Classeur fédéral

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Ancien classeur fédéral
(version francophone).

Le classeur fédéral (en allemand Bundesordner) est une marque déposée en 1920 et une appellation populaire en Suisse qui désigne un gros classeur.

Description[modifier | modifier le code]

Le format de ce classeur est : hauteur 32 cm, largeur 28 cm, épaisseur 4 ou 7 cm.

Au départ, le carton est recouvert de papier marbré dans les tons noirs et gris. Le dos porte une étiquette standard collée, avec en titre « Classeur fédéral » (Bundesordner dans la version germanophone) et une croix suisse avec des branches de laurier sous l'orifice de saisie.

Le format est resté le même au cours du temps. Le carton a cependant été recouvert d'une matière synthétique et l'étiquette collée remplacée par une pochette avec une étiquette blanche amovible.

Le titre « classeur fédéral » a disparu de l’étiquette, mais il reste employé par le fabricant comme marque déposée, en français et en allemand.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce classeur a été produit dès 1908[1] dans la Manufacture de registres et d'articles en papier de Bienne. Il est rapidement devenu le classeur de référence dans les administrations en Suisse, d’où son nom de « Classeur fédéral » utilisé dès 1920[2],[3]. Le fabricant a pris le nom de « Biella » en 1945 (devenu le groupe Biella-Neher Holding (de)).

Les premiers classeurs à œillets sont produits en 1954, leur fabrication est automatisée en 1964. Depuis les années 1960, le classeur existe en couleur (20 couleurs en 1992). Le fabriquant dépose la marque « Classeur fédéral » en 1989[2].

Plus de douze millions d'exemplaires sont fabriqués annuellement au début du XXIe siècle. Une version « Retro » du classeur fédéral est proposée en 2014, qui reprend le papier marbré noir/gris et la croix suisse sur le dos. Le texte « BIELLA » remplace l’ancien texte « Classeur fédéral »/« Bundesordner »[2].

En 2017, le Journal de Lucerne (Luzerner Zeitung) annonce que « la fin des classeurs fédéraux est pour bientôt ». En effet, un programme national prévoit le passage des fichiers papier des tribunaux aux dossiers électroniques à l'horizon 2026[4].

Unité de mesure de volume d'une affaire ou d'un dossier[modifier | modifier le code]

Dans sa version large, le classeur fédéral mesure 7 cm ; en Suisse, il est courant de parler du nombre de classeurs fédéraux remplis pour indiquer, par la place qu'occupent les classeurs, le volume d'une affaire ou d'un dossier[5]. À titre d'exemples :

  • pour le procès de la faillite de Swissair, il est dit en 2008 que les documents réunis tiennent dans 4 150 classeurs fédéraux[6].
  • dans le cadre de l’affaire SASEA , la « plus grosse faillite de Suisse », le juge a consacré plus de mille heures d’audience et rempli en 1995 650 classeurs fédéraux[7].
  • pour le 10e volume de l’Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, Les âges de la vie, une enquête auprès des Vauddois a été menée : plus de 300 heures d’entretiens ont été retranscrits, remplissant en 1983 16 classeurs fédéraux[8].
  • lors d’une perquisition ordonnée par Carla Del Ponte à l’Union suisse du fromage en 1996, la police emporte 200 classeurs fédéraux[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les premiers classeurs de correspondance de la fabrique de cahiers et de papeterie Biella, à Bienne, mettaient de l’ordre dans les bureaux de l’Administration fédérale dès 1908 « Canteo - Style et tradition » (consulté le 15 mai 2008)
  2. a, b et c « Le Classeur fédéral » (consulté le 19 décembre 2017). - Chronologie sur le site de Biella-Suisse
  3. « … Il fait partie de l'histoire administrative, du bureau, et même de l'histoire de la Confédération ». Coopération n° 52 du 22 décembre 2008, page 27.
  4. « Vers une numérisation des dossiers des tribunaux suisses », sur www.rts.ch, RTS info, (consulté le 18 décembre 2017).
  5. Déjà 100 ans que le classeur fédéral assure ordre et rangement. Swissinfo, 18 septembre 2008.
  6. «… des documents réunis dans 4150 classeurs fédéraux, soit une longueur de 270 mètres. » « TSR: La débâcle Swissair enfin au tribunal » (consulté le 14 mai 2008)
  7. « L'affaire qui a fait tourner 300 millions : Affaire SASEA : Révélations sur le dernier rapport d’expertise », Journal de Genève,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  8. Isabelle Martin, « Comment vivent les Vaudois », Gazette de Lausanne,‎ , p. 13 (lire en ligne).
  9. Willy Boder, « Baron du fromage arrêté », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 1 ([www.letempsarchives.ch/page/LNQ_1996_06_04/1/article/9936351 lire en ligne]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]