Claire Goll

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Claire Goll, née Clara Aischmann à Munich le et décédée à Paris le , est une écrivain, poète et journaliste franco-allemande. Elle a été l'épouse du romancier et poète Yvan Goll.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claire Goll est née de parents prussiens aristocrates et juifs en 1890. Face à une mère d'une extrême violence, Claire Goll avoue avoir tenté de la tuer à 12 ans. Également au sujet du décès de sa mère dans un camp de concentration, elle exprime à l'occasion d'une émission littéraire animée par Bernard Pivot son indifférence, ajoutant : « C'était pendant 20 ans, avant tout le monde que j'ai été dans un camp de concentration. Et la première nazie que j'ai connue, c'était ma mère ». Son frère qui a subi la même violence que sa sœur s'est suicidé à 16 ans.

En 1911, Clara Aischmann épouse le futur éditeur Heinrich Studer (de) et vit avec lui à Leipzig. En mai 1912, elle met au monde une fille, Dorothea Elisabeth, nommée Doralies. En 1916, elle émigre en tant que pacifiste en Suisse, où elle étudie à l'Université de Genève, s'engage dans le mouvement pacifiste et commence à travailler en tant que journaliste. En 1917, elle fait la connaissance du poète Yvan Goll. À la fin de 1918, elle a une liaison avec Rainer Maria Rilke, avec lequel elle restera lié d'amitié jusqu'à sa mort.

En 1918 paraît son premier recueil de poèmes, Mitwelt et le recueil de nouvelles Die Frauen erwachen. Elle se rend avec Yvan Goll à Paris en 1919, où ils se marient en 1921. En 1926, elle publie son premier roman Le nègre Jupiter enlève Europe (Der Neger Jupiter raubt Europa). Ses nouvelles, poèmes et romans paraissent aussi en français. Elle écrit les recueils de poèmes Poèmes d'amour (1925), Poèmes de la jalousie (1926) et Poèmes de la vie et de la mort (1927) avec son mari.

Claire et Yvan Goll, tous deux d'origine juive, fuient le national-socialisme en 1939 et s'exilent à New York. Ils ne reviennent qu'en 1947 à Paris, où Yvan Goll meurt en 1950.

Après la mort d'Yvan Goll, elle se consacre à l'œuvre de son mari, mais elle manipule les textes et falsifie les données. Ses romans autobiographiques Le Ciel volé (Der gestohlene Himmel, 1962) et Traumtänzerin (1971) n'attirent pas l'attention. En revanche, sa dispute avec Paul Celan défraie la chronique. Claire Goll accusait Paul Celan d'avoir plagié Yvan Goll, ce qui s'est avéré être faux. Ses mémoires, La Poursuite du vent (Ich verzeihe keinem. Eine literarische Chronique scandaleuse unserer Zeit, 1976) se font aussi remarquer.

Elle meurt en 1977 et est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (10e division)[1]. Sa tombe porte un dessin de Marc Chagall.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ (ISBN 978-2914611480), p. 375

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Crédits de traduction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Michaela Karl, « Claire Goll: Die Femme fatal », in Bayerische Amazonen – 12 Porträts, Pustet, Regensburg 2004 (ISBN 3791718681), p. 116-131.
  • (de) Susanne Nadolny, Claire Goll. "Ich lebe nicht, ich liebe". Collage mit Texten, Bildern und Fotos, Edition Ebersbach, Berlin, 2002 (ISBN 393470347X).
  • (de) Barbara Wiedemann (éd.), Paul Celan – die Goll-Affäre: Dokumente zu einer "Infamie", Suhrkamp, Frankfurt a. M., 2000 (ISBN 3-518-41177-2).
  • Yvan Goll : un poète, sa femme, ses illustrateurs... : 22 novembre-14 décembre 1980, Bibliothèque et Musée de Saint-Dié, [catalogue par Mary Cuny et Daniel Grandidier ; exposition organisée avec la collaboration de la] Société des amis de la Bibliothèque et du Musée, Saint-Dié-des-Vosges, Bibliothèque municipale, 1980
  • La Poursuite du vent - autobiographie

Liens externes[modifier | modifier le code]