Claire Sainte-Soline

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Claire Sainte-Soline
Claire Sainte-Soline (1891-1967). Vers 1918.jpg

Claire Sainte-Soline vers 1920.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Nelly FouilletVoir et modifier les données sur Wikidata
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Claire Sainte-Soline, née Nelly Fouillet le à Melleran et morte le à Paris, est une femme de lettres française.

De 1934 à 1967, elle publie une vingtaine de romans, nouvelles, récits ou essais. Son premier titre suscite l'admiration d'André Gide.

Elle siège au jury du Prix du Roman populiste et du Prix Femina. Elle occupe la vice-présidence du PEN Club de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nelly Éva Marguerite Fouillet naît le à Melleran, village des Deux-Sèvres.

Ses parents, Pierre Fouillet (La Ferrière-en-Parthenay 1867 - Niort 1950) et Henriette Léontine Barbeau (Melleran 1864 - Niort 1932), sont instituteurs. Radical-socialiste proche du Centre droit, son père est maire de Niort de 1932 à 1935.

Elle étudie aux lycées de Niort et de Bordeaux puis entre en 1912 à l'École normale supérieure de Sèvres. Élève brillante, elle obtient une double agrégation de sciences physiques et naturelles et de physique-chimie. Assistante de Camille Matignon (élève de Marcellin Berthelot), elle participe à la recherche scientifique en chimie[1].

Nelly Fouillet embrasse une carrière de professeur. Elle enseigne successivement à La Châtre ; Blois et Grenoble (de 1915 à 1919) ; Auxerre (de 1919 à 1924) ; Paris (lycée Fénelon, de 1924 à 1956) puis à Fès, au Maroc (lycée Moulay Idriss de 1956 à 1958).

Sous le pseudonyme de Claire Sainte-Soline, elle publie en 1934 son premier roman, Journée, qui évoque la vie d'un village poitevin. La commune deux-sévrienne de Sainte-Soline lui a inspiré son nom de plume. Parmi une vingtaine d'œuvres, Le dimanche des Rameaux (1952), D'amour et d'anarchie (1955) et La mort de Benjamin (1957) passent pour ses plus belles réussites.

En 1950, elle devient membre du jury du Prix du Roman populiste.

La parution du recueil de nouvelles Mademoiselle Olga, en 1954, suscite les éloges des critiques littéraires[2]. En 1957, elle manque d'une voix le Prix Femina, ce qui lui vaut la notoriété. Mais dès l'année suivante, elle entre au jury de ce prix, dont elle se montrera un membre actif.

Elle est aussi vice-présidente du PEN Club de France et chevalier de la Légion d'honneur. Elle voyage dans toute l'Europe, visite l'Inde et le Japon[1].

Atteinte d'un cancer du sein, elle s'éteint le à l'hôpital de la Cité universitaire (Paris - 14e arrondissement).

Elle est inhumée le au cimetière des Sablières à Niort, où elle repose avec ses parents (2e division - carré D - tombe 43).

L'immeuble sis 34 rue du Cotentin (Paris - 15e arrondissement) où vécut Claire Sainte-Soline. Août 2015.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1918, Nelly Fouillet épouse l'artiste-peintre Louis Coquart (Ambrault 1895 - Noirmoutier-en-l'Île 1989), dont elle se sépare assez tôt puis divorce en 1941.

À Paris, elle réside 34 rue du Cotentin.

Sa fille, Paulette Coquart (Saint-Romans-lès-Melle 1919 - Noirmoutier-en-l'Île 1999), est la première épouse du romancier et académicien Pierre Moinot.

Son frère René Fouillet, né à Rom (Deux-Sèvres) en 1900, ingénieur électricien, décède en août 1950 à Saint-Égrève (Isère).

Elle noue une amitié durable avec des personnes aussi diverses que la pédagogue Angéla Médici (1902-2001), le dramaturge Jean-Claude Brisville, le philosophe Jean Hyppolite ou l'antiquaire Robert Capia.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Claire Sainte-Soline pratique une écriture précise et rigoureuse héritée de sa formation scientifique. Son style sobre, dense, incisif, s'inspire des romanciers français de la fin du XIXe siècle. Derrière des vies et lieux d'apparence banale, elle traque un monde de mystère et de secrets avec un art qu'admirera François Nourissier[3]. Elle analyse sans complaisance, avec ironie et même une certaine dureté, l'âpreté et l'immoralité humaines. Ses récits se déroulent souvent dans une atmosphère sombre, glacée, cruelle. Pour la plupart, ils exposent le dénouement rapide - en une seule journée - d'un conflit de longue date. Leur lecture dérange et questionne.

Esprit humaniste mais indépendant voire frondeur, peu soucieuse des modes et même volontiers anticonformiste, Claire Sainte-Soline refuse les thèses du Nouveau roman.

Dans son Journal, André Gide écrit, admiratif, que certaines pages de Journée lui font penser aux meilleures de Marguerite Audoux.

