Claude Brossette

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Claude Brossette
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Naissance
Décès
Activités

Claude Julien Brossette, seigneur de Varennes Rapetour, né le ou à Theizé, et mort à Lyon le [1], est un avocat lyonnais et un homme de lettres français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Brossette fut avocat au parlement de Paris puis avocat général aux cours de Lyon ; administrateur de l'Hôtel-Dieu (1722-1724), recteur de l'Hôpital de la Charité de Lyon en 1727, puis échevin de la ville de Lyon (1730-1731). Il fut, en 1700, l'un des fondateurs de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.

Il épouse, en 1706, à l'âge de 35 ans, Marguerite Chavagnieu (ou Chavigni ?). Ils auront 2 fils et 2 filles mais son épouse mourra en 1716 : ce fut une grande douleur pour Brossette. Ils logèrent non pas à Rapetour mais essentiellement dans la maison du village appelée Beauvallon.

On a de lui des ouvrages de droit, des éditions de Nicolas Boileau (1716-1717) et de Mathurin Régnier (1729). Il avait entretenu avec Boileau de 1699 à 1710 une correspondance suivie, qui a été publiée par François Louis Cizeron Rival en 1770.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Quoique la personnalité de l'avocat Claude Brossette soit aujourd'hui totalement oubliée hors des spécialistes, elle reste exemplaire de ces lettrés et académiciens de province qui ont contribué à donner au XVIII° siècle sa physionomie de siècle des Lumières.

Interlocuteur des plus grands auteurs de la fin du XVII° et du XVIII°, de Malebranche à Voltaire[2] , il bénéficia d'une bonne notoriété dans la République des lettres et chez les juristes[3]  ; dont témoigne une riche correspondance en partie inédite. Car Brossette ne fut pas seulement un membre réputé du barreau lyonnais et un philanthrope, administrateur de l’Hôtel-Dieu, puis recteur de l’hôpital de la Charité à Lyon. Il fut également fondateur et secrétaire perpétuel pendant quatre décennies de l'Académie de Lyon[4], un de ces académiciens provinciaux qui étendaient l'activité de la République des lettres au-delà du centre parisien. C'est une Académie similaire, celle de Dijon, qui permit à Jean-Jacques Rousseau d'écrire sa première œuvre majeure et de se faire connaitre , en répondant à un concours en 1751.

On a conservé de Claude Brossette, en plus de ses éditions de poètes, des lettres avec des notables érudits (François Bottu de La Barmondière Saint-Fonds, Laurent Dugas), une correspondance avec Boileau et une correspondance moins connue avec le poète lyrique Jean-Baptiste Rousseau, qui illustrent cette activité de passeur ; autant de documents pour comprendre le fonctionnement de la littérature en dehors de Paris et dans les cours européennes. Le détail de cette vie riche et emplie par l'amour des lettres a été relaté par François-Louis Cizeron-Rival[5], possesseur des papiers de Brossette, qui a donné la première édition de ses lettres avec Boileau . Selon le chercheur Samy Ben Messaoud[6], l'exploitation historique de ses archives reste à faire et serait une source appréciable pour comprendre non seulement la vie culturelle lyonnaise, mais les champs symboliques des juristes, des parlementaires et des lettrés du premier XVIII° siècle .

