Étrusques

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Étrusques (Etruci ou Tuci, en latin et « Τυρρηνοί » Tyrrhēnoi, c’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes , en grec ancien)
Image illustrative de l'article Étrusques
Urne cinéraire anthropomorphe avec boucles d'oreille en bronze. Artéfact étrusque attribué au milieu du VIIe siècle av. J.-C.

Période Du VIIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C. (âge du fer européen)[1]
Ethnie Lydiens ; villanoviens[a] ; phrygiens ; Tyrrhéniens ; et peuples de la mer
Langue(s) Étrusque
Religion Polythéiste, cosmogonite et « De divinatione »[3]
Villes principales Arezzo ; Bologne / Festina ; Capoue ; Chiusi ; Caere ; Cortone ; Fiesole ; Orvieto (« Volsinies ») ; « Pufluna »[b] Tarquinia ; Vetulonia ; Volterra ; Vulci[c]
Région d'origine Étrurie[7],[8],[9]
Région actuelle Essentiellement l'actuel territoire de la Toscane[10]; la totalité de la plaine du Pô ; côte orientale de la Corse ; et quelques comptoirs dans la partie orientale de la Sicile, sur la côte du Latium et en Campanie septentrionale, et également sur le pourtour bassin méditerranéen occidentale[d]
Rois/monarques Notamment les monarches appartenant à la dynasties des Tarquins[e]
Frontière D'Ouest en Est et du Nord au Sud : ligures ; celtes d'Italie[f] ; vénètes ; rhètes ; sardes ; falisques ; latins ; ombriens ; sabins et picéniens (essentiellement la tribu des vestins)[18],[19],[20]
Buste sculpté représentant une femme étrusque. Artéfact archéologique attribué aux environs de la fin IIIe siècle av. J.-C. et début du IIe siècle av. J.-C.. Il s'agit d'une œuvre réalisée à partir de terracotta.

Les Étrusques (du latin « Etrusci ») sont un peuple qui vivait depuis l'âge du fer en Étrurie, territoire correspondant à peu près à l'actuelle Toscane et au nord du Latium, soit le centre de la péninsule italienne, jusqu'à leur assimilation définitive comme citoyens de la République romaine, au Ier siècle av. J.-C., après le vote de la Lex Iulia (-90) pendant la guerre sociale. Ils furent, dans les débuts de Rome, ses principaux adversaires.

Les Romains les appelaient « Etrusci » ou « Tusci » et les Grecs les nommaient « Τυρρηνοί » (Tyrrhēnoi, c’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes, nom qui a été donné à la mer des côtes occidentales de l'Italie), mais si l'on en croit l'historien grec Denys d'Halicarnasse (I, 30), ils s'appelaient eux-mêmes « Rasenna » ou, par syncope, « rasna »).

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Tyrrhéniens et Lydien.

La terminologie ethnonymique du terme étrusque s'inscrit au travers de différents biais, simultanément historique, culturel, littéraire et politique. Au cours des périodes monarchique et républicaine, les Romains les dotaient de l'élément grammatical nominatif « Etrusci » ou encore, « Tusci », adjectif qui reléverait probablement du déterminant typographique greco-archaïsant « θύεινΊ »[g],[22],[23]. À postériori, les auteurs et historiens Grecs de l'époque hellénistique, dont notamment Hêródotos[h] (-484 - -420), les désignaient sous le terme de « Τυρρηνοί » (Tyrrhēnoi, c’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes, nom qui a été donné à la mer éponyme des côtes occidentales de l'Italie)[24]. Ultérieurement à ces premières occurrences ethnonymiques, au cours de l'antiquité tardive, on a toutefois préempté les étrusques d'une définition nominative significativement différente. Ainsi, d'après des écrivains antiques tels que l'historien grec Denys d'Halicarnasse (-60 - -8)[i], ce peuple protohistorique italien s'auto-surnommait « Rasenna » ou, par syncope, « rasna »)[25],[26].

D'autre part, la documentation archéologique étrusque fait état d'une influence et d'une imprégnation proto-étrusques certaines au sein de l'espace littoral et maritime tyrrhénien[27],[28]. En témoignent les nombreux artéfacts mis au jour au cours de ces trois dernières décennies et attribués au début du Ier millénaire av. J.-C. (Xe siècle av. J.-C. et IXe siècle av. J.-C.), et présents sur une grande partie du litoral et des plaines côtières tyrrhéniennes. Il s'agit essentiellement de vaissellerie de tels que des œnochoï ou encore un ex-voto de bronze, surnommé « Le Cavalier tyrrhénien »[j],[27],[28]. Ces objet datant de la fin de l'âge du bronze manifestent d'une plastique artisanale à caractère proto-étrusque, également appelé « chône-œnôtrien »[27]. Cette identification typologique atteste d'un effet de diffusion à la fois culturelle et commerciale. Par conséquent, ces éléments mettent en évidence une filiation ethnique et étymologique probable entre les tyrrhéniens et les étrusques[27],[28].

En regard de ces différentes données linguistiques, on peut matérialiser une forme d’agrégation phonique et scripturale qui définit le schéma étymologique du terme étrusque. Par ailleurs, il est possible d'observer que celui-ci évolue et se supplée au contexte historique et culturel[k], lequel est en proie à de multiples changements, voire une instabilité patente[33],[26],[34],[32].

En revanche, on peut appréhender un cadre de genèse étymologique plausible. De facto, par le biais des nombreuses références et évocations littéraires antiques[l], mais également au travers d'un corpus archéologique notable[m], une synthèse concrête concernant l'adjectif étrusque. Ce dernier relève très probablement d'un substrat simultanément thyrrénien et lydien[26],[34],[23],[22],[32].

Au cours du Xe siècle l'ethnonyme « Tusci » est réemployé au sein d'un cursus géographique régional, en créant le toponyme Toscane. Celui-ci procède également d'une forme dérivée et développée du terme « Tuscia »[n], élément culturel et géographique communément acquis dès le IIIe siècle de la Rome impériale, et faisant ainsi écho à l’antique dénomination de l'Étrurie, territoire des étrusques[35],"[36],[9],[26],[34].

Origines et ethnogenèse[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : histoire de l'Italie et Origine des Étrusques.
Article détaillé : Culture de Villanova.

Comme dans le cas de beaucoup d'autres peuples, les avis des historiens, antiques et modernes, diffèrent à propos des origines des Étrusques, exogènes (Lydiens) et autochtones (Villanoviens), sans que l'une soit nécessairement exclusive de l'autre. L'origine des Étrusques est évoquée dès l'Antiquité selon différentes traditions se référant très majoritairement à une origine orientale anatolienne[37] mais certains auteurs mentionnent également la possibilité d'une origine autochtone ou septentrionale. Selon Hérodote, l'aristocratie des Étrusques serait d'origine lydienne[38].

Une autre hypothèse suggère que les Étrusques auraient eu pour foyer d'origine, le nord-est de l'Italie, soit un territoire correspondant approximativement à l'actuelle Vénétie. Ces derniers auraient dominé la quasi-totalité de l'Italie du nord, jusqu'à l'arrivée et l'expansion des tribus italo-celtiques; ils se seraient alors recentrés sur la région de la Toscane et du nord du Latium. Néanmoins, cette hypothèse est soumise à débat[39].

Selon Jean-Paul Thuillier, « le caractère mythique, fantaisiste ou idéologique de ces théories antiques a conduit aujourd'hui les chercheurs à laisser quelque peu de côté la question des origines », le débat restant donc ouvert et « loin d'être clos »[40]. Massimo Pallottino, fondateur de l'étruscologie moderne et reconnu comme l'un des plus grands étruscologues, considère que l'émergence de la civilisation étrusque ne peut résulter que d'une seule migration, mais est le fruit d'un long processus de formation à partir d'apports multiples (à la fois autochtones villanoviens et exogènes, orientaux ou autres)[41].

Des recherches basées sur l'analyse de l'ADN de 80 individus dont les restes ont été prélevés dans des tombes étrusques[42] ont conclu que cet échantillonnage présente des similitudes avec les populations anatoliennes, mais qu'il diffère de manière surprenante de l'ADN des actuels Toscans (études limitées à de vieilles familles de Volterra, de Casentino et de Murlo[43]). Les éléments analysés provenant de tombes riches, appartenant à l’aristocratie, l'hypothèse retenue serait qu’il s'agit d’une élite dominante et non assimilée avec le reste de la population d’alors, celle-ci étant probablement d'origine villanovienne. Les Toscans actuels en seraient les descendants.

Une autre étude plus récente (2013) comparant l'ADN mitochondrial étrusque à celui d'individus d'époque médiévale et moderne de Toscane et d'Anatolie indique que le lien avec l'Anatolie date d'il y a au moins 5 000 ans, et que le modèle le plus probable est celui de la continuité génétique entre les Étrusques et certaines populations actuelles de Toscane, comme celles des régions de Volterra et particulièrement Casentino mais non pas de l'ensemble de la Toscane[44].

Il s'agit probablement de l'une des ethnies vascoïdes (non indo-européennes), qui peuplaient une bonne partie de l'Europe occidentale ; les Basques actuels seraient les descendants de ces peuples vascoïdes[45].

D'autre part, la distribution linguistique au sein de l'espace italien de âge du bronze récent à final (Xe siècle av. J.-C. et IXe siècle av. J.-C.) atteste de la prééminence d'un substrat proto-étrusque sur l'ensemble du littoral et des terres médio-centrales toscanes[46]. L'abondant catalogue archéologique de la langue étrusque, laquelle présente un déterminant non-indo-européen[46],[47],[48], nous est fournie par le biais d'environ 10 000 occurrences épigraphiques ou textes scripturales de petites taille tels que des dédicaces, ou encore des épigrammes[49],[50],[51],[47][o]. Ces artéfacts scripturaux tendent à déterminer deux éléments factuels : la non-appartenance des étrusques au cursus ethnique dit indo-européen et l'ethnogenèse géographique circonscrite à une région correspondant peu ou prou à l'actuelle Toscane[9],[52],[47].

De manière incidente, et en regard du développement indubitable du faciès culturel de type villanovien au sein de la même sphère géographique et chronologique[p], la culture proto-étrusque manifeste d'une racine, voire d'une symbiose, avec la culture dite de villanova, et qui apparaissent de manière clairement définie[55],[56],[53],[57].

Par conséquent, la confrontation des différents témoignages et sources, tel que les textes littéraires antiques[52],[24],[58][q], les analyses et études provenant d'échantillonnages ADN prélevés sur des individus toscans[59],[60], et les récents apports d'une documentation archéologique étrusque notable[r],[25],[53],[55], concrétisent le postulat selon lequel l'ethnogenèse étrusque trouve une origine chrono-bronzéïfère au sein de l'aire géographique villanovienne[55],[53],[25]. On peut donc conclure que les peuples proto-étrusques et villanoviens procédent d'une seule et même identité ethnique et culturelle[54],[25],[56].

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En outre, au travers des documents littéraires antiques, génétiques et archéologiques, on peut également appréhender un processus d'accrétion et de catalyse inter-ethniques ayant été à l'origine des populations proto-étrusco-villanoviennes. De facto, ces mêmes données archéologiques, littéraires et génétiques, nous fournissent des indices patents d'un effet de synthèse ethnique et culturel entre des peuples autochtones préexistants à l'âge du bronze ancien et moyen dans l'aire géograpphique toscane d'une part, et des peuples de substrat centro-européen et méditerranéo-orientales[s], d'autre part[60],[59],[63],[64].

Avant la fondation de Rome : la difficile connaissance d'un peuple de la protohistoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Italie préromaine et civilisation étrusque.