Parmi ses œuvres, on retient :
ROMANS

  • Journée (1934, Éditions Rieder) - un meurtre familial dans un village poitevin ;
  • Les Sentiers détournés (1937, Rieder) ;
  • Le Haut du Seuil (1938, Rieder) ;
  • La Montagne des Alouettes (1940, Presses universitaires de France) - chronique villageoise ;
  • Irène Maurepas (1942, Presses universitaires de France) ;
  • Et l'enfant que je fus... (1944, Presses universitaires de France) - autobiographie ;
  • Belle (1947, Presses universitaires de France) ;
  • Le Mal venu (1950, Éditions Stock) ;
  • Le dimanche des Rameaux (1952, Éditions Grasset) - une femme prend soudain conscience de la tyrannie de son époux et s'en libère ;
  • Reflux (1953, Éditions Grasset) ;
Claire Sainte-Soline à la fin de sa vie.
  • La mort de Benjamin (1957, Grasset) - qui manque d'une seule voix le Prix Femina ;
  • Castor et Pollux (1959, Grasset)[4] ;
  • Le Menteur (1961, Grasset) ;
  • Si j'étais hirondelle (1964, Grasset) - tragédie où les personnages accomplissent un destin qu'ils réprouvent ;
  • Noémie Strauss (1965, Grasset) - une femme perverse conduit ses amies au suicide ;
  • Les années fraîches (1966, Grasset) - souvenirs autobiographiques d'une enfance solitaire et mal-aimée ;
  • En souvenir d'une marquise (1969, Grasset) ;

NOUVELLES

  • Mademoiselle Olga (1954, Grasset) ;
  • De la rive étrangère (1962, Grasset) ;

ESSAI

  • Mon dernier quart d'heure (4 pages dans la Nouvelle Revue Française du 6 décembre 1967) ;

RECUEILS DE TÉMOIGNAGES

  • D'une haleine - récit d'une femme du peuple de Paris (1935, Rieder) ;
  • D'amour et d'anarchie (1955, Grasset) - vie d'un couple d'artisans avant la Première Guerre mondiale ;

RÉCITS DE VOYAGE

  • Antigone ou l'Idylle en Crète (1936, Rieder) ;
  • Grèce (1952, Pierre Cailler éditeur, Genève) ;
  • Maroc (1954, Pierre Cailler éditeur, Genève) ;

OPUSCULE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE

  • Petite physique pour les non physiciens (1943, Presses universitaires de France).

Citations[modifier | modifier le code]

  • Il y a trop d'inégalités par le monde. La misère des autres pèse sur moi. J'en arrive à ne plus respirer à l'aise (D'une haleine).
  • La seule chose, c'est d'aller à fond dans son propre sens (conseil donné à un jeune écrivain)[3].
  • Un écrivain n'a pas droit à plus de considération qu'un boulanger[5].
  • J'ai eu deux vies : celle de professeur et celle d'écrivain (propos tenus à la fin de son existence)[2].
  • Je n'ai aucune imagination et tout ce que j'écris c'est à partir de ma vie (affirmation citée par La Nouvelle République - 17 octobre 2017).
  • Les profondeurs sourdes et noires du sommeil me sont depuis longtemps refusées (Le dimanche des Rameaux).
  • Je me plais dans la brume et le crachin (Les années fraîches).
  • Qu'on me laisse ; je n'ai plus besoin de rien ni de personne. Bientôt, je vais être une chose ; je ne veux pas que l'on voie cette chose à ma ressemblance qui laissera toute question, toute tendresse, tout regard sans réponse (Mon dernier quart d'heure).

Postérité[modifier | modifier le code]

En décembre 1996, une allée du quartier de la Milaterie, à Niort, reçoit le nom de Claire Sainte-Soline.

La Médiathèque centrale d'agglomération de Niort détient un fonds d'archives Claire Sainte-Soline.

Le , pour célébrer le cinquantenaire du décès de la femme de lettres, la municipalité de Melleran baptise son école maternelle et primaire Claire Sainte-Soline. Les plaques commémoratives apposées à cette occasion citent l'écrivain : Tout enfant possède plus de science qu'on ne croit, mais une science qu'il a peine à extraire des profondeurs et qu'il est encore incapable d'exprimer, faute de vocables.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Courrier de l'Ouest - 18 octobre 1967. L'Universié et les Lettres ont dit un dernier adieu à Claire Saine-Soline.
  • Le Soir - 19 octobre 1967. Adieu, Claire Sainte-Soline par Constant Burniaux, de l'Académie (royale de langue et de littérature françaises de Belgique).
  • Le Figaro littéraire - 23 octobre 1967. La mort de Claire par Maurice Chapelan.
  • La Nouvelle République - 24 janvier 1997. Enquête sur un écrivain disparu par Yves Revert.
  • La Nouvelle République - 31 janvier 1997. Le filleul de Claire Sainte-Soline témoigne. Interview du docteur Jean-Charles Medici.
  • La Nouvelle République - 14 octobre 1997. Une romancière à l'honneur. Jean-Pierre Giraudoux (fils de Jean) évoque son amie Claire Sainte-Soline.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b notice biographique des Éditions Grasset.
  2. a et b notice biographique de la Conservation des cimetières de Niort.
  3. a et b article de la Nouvelle République du 24 janvier 1997.
  4. un exemplaire porte un envoi non daté à Alexandre Vialatte (archives personnelles).
  5. préface du Dimanche des Rameaux - Éditions Grasset. Les Cahiers rouges. Avril 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]