Classe Uniform

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Projet 1910 « Kashalot
Image illustrative de l'article Classe Uniform
Classe Uniform
Caractéristiques techniques
Type Sous-marins auxiliaires
Longueur 69 m
Maître-bau m
Tirant d'eau 5,2 m
Déplacement 1 390 tonnes (en surface)
1 580 tonnes (en plongée)
Propulsion 1 réacteur nucléaire à eau pressurisée de 1,5 MW, 1 hélice principale
2 propulseurs latéraux
Puissance 10 000 cv
Vitesse 10 nœuds (19 km/h) (en surface)
30 nœuds (56 km/h) (en plongée)
Autres caractéristiques
Électronique Radar : 1 Snoop Slab

Sonar : HF actif

Équipage env. 36 hommes
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the Soviet Union.svg Marine soviétique
Naval Ensign of Russia.svg Marine russe
Période de
construction
1977-1991
Période de service 1986-
Navires construits 3

Le Projet 1910 Kashalot (code OTAN : classe Uniform) est une classe de sous-marins de recherche et d’opérations spéciales (en) construits par l’Union soviétique à la fin des années 1970 et au début des années 1980[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, de nouveaux types de réacteurs nucléaires sont mis au point. Pour mieux connaître leur mise en œuvre, le Bureau d'étude SKB-143 Malakhit est chargé d'étudier la conception d'un mini-sous-marin mettant en application cette nouvelle technologie. Sans tube lance-torpilles, ce sous-marin nucléaire disposait pour la première fois en Union soviétique d'une seule coque. Mais très vite s'est imposée l'idée de l'utiliser pour la mise en œuvre de plongeurs, avec une chambre de recompression et des bras manipulateurs. Avec un réacteur d'une puissance de 10 000 cv, il dispose d'une hélice principale et de deux propulseurs latéraux. Son déplacement en fait l'un sinon le plus petit sous-marin nucléaire du monde[2] depuis le retrait du NR-1 américain.

Si leur emploi a toujours été discret, il n'en reste pas moins que l'un d'entre eux, l’AS-15, a été filmé sur les lieux du naufrage du K-141 Koursk, 15 heures après l'accident, dans la nuit du 12 au 13 août 2000. Un second sous-marin de ce projet aurait aussi participé à cette opération. Aucune information n'a filtré sur cette intervention[2].

Classés « Station nucléaire de plongée profonde de 1re classe », et très rapides pour leur taille (28 à 30 nœuds en plongée), ils ont rejoint les équipes spécialisées des plongées en eaux profondes du GUGI (ГУГИ pour Direction principale de la recherche en haute mer du ministère de la Défense de la Fédération de Russie (ru))[3] de la 29e Brigade autonome des sous-marins de la flotte du Nord, stationnée en baie d'Olenia dans la base navale de Gadjievo.

Unités[modifier | modifier le code]

Trois unités ont été construites (AS-13, AS-15 et AS-33) au chantier no 194 de Leningrad entre 1977 et 1994. La quille de l’AS-13 est posée en 1977 et il sera commissionné en 1986, la quille de l’AS-15 est posée en 1983 mais il n’est commissionné qu’en 1991[1].

Avec un déplacement de 1 580 tonnes en plongée, les sous-marins de classe Kashalot sont construits avec une seule coque en titane et sont propulsés par un réacteur nucléaire ; ils sont les premiers sous-marins soviétiques dotés d’une seule coque[1]. Ces bâtiments ont un equipage de 36 officiers et marins[1].

Evolution[modifier | modifier le code]

Le Locharik[4], AS-12 ou AS-31 (version modernisée du AS-12 de Classe Uniform)[5], projet 10831, est un sous-marin nucléaire de taille moyenne (environ 70 mètres de longueur) placé depuis 2003 au service direct du ministère de la Défense russe, et non de la flotte maritime militaire de Russie. Il s'agirait d'un sous-marin destiné aux opérations spéciales en eaux profondes[4] à visées stratégiques[6], de types recherches océanographiques, collectes d'informations, mises en place ou retraits d'infrastructures sous-marines, récupérations d'objets par très hauts fonds[7],[8], interceptions des câbles de communication transocéaniques posés sur les fonds marins, et à des recherches et expérimentations de technologies sous-marines[9],[10]. Ses vaisseaux-mères, destinés à l'acheminer sur les sites opérationnels, sont le BS-136 Orenbourg, un ancien SNLE de la classe Delta III, ou le BS-64 Podmoskovye, un SNLE Delta IV remodelé, ou encore le K-329 Belgorod de la classe Oscar II[11] modifié, en essais depuis 2019 et attendu comme opérationnel pour début 2022[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Wertheim 2007, p. 610
  2. a et b « Projet 1910 », sur soumarsov.eu (consulté le )
  3. Khan, « Les troupes des abysses », sur www.rusnavyintelligence.com, (consulté le )
  4. a et b « Incendie dans un sous-marin russe, 14 morts et silence du Kremlin », sur Le Monde.fr (consulté le ).
  5. Thomas Liabot, « Pourquoi l'incendie survenu dans un sous-marin russe embarrasse Vladimir Poutine », sur www.lejdd.fr, Lagardère Média News, (consulté le ).
  6. Le Monde avec AFP, « Incendie dans un sous-marin russe, 14 morts et silence du Kremlin », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  7. (en) « Here's Everything We Know About The Deadly Russian Submarine Fire (Updated) », sur The Drive (consulté le )
  8. (en) Le Monde avec AFP, « Les Etats-Unis et le Royaume-Uni veulent devancer la Russie pour récupérer l’épave d’un avion furtif », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  9. (en) H I Sutton, « Spy Submarine: Russia's AS-31 Losharik », sur www.hisutton.com, (consulté le )
  10. Marine Benoit, « Ce que l'on peut dire du mystérieux sous-marin nucléaire russe dans lequel ont péri 14 hommes », sur www.sciencesetavenir.fr, (consulté le )
  11. (en) H I Sutton, « Spy Subs -Project 09852 Belgorod », sur www.hisutton.com, (consulté le )
  12. (en) « Project 09852 'Belgorod' Secial Mission Submarine », sur www.hisutton.com (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Eric Wertheim, Naval Institute Guide to Combat Fleets of the World : Their Ships, Aircraft and Systems, Annapolis, MD, Naval Institute Press, , 1058 p. (ISBN 978-1-59114-955-2, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]