La trame historique de l'Italie préromaine nous révèle que l'émergence de la étrusque semble intimement liée à l'expansion territoriale et commerciale de la « κοινή » gréco-archaïsante d'une part, et à l'empreinte culturelle proto-italiques[t], d'autre part[66],[2]. Les faits matériels archéologiques, corroborés à de nombreuses mentions issues de sources antiques, attestent de multiples implantations grecques[u][67],[68],[69],[70], lesquelles débutent à la fin du IXe siècle av. J.-C., pour se développer de manière significative au cours de la première moitié du VIIIe siècle av. J.-C.[1],[2],[71]. Ces établissements, à caractère colonial, se manifestent par la présence de sites essentiellement localisés dans le Sud de la péninsule italienne. La documentation archéologique concernant la période préromaine (c'est-à-dire la protohistoire italienne précédant la fondation de Rome[v]) atteste l'existence de complexes urbains chalcidiens, dont notamment ceux de « pithekos », sur l'île tyrrhénienne d'Ischia, aux environs de -775[69],[67],[68],[66] et de « Κύμη », sur le littoral nord-campanien, vers -750[69],[67],[68],[66]. De multiples occurrences d'artéfacts à déterminant artisanal proto-étrusque mis au jour au sein de ces sites, mettent en évidence des contacts très probables entre la sphère gréco-chalcidienne d'une part et la sphère étrusque, d'autre part[69],[67],[68],[71],[2],[72]. Concrètement, ces liens seraient sous-tendus par des échanges commerciaux entre les deux peuples antiques[69],[67],[68],[71],[72]. Ce système économique intra-péninsulaire aurait probablement contribué au développement et à l'essor de la civilisation proto-étrusque[2],[69],[67],[73],[74],[75].

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Par ailleurs, certains éléments matérialisent un apport grec indubitable au sein du faciès culturel proto-étrusque. À cet effet, il est manifeste que l' écriture proto-étrusque relève d'un déterminant dérivé de l'système alphabétique grec[2],[74],[67],[48]. On a ainsi découvert sur le territoire toscan, des vestiges épigraphiques datant de la fin du IXe siècle av. J.-C. et première moitié du VIIIe siècle av. J.-C. à cursus scriptural emprunt du grec classique archaïsant. Cette donnée induit un processus d'adoption culturelle nécessaire à la genèse des élites intellectuelles et politiques proto-étrusques[48],[2].

D'autre part, les formes plastiques et stylistiques de l'artisanat proto-étrusque mettent en relief des emprunts indéniables aux canons esthétiques phéniciens. Cette observation sur les œuvres d'art issuent de la sphère post-villanovienne, suggèrent que les populations proto-étrusques du IXe siècle av. J.-C. et VIIIe siècle av. J.-C. entretiennent également des relations privilégiées avec les peuples antiques du littoral syrien[48],[2],[71].

Dans ce contexte historique premier quart de l'âge du fer italien, bien que l'on ne dispose de peu de données liant les étrusques à la trame des évènements, il est toutefois plausible de corréler leurs émergence et donc leur entrée dans l'histoire avec celles avec les contacts commerciaux et culturels certains qu'ils ont eu avec les civilisation grecque, phénicienne, et également proto-italiques[2],[71],[72].

Après la fondation de Rome : leur entrée dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Époque orientalisante[modifier | modifier le code]

En -753, le cours historique des peuples de la péninsule italienne, dont celui des étrusques, observe l'émergence d'une nouvelle cité, laquelle relève d'une constitutionnalité étatique de type monarchique[76],[66],[77]. L'incidence de la fondation de Rome et la portée par les jumeaux latino-sabins Romulus et Rémus au mileu du VIIIe siècle av. J.-C., se révèlent déterminentes au sein de la trame historique de l'Étrurie[78],[79],[80],[81],[82],[83]. Il ressort de la lecture du cadre événementiel italien, que la cité-état romaine d'une part, et la civilisation étrusque d'autre part, manifestent d'une interaction et d'une influence mutuelle significatives et conséquentes. Ces dernières sont simultanément pourvues d'un caractère politique, culturel et économique[2],[71],[66],[84],[85],[86],[80],[81],[82],[83].

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Pour la civilisation étrusque, l'élément chronologique post-villanovien allant de la fin du VIIIe siècle av. J.-C., jusqu'au début du VIIe siècle av. J.-C.[w], on peut envisager la terminologie historiographique et chrono-culturelle de

« période orientalisante »

— Jean-Marc Irollo, 2010, page 65 de l'ouvrage Histoire des Étrusques[71].

Au terme du VIIIe siècle av. J.-C., la civilisation étrusque procède d'une fédération de peuples et de cités ayant une même identité ethnique et culturelle. Celle-ci se manifeste sous la forme d'une nation totalement constituée[71]. Par ailleurs, au tournant du VIIIe siècle av. J.-C. et du VIIe siècle av. J.-C., et en raison des nombreuses implantations au voisinage des littoraux maritimes tyrrhéniens de cités telles que « Pufluna », « Tarchna », ou encore « Cisra », il est possible concrétiser le postulat selon lequel la nation étrusque relève d'abord et avant tout d'une forme d'état thalassocratique[x][87],[71].

Aux environs de -700, peuple étrusque est marqué par une acquisition historique et culturelle d'importance. Les étrusques acquièrent le système scriptural, lequel demeurait jusqu'à cette période totalement absent au sein de leur domaine d'érudition[66],[88]. Les plus anciennes inscriptions en langue étrusque mises au jour témoignent de cette assimilation[y],[88],[66],[48]. L'analyse linguistique de ces dernières, montrent que ces occurrences épigraphiques procèdent d'un déterminant alphabétique alphabet chalcidien[z][91],[66],[48],[49],[88],[92],[aa].

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Au cours de la première moitié du VIIe siècle av. J.-C., le cadre historique et événementiel des étrusques se détermine essentiellement au travers de leur expansion territoriale et politique au sein de la plaine padane, au Nord, et des aires géographiques septentrionales de la Campanie, du Latium, et de l'Ombrie, au Sud. Outre la confédération des cités-états étrusques fondée dans le courant du VIIIe siècle av. J.-C., la civilisation étrusque administre donc deux nouveaux territoires : la dodécapole padane et la dodécapole méridionale. Les étrusques fondent ainsi telles que « Pyrgi », « Caiatia », « Heba », dans la partie étrusco-méridionale et métropoles telles que « Atria », Cesena, Felsina, Forcello di Bagnolo San Vito et « Kaituna », dans la partie étrusco-padane. En parallèle de cet élément et au cours de cette même période, le pouvoir politique étrusque semble entretenir et cultiver des relations diplomatiques tempérées, voire sereines avec ses proche voisins romains[ab] et italo-grecs, lesquelles sont sous-tendues par des échanges commerciaux et culturels pérennes et intensifs[94],[95],,[85],[96],[97],[98],[99],[93].

Toutefois, la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C., est marquée par une déteriation de ses rapports d'entente internationales et politiques étrusco-romains[100],[101],[102],[103].


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Ce constat d'usure diplomatique entre les 2 états semble se concrétiser par une prise de pouvoir institutionnel et militaire des étrusques au sein de Rome aux environs de -620 et ce, jusqu'à la conclusion du VIe siècle[104]. De facto, les périodes de règnes étrusques sur Rome semblent relever de multiples incursions militaires provenant des cités-états de « Tarchna »[ac][105],[103], de « Velx »[ad],[107],[109], et dans une moindre mesure, Chiusi[110]. En contrepoint, il est difficile de prendre en compte des faits invasifs provenant de « Tarchna » ou de « Velx » via l'axe de communication fluvial tibérien[111],[112]. Dans un cadre purement géostratégique, les 2 métropoles étrusques ne possédant ni frontières communes, ni une tangible proximité spatiale, ce postulat apparaît que peu plausible. En revanche les positions respectives de « Cisra » et de « Veis », font de ces cités étrusques d'excellentes candidates pour une mise sous tutelle de la métropole romaine voisine[111],[113],[114],[115]. Par ailleurs, les occurrences épigraphiques extraites du sous-sol sédimentaire de Rome et attribuées à cette période de troubles et de tensions diplomatiques (première moitié du VIIe siècle av. J.-C.), bien que présentant un cursus alphabétique étrusque, procèdent d'une syntaxe linguistique latine. De surcroît, ces inscriptions témoignent d'un registre instutionnel, soulignant ainsi le caractère d'implication politique et non militaire de la « koinè » étrusque au sein la cité tibérienne[112]. Qui plus est, les nombreux artéfacts mis au jour en contexte d'habitat d'une part et funéraire, d'autre part privilégient la thèse d'un mercenariat étrusque, au détriment de l'hypothèse proposant un envahissement étrusque[112],[105],[108],[116]. D'autre part, la cité latine du VIIe siècle av. J.-C. relève d'une démocratie monarchique dite ouverte aux éléments ethniques exogènes[117],[118],[119]. Sous cet angle, il demeure possible d'accréditer ce paradoxe historique d'une éventuelle conquête de Rome par les étrusques sans pour autant qu'il y ait eu des données factuelles et indubitables, voire contradictoires. En l'occurrence, les historiens Thierry Piel et Bernard Mineo nous apportent un élément de réponse. Selon ces derniers, on peut soumettre les événement à un argument plus crédible, voire décisif. Ce dernier se matérialise par l'hypothèse d'un statut spécifique aux hiérarques étrusques, c'est-à-dire : non pas celui de conquérents, mais plutôt celui d'une chefferie composée de soldats et de nobles issus d'un mercenariat exogène à Rome, ce que l'on peut qualifier au moyen d'une terminologie issue de la renaissance italienne, de condottieri[111],[112],[120],[121],[122].

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La lecture des indices archéologiques, épigraphiques tels que la tablette au lion à cursus typographique suggérant l'hospitalité envers les voisins étrangers à Rome[ae] et littéraires antiques, suggèrent de manière significative que Rome, au tournant du VIIe siècle av. J.-C. est terre d'accueil des multiples peuples provenant de l'Italie centrale et méridionale[af], mais toutefois présentant une forte majorité ethnique d'origine étrusque[123],[93]. De surcroît , l'ensemble des fouilles effectuées sur le site tibérien, mettent en évidence la présence certaine d'un quartier entier situé sur la rive droite du Tibre, et dont l'architecture et les différents biens domestiques découverts procèdent d'un substrat étrusque : il s'agit du litus tuscus[124],[125],[126], ou encore du « ripa veiens »[ag][99],[127]. Dans ce cadre, il est possible de définir une véritable

« gens étrusque, la gens « Ruma » qui aurait ainsi donné son patronyme à la ville »

— Jean-Marc Irollo, Histoire des étrusques, 2010, page 166[99].

,[128],[129],[130]. Par conséquent, dans ce cadre historique, un fait invasif étrusque sur la métropole romaine semble invalidé. En contre-point, la thèse d'une installation étrusque de nature pacifique pourrait être privilégiée[93],[129],[130],[112],[131],[132]


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« Sous le règne d'Ancus (Marcius), un personnage entreprenant et puissament riche, Lucumo, vint s'établir à Rome, poussé surtout par le désir et l'espoir d'y occuper le poste le plus important auquel il ne lui avait pas été permis de prétendre à Tarquinia : car là aussi il n'était qu'un étranger. »

— Tite-Live, Livre I, 34, 1 La valse des condottieres / Thierry Piel, Bernard Mineo Et Rome devint une République... 509 av. J.-C. 2011, page 63.


Au début des années -610, « Lucius Tarquinius Pricus Lucomnies » (dit Tarquin l'Ancien)[133] vient s'installer à Rome afin d'y exercer un rôle politique de premier plan. L'ambitieux descendant d'une riche famille de nobles et commerçants étrusques, évolue promptement au sein de la scène politique romaine, laquelle est représentée par deux assemblées : la comices curiates[134],[135],[136] d'une part, et comices calates, d'autre part[134]. Grâce à ses dons naturel d'orateur et de stratège politique, le noble étrusque parvient à préscrire et apposer son empreinte sur la jeune monarchie démocratique et ce, probablement au détriment du 4e souverain romain d'origine sabine, Ancus Marcius. Ouvrageant pour son accession au siège suprème, Tarquin l'Ancien réunit derrière lui les forces militantes de la plèbe romaine[137],[138],[139] et, tout en éloignant les descendants d'Ancus Marcius, se fait proroger roi de Rome[ah][105] par cooptation démocratique des deux comices, en -616[141],[142].

