps le suppléant. Après les émeutes de 2005, ce débat prend une dimension nationale. En 2007, la secrétaire d’État chargée de la politique de la ville Fadela Amara l'inscrit parmi les objectifs de son plan "Espoir banlieues"[17]. Très soutenu par le président du Conseil régional Jean-Paul Huchon[18], le projet prend du retard mais n'est jamais abandonné. En septembre 2014, le Président de la République François Hollande annonce lui-même une mise en service pour 2018[19].

En décembre 2004, la communauté d'agglomération de Clichy-sous-Bois / Montfermeil signe avec l'État le Programme de renouvellement urbain du plateau de Clichy-sous-Bois et Montfermeil (le renouvellement urbain concerne le Haut-Clichy et pour Montfermeil, le quartier des Bosquets et ses alentours). Très impliqué dans la lutte contre le logement dégradé en tant que maire[14]. Lors des violences urbaines de 2005, il arpente nuit et jour les cités aux côtés des associatifs, pour être avec les habitants et apaiser. Meurtri par cette flambée de violences mais autant par les réactions conservatrices de ses collègues de tous bords sur les populations reléguées, il avait plaidé pour que « la République ne verse pas de larmes de crocodiles » mais ouvre les yeux sur la réalité sociale des territoires relégués. Le procès des policiers mis en cause dans la mort Zyed et Bouna devait débuter peu avant sa mort, près de 10 ans après les faits[4].

En 2010, il s'élève avec fracas dans Le Monde le en déclarant avoir « j'ai honte d'être le représentant impuissant de la République française ». Il s'insurge en affirmant que « la politique de la ville, si elle n'est pas défendue au plus haut niveau de l’État par un premier ministre capable de mobiliser tous les ministères, ne peut résoudre les problèmes des banlieues les plus difficiles, quelle que soit la volonté affichée par les ministres ou secrétaires d’État successifs. » en détaillant les problèmes des copropriétés en déshérence, la détresse des habitants et l'incapacité d'une mairie seule à y répondre[3]. Il poursuit cette action déterminée au Sénat avec la remise en 2013 d'un rapport sur les copropriétés privées à la ministre du Logement Cécile Duflot[1] et en étant co-rapporteur de la loi ALUR[20]. En mars 2014, il est nommé président de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH)[21].

Synthèse des mandats[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chroniques d'une proche banlieue, Paris, Stock, 2006, 228 p., un livre dans lequel il témoigne des difficultés rencontrées sur des territoires si loin et si proches à la fois.
  • Deux maires courage (coauteur avec Pierre Cardo), Paris, Autrement, 2008, 128 p. Un ouvrage d'entretien entre Pierre Cardo, maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes, et Claude Dilain, qui œuvrent tous les deux dans des territoires en grande difficulté économique et sociale.
  • Claude Dilain, de la banlieue au Sénat. Au nom de la République, documentaire diffusé en 2017 sur Public Sénat[22]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Carole Sterlé et Gwenaël Bourdon, « Claude Dilain, ancien maire PS de Clichy-sous-Bois, est mort », leparisien.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  2. « Claude Dilain nous a quittés », Ville de Clichy-sous-Bois, (consulté le 3 mars 2015)
  3. a et b « "Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, j'ai honte" En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/10/moi-claude-dilain-maire-de-clichy-sous-bois-j-ai-honte_1331612_3224.html#yQk4bjL01BOuhB1F.99 », lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  4. a, b, c, d et e Sylvia Zappi, « L'ex-maire socialiste de Clichy-sous-Bois Claude Dilain est mort », lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  5. Le site officiel du ministère de l'Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
  6. « Nouveau conseil municipal », ministère de l'Intérieur, (consulté le 24 mars 2008)
  7. « Élu au Sénat, Claude Dilain cède son siège de maire », Ville de Clichy-sous-Bois
  8. a et b François Wenz-Dumas, « Le couple des maires contraires », liberation.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  9. « Décès de Claude Dilain, ancien maire de Clichy et avocat des banlieues », liberation.fr, (consulté le 1er février 2017)
  10. a, b et c F.V., « Décès de Claude Dilain : " Cette mort nous laisse tous KO " », sur publicsenat.fr, (consulté le 4 février 2017).
  11. « Hollande appelle à poursuivre le combat de Claude Dilain pour la banlieue », leparisien.fr, (consulté le 4 février 2017)
  12. 6 mars 2015.
  13. a et b Alain Martin, « La ville bien notée pour sa gestion », leparisien.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  14. a et b François Béguin, « Ascenseurs en panne et copropriété malade à Clichy-sous-Bois », lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  15. « Clichy-sous-Bois, la ville pauvre bien notée par Moody's », paris.maville.com, (consulté le 3 mars 2015)
  16. Claude Dilain, président de Ville et banlieue, Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, page III, 15 avril 2008
  17. Béatrice Jérôme, « En Seine-Saint-Denis, une bataille politique dont le tramway est l'enjeu9 », lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2015)
  18. « Jean-Paul Huchon : « Les villes refusent le T4 pour ne pas voir les jeunes de Clichy/Montfermeil sur leur territoire … » », Bondy Blog (consulté le 3 mars 2015)
  19. « Hollande annonce le tramway T4 pour 2018 à Clichy-sous-Bois », lagazettedescommunes.com, (consulté le 3 mars 2015)
  20. « Projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové », Sénat, (consulté le 3 mars 2015)
  21. « Nominations de Claude Dilain et Blanche Guillemot à l’Agence nationale de l’habitat », Ministère de l’Égalité des territoires et du logement, (consulté le 31 mars 2014)
  22. « Claude Dilain, de la banlieue au Sénat. Au nom de la République », programme.tv (consulté le 5 avril 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]