Clémentine-Hélène Dufau

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Clémentine-Hélène Dufau
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Anonyme, Clémentine-Hélène Dufau,
Washington, bibliothèque du Congrès, Bain Collection.
Naissance
Décès
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Paris (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Maître
Lieu de travail
Distinction

Clémentine-Hélène Dufau née à Quinsac (Gironde) le et morte à Paris le est une artiste peintre, affichiste et illustratrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de l'auteur (1911), Paris, musée d'Orsay.

Clémentine-Hélène Dufau naît dans une famille girondine par sa mère née Dumézil, et basque par son père. Ce dernier, après un séjour à Cuba, en était revenu avec une fortune suffisante pour épouser la fille de Guillaume Dumézil, propriétaire aisé d'un domaine viticole à Quinsac[1].

Clémentine-Hélène[2] est leur quatrième enfant vivant — une plus jeune sœur étant morte en bas âge. De santé fragile, elle doit rester souvent allongée et, très jeune, manifeste un don pour le dessin. Après que ses sœurs se sont mariées, elle souhaite aller à Paris faire des études artistiques. Ses parents décident alors de vendre le domaine de Quinsac et s'installent en 1888 au 12, rue Pergolèse dans le 16e arrondissement de Paris pour l'accompagner.

Clémentine-Hélène s'inscrit au cours de l'Académie Julian dans l'atelier de William Bouguereau. En 1895, elle expose au Salon des artistes français et obtient le prix Marie Bashkirtseff pour son tableau L'Amour de l'Art, ce qui lui permet d'avoir ses premières commandes pour des affiches publicitaires. Son affiche pour le Bal des increvables (1896) du Casino de Paris est remarquée, ainsi que celle qu'elle réalise pour le lancement du journal La Fronde, fondé en 1897 par Marguerite Durand. En 1898, elle adhère à la Société des artistes français et obtient une bourse pour un voyage d'étude d'un an en Espagne. De retour à Paris, elle expose les œuvres réalisées et obtient un très bon accueil critique. Elle signe ses travaux « C.H. Dufau ». Certaines de ses œuvres évoluent vers le mysticisme.

À partir de 1905, devenue une artiste reconnue, elle est reçue dans les milieux intellectuels parisiens. Elle travaille et sympathise avec l'auteur de théâtre Edmond Rostand dont elle décore la villa Arnaga à Cambo-les-Bains. C'est alors que, déstabilisée par la mort de sa mère, touchée pour la première fois par une certaine solitude, elle se prend d'une passion amoureuse, qu'elle qualifie elle-même de « folle », pour Maurice Rostand, le fils encore adolescent de l'écrivain, qui ne cache pourtant pas ses penchants homosexuels. Cette relation tourmentée et à sens unique dure plusieurs années.

Nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1909[3], sa carrière artistique s'étoffe encore avec une commande de l'État pour la décoration de la nouvelle Sorbonne (panneaux Astronomie et Mathématiques et Radioactivité et Magnétisme) et des portraits de nombreuses personnalités. Elle voyage à l'étranger et expose ses œuvres. En 1911, elle fait construire une villa au Pays basque qu'elle devra revendre en 1926 car peu à peu sa situation financière se dégrade.

Elle s'installe à Antibes où elle aménage un atelier face à la mer[4].

Adepte de René Guénon, passionnée par Krishnamurti, elle est proche des collaborateurs des Cahiers de l'Étoile. En 1932, elle écrit son livre-testament, Les Trois Couleurs de la lumière, où elle expose sa vision ésotérique de l'art : avec une mise en page originale, elle s'inspire du mathématicien Charles Henry, de son cercle chromatique et de sa théorie du « psychone », tout en citant René Guénon, l'abbé Paul Lacuria, Joséphin Peladan, Louis de Broglie[5]. Pour une pensée « féminine » et « unificatrice », elle tente une synthèse entre les écrits « de la tradition ésotérique et les recherches scientifiques, notamment sur la résonance et les fréquences des couleurs ». Elle dénonce les violences faites aux femmes et lance un appel à l’égalité des sexes[6].

Elle doit finalement quitter Antibes et louer son atelier pour s'assurer un petit revenu. Elle expose encore au Salon de la Société des femmes artistes modernes.

Atteinte d'un cancer de l'estomac, elle meurt à Paris le . Elle est inhumée dans le carré des indigents du cimetière parisien de Thiais.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Anonyme, Hélène Dufau, portrait de la Collection Félix Potin.
Argentine
France
Pologne

Affiches[modifier | modifier le code]

  • Bal des increvables au Casino de Paris, 1896.
  • Société des miniaturistes et enlumineurs de France, galerie Georges Petit, 1896, imprimerie Verneau.
  • La Fronde, 1898[10].
  • L'Enfant à travers les âges, 1901, affiche pour l'exposition de l'enfance au Petit Palais[11].
  • Exposition de Hanoï, gouvernement général de l'Indo-Chine, 1902.
  • Pelote Basque, 1903.

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Pierre Valdagne, L'Amour par principes, Paris, Paul Ollendorff éditeur, 1898.
  • Paul Adam, Basile et Sophia, gravures de Georges Lemoine, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques Ollendorff, 1900.
  • Enacryos, Les femmes de Setnê, gravures de Georges Lemoine, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques Ollendorff, 1903.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le château de Clauzel produit toujours du vin de nos jours (cf. Mayi Milhou, De lumière et d'ombre : Clémentine-Hélène Dufau (Quinsac, 1869- Paris, 1937), Éditions Art et Arts, 1997).
  2. Elle est déclarée « Catherine-Hélène » à l'état-civil, mais baptisée « Clémentine-Hélène » (Mayi Milhou, op. cit.).
  3. René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 433.
  4. Le peintre Nicolas de Staël y a séjourné sept mois avant de mettre fin à ses jours en 1955 ; ensuite, c'est le sculpteur Abel Chrétien qui l'occupera jusqu'en 1972.
  5. J.P. Laurant, René Guénon, lectures et enjeux, Politica Hermetica, L'Âge d'homme, p. 243.
  6. Franny Tachon [1].
  7. « Portrait de l'auteur », notice no 000PE018140, base Joconde, ministère français de la Culture.
  8. Notice sur art.rmngp.fr.
  9. « La Danse mathématique », notice sur nubis.univ-paris1.fr.
  10. Exemplaires conservés à Paris au musée Carnavalet et à la bibliothèque Marguerite-Durand.
  11. Voir sur parismuseescollections.paris.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Mayi Milhou, De lumière et d'ombre : Clémentine-Hélène Dufau (Quinsac, 1869- Paris, 1937), Éditions Art et Arts, 1997 (ISBN 2-911059-03-4). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Art et Décoration, tome 2, 1897, pp. 28-29 et 169-171 (en ligne sur Gallica).
  • René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, pp. 432-433. — Avec signatures, autoportrait et reproduction de la toile Le Repos.

Liens externes[modifier | modifier le code]