Époque archaïque[modifier | modifier le code]

Les étrusques à Rome[modifier | modifier le code]

En -578, Servius Publius Tullius (également dénommé « Marcstrna »[106], ou « Macstrana »[140],[143], en étrusque), fils du commerçant étrusque Publius et d'une esclave servante de l'épouse de Tarquin l'Ancien et originaire de « Velx »[144],[145],[146],[66], succède à ce dernier pour endosser le statut hiérarchique de Rome. Celui-ci demeure sur le trône de la grande cité du Latium environ 40 ans, son règne se concluant en -535 avec son assassinat, perpétré par son propre neveu, Tarquin le Superbe[66],[107],[109],[147],[148].

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Dans une allocution au sénat de Rome[aj], l'empereur Claudius, l'un des tout premiers étruscologue[162],[163], met en relief la probable trame historique ayant donné cours à l'accession au pouvoir de Servius Tullius. Il explique, expose et argumente que ce dernier se serait exilé d'Étrurie en direction de la cité capitoline. Selon le chef d'état romain, Servius Tullius aurait été appuyé par une partie de l'ost de « Caile Vipina » / Cælius Vibenna dont il en aurait pris la tète. Le déroulement des événements se poursuivant, Servius Tullius investi le mont Cælius, l'une des collines de Rome. Par ailleurs, Claudius remarque que postérieurement à ce fait historique, le condotiere étrusque baptise ladite colline romaine, le mont « Vipina » ou « Vibenna ». Enfin, dans son exposé relatant les événements qui ont conduit l'homme d'état natif de « Velx » (une partie de l'inscription portée sur la table dite claudienne l'empereur romain authentifie la réelle filliation familliale et identité de Servius Tullius : il s'agirait d'un personnage dénommé « Macstrna »[164],[165],[166],[167]. Voici un extrait de l'allocution claudienne[168],[169],[170] :

« Fils de l’esclave Ocrésia, si nous en croyons nos historiens, Servius Tullius prit place sur le trône entre ce prince et son fils ou son petit-fils, car les auteurs varient sur ce point. Si nous suivons les Toscans, il fut le compagnon de Cælius Vivenna, dont il partagea toujours le sort. Chassé par les vicissitudes de la fortune avec les restes de l’armée de Cælius, Servius sortit de l’Etrurie et vint occuper le mont Cælius, auquel il donna ce nom en souvenir de son ancien chef ; lui-même changea son nom, car en étrusque, il s’appelait Mastarna et prit le nom que j’ai déjà prononcé, de Servius Tullius, et il obtint la royauté pour le plus grand bien de la République »

— Claude, Table claudienne, première colonne,[171].

Au cours de la seconde moitié de l'époque monarchique, les étrusques, à présent aux rènes du pouvoir de la ville capitoline[ak] réalisent de vastes travaux d'infrasctructures urbaines, notamment sous l'impulsion de Servius Tullius / « Marcstrna ». De manière incidente, la cité tibérienne observe au cours de cette période un développement urbanistique explicite et significative[178]. De ces chantiers de grande ampleur, on peut tout particulièrement noter la genèse, puis l'assise et enfin le développement du mur d'enceinte dit servien[al]. La mise en œuvre du bâti servien, qui se voit entamée sous le règne romain de Tarquin l'Ancien, se prolonge pendant l'exercice au pouvoir de Servius Tullius / « Marcstrna ». Dès lors, l'édification tarquino-servienne se concrétise au cours VIe siècle av. J.-C. par un aggrandissement du périmètre défensif ceignant le Capitole romain (autrement dit l'agger de sauvegarde de la cité romaine[am],[179],[180],[181]). En outre, le plan d'urbanisme du périmètre de protection servien est structuré de telle manière que ce dernier correspond à ligne de démarcation du pomœrium[182][an],[183],[184],[185],[186],[187]. Par ailleurs, concernant la cité monarchique romaine, d'autres faits d'infrastructures urbaines et architecturales seraient également à créditer à la licence des étrusques. En effet, on atteste que ces derniers onts conçus un système de drainage visant à assécher les zones maréchageuses tibériennes situées entre le Capitole et le mont Palatin[188],[189]. Celui-ci est sous-tendu et déterminé par un édifice souterrain, permettant une évacuation des eaux efficace et dont les caractéristiques s'apparentent à une voirie hydraulique. L'infrastructure toujours existante et dénommée Cloaca Maxima est l'une de ses occurrence hydro-urbanistique constituant le réseau étrusco-romain protohistorique[178],[190],[191],[192],[193],[194],[195],[196]. D'autre part, on porte également au crédit des étrusques de Rome, la mise-en-œuvre et l'érection d'édifice monumentaux tels que le Circus Maximus[ao],[197], lequel présente une capacité d'environ 25 000 places de spectateurs[198],[199],[200],[201],[202] ; le temple de la Triade capitoline, lequel affiche des mensurations de 53 mètres de long, sur 63 mètres de large[ap],[aq],[178],[197], et dont le podium est argumenté de cellæ et respectivement dédiées à Jupiter, Junon et Minerve[207],[208],[209],[210] ; et enfin, moins étudiés de la littérature antique et de l'archéologie étrusque, et affectant un gabarit et d'une importance plus modeste, les deux sanctuaires qui surplombent l'aire sacrée de Sant'Ombono, dont l'un est dévolu à la divinité du hasard, du destin et de la chance Fortuna[211],[212],[213] et le second à la déesse Mater Matuta[214],[215],[178],[216],[217],[218]. Ces deux dernières occurrences architecturales occuppent un emplacement situé au voisinnage du port romain de l'Ostia et, de fait, au cœur d'un petit quartier marchand préexistant. Dès lors, la décision politique de souverain Tarquinien, concourre à créer le développement autour de ces infrastructures religieuses d'une zone majeure d'échanges commerciaux. Ce choix géographique détermine et met en évidence la volonté de « Macstrna » de mener une politique ouverte et favorable aux agents commerciaux romains[219], probablement dans la perspective d'accroître le pouvoir économique de Rome[178],[220],[221],[222],[223],[224],[225]. D'autre part, Servius Tullius / « Marcstrna » engage des réformes politiques, institutionnelles, sociales, militaires et économiques profondes. Ce dernier institue une nouvelle organisation sociale du peuple romain : il fait voter et promulguer des lois visant à répartir la société romaine en classes, les cens[226],[227],[228],[229],[230],[231],[219], lesquelles sont chacunes déterminées par leurs richesses propres et subrogeant ainsi différent degrés d'imposition[232],[233] et soumettant la population de la ville capitoline au suffrage censitaire[234],[235],[236]. Le souverain romain originaire de « Velx » réorganise l'administration territoriale de la cité tibérienne : il fait adopter un acte législatif soustrayant l'aire d'occupation romaine en 4 régions distinctes[ar][237],[238],[239],[240]. Cette dernière procède d'une chambre législative à caractère populaire et censitaire. Par ailleurs, la comices centuriates est destinée à deux objectifs : d'une part elle a pour dessein de fixer une levée d'impôt, le « tributum », lequel est accordé à la rémunération des légions ; d'autre part celle-ci a pour but de constituer lesdites troupes militaires romaines[241],[242],[243],[244]. Enfin, sous le biais strico sensu militaire, le monarque étrusque coordonne et hiérachise l'armée romaine et innove en mettant en place des divisions armées dites lourdes, ou encore cuirassées. L'ost guerrier romain s'articule au travers d'envron 200 centuries, lesquelles sont déterminées selon des caractéristiques de classe d'âge et de richesse censitaire. Chacune de ces troupe romaine se voit composée de 100 citoyens romains[245],[246],[178]. Les centuries constituées de citoyens romains les plus riches et les plus jeunes, se présentent sous la forme de phalanges[247], lesquelles sont équipées d'un ensemble constitué d'éléments de protection[as] et d'éléments offensifs de type hoplitique[at],[178],[252],[253],[254].

En regard de cette politique de grands travaux entamée sous Tarquin l'Ancien et des multiples réformes serviennes conduites a posteriori, et dont l'inspiration est un héritage direct de la culture étrusque, la dynastie tarquinienne semble donc avoir marqué de son empreinte la cité tibérienne de manière durable et concrète, effective et visible. Celle-ci participe d'une détermination immanente et sans équivoque des rois étrusques de Rome à faire de cette dernière une métropole au rayonnement politique, économique et militaire conséquent[178]. L'auteur Livien lui-même s'accorde à présenter la stratégie d'état des souverains tarquiniens comme étant positive et avisée en la formulant ainsi :

« œuvre la plus considérable qui puisse être réalisée en temps de paix »

— Tite-Live Ab Urbe condita libri, Livre I[255],[256],[178].

Pour autant, il est nécessaire de nuancer ce constat. D'une part, certains auteurs et historiens, voire même hommes d'état romains (c'est par exemple le cas de Claudius[257],[163],[162]), contestent la pleine et entière paternité de ces réformes dites serviennes, à son personnage éponyme[258],[259],[260],[261]. D'autre part, on objecte, par le biais d'une ample documentation archéologique, lesdits grands travaux, bien qu'ils aient débuté sous les tarquins, se sont vus achevés à l'époque républicaine[259],[260],[261],[178],[258]. Enfin, s'il est actuellement fondé et établi que les rois étrusques ont laissé bien plus qu'une trace de leur postérité au sein de la ville capitoline antique, ces derniers demeurent des étrusques de Rome (autrement dit les populations d'origine étrusque vivant sur le sol romain et que l'on désigne de manière globale par « "Ruma estruschi »)[au],[262],[263],[264],[265] et ce, à la différence, voire a contrario des étrusques appartenant à l'une des cités-états dont l'ensemble constitue les dodécapoles d'Étrurie[266],[267],[268],[269],[270],[178],[271].

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En -534, après avoir fomenté l'assassinat de Servius Tullius / « Macstrna », puis un coup d'état au cœur du sénat romain visant à éloigner, voire éliminer les hiérarques partisans de ce dernier, Tarquin le Superbe accède au magistrature monarchique suprême de Rome[109],[292],[293],[294],[295] ,[296] ,[297]


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Ce personnage de filiation ethnique étrusque, natif du sol romain et probablement petit-fils de Tarquin l'Ancien[299],[300]. D'une part la tradition littérature antique semble en proie à de nombreuses contradictions. De fait, l'assassinat auguré par Tarquin le Superbe est auréolé d'une mythologie essentiellement développée par Tite-Live. Un vestige d'inscription épigraphique gravée sur une pierre et mis au jour non-loin du Comitium, actuellement conservé au Musée de Fiesole, porte la mention suivante :

« fortuna Servios perit »

— Servius périt par action de la Fortune Tite-Live, Livre I ; Appius Claudius (Table claudienne)[301],[302],[303],[304],[305].

Les étrusques en Italie et dans le monde méditerranéen[modifier | modifier le code]

Dans le cadre international, l'apogée de la civilisation étrusque se situe probablement entre 600 et 350 av. J-C. En -535 en effet, les Étrusques, alliés aux Carthaginois (certains historiens emploient à ce propos l'expression de « Confédération étrusco-carthaginoise »), remportent la bataille navale d'Alalia (Aléria) au large de la Corse, contre les Phocéens de Massalia, soit la colonie grecque de l'antique Marseille, dans la lutte qui les oppose pour le contrôle de la Méditerranée occidentale. L'arrêt de l'expansion étrusque commence à la fin du même siècle, puis vient le déclin durant le Ve siècle av. J.-C.. Rome est la première à se libérer de la domination étrusque en chassant Tarquin le Superbe vers -509 ; puis les Latins dans leur ensemble s'en libérèrent avec l'aide d'Aristodème de Cumes à la bataille d'Aricie en -506.,

Les têtes de pont étrusques restent ainsi isolées en Campanie, s'affaiblissent après la défaite navale de Cumes en -474, et sont définitivement perdues en -423 lors de la conquête de Capoue par les Samnites. Au nord, l'invasion gauloise détruit les cités étrusques de la plaine du au début du Ve siècle av. J.-C..