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire abrégée ou Éloge historique de la ville de Lyon, suivi de Nouvel éloge historique de la ville de Lyon (1711).
  • Correspondance de Jean-Baptiste Rousseau et de Brossette, Paris, Société nouvelle de librairie, 1910-1911, 2 vol. par Paul Bonnefon, ed. [lire en ligne]
  • Correspondance entre Boileau Despréaux et Brossette, Paris, J. Techener, 1858, XXXII-605 p. par Auguste Laverdet, éd. disponible sur Gallica
  • Trente lettres inédites de Claude Brossette à Monsieur de Saint-Fonds, Villefranche, Imp. du “Réveil du Beaujolais”, 1930, 66 p. par LONGEVIALLE (L. de), éd..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de la sépulture no 151 de la page 86/217, cote du registre 1GG420. Inhumé le 18 juin 1743, décédé "aujourd'hui". Il faut cliquer sur "Accéder aux registres" puis sur "Personnalités" ensuite sur le "B" en on cherche le nom., en ligne sur le site des archives municipales numérisées de Lyon.
  2. Stéphane Van Damme, Le Temple de la sagesse. Savoirs, écriture et sociabilité urbaine (Lyon, XVIIe-XVIIIe siècle), Paris, Éd. de l’EHESS, 2005
  3. S. Ben Messaoud, « Claude Brossette » in Les Parlementaires, les lettres et l’histoire au siècle des Lumières 1715-1789, sous la dir. de F. Bidouze, Pau, Presses Universitaires de Pau, 2008, p. 357-369, http://lire.ish-lyon.cnrs.fr/IMG/pdf/claude_brossette.pdf [consulté le 13.10.2016]
  4. Gérard Fontaine, Guide historique de l’enseignement supérieur dans l’Académie de Lyon, 2016, p. 10, http://www.amis-universite-lyon.fr/IMG/pdf/guide_historique_de_l_enseignement_superieur_a_lyon_20_avril.pdf[consulté le 13.10.2016]
  5. François- Louis Cizeron-Rival, « Mémoire historique sur la vie et les ouvrages de feu M. Brossette », in Récréations littéraires, ou anecdotes et remarques sur différents sujets, 1765. Réédité en 1770 dans les Lettres familières de Messieurs Boileau Despréaux et Brossette
  6. « Claude Brossette », dans Bulletin Municipal Officiel de la Ville de Lyon, no 5684, lundi 2 avril 2007.

Sources[modifier | modifier le code]

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  • Françoise Bayard, Vivre à Lyon sous l’Ancien Régime, Paris, Perrin, 1997, 352 p.
  • Bouillet, dictionnaire.
  • Samy Ben Messaoud, « Une nouvelle source d’étude de Boileau : les papiers Brossette », in Studi Francesi, 2001, no 134, p. 581-596 ; et "Claude Brossette" in Les Parlementaires, les lettres et l’histoire au siècle des Lumières 1715-1789, sous la dir. de F. Bidouze, Pau, Presses Universitaires de Pau, 2008, p. 357-369.
  • Sébastien Charléty, “La ruine de Lyon sous Louis XIV”, La Revue de Paris, 1er juin 1902,p. 620-650.
  • François Cizeron-Rival, Récréations littéraires, ou anecdotes et remarques sur différents sujets, Lyon, J.-M. Bessiat, in-12, 1765, 264 p..
  • François-Zénon, Collombet , Études sur les historiens du Lyonnais, Genève, Slatkine reprints, 1969 (Lyon, 1839-1844), 2 vol.
  • Louis David, « Claude Brossette (1671-1743) » dans Mémoires de l'Académie des Sciences, des Belles-Lettres et des Arts de Lyon', 1999, (3)54, p. 361-363.
  • Jean-Baptiste Dumas, Histoire de l’académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Lyon, Giberton et Brun, 1839, 2 vol.
  • E. Fayard, Études sur les anciennes juridictions lyonnaises, Paris, Guillaumin, 1863, 79 p..
  • Louis Galland, Claude Brossette, avocat en la Cour des Monnaies, le siège présidial et la sénéchaussée de Lyon, ses rapports avec Boileau-Despréaux, Lyon, Imp. Mougin-Rusan, 1897, 47 p..
  • Jean-Pierre Guitton, éd., L’Intendance de Lyonnais, Beaujolais, Forez en 1698 et en 1762, Paris, Éd. du C.T.H.S., 1992, 247 p..
  • Jacques Pernetti, Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, ou les Lyonnais dignes de mémoire, Lyon, Frères Duplain, 1757, 2 vol., in-12.
  • Philippe Petit, “Boileau, Brossette et Lyon”, Le Bulletin des lettres, no 62, 25 mai 1937, p. 149-154.
  • William Poidebard , éd.. Correspondance littéraire et anecdotique entre Monsieur de Saint-Fonds et le Président Dugas, membres de l’Académie de Lyon 1711-1739, Lyon, M. Paquet, 1900, 2 vol.
  • Stéphane Van Damme, Le Temple de la sagesse. Savoirs, écriture et sociabilité urbaine (Lyon, XVIIe-XVIIIe siècle), Paris, Éd. de l’EHESS, 2005, 514 p.