Claire Etcherelli

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Claire Etcherelli
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Prix Femina ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Archives conservées par
La Contemporaine (Arch 0066)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Claire Etcherelli, née à Bordeaux en 1934, est une écrivaine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claire Etcherelli naît à Bordeaux le 11 janvier 1934. Son père docker est arrêté par les Allemands et déporté en 1942. Elle va alors vivre chez son grand-père au Pays basque. Elle devient orpheline à l'âge de neuf ans, son père ayant été exécuté en 1943. Devenue pupille de la Nation, donc boursière, elle entre dans un pensionnat catholique chic à Bordeaux, où elle se dit mal à l'aise en raison de la différence des classes sociales. Pour se singulariser, elle refuse de passer son bac, abandonne les études et se marie à 18 ans. Elle commence à écrire à 19 ans, sans trouver d'accueil favorable auprès des éditeurs. Son premier fils naît alors qu'elle a 22 ans, un an avant son divorce en 1953[2]. En 1957, elle part vivre à Paris, où, par nécessité, elle travaille tout d'abord comme contrôleuse sur une chaîne de fabrication chez Citroën[3] puis comme ouvrière dans une autre usine[2]. Elle est hospitalisée à la suite de problèmes de santé, survit grâce à quelques ménages[3], puis trouve en 1960 un emploi moins exténuant dans une agence de voyage, ce qui lui permet de recommencer à écrire[2]. Elle entame la rédaction d'Élise ou la vraie vie, qui met en avant le travail à la chaîne, les relations humaines conflictuelles et surtout le racisme particulier à cette époque de la guerre d'Algérie. En 1961, elle met au monde son second fils, et achève son roman en 1963, cherchant en vain un éditeur. Elle se remarie en 1966 avec Mohamed Cherchelli, directeur de l'office du tourisme algérien, mais le mariage ne dure que quelques mois[2].

L'année suivante, Élise ou la vraie vie est accepté par Maurice Nadeau, qui le publie au éditions Denoël. Le roman reçoit très vite un accueil favorable, avec en novembre 1967 une première critique de Claude Lanzmann dans Elle, suivie la semaine suivante d'une seconde de Simone de Beauvoir dans Le Nouvel Observateur[2].

Ce premier roman remporte le prix Femina en 1967, dans un climat controversé aussi bien au sein du jury que dans la presse d'extrême-droite[2]. Il est adapté au cinéma par Michel Drach en 1970.

En 1968, elle arrête provisoirement de travailler en tant que salariée, et achève en 1971 son second roman, À propos de Clémence, qui traite de l'héroïsme des hommes et de la violence contre les femmes. Le personnage masculin, un réfugié politique qui sombre dans le désespoir et se venge de sa situation en frappant sa compagne, Clémence, lui a été inspiré par le souvenir autobiographique d'un réfugié espagnol vivant dans sa rue lorsqu'elle était enfant, et condamné pour tentative de meurtre sur sa femme[3]. La trame littéraire du roman est nettement plus complexe que le précédent, avec un triple niveau de narration[3],[4] et le livre reçoit un accueil moins favorable de la critique[3].

En 1973, elle devient secrétaire de rédaction de la revue Les Temps modernes[5].

Elle publie en 1978 Un arbre voyageur[3]. Qualifié par certains, comme ses romans précédents, de Bildungsroman, le livre est là encore une critique sociale. Il décrit la façon dont une femme, Millie, se réalise dans les maigres choix qui lui sont laissés dans un environnement contraint au sein de la classe ouvrière, en revendiquant ses droits politiques, sur fond de guerre d'Algérie. Le roman, en deux parties, évoque tout d'abord par la voix de la narratrice Anna, au travers de leurs relations à Paris, la situation de dépendance de Millie, par opposition avec le statut de la narratrice. La seconde partie, vue par un narrateur extérieur, décrit avec des réminiscences sur son enfance la vie de Millie, retirée volontairement dans un petit village de province avec son enfant, ses expériences de travailleuse précaire, ses confrontations avec ses compagnons (le premier lui a été ravi par la guerre d'Algérie, le troisième est un nationaliste breton devenu poète alcoolique) et ses rencontres avec les militants politiques qui l'influencent. Il se conclut, avec la révolution de mai 1968, par un retour volontaire à ses racines ouvrières dans le quartier de Belleville[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1967 : Élise ou la Vraie Vie, éditions Denoël,
  • 1971 : À propos de Clémence, éditions Gallimard,
  • 1978 : Un arbre voyageur, éditions Gallimard,
  • 2003 : Un temps déraisonnable, édition Du Félin,
  • 2007 : Un mal de chien, éditions Robert Laffont.

Poésie[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=FileId-2255 » (consulté le )
  2. a b c d e et f (en) Claire Etcherelli (préf. John Roach), Elise ou la Vraie Vie, Routledge, (ISBN 978-1-134-96484-0, lire en ligne)
  3. a b c d e et f (en) Elizabeth Fallaize, « Claire Etcherelli », dans French Women’s Writing: Recent fiction, Macmillan Education UK, coll. « Women in Society », (ISBN 978-1-349-23002-0, DOI 10.1007/978-1-349-23002-0_5, lire en ligne), p. 88–108
  4. (en) Katharina M. Wilson et M. Wilson, An Encyclopedia of Continental Women Writers, Taylor & Francis, (ISBN 978-0-8240-8547-6, lire en ligne)
  5. Christiane P. Makward, Madeleine Cottenet-Hage, Dictionnaire littéraire des femmes de langue française, Karthala, 1996, p. 229
  6. Judith G. Miller, « Review of Un Arbre voyageur », The French Review, vol. 52, no 5,‎ , p. 792–793 (ISSN 0016-111X, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Écoutez cette femme... Un entretien de Simone de Beauvoir avec Claire Etcherelli », Le Nouvel Observateur, 15 novembre 1967.
  • Siobhan McIlvanney, « Feminist "Bildung" in the Novels of Claire Etcherelli », The Modern Language Review, vol. 92, no 1, janvier 1997, p. 60-69
  • Alice Delphine Tang: Ecritures sociales de femmes en francophonie: Claire Etcherelli, Gabrielle Roy, Werewere Liking et Delphine Zanga Tsogo. L'Harmattan, 2017

Liens externes[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]