Époque classique[modifier | modifier le code]

En -396, Rome conquiert Véies, étendant ainsi son influence sur toute l'Étrurie méridionale. Durant plus de deux siècles, à l'initiative tantôt de l'une tantôt de l'autre de leurs cités, les Étrusques luttent contre l'expansion romaine.

Époque héllenistique et romanisation de l'Étrurie[modifier | modifier le code]

Mais en -295, bien que coalisés avec la population d'Ombrie, les Gaulois cisalpins et les Samnites, ils sont vaincus à la bataille de Sentinum et en -264, Rome s'empare de la capitale religieuse étrusque Velzna : en quelques décennies ils sont totalement assujettis[306] à Rome et inclus, par des traités spécifiques, parmi les « alliés » de la péninsule italienne, jusqu'à ce que la citoyenneté romaine leur soit accordée lors de la guerre sociale de -90--88.


Article détaillé : Apports des Étrusques aux Romains.
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Cratère en calice étrusque

En dépit de la perte de leur autonomie politique, les Étrusques continuent à exercer par la suite une grande influence en Italie sur le plan culturel, religieux et artistique. Rome, qui sous Auguste fait de l'Étrurie la septième région d'Italie, subit fortement leur influence, qui perdure dans les institutions, les modes de vie, la langue, les goûts, l'amour du luxe, du faste et des banquets, la danse et la musique. Les goûts étrusques sont attestés par les peintures de leurs tombes, quoique ces dernières nous renseignent surtout sur ceux des classes aisées, c'est-à-dire sur les goûts d'une minorité de la population. L'empereur Claude est lui-même un spécialiste de la culture étrusque.

Les dieux romains, que beaucoup pensent être empruntés aux Grecs, sont en réalité empruntés aux Étrusques. Ainsi, les Étrusques vénèrent Menrva, déesse armée, Tinia, dieu puissant du ciel, Turan, déesse de la puissance féminine, les Tinias Clenar, fils jumeaux de Tinia, ou Hercle, fils de Tinia à qui furent imposés des travaux. Ces dieux qui ne sont pas représentés avant que les Étrusques ne rencontrent les Grecs et leur Panthéon sont donc issus de l'iconographie grecque pour représenter les divinités étrusques qui gardent leur originalité (ils n'ont ainsi pas les mêmes histoires). Les Étrusques transmettent ensuite leur Panthéon (noms et iconographies) aux Latins (qui ont surimposé ce Panthéon à leurs propres divinités antérieures). C'est pour cela que les dieux romains sont Minerve, Jupiter, Hercule… et non Athéna, Zeus, Héraclès… Seuls Bacchus et Apollon sont des emprunts directs au Panthéon grec car il n'y avait pas de divinité préexistante équivalente dans la tradition étrusque.

La Triade capitoline romaine (Jupiter/Junon/Minerve), marqueur culturel romain à qui de nombreuses villes romaines on bâti un temple à triple cella est aussi issue des Étrusques, chez qui ce type de temple est courant. Celui de Rome aurait été inauguré, selon la tradition, en -509, première année de la République après l'expulsion des rois étrusques. Ce qui permet de déduire qu'il fut commandé et construit sous la domination étrusque de la Ville.

D'autres symboles, très fortement romains, comme le siège curule des sénateurs romains, sont directement empruntés aux objets de pouvoir étrusque. Il s'agissait d'un siège pliant pour char, privilège aristocratique.

Synthèse historique[modifier | modifier le code]

Grèce romaine Époque hellénistique Époque classique Époque archaïque Siècles obscurs Période hellénistique étrusque Époque classique étrusque Période archaïque étrusque Période orientalisante étrusque Culture de Villanova Empire romain République romaine Monarchie romaine


Le territoire étrusque : Éléments géographiques[modifier | modifier le code]

Les terres historiques : panorama physique et spatial[modifier | modifier le code]

« Un éden sur terre »

— Jean-marc Irollo, Histoire des étrusques", 2010, page 63[1].

Les terres historiques de l'Étrurie originelle[ax] étaient délimitées par les cours des fleuves Arno (rive droite) et Tibre (rive gauche) dont les sources se situent sur les versants respectifs des monts Falterona et Fumaiolo. L'Étrurie comprenait donc la partie occidentale de l'Ombrie, la globalité de la Toscane, et l'extrémité septentrionale du Latium, jusqu'à Rome où la rive droite du Tibre[1],[8],[9], le Trastevere était considérée étrusque comme cela est confirmé sous les termes anciens suivants : litus tuscus (autrement dit : rivage des étrusque) ou encore « étrangère » (littéralement : rive de Véies[ay])[307]. L'expansion commerciale et politique étrusque s'étend par la suite en Campanie et dans la plaine du Pô comme le témoignent les reste archéologiques, monuments et pièces artistiques de tout genre[308],[99],[93].

Au Ier siècle, dans son œuvre épistolaire les Lettres, Pline le Jeune, nous fournit une vision et une perspective particulièrement élogieuses du panorama naturel des terres historiques étrusques[9] :

« Le pays est d'une beauté ravissante. Imaginez une sorte d'amphithéâtre immense, tel que la nature seule peut le créer ; la plaine d'une vaste étendue, est entourée de montagnes, les montagnes sont couronnées de hautes et antiques forêts, le gibier y est abondant et varié. »

— Pline le Jeune (61 - 114) Epistulae, Livre V, 6, 7-8[309],[310],[311],[312],[313],[9].

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Dans sa partie septentrionale et orientale, le territoire est pourvu de contreforts et de vallées tributaires de la chaîne des Apennins, laquelle aspecte une suite d'enceintes montagneuses naturelles évoluant du Nord au Sud. Leurs altitudes, relativement restreintes, s'octroient d'une culminance de 2 163 mètres avec le mont Cimone, localisé dans l'actuelle province de Modène, en Émilie-Romagne. Par ailleurs, le sous-sol géologique de ces massifs montagneux est particularisé par des ressources en minerais métallifères manifestes. Plus à l'ouest, en direction de l'espace central étrusco-toscan, ces derniers s'amenuisent et se révèlent sous la forme d'un prolongement vallonné riche d'une terre siennoise de type argileuse, un matériau favorisant l'exploitation agricole et bénéficiant d'une composition essentielle à la production des poteries étrusques tels que les bucchero : il s'agit de la région des monts du Crete senesi (littéralement terre siennoises, en italien) et dont la cité-état de Chiusi en est le principal centre administratif, politique et économique[9],[315]. La plaine centrale, manifestant d'une espace restreint au niveau des alpes Apuanes (massif d'où est extrait et exploité le marbre de Carrare[316],[317],[318]), au Nord se développe en largeur vers le Sud-Ouest en allant rejoindre la basse-vallée de l'Arno. La partie occidentale de cet ensemble topographique s'achemine en collines peu marquées, lesquelles sont pontuées de gorges et de dépression fluviales de tailles modestes telles que le Val d'Orcia et affluentes à l'Ombrone et à l'Arno[1],[319]. À l'extremité Ouest de l'Étrurie, le panorama se transforme et s'étire en plaines côtières bordées par la mer Tyrrhénienne, dont notamment la vaste plaine maritime de la Maremme. En direction du Sud, les terres étrusques se prolongent en massifs de types volcaniques[ba],[9], lesquels sont égrainés d'étendues lacustres telle que celle de Bolsena. Les éléments pédologiques rocheux corrélés à ces hauts-plateaux et reliefs encaissés, se manifestent essentiellement par la présence de tuf volcanique, une roche qui se caractérise par l'aisance de son extraction et de son exploitation, telles que la construction d'éléments architecturaux, ou encore des ouvrages en bas-reliefs. Toutefois, cette dernière présente des déterminants granulométriques la rendant significativement fragile et séccable[1],[9]. En outre, cette région méridionale aux paysages d'altitude que l'on dénomme la « haute Tuscia », présente une végétation riche notamment constituée de massifs forestiers de type feuillus, tels que des chêneraies, ou encore des hêtreraies, essences largement utilisées et représentées au sein de l'industrie étrusque, tant en termes de matériau de combustion, qu'en termes production de poteaux de bois, de sculptures et, sous forme brute, de biens d'exportations. De cette mane naturelle, la métropole étrusque de Volsinies, géographiquement et stratégiquement positionnée au sein de la région boisée, s'en octroie la majeure partie du marché économique[320],[1],[2],[9].

On peut constater que le territoire est globalement organisé autour de 4 axes majeurs.

Dans un premier temps, on distingue deux lignes longitudinales : tout d'abord un ligne occidentale formée par les plaines côtières longeant la mer Tyrrhénienne, dont l'épicentre est approximativement déterminé par « Rusellæ »[321],[322],[323],[324],[325],[326] ; et dans un second temps, un vaste espace centrale de faible altitude évoluant du Nord au Sud[327].

D'autre part, le territoire étrusque observe et s'organise par le biais de deux axes latitudinaux, lesquels coïncident et correspondent aux cours fluviaux (l'Arno et l'Ombrone), se développant d'Est en Ouest[328],[329],[330],[331],[332],[333],[334].


L'ensemble de ces éléments topographiques, géologiques, géographiques révèlent que le territoire étrusque historique[bb], sans toutefois ne pas comporter quelques écueils, affiche des avantages notables tant spatiaux, que pédologiques, minérifères, et hydrographiques. Les étrusques bénéficient donc d'un domaine favorable à l'agriculture, à l'essor industriel et économique, ainsi qu'à la navigation et par conséquent commerce de produits manufacturés (en particulier au regard de ses voies fluviales et de son ouverture à un vaste espace maritime)[2],[335],[336],[337].

Extension et frontières[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étrurie.

La « nation étrusque » s'est formée à travers un complexe procédé d'échanges commerciaux, flux migratoires et conflits armés. Ainsi au début de IXe siècle av. J.-C., la métallurgie du fer se développe dans divers centres de l'Étrurie permettant dès lors de suivre à travers les restes archéologiques son développement. Les premiers habitats se transforment d'abord en cité-états, puis petits états à base monarchique puis aristocratique (Ve siècle av. J.-C. dont l'expansion unitaire reste limitée

L'expansion débute au VIIIe siècle av. J.-C., les cités plus puissantes absorbant culturellement soit par la force (Véies) soit politiquement ( Falerii, Capena, Rome (avec l'occupation de Rome au VIe siècle av. J.-C. par les Tarquins, Mastarna et Porsenna), en Campanie (Capoue, Pompei et Salerne) et vers le Nord avec l'occupation de Felsina, Mantoue, Adria, Spina et la fondation de Marzabotto.

Globalement, à la fin de cette époque d'expansion territoriale, l'aire géographique de l'Étrurie toscane méridionale et padane recouvre environ un tiers de l'Italie, soit approximativement 100 000 km2. La carte géographique du territoire étrusque s'inscrit au sein d'un vaste ensemble de peuples de substrat ethnique significativement éloignés. Entre les frontières de ses voisins contemporains, bien que légèrement fluctuantes, les possessions territoriales étrusco-italiotes se dessinent d'Ouest en Est et du Nord au Sud entre les ligures ; les celtes d'Italie[bc] ; les vénètes ; les rhètes ; les sardes ; les falisques ; les latins ; les ombriens ; les sabins et les picéniens (essentiellement la tribu des vestins)[18],[19],[20],[7],[338],[339]

L’île d'Elbe avait déjà été occupée au VIIe siècle av. J.-C., les côtes de la Corse vers 540 av. J.-C. après la bataille d'Alalia.

La domination sur les territoires au sud du Tibre cesse vers la fin du VIe siècle av. J.-C., avec la défaite d' Aricie contre les Latins alliés de Aristodemos Malakos puis de Cumes (474 av. J.-C.).

