Classe inversée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Classe renversée)
Aller à : navigation, rechercher

La classe inversée (ou renversée, en anglais flipped classroom[1].) est une approche pédagogique qui inverse la nature des activités d'apprentissage en classe et à la maison[2], ce qui amène une modification des rôles traditionnels d'apprentissage[3]. Autrement dit, les activités en classe deviennent plus attractives pour les élèves car ils deviennent acteurs de leur apprentissage. Ce n'est plus l'enseignant qui apporte des connaissances mais c'est l'élève lui-même qui part à la recherche du savoir.

Principe[modifier | modifier le code]

Le modèle traditionnel d'enseignement repose sur des cours magistraux, où l'enseignant explique un sujet, suivi par les devoirs à la maison, où l'élève fait des exercices. Dans la classe inversée, l'élève visionne (préalablement et à la maison) des vidéos, des balados ou fait des lectures proposées par l'enseignant (ou partagées par d'autres enseignants). En classe, l'élève tente alors d'appliquer les connaissances à la résolution de problèmes et à des travaux pratiques. Le rôle de l'enseignant est alors d'accompagner l'élève dans l'élaboration de tâches complexes. Ce temps dégagé en classe peut être utilisé pour d'autres activités fondées sur l'apprentissage, notamment la pédagogie différenciée et l'apprentissage par projet[4], mais il permet aussi à l'enseignant d'organiser des activités et des projets de groupes qui vont permettre aux élèves de communiquer. Ainsi avec l'aide de l'enseignant, l'enfant se fera une image plus concrète des connaissances qu'il a commencer à acquérir chez lui. Cette méthode de travail est donc beaucoup plus ludique que la méthode traditionnelle. Grâce à cette méthode tout est possible, par exemple l'élève peut décider de lui-même d'aller chercher des contenus numériques et de les proposer à la classe.

La classe inversée accorde plus le temps de manipulation avec l'enseignant, lui permettant de guider les étudiants, en les assistant au moment de l'assimilation de l'information et de la création de nouvelles idées (extrémité supérieure de la taxonomie de Bloom)[5]. Cette méthode est un outil qui permet au professeur de s'adapter aux capacités de l'élève, ses difficultés comme ses atouts.

Selon Mazur, les enseignants ne doivent pas mettre leur énergie dans la première étape : les élèves peuvent la franchir par eux-mêmes, l'accès à l'information étant devenu très facile, en particulier grâce à sa disponibilité sur Internet ou sur des logiciels spécifiques. La méthode de la classe renversée, ou flipped classroom en anglais, consiste à demander aux étudiants de chercher les informations par eux-mêmes, grâce aux outils électroniques. Puis, en classe, les étudiants travaillent par petits groupes pour résoudre des problèmes. « Rien ne clarifie davantage les idées que le fait d'avoir à les expliquer aux autres »[6], souligne Eric Mazur dans un ouvrage de 1997 intitulé Peer Instruction. « En classe, je mise sur l'interaction. Je pose des questions et les étudiants doivent en discuter avec leur collègue assis à côté, tenter de le convaincre »[7] (...)".

Mise en place et historique[modifier | modifier le code]

Les premières expériences ont été conduites par Eric Mazur, professeur de physique à Harvard, dès les années 1990. L'enseignement se déroule traditionnellement en deux étapes. Tout d'abord, il y a le transfert d'informations : les enseignants communiquent le savoir. Ensuite, les étudiants assimilent le savoir et doivent être capables de l'utiliser dans les exercices. L'un des problèmes que pose ce modèle d'enseignement est qu'il donne le rôle actif à l'enseignant et le rôle passif à l'élève. Plus l'enseignant est actif, moins les élèves se sentent impliqués dans le processus.

Très pratiquée aux États-Unis et au Canada, la classe inversée se développe en France au travers de quelques expérimentations[8].

J.Bergmann est lui aussi un des initiateurs de cette méthode avec collègue A. Sams, ils ont également contribué à ce qu'ils appellent "la classe retournée". Ces deux professeurs ont remarqué que, grâce à cette méthode, les notes de leurs élèves augmentaient. En effet le temps de cours n'est plus consacré à la mise en place de nouvelles notions mais à la mise en pratique de celles-ci. L'objectif ici est de se demander : "qu'est ce qui convient le mieux à mes élèves ?"

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

La méthode inversée présente de nombreux avantages. Tout d'abord l'élève est beaucoup plus libre dans ses gestes, autrement dit il peut aller et venir dans la classe sans avoir forcément à demander l'autorisation, il peut communiquer et échanger avec ses camarades et le professeur à tout moment. Cette méthode ne consiste pas à laisser l'enfant assis pendant des heures, elle donne lieu à une classe plus vivante. Concernant l'enseignant, la méthode de la classe inversée casse la monotonie d'une journée traditionnelle. La motivation se ressent donc chez les élèves mais aussi l'enseignant. Le fait que les élèves travaillent à leur rythme leur permet de mieux comprendre et d'apprendre les programmes. L'enseignant peut alors s'adapter aux besoins de chacun. De plus, la classe inversée motive les enfants à venir en classe, contrairement à la méthode traditionnelle qui repousse les élèves en difficultés. Du point de vue relationnel, ce type de pédagogie permet d'améliorer les liens entre les élèves et les professeurs ce qui leur permet de passer au dessus des querelles et désaccords.

Selon Bergmann, malgré ces nombreux avantages, la méthode présente quelques inconvénients. Aujourd'hui il semble encore difficile de convaincre les enseignants et les parents de l'utilité de cette classe inversée, les élèves quant à eux sont moins réticents car ils maîtrisent de plus en plus les outils numériques. Ce concept ne peut pas se généraliser à l'ensemble des écoles ; en effet certaines écoles mais surtout certaines familles n'ont pas les moyens de s'acheter les outils numériques nécessaires à l'apprentissage des élèves.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mazur, Eric, Peer Instruction, A User's Manual, Prentice Hall Series in Educational Innovation Upper Saddle River, 1997
  • Bergmann, Jonathan et Sams, Aaron, La classe inversée, édition Technologie de l'éducation , 2014, 152.p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Three Trends That Define the Future of Teaching and Learning », KQED,‎ 2011 (consulté le 17 mars 2012)
  2. Dufour H., « La classe inversée », Technologie, no 193,‎ , p. 44-47 (lire en ligne)
  3. « Faire la classe mais à l’envers : la flipped classroom », SSF veille (Université de Sherbrooke),‎ 2011 (consulté le 17 mars 2012)
  4. « The Flipped Classroom », Bill Tucker,‎ 2012 (consulté le 17 mars 2012)
  5. « The Flipped Class Manifest », Bennett, Bergmann, Cockrum, Fisch, Musallam, Overmyer, Sams, Spencer,‎ 2012 (consulté le 17 mars 2012)
  6. (en) Eric Mazur, « Chaos in the classroom? », sur http://mazur.harvard.edu/, Mazur Group,‎ (consulté le 1 septembre 2013) : « Nothing clarifies ideas better than explaining them to others. »
  7. "A l'université, les cours sont dignes du Moyen Age, par Eric Mazur, Le Temps, vendredi 26 octobre 2012
  8. « La classe inversée, témoignages d'enseignants », sur http://www.laclasseinversee.fr (consulté le 5 janvier 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]