Clémentine-Hélène Dufau

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Clémentine-Hélène Dufau
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Clémentine-Hélène Dufau,
Bain Collection,
Washington, bibliothèque du Congrès.
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Maître
Lieu de travail
Distinction

Clémentine-Hélène Dufau, née à Quinsac (Gironde) le , et morte à Paris le , est une artiste peintre, affichiste et illustratrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clémentine-Hélène Dufau naît dans une famille girondine par sa mère née Dumézil, et basque par son père. Ce dernier, après un séjour à Cuba, en était revenu avec une fortune suffisante pour épouser la fille de Guillaume Dumézil, propriétaire aisé d'un domaine viticole à Quinsac[1].

Clémentine-Hélène[2] est leur quatrième enfant vivant, une plus jeune sœur meurt en bas âge. De santé fragile, elle doit rester souvent allongée et, très jeune, manifeste un don pour le dessin. Ses sœurs mariées, elle souhaite aller à Paris faire des études artistiques. Ses parents décident alors de vendre le domaine de Quinsac et s'installent en 1888 au 12 rue Pergolèse dans le 16e arrondissement de Paris pour l'accompagner.

Clémentine-Hélène s'inscrit au cours de l'Académie Julian dans l'atelier de William Bouguereau. En 1895, elle expose au Salon des artistes français et obtient le prix Marie Bashkirtseff pour son tableau L'Amour de l'Art, ce qui lui permet d'avoir ses premières commandes pour des affiches publicitaires. Son affiche pour le Bal des increvables (1896) du Casino de Paris est remarquée, ainsi que celle qu'elle réalise pour le lancement du journal La Fronde, fondée en 1897 par Marguerite Durand. En 1898, elle adhère à la Société des artistes français et obtient une bourse pour un voyage d'étude d'un an en Espagne. De retour à Paris, elle expose les œuvres réalisées et obtient un très bon accueil critique. Elle signe ses travaux « C.H. Dufau ». Certaines de ses œuvres évoluent vers le mysticisme.

À partir de 1905, devenue une artiste reconnue, elle est reçue dans les milieux intellectuels parisiens. Elle travaille et sympathise avec l'auteur de théâtre Edmond Rostand dont elle décore la villa Arnaga à Cambo-les-Bains. C'est alors que, déstabilisée par la mort de sa mère, touchée pour la première fois par une certaine solitude, elle se prend d'une passion amoureuse, qu'elle qualifie elle-même de « folle », pour Maurice Rostand, le fils encore adolescent de l'écrivain, qui ne cache pas ses penchants homosexuels. Cette relation tourmentée et à sens unique dure plusieurs années.

Nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1909[réf. nécessaire], sa carrière artistique s'étoffe encore avec une commande de l'État pour la décoration de la nouvelle Sorbonne (panneaux Astronomie et Mathématiques et Radioactivité et Magnétisme) et des portraits de nombreuses personnalités. Elle voyage à l'étranger et expose ses œuvres. En 1911, elle fait construire une villa au Pays basque qu'elle devra revendre en 1926 car peu à peu sa situation financière se dégrade.

Elle s'installe à Antibes où elle aménage un atelier face à la mer[3].

Adepte de René Guénon, passionnée par Krishnamurti, elle est proche des collaborateurs des Cahiers de l'Étoile. En 1932, elle écrit son livre-testament, Les Trois Couleurs de la lumière, où elle expose sa vision ésotérique de l'art : avec une mise en page originale, elle s'inspire du mathématicien Charles Henry de son cercle chromatique et de sa théorie du « psychone », tout en citant René Guénon, et l'abbé Paul Lacuria, entre autres[4].

Elle doit finalement quitter Antibes et louer son atelier pour s'assurer un petit revenu. Elle expose encore au Salon de la Société des femmes artistes modernes.

Atteinte d'un cancer de l'estomac, elle meurt à Paris le . Elle est inhumée dans le carré des indigents du cimetière de Thiais.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de l'auteur (1911), Paris, musée d'Orsay.
Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de Jeanne Lanvin (1925), Paris, Musée des Arts Décoratifs.
En France
En Pologne
En Argentine

Affiche[modifier | modifier le code]

  • Bal des increvables au Casino de Paris, affiche, 1896.
  • Société des miniaturistes et enlumineurs de France, galerie Georges Petit, affiche, imprimerie Verneau, 1896.
  • L'Enfant à travers les âges, affiche pour l'exposition de l'enfance, Petit Palais, avril juin 1901[7].
  • Exposition de Hanoï, gouvernement général de l'Indo-Chine, affiche, 1902.
  • Pelote Basque, affiche, 1903.
  • La Fronde, affiche, 1898[8].

Illustration[modifier | modifier le code]

  • Pierre Valdagne, L'Amour par principes, Paris, Paul Ollendorff éditeur, 1898.
  • Paul Adam, Basile et Sophia, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques, 1900.



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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le château de Clauzel produit toujours du vin de nos jours (cf. Mayi Milhou, De lumière et d'ombre : Clémentine-Hélène Dufau (Quinsac, 1869- Paris, 1937), Éditions Art et Arts, 1997).
  2. Elle est déclarée Catherine-Hélène à l'état-civil, mais baptisée Clémentine-Hélène (Mayi Milhou, op. cit.).
  3. Le peintre Nicolas de Staël y a séjourné sept mois avant de mettre fin à ses jours en 1955, ensuite, c'est le sculpteur Abel Chrétien qui l'occupera jusqu'en 1972.
  4. J.P. Laurant, René Guénon, lectures et enjeux, Politica Hermetica, L'âge d'homme, p. 243.
  5. « Portrait de l'auteur », notice no 000PE018140, base Joconde, ministère français de la Culture.
  6. art.rmngp.fr.
  7. parismuseescollections.paris.fr.
  8. Exemplaires conservés à Paris au musée Carnavalet et à la bibliothèque Marguerite-Durand.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Mayi Milhou, De lumière et d'ombre : Clémentine-Hélène Dufau (Quinsac, 1869- Paris, 1937), Éditions Art et Arts, 1997 (ISBN 2-911059-03-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Art et Décoration, tome 2, 1897, p. 28-29 et 169-171 (en ligne sur Gallica).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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