Les conflits avec Rome débutent au Ve siècle av. J.-C., selon la tradition, les premières luttes concernent Véies et Fidène (guerre de 483-474 av. J.-C.), avec l'assassinat des Fabii à la Bataille du Crémère ; la guerre de 428 - 425 av. J.-C. provoque la chute de Fidène; la guerre de 405 - 396 av. J.-C. celle de Véies, Capena et Faleries signent un traité de paix, Nepet et Sutri s'allient à Rome. En 356 - 356 av. J.-C. Tarquinia, après un conflit avec Rome doit céder une partie de ses territoires ; en 353av. J.-C. Ceres obtient la citoyenneté romaine sans suffrage.

Au terme de la troisième guerre samnite, les Étrusques alliés aux Gaulois, Samnites, Sabins et Ombriens sont une nouvelle fois mis en échec par les Romains à Sentinum (295 av. J.-C.), ainsi en 294 av. J.-C. Volsinii, Pérouse, Arezzo, Cortona doivent signer une paix onéreuse.

Le dernier sursaut étrusque a lieu à partir l'an 284 av. J.-C.. Les cités étrusques de Vulci et Volsinies s'opposent à Rome mais elles sont contraintes d'accepter une paix très dure avec Rome en 280 av. J.-C.. Après l'annexion d'une part des terres de Vulci, Volsinies est la dernière cité étrusque encore libre. Cependant, une révolte de la plèbe locale chasse l'aristocratie de la cité, qui appelle alors Rome pour se rétablir. Les Romains s'emparent de la ville en 264 av. J.-C. et la détruisent. C'est la fin de l'Étrurie indépendante[340]. Toutes les cités étrusques, en dehors de Caeré, municipe sine suffragio, et des colonies, dont Cosa, reçoivent le statut de cités alliées (civitates foederatae), les obligeant à fournir autant d'hommes qu’en demande Rome, et une partie de leurs terres est confisquée[341],[342].

Au Ie siècle av. J.-C., pendant la Guerre sociale, les Étrusques ne prennent pas part à la lutte entre Rome et certains de ses alliés. Ils en retirent cependant le bénéfice lorsque Rome accorde le droit de cité à tous les Italiens. En revanche, lors de la première guerre civile entre Marius et Sylla, les Étrusques choisissent le mauvais camp. Le vainqueur, Sylla, se montre rancunier et châtie les villes qui avaient pris parti pour Marius: En 81 et 80 av. J.-C., il les punit en confisquant leurs biens et établit des colonies militaires à Arezzo et Fiesole[343].

Sous Auguste l'Étrurie devient la septième région d'Italie, et malgré une forte action de romanisation elle conserve pendant une longue période ses propres caractéristiques culturelles.

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Cités-États[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dodécapole étrusque.
Article détaillé : Société étrusque.

« C'est comme bâtisseurs de villes que les Étrusques ont manifestés leurs génie »

— Pline le Jeune, (61 - 114) Epistulae, Livre V, 6, 7-8[309],[310],[311],[9].

Organisation territoriale, administrative et politique étrusque : vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Velzna, Fanum Voltumnae et Voltumna.
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La société étrusque était en apparence organisée et sa vie politique et sociale structurée. Le Lucumon est au sommet de la hiérarchie aidé par la classe oligarchique des maîtres, et enfin les esclaves et les paysans. L'Étrurie était dirigée par 12 rois dirigeant les 12 villes-états (12 lucumonies) de la confédération dodécapole de l'Étrurie : Véies, Cisra (Caere des Romains), Tarquinia, Vulcia, Velzna déplacée à Volsinii nova, Clusium, Perusia, Cortone, Arretium, Volaterrae, Vetulonia, Fiesole[344]. Les lucumonies étaient unies uniquement par des liens religieux. Les villes étrusques étaient très individualistes, aucune ne dominait et il n'y avait pas de solidarité politique.

« N'allez pas penser que cette ligue de douze villes étrusques impliquait une solidarité entre elles. Chaque cité était son propre royaume. Et c'est cet esprit individualiste qui a fait chuter les Étrusques devant Rome. »

— Jean-Paul Thuillier, le Sourire des Étrusques[345]

Toutefois, au travers de certains éléments archéologiques et de documents bibliographiques antiques[bd], il est possible de matérialiser l'existence factuelle de lieux de réunion appelés fanum[be] au sein desquels se tenaient des assemblées démocratiques plénières (également dénommées centumvirs à l'époque républicaine) et formées de la totalité des 12 rois de chacune des cités-états[352],[353], on peut accréditer que les relations entre chaque lucumiones sont subordonnées à des intérêts communs et stratégiques. Ces derniers manifestaient d'une certaine entente, voire d'une cohésion, à caractère politique, militaire et commercial[353]. En revanche, selon l'historien antique Thierry Piel,

« L’erreur originelle qui a conduit une partie importante de l’historiographie moderne à confondre Dodécapole Concilium etruriae, alors que ces deux termes n’apparaissent qu’une seule fois ensemble, peut être corrigée si l’on analyse cette occurrence livienne du Livre IV. »

— Thierry Piel, chapitre : Luci et fora des structures et interethniques dans le monde étrusco-latin, paragraphe 21, tiré de l'ouvrage : Espaces d'échanges en Méditerranée, Antiquité et Moyen-Âge, 2006[352].

Concrètement, l'historien romain Tite-Live (-59 - 7), présente l'assemblée des lucumiones comme étant une organisation à cursus parlementaire et démocratique, laquelle affiche également un caractère d'homogénéité et de cooptation multilatérale. Le propos livien est d'entériné le « Concilium Totus Etruriare » (ou « Concilium Utruriare ») du Livre IV de son œuvre historiographique romaine, le Ab Urbe condita libri[350],[354],[355], à l'image des fora romana (assemblées et place publiques romaines), ou encore des agorae grecques[346],[347],[348]. De facto, l'auteur latin semble apparaître l'unique personnalité littéraire, parmi ses homologues et pairs de l'antiquité grecque et romaine, à matérialiser ces Concilia (ou conseils, réunions d'assemblée) de hiérarques et de souverains étrusques tel un concept politique de type démocratique, pérenne et ordononcé[352],[346],[347],[348],[349].

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Les sources historiographiques antiques romaines, confrontées aux données archéologiques étruscologiques, nous permet d'accréditer l'existence probable de ensembles multi-urbains étrusques[352]. Cette donnée permet d'appréhender une vue d'ensemble concrète du territoire de l'Étrurie à l'apogée de son histoire. En termes politique et administratif, ces dodécapoles sont également dénommées ligues ou encore « mechl »). Chacune d'entre elles se trouvent composées de 12 lucumonies ou, en dialecte étrusque, « Zilath mechl rasnal »[358], comme l'attestent de nombreuses tablatures épigraphiques mises au jour, telles que la « Tabula Hebana », par exemple[359],[360]. Ces dernières auraient probablement pour objet de recenser l'ensemble des seigneurs étrusques élus au sein d'un même pôle urbain[358]. En effet, selon Tite-Live[361] et Strabon[362], au VIe siècle av. J.-C., les Étrusques étendent leur domination dans le nord et dans le sud de l'Italie, particulièrement en Émilie et en Campanie, pour former deux autres régions étrusques (de style colonial, à l'époque) qui prirent le nom d'Étrurie padane et d'Étrurie de Campanie. Pour chacun de ces domaines d'extension territoriale, voire coloniale[363],[364],[365],[bf], il est possible d'évoquer et de concrétiser le terme sémantique dodécapole[bg],[372],[9],[373],[6],[7],[374].

L'observation et l'analyse des surfaces d'occupation urbaines étrusques découvertes, indiquent que ces dernières observent une évolution graduelle depuis le IXe siècle av. J.-C. (contexte chrono-culturel villanovien)[375], pour à terme se constituer sous la forme de vastes métropoles à partir du VIIe siècle av. J.-C.[376]. Ces données urbanistiques d'accroissement notable sont attestées sur l'ensemble des occurrences de sites d'implantation étrusques de la plaine padane, jusqu'à la Campanie médiane[376]. L'émergence des cités-états étrusques au cours du VIIIe siècle par le biais d'un processus de « synœcisme »[bh][375]. Dans ce contexte, la mise en perspective de ce phénomène d'accrétion conjugué à la densification de l'habitat, pourrait suggérer que celui soit à l'origine de la civilisation étrusque[bi][375].

Néanmoins, différents éléments matériels retrouvés au sein de domaines spatiaux à caractère rural, concourent à accréditer le postulat selon lequel un autre schéma de forme organisationnel de l'habitat étrusque rivalise en parallèle la structure d'agencement territorial lié aux vastes métropoles antiques telles que « Velch »[375]. De facto, par le biais une documentation archéologique constituée de nombreuses occurrences matérielles, on peut concrétiser, à partir du IXe siècle av. J.-C., un développement indubitable de structures domestiques s'apparentant aux villae romaines. La lecture d'indicateurs matériels tel que les riches « symposium », objets d'orfèvrerie et inscriptions de type ex-voto, extraits en contexte d'habitats, mettent en lumière que ces lieux de vie appartiennent très probablement à d'oppulents dignitaires de la société étrusque, telles que des hiérarques, des hauts-officiers militaires, ou encore des magistrats de renom[379],[380]. Ces riches demeures sont généralement pourvues d'imposantes exploitations agricoles et sont également accompagnées, pour la plupart d'entre elles, d'infrastructures plus modestes sous forme d'attenances dédiées au personnel, d'ateliers de forge et d'ouvrage de la pierre, et de hangars à bestiaux. Ce schéma d'organisation de l'espace territorial demeure observable jusqu'au milieu du VIe siècle av. J.-C.[375]. Ainsi, il est possible d'appréhender la coexistence d'un développement pérenne des cités-états étrusques d'une part, et un intégration diffuse, mais cependant remarquablement concrète et homogène au sein du maillage territorial de l'Étrurie pendant trois siècle[375].

En revanche, au cours de la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C., les métropoles acquièrent une prééminence réelle et définitive, témoignant ainsi d'un effet d'une concentration des pouvoirs à la fois politiques, religieux, économiques et culturels. Cet équation pourrait également être subordonnée à un processus probable de migration des populations, montrant ainsi un affaiblissement significatif des campagnes étrusques au profit des trois dodécapoles éponymes[375],[381],[382].


En regard des vestiges d'infrastructures urbanistiques mis au jour, il est possible de déterminer de manière globale une typologie des éléments de fortifications et de castramétations propres aux cités étrusques[383]. Ces dernières sont généralement circonscrites par de puissants murs d'enceinte ouvragés au moyen de pierres taillées[384],[385]. Toutefois, les archéologues sont actuellement en mesure de certifier que cette forme urbanistique défensive ne s'est développée qu'à partir du début Ve siècle av. J.-C.. Pratiqués en fronton ou flanc d'enceinte, les points d'accès, de type monumental, sont couronnés d'arcs aspectant une forme d'ogive, lesquels sont agrémentés de statues figurant des divinités issues du panthéon étrusque, telles que des Silène[384]. Ces fortifications pierreuses s'octroient d'un pourtour conséquent d'environ 10 kilomètres pour les plus vastes cités telles que celles de « Veis » (250 hectares[386],[387],[388],[384]), « Velathri » (240 hectares[384]). Certains lucumoniae, de tailles plus modestes, presentent un superficie tournant aux alentours de 150 hectares, telles que « Velch », dotée d'une aire territoriale de 180 hectares[389] ; 150 hectares pour la cité de « Cisra » ; et la ville proto-historique de « Tarchna » affichant une étendue spatiale d'environ 135 hectares[390],[391],[384],[383]. La lecture du choix d'emplacement des centres d'importance appartenant à l'organisation urbaine étrusque, révèle une mise en adéquation stratégique. Différentes selon le cadre régional et / ou topographique, les fondations des cités-états semblent régulièrement sous-tendues par des options d'implantations géographiques précises et réfléchies. Concrètement, les situations spatiales des métropoles étrusques sont probablement déterminées par la proximité de fleuves ou de deltas fluviaux, tels qu'à « Atria »[392][bj] (sur le delta du ), ou encore « Felsna » ; mais également , et plus fréquemment, en contexte de hauteur, et en bordure côtière, tels que les sites de promontoire de « Cisra », « Pufluna », Tarquinia, de « Kaituna »[bk], « Veis », ou encore Spina[384],[381],[363],[364]. À la lumière de ces observations, on peut accréditer le postulat selon lequel les étrusques privilégiaient des sites d'intérêt tactique, à caractères militaire (îlot, promontoire) et / ou commerciaux (rives fluviales, bordures côtières)[394]. Cet élément suggèrent qu'ils mettaient à profit les ressources les plus favorables à leur essor politico-militaire et économique[394].


D'autre part, les analyses planimétriques effectuer sur les infrastructures urbaines étrusques, mettent en lumière des tracés de pourtour d'enceinte et de système de voirie piétonne et véhiculaire rectiligne et ordoncés par un quadrillage régulier et géométrique[395],[396],[385]. Ces ensembles de lignes strictement perpendiculaires et régulièrement espacées, supposent des connaissances scientifiques dans les domaine des applications affines sous-tendues par l'utilisation d'outils de mesure technologiquement avancés, tels que la groma (ou « gruma »[bl] et gnomon / « γνωμων »)[bm],[bn][397],[398], le demi-pouce, le fil à plomb, ou encore le niveau[396],[385],[399],[400].

Les exemples les plus clairement définis de cette mise en perspective géométrique des infrastructures urbaines étrusques, apparaissent notamment sur les sites archéologiques de Marzabotto[bo][401],[404],[402],[393], de « Velzna », et « Cisra »[401],[405].


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En contrepoint de ces éléments manifestes, un examen plus approfondi des différentes organisations de plans urbains étrusques, met en évidence une relative hétérogénéité. Dans ce cadre données, il est effet possible de remarquer que les schémas citadins de centres telles que Spina[406],[407], ou encore « Perugia », ne relèvent pas d'un quadrillage de voirie strictement rectiligne et orthonormé[395],[363].

La lecture de ces formes de type orthonormées conférées aux complexes urbains d'importance, met en perspective une interaction entre la sphère du religieux et la fondation infrastructurelle et architecturale de ces derniers[395]. Selon l'archéologue Claire Joncheray :

« La limitatio, associée à l'Etrusca disciplina et au monde des haruspices, correspond traditionnellement à la partie des sciences empruntée par les Romains au monde étrusque. Il s’agit de l’art de délimiter les confins de propriété publique ou privée ; il correspond au rite des augures et prévaut sur la disposition des temples d’après les textes des architectes et arpenteurs romains. Le tracé des axes de la cité, dans la légende de la fondation de Rome, se réfère aux régions du ciel qui, définies par les haruspices, président au choix des espaces fastes et néfastes aux origines de Rome, exemple archétypal de toute autre fondation. »

— [bp]

,[395].

Par ailleurs, au travers de la lectures des textes antiques, on peut remarquer que l'intervention des dignitaires religieux étrusques ne se limite pas au seul domaine du culte divin. Les haruspices manifestent également d'une préemption patente au sein du rite fondateur de la cité étrusque[384],[395],[363],[364]. Cette intervention des édiles dévots se concrétise dans la détermination de l'emplacement des sites urbains par rapport aux points cardinaux, également appelée bornage étrusque. Concrètement, les cités-états des dodécapoles étrusques observent globalement une orientation précise et récursive. De facto aspectent régulièrement deux lignes d'axes strictement perpendiculaires : le decumanus, d'orientation Est-Ouest ; et le cardio, d'axe Nord-Sud[384],[376]. Les études archéologiques et planimétriques viennent des complexes urbains antiques viennent conforter et accréditer ces remarques issuent des textes anciens gréco-romains[381],[382],[401],[376].

Dodécapole initiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue étrusque.

Les douze pôles urbains étrusques d'importance suivants sont exprimés en étrusque et par ordre alphabétique.

« Aritim »
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Existant sous la forme de centre proto-urbain dès le IXe siècle av. J.-C., la métropole étrusque d'« Aritim » est probablement fondée selon le « rito estruriae »[bq], vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C.. La cité-état connaît un accroissement politique et économique au cours du VIIe siècle av. J.-C. et du VIe siècle av. J.-C., pour atteindre son apogée au long du Ve siècle av. J.-C.. Le complexe urbain de toscane orientale d'Arezzo, se développe entre les contreforts des montagnes apenninnes médio-centrales, et la large plaine de l'Arno. La cité-état étrusque est en outre associée à une vaste nécropole, la Poggio del Sole, dont le fait fondateur est attribué au VIe siècle av. J.-C.[375],[358],[410],[411].

« Cisra »
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À l'instar de ses homologues urbaines toscanes, la cité-état de « Cisra » s'octroie d'un fait fondateur assigné au VIIIe siècle av. J.-C.[358]. Cette dernière se présente en situation de hauteur, prenant appui sur un large promontoire, lequel surplombe le littoral tyrrhénien. Par conséquent, en regard de ce cadre topographique particulier, on peut attribuer à la métropole étrusque, une implantation géostratégique dite de castramétation. Le ville, cooptant d'une surface au sol d'environ 150 hectares, est ceinte d'une massive fortification de pierre taillée[384]. D'autre part, dès le milieu du 1er âge du fer, le complexe urbain étrusque semble procéder d'un statut de plaque tournante économique majeur[br][416],[4]. Différents faits archéologiques, corroborées à plusieurs évocations littéraires antiques, mettent en évidence que celle-ci fait l'objet d'abondants échanges commerciaux, essentiellement avec les chalcidiens, les syrio-phéniciens, et les grecs de Méditerranée orientale[418],[419],[420]. Cette situation contribue à l'enrichissement de la cité protohistorique, notamment par le biais d'exportations massives de produits manufacturés étrusques de bronze et d'étain, mais également, et dans une moindre mesure, par la vente de biens de vaissellerie fine ouvragés en terracotta tels que des bucchero à vernis noir[421],[422], ou encore des « pythoï » pourvus de dorures à la feuille[423],[424],[4],[425].

En contre-point, les connaissances que l'on possède sur la cité de « Cisra » à l'époque villano-proto-étrusque et au début de la période orientalisante (du IXe siècle av. J.-C. jusqu'au début du VIIe siècle av. J.-C.) présentent une relative faiblesse en regard de celles correspondant à la fin de cette dernière et à l'ensemble de l'époque archaïsante[426],[427]. Toutefois, on peut objecter que le complexe funéraire auquel la métropole est associée, nous fourni des éléments d'information matériels. La nécropole de Banditaccia, localisée à quelques centaines de mètres est attestée dès le début du IXe siècle av. J.-C.. Ces nombreuses infrastructures mortuaires, lesquelles ont fait l'objet de multiples fouilles et découvertes archéologiques majeures[bs][430], révèlent des indices concrêts sur le quotidien social, culturel et économique des citadins du complexe proto-urbain de « Cisra », au cours de la genèse de la civilisation étrusque[bt][423],[424],[430],[431].


« Clevsin »
« φersna »
« Pufluna »
« Rusellae »
« Tarchna »[bu]
« Vatluna »
« Velathri »
« Velch »[bv]
« Veis »
« Velzna »

Dodécapoles méridionale et padane[modifier | modifier le code]

Dodécapole de Campanie, du Latium et de l'Ombrie[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Étrurie de Campanie et Étrurie méridionale.
Acerra
Blera
« Caiatia »
« Heba »[bw][360],[432].
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Nocera
Nola
« Pyrgi »
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Sorrente
Stabies
Suessula
Tuscania
Viterbe
Dodécapole padane[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Étrurie padane.
« Atria »[cc]
Cesena
Felsina
Forcello di Bagnolo San Vito
« Kaituna »


Mantoue
Melpum
Modène
Ravenne
Rubiera
Spina
Verucchio

Comptoirs commerciaux et colonies[modifier | modifier le code]

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Littoral ibérique[modifier | modifier le code]

Gaule méditerranéenne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Lattara et Pech Maho.
Le comptoir de lattes
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Le comptoir de Pech Maho
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Littoral du Latium et de la Campanie[modifier | modifier le code]

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Îles méditerranéennes[modifier | modifier le code]

« Alalia »

Les récentes découvertes archéologiques attestent un comptoir commercial et colonial étrusque au sein de l'actuelle commune d'Aléria, laquelle est localisée dans le département de Haute-Corse . Il s'agit d'un comptoir conquis par les étrusques au début du VIe siècle av. J.-C., jusqu'aux environs de -540 - 535, période à laquelle fut livrée la bataille d'Alalia près des côtes du littoral haut-corse, confrontation navale opposant les navires de guerre étrusques et la flotte carthaginoise aux Phocéens, qui subirent une lourde défaite[434],[435],[420],[97]. Ce conflit sur les flots tyrrhéniens se présente comme étant le point d'orgue de tensions diplomatiques entre les nations étrusques et grecques débutées au cours du VIIe siècle av. J.-C.[418],[419]. Ce crise semble résulter de la volonté des instances politiques étrusques de contrôler les îles et littoraux tyrrhéniens (volonté de prééminence également appelée « thassalocratie étrusque »[ce][418],[419],[420], afin de conforter leurs positions économiques au sein de cette zone géographique[419]. De facto, la mainmise étrusque en mer Tyrrhénienne vient concurrencer une « koiné » commerciale grecque préexistente et relativement préétablie sur le pourtour nord-occidental de la Méditerranée. Les deux peuples se disputent cette zone géographique au travers de l'établissement de comptoirs coloniaux tels que « Alalia »[418],[419],[420].


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La puissance militaire et commerciale étrusque, facteur d'empreinte territoriale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire militaire étrusque.

Selon Caton l'Ancien (-234 - -149), l'ensemble de la péninsule italienne avait factuellement été soumise à la prééminence militaire des étrusques. Tite-Live, est venu renforcé ce constat en argumentant au moyen de la thèse historiographique suivante :

« Avant l'établissement de la puissance romaine, les Etrusques avaient étendu au loin leur domination sur terre et sur mer. Les noms mêmes des mers, la mer Supérieure et la mer Inférieure qui ceignent l'Italie comme une île, attestent la puissance de ce peuple : les Italiens appellent l'une la mer Toscane, l'autre la mer Hatriatique du nom d'Hatria, colonie des Etrusques. Les Grecs les nomment mer Tyrrhénienne et mer Adriatique. »

— Tite-Live, Ab Urbe condita libri (Histoire romaine), Livre V, paragraphe 33[436],[437],[438],[439],[440],[441].

L'infanterie[modifier | modifier le code]

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La cavalerie[modifier | modifier le code]

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La flotte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flotte étrusque.
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Économie[modifier | modifier le code]

« Le commerce fut dès l'origine une activité économique essentielle de la civilisation étrusque. Outre les produits agricoles et les minerais, les Etrusques exportaient des produits manufacturés. »

— Jean-Marc Irollo, Histoire des Etrusques, 2010, page 73[5].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : agriculture étrusque.

Aucun document écrit direct[442] concernant l'agriculture étrusque ne nous est parvenu, mais l'archéologie atteste bien l'intérêt porté par les Étrusques à l'agriculture, comme en particulier la découverte d'un bronze votif, représentant un laboureur (IVe siècle av. J.-C.) provenant d'Étrurie septentrionale connu sous le nom « Statuette du laboureur d'Arezzo »[443] et conservé au Musée national étrusque de la villa Giulia[444].

Seule la comparaison avec les règles des agronomes grecs et romains et l'analyse des instruments agricoles qui ont été retrouvés lors de fouilles, soit en reproduction miniature dans les tombes étrusques, ou reproduits sur des vases (une série d’outils, de faux et surtout de charrues) nous éclairent sur la méthode de travail du paysan étrusque et nous permettent de déduire les étapes et périodes pour travailler la terre : labourage, semailles, désherbage, terre tassée autour des racines, houement, extraction des plantes malades, transport des gerbes de blé, battage, vannage, récolte des chaumes, mise en meules de la paille, brûlage des chaumes.

Leurs productions concernent les céréales mais aussi la vigne dont ils maîtrisent la greffe, pour le vin qu'ils exportent, les olives tardivement, les fibres textiles pour le lin et les toiles des navires, la viande de leur cheptel, mais leurs fruits et légumes nous sont inconnus.

Un artisanat novateur et industrieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : industrie étrusque.

Le travail de la pierre[modifier | modifier le code]

Un savoir-faire au service d'un secteur économique[modifier | modifier le code]

Le sous-sol de l'Étrurie ne comporte pas une richesse minérale manifeste. Toutefois cette déficience en matériau de taille nécessaire à l'édification, est contrebalancée par un savoir-faire architectural et artisanal (concernant les bas-relief) significatif. Cette constante préfigure et met en perspective une ingénierie de la pierre acquise et compétente. En témoigne, les nombreux de systèmes de voirie[cj] terrestres [445],[446],[447],[448] ou fluviales[449],[450], et les techniques avant-gardistes utilisées en terme d'excavation rocheuse et d'élevation architectural[451], mais également la remarquable production de tombeaux et d'ex-voto funéraires ouvragés de pierre. Sous cet angle, le travail de la pierre procède d'un réel statut d'industrie et d'un secteur économique clairement défini[445],[452],[446],[381],[382].

L'industrie de la pierre est fondée sur une exploitation pertinente de gisements géologiques à sédimentaires qui sont déployés sur l'ensemble des terres étrusques. Ces carrières se présentent en abondance sur le sol étrusco-toscan, nord-campanien, mais également dans la zone septentrionale du Latium et ponctuellement au sein de la plaine du Pô. De natures et de caractéristiques minéralogiques variées, les matériaux qui en sont extraits manifestent globalement d'une grande qualité de plasticité et d'utilisation, tant en termes d'élévation architecturale[453],[454],[455],[456],[457], qu'en termes de mise-en-œuvre de statuaire[457],[458] et de fabrication de produits domestiques (tels des objets de vaissellerie notamment) ou encore de biens d'équipement et d'outillage (tels que des tours de potier et des meule à aiguiser ou moudre le grain)[458],[459],[460].

Les étrusques extraient, industrialisent et commercialisent ainsi six principaux types de matériel rocheux : le tuf à déterminant volcanique ; le marbre, (et tout particulièrement le marbre blanc de Carrare) ; la pierre d'Albâtre ; la pierre fétide ; la calcarénite[461]  ; et le grès.

Exploitation et industrie de la pierre tufée[modifier | modifier le code]

La pierre tufée est caractérisée par une faible densité granulométrique[ck] ce qui en fait une roche dite tendre, et par conséquent présentant des remarquables qualités d'extraction et d'exploitation. Néanmoins, cette même spécificité rend la roche particulièrement soluble et friable. Ce matériau stratigraphique résulte de l'accrétion d'éléments volcano-sédimentaires solidaires les uns aux autres, dont notamment des cendres de type éruptives[cl][463],[464].

Les examens stratigraphiques et archéologiques attestent que les carrières à extraction de la roche se concentrent au Sud de l'Étrurie. Concrètement, les tufières étrusques sont majoritairement représentées dans le Nord de l'actuel région du Latium, aux alentours de la région à déterminant volcanique de Bolsena / monts Vulsini et de son lac éponyme ; mais également au sein de la plaine côtière de Maremme et au Nord-Ouest de l'Ombrie[465],[466]. En outre, ces chantiers d'exploitation minérale observent régulièrement une proximité, voire un adjacence aux complexes urbains étrusques. Respectivement, on constate l'association des métropoles étrusques d'Orvieto / « Velzna » les tufières de la région du Lac de Bolsena / massif de [469] lequel est en outre pourvu d'une coloration grise[453],[470],[471],[472] ; pour les carrières de l'Ombrie ; « Veis » et « Cisra » pour celles du Nord-Latium à chromatique blanche et blanc-cassé, parfois veinée de beige[473],[474] ; et Tarquinia pour les exploitation de tuf de la Maremme, lequel présente des nuances rouges et ocres[475],[476],[477]. Ce constat suggère une possible corrélation entre l'aire d'implantation des cités étrusques et les zones dont le sous-sol est riche en tuf afin de pourvoir ces dernières en matériel d'édifice, mais également détenir des facilités de production et commercialisation de biens bruts (blocs de tuf non-taillés) ou manufacturés (blocs de tuf taillés, statuaire, bas-relief)[478],[479].

Essentiellement employé et incorporé comme matériau de érection monumentale[cm] en contexte urbanistique, telle que la muraille servienne ou le temple de Jupiter à Rome, le tuf étrusque est également ouvragé en contexte funéraire, pour l'élévation d'infrastructures telles que les sépultures de la nécropoli del Crocifisso del Tuffo (ou Città dei Morti)[cn], localisée dans la ville étrusque d'Orvieto et dont l'assise est attribuée au VIIIe siècle av. J.-C.[480],[481],[482] , ou encore la nécropole étrusque de Sovana, située dans la commune éponyme de la Toscane méridionale[483].

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Dans une moindre mesure, la pierre sédimento-volcanique est également consacrée au domaine artisanal de la sculpture étrusque. Pour exemple, ce bas-relief mis au jour in situ d'un tombeau creusé et ouvragé dans de la pierre tufée. Celui-ci, recouvrant pour totalité l'une des parois de ladite sépulture, est découvert au cours du XVIIe siècle. La structure mortuaire appartient à un vaste ensemble funéraire attribué du VIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C., et trouve par ailleurs son emplacement dans la périphérie de la cité-état de « Velathri »[486],[487],[488].

Ces multiples domaines artisanaux témoignent de l'aisance et de plasticité avec lesquelles le tuf est travaillé. D'autre part, ils mettent en évidence l'abondance dont en sont pourvues les terres étrusques et par conséquent l'enjeu économique que représente son extraction et sa manufacturation[1],[425],[489],[488].

Exploitation et industrie du marbre[modifier | modifier le code]

La production architecturale et statuaire étrusque témoigne de l'utilisation de trois types de marbre : le marbre de Carrare, le marbre rouge de Volterra et le marbre de « Luna ». Bien que qu'ayant pris un essor notable à l'époque de l'empire romain, l'expoitation et production du marbre de Carrare est toutefois attestée à une époque tardive[co] au sein du domaine industriel étrusque. Il s'agit d'un marbre de couleur blanche, comportant parfois des entrelacs à chromatique gris et nuancés de vert[490],[491],[492]. La roche est extraite du massif alpin des apuanes, au Nord-Ouest des terres étrusco-toscanes. La principale cité bénéficiant de cette manne minéralogique se révèlerait être « Pufluna », laquelle se situe aux alentours de Carrare[493],[494],[495],[496],[497]. En revanche, la documentation archéologique concernant des artéfacts étrusques ouvragés dans ce type de marbre blanc, demeure très succinte, voire quasi-nulle. En effet, bien que cette roche soit issue du sous-sol de l'Étrurie apuane, aucune occurrence relevant d'une « koinè » artisanale étrusque n'a pu être certifiée et concrétisée[498],[499].

En contre-point, le marbo lunies, provenant de la colonie étrusque de « Luna »[cp], en Ligurie et le marbre rouge d'El Circeo, proche du site urbain de « Cisra », possèdent une paternité d'exploitation accréditée aux étrusques[501],[502],[503],[504]. En autres occurrences, on retiendra tout particulièrement la sculpture frontale en bas-relief ornant un sarcophage étrusque et mis au jour au sein de la nécropole de Banditaccia proche du site de « Cisra ». L'œuvre, sculptée en marbre rouge provenant de San Felice Circeo, est attribuée au VIe siècle av. J.-C., période archaïque étrusque[505].

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Exploitation et artisanat de la pierre d'Albâtre[modifier | modifier le code]

La pierre d'Albâtre, remarquablement mieux représentée dans l'artisanat des matériaux à caractère minéral que le marbre[508], est en outre dotée d'un grain plus important, mais toutefois moins dense que ce dernier. Cette caractéristique lui confère une plasticité plus substantielle que ladite roche également métamorphique. La mise-en-œuvre de l'albâtre, c'est-à-dire sa taille, son ciselage et son polissage, en est par conséquent facilitée[509]. Pour autant, ce matériau à déterminant métamorphique et calcique, est situé au sein de couches sédimentaux-stratigraphiques plus profondes que celles du marbre. Pour l'exploitation industrielle étrusque, cette donnée présente donc un désavantage significatif. De surccroît, les carrières d'albâtre sont essentiellement concentrées dans la partie centro-occidentale du territoire étrusque. Sous cet angle, et a contrario des gisements étrusques de marbre, on peut définir une répartition spatiale déséquilibrée de la roche blanche : les carrières d'extraction de l'albâtre n'affichent pas d'homogénéïté spatiale au sein des terres étrusques. Les études géologiques, confortées par les fouilles archéolgiques, attestent et confirment que les zones d'exploitation de cette roche se localisent précisément aux alentours du complexe urbain de « Velathri »[510],[511]. De facto, compte tenu de la multiplicité des indices sédimento-archéologiques autour et in locare de la cité-état étrusque, il est probable que cette dernière que cette dernière a fait de l'extraction et de la manufacturation de la pierre d'albâtre, ses principales activités économiques[512],[465],[513],[514].

En regard des nombreux ex-voto appartenant au catalogue archéologique étrusque, la production industrielle de la pierre d'albâtre apparaît très clairement et essentiellement au sein du domaine artisanal funéraire étrusque. Ces derniers observent généralement des formes de cippes, d'urnes cinéraires, de bas-reliefs ornant des tombeaux, ou encore des artéfacts statutiformes provenant de viatiques funéraires[515],[516],[517],[511],[510]. Néanmoins, on peut objecter ce seul constat. En effet, certaines occurrences mises au jour, révèlent que le corpus artisanal de la roche sédimento-métamorphique est également étendu à un cursus architectural et urbanistique étrusques[518],[519],[520],[521]. On a ainsi découvert des éléments en appareillé, incorporés et / ou réemployés au sein d'infrastructures fortifiées, de murs porteurs, ou encore de parois funéraires. Ces artéfacts ouvragés en albâtre aspectent soit une forme de moellon, soit une forme de pierre taillée à caractère stricto sensu rectiligne[512],[522],[523],[221],[524],[525].


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Exploitation et industrie de la pierre calcarénitique[modifier | modifier le code]

La pierre calcarénitique est une espèce minérale à déterminant grèsier qui se forme à partir d'un processus desédimentation de composés sablonneux d'origine littorale et maritime. En Étrurie, ce type de roche se développe essentiellement sur le pourtour du littoral Tyrrhénien, et plus particulièrement au long de la partie septentrionale de la plaine côtière de Piombino. De ce fait, la principale cité étrusque bénéficiant de l'usage de ce matériau rocheux est « Pufluna ». Cette dernière s'en octroie le quasi-monopole économique et commercial. De couleur ocre, ce grès à la finesse granulométrique, également appelé panchina, est apprécié chez les étrusques notamment pour l'élaboration d'ouvrages requérant une technique de finition, mais également des travaux nécessitant une relative patine[527],[528],[529],[530].

Par ailleurs, outre ses qualités de modelé concernant la conception d'objets à fort rendement artisanal, tel que les sculptures en bas-relief associées à des structures funéraires, l'exploitation et l'industrialisation de la roche calcarénitique, trouve son originalité pour son utilisation d'infrastructures architecturales complexes dont les murs porteurs, les fondations et les soubassements sont dans leur globalité réalisés à partir, et simultanément à même la panchina étrusque. Pour exemple notable, l'ensemble funéraire dit necropoli delle Grotte, sur le site de Piombino (province de Livourne), dont les structures d'habitat[cs], attribuées au cours du VIIIe siècle av. J.-C., ont été creusées et excavées à flanc de falaise[531],[532],[533],[534]. De manière factuelle, le catalogue archéologique du site de Baratti/« Pufluna » démontre que celles-ci ont été réemloyées à partir IVe siècle av. J.-C., notamment sous la forme d'un complexe funéraire hypogéen[531],[532],[533]. Ce dernier se manifeste sous l'aspect de deux galeries funéraires, et l'axe médian formé par le dromos[535],[536],[537],[531],[532],[533].


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Exploitation et industrie de la pietra fetida
Article détaillé : Pietra fetida.

En raison de ses qualités de modelage et de flexibilté, la pierre dite fétide[ct][540],[541],[542] , cette roche à déterminant sédimento-volcanique manifeste d'une importante capacité de mise-en-œuvre. Dans la terminologie spécifique à la sculpture, et de part ses caractéristiques minéralogiques, la pietra fetida est classée dans les pierres dites tendres[543], à l'instar du tuf, par exemple. La roche à effluves de soufre est exploitée et employée par les étrusques dès la fin du VIIe siècle av. J.-C. et début du VIe siècle av. J.-C.. Ladite pierre est ouvragée au sein de multiples disciplines artisanales et sous de multiples formes. Le corpus archéologique confirme ainsi deux principaux domaines industriels : d'une part le domaine architecural sous le biais de pierre taillées, et d'arc en appareillé[544],[382],[545],[113] ; et d'autre part, le domaine de l'artisanat funéraire, les artéfacts confectionnés en pietra fetida se révélant sous forme de cippes[546], d'urnes cinéraires[547] et de multiples ex-votos relevant de la figurine[548], ou encore aspectant une plastique de sculpture en bas-reliefs[549],[550].

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En outre, l'extraction et la production de la roche odorifère procèdent exclusivement du domaine territoriale de « Clevsin ». La métropole prélève et achemine la pietra fetida via les monts Chianciano. D'autre part, la diffusion commerciale des artéfacts et pierres de taille manufacturés au moyen de ce matériau est significativement conséquente au sein de l'Italie et de l'aire méditerrannéenne protohistoriques. Par conséquent, la pietra fetida se révèlerait être un atout économique de poids au sein de l'industrie étrusque, et plus particulièrement de la cité-état de « Clevsin »[540],[544],[548],[113],[547],[541],[542].


Exploitation et industrie du grès[modifier | modifier le code]
La pietra arenaria

La roche grésière étrusque, également appelée pietra arenaria est un matériau de type sédimentaire à chromatique ocre nuancée de gris datant du quaternaire, et essentiellement formé à partir de l'accrétion de composants sablonneux[554],[555]. Les grésières d'Étrurie exploitant cette pierre, telles que celle du Monte Tezio et du Monte Malbe, se répartissent notamment dans la région avoisinant « Perugia »[555]. L'extraction de la pietra arenaria est également attestée aux pourtours du territoire de « Felzna »[556]. Concrètement, l'industrie et le commerce de la roche sablonneuse occupe la partie oriento-septentrionale de la dodécapole étrusque. La composition de ce grès lui confère simultanément des vertus de solidité, propres aux pierres d'édification[557], et des aptitudes à la finition, caractéristiques des ouvrage sculptés par technique dite en bas-relief, par exemple. Différents éléments du corpus étruscologique nous révèlent ainsi le recours à ladite roche sous deux formes : d'une part comme bloc équarris en appareillé ou utilisés en arcs de voûte et incorporés au sein de mises-en-œuvres architecturales, tels que les muraille d'enceinte fortifiées de « Felzna »[558],[556] et de « Perugia »[555],[559],[560] ; d'autre part en tant que matériau nécessaire à l'ouvrage de tombeaux[561] , de statuettes et d'ornementations sculptées d'ex-voto[562],[563].


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La pietra serena

À l'instar de la pietra arenaria, dont elle composition et la structure minérales est proche, la roche dite pietra serena manifeste des caractéristique de pierre dite forte[565],[566],[567]. Autrement dit, il s'agit d'un matériau minéral dont la consistance révèle une duretésignificative et explicite. Ladite pierre possède un déterminant grèsier, dont les composantes minérales observent une nature micaschistée[568]. La pietra serena est affectée d'une teinte grise[569] nuancée de bleu[570]. Au sein de l'industrie étrusque du bâtiment, et en raison de sa solidité notable, cette dernière est notamment employée et consacrée à l'érection de colonnes[571]'[565] et, dans une moindre mesure, la roche est ouvragée en blocs de pierre taillée incorporés à murs d'enceinte soit sous d'éléments appareillés, tels que des pièces constituant un arc[572] soit sous forme d'élements d'assise ou encore de fondations[573],[574],[575],[576],[577],[578],[579],[580].

Toutefois, les étrusques requièrent également ce type de pietra forte, concernant l'élaboration et la mise-en-œuvre d'éléments artisanaux funéraires, en particulier des récipients cinéraires[cw] ou encore des sépultures coffrée, lesquels sont associés in situ de structures en hypogeum ou en tumuli[581],[582].

Ces différentes occurrences archéologiques ont été identifiées et attestées à « Perugia » et Fiesole pour le bâti urbain[583],[578],[571] ; à « Felzna », « Aritim » et « Clevsin », pour les ouvrages funéraires[582],[581].

Dans le cadre géographique étrusque, l'extraction et la production de ce grès à micaschiste, s'opèrent et se densifient essentiellement au sein de carrières, lesquelles se manifestent aux environs d'un site urbain secondaire dont la fondation et les premières assises d'édifice sont indexées à la période villanovienne. Par ailleurs, la petite occurrence urbaine étrusque se signale de par sa proximité avec l'actuelle commune toscane de Fiesole, à quelques dizaines de kilomètres de Florence, en Toscane du Nord-Est[584],[585],[586],[587] Cette cité étrusque de modeste taille observe une situation spatiale médiane à deux pôles majeurs. Cette dernière est, de fait, localisé à mi-chemin de « Felzna » au Nord, et « Aritim », au Sud[9],[7],[115],[331].

Dans cette perspective, l'ensemble des données étruscologiques qui ont été recueillies, pourraient suggérer, voire définir, une commercialisation[cx] de la pietra serena extraite et produite au voisinage du site nord-oriental Toscan de Fiesole, via les grandes métropoles étrusques[588],[589].

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Industrie et commerce des terres cuites : la poterie étrusque[modifier | modifier le code]

Terracottas[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Terracotta (matériau).
Céramiques[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Céramique étrusque, Impasto (poterie) et Bucchero.

Au sein des terres étrusques, l''expertise céramologique confirme l'importance et l'ampleur que revètent les productions d'artéfacts confectionnés à base de terre à caractère argileuse cuite. De ce domaine propre à la manufacturation par cuisson, la production de l'impasto et celle du bucchero nero en incarnent les 2 essentielles protagonistes. L'industrie et le commerce des céramiques se révèle être l'une des pierres angulaires de l'économie étrusque. En raison de la multiplicité des contacts culturels et/ou commerciaux à l'âge du fer, ce type de domaine artisanal de la terre cuite, caractéristique de la production de l'Étrurie « pré » et « protohistorique », procède et manifeste de nombreuses influences, telles que celles de la Grande Grèce, de la culture post-campaniforme[cz][593],[594],[595]issue et spécifique aux peuples osco-ombriens[596] dont la tribu italique des ausones[597],[598],[599], de la « koinè » celtique[600], mais également provenant de la culture gréco-corinthienne[601],[602],[603],[604],[605],[606].


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Le travail des métaux[modifier | modifier le code]

Les ressources minières

Le fait industriel étrusque est essentiellement orienté sur une production métallurgique massive et ancienne[615]. Des éléments archéologiques de contexte chrono-culturel villanovien manifestant d'un processus industriel de fonte du métal ont été mis au jour au sein de couches sédimentaires de l'île de « Pithécussia » (bastion chalcidien en face de Naples), mais également à Cumes. Ces derniers, attestés comme étant issus de l'extention territoriale étrusco-villanovienne de l'île d'« Ilva », aspectent d'une phase industrielle dite de produits semi-finis, tels que des lingots bruts à composé de ferrique[615]. De fait, le sous-sol du territoire étrusque manifeste d'une abondance notable en ressources minières[615]. Dans ce cadre géologique favorable, on peut concrétiser une industrie étrusque fondée sur une région riche en matières premières, une véritable « Étrurie du fer », mais également richement pourvue en minerai de cuivre, de plomb et d'argent et dans une moindre mesure d'étain, composant essentiel à la réalisation d'un alliage bronzéïfère[4],[616]. Les sites d'exploitation minière se concentrent notamment aux alentours de la cité-état de « Pufluna » ; de l’île d’Elbe[da], au sein des contreforts montagneux en lisière de « Vatluna » ; dans le monts de la Tolfa[db][620],[618],[619] , à mi-chemin des métropoles étrusques de « Cisra » et de « Tarchna » ; et à proximité de « Velathri »[5],[4],[615]. Quoique centré sur les littoraux et plaines côtières tyrrhéniens, du Nord au Sud et d'Est en Ouest, le panorama minifère de l'Étrurie offre donc de remarquables capacités d'exploitation. Ces sites, régulièrement disposés à proximité des grands pôles urbains tels que « Cisra », ou encore « Pufluna », initieraient une logique économique à caractère productif, soutenu et pérenne[4],[615],[616],[621],[622].

En marge de l'exploitation et de la production de ces minerais dont disposent les terres étrusques en abondance, ces dernières sont également richement pourvues en alun, un sel métallifère constitué de sulfates doubles d’aluminium et de métaux alcalins[623]. Connu au cours du IVe siècle av. J.-C. par les romains et probablement auparavent par les étrusques, dont ils seraient les premiers exploitants et producteurs, le minerai à caractère salin, l'alun (en grec ancien « στυπτηρια », se traduisant par « styptêria »[624]), est abondamment utilisé par les artisans-orfèvres et les alchimistes du IIIe siècle en Égypte gréco-romaine. C’est une des matières premières les plus fréquemment citée dans les papyrus de Leyde et de Stockholm[624] Le principal usage de l’alun est de fixer les couleurs, mais également utilisé pour ses propriétés astringentes[624]. L'obtention de l'alun pur (via son son état brut) procède d'une technique dite de cémentation métallique. Dans son œuvre littéraire intitulé Sur le Sel, le Nitre et l’Alun, le philosophe grec Théophraste, élève d’Aristote, mentionne à plusieurs reprises les bénéfices et principes de ce matériau minier[625]. Strabon évoque quelques propriétés de l’alun[626]. De même au Ier siècle, le pharmacologue Dioscoride[dc] et l'encyclopédiste Pline[dd][627]. À l'instar du minerai de fer notamment, ce composé alcalin est extrait, puis exporté et commercialisé par les étrusques via les monts de la Tolfa, dans Latium septentrional[623],[627],[624],[623],[628].


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Techniques et équipement

L'artisanat métallurgique étrusque se distingue par son acquisition remarquablement précoce de la technique par réduction directe. L'obtention du fer pur via son substrat le minerai de fer, est attestée dès le milieu la période villanovienne, en particulier au sein du massif de la Tolfa[620],[618],[619], et au cours du IXe siècle av. J.-C. / VIIIe siècle av. J.-C. dans la région périphérique septentrionale de « Pufluna »[de][629],[630]. Les analyses chimiques des quantités massives de scories résiduelles retrouvées dans les couches stratigraphiques des sites minérifères étrusco-toscans mettent en évidence une application de techniques de purification métallurgique par réduction directe[4],[629],[630],[620],[618],[619].

Des vestiges de manufactures métallifères indiquent que les minerais de fer, de plomb, ou encore d'argent subissent un traitement s'effectuant à même des chantiers d'extraction[4]. Enfin, outre une très substantielle quantité de loupes sidérurgiques, les fouilles archéologiques des bassins miniers étrusques ont permis de livrer un nombre notable de barres métallifères moulées. En parallèle du processus de traitement du métal pur, cette donnée suggère une production métallurgique également opérée sur place. De manière générale, on atteste que cette dernière s'œuvrait très probablement juste à flanc des collines ou massifs montagneux d'exégèse minière[4],[629],[630],[620],[618],[619].


La datation des restes de fourneaux demeure très complexe à établir en l'absence de tout indice chronologique notable. En revanche une analyse par technique de datation au carbone 14 a rendu possible une approximation recevable[629],[620],[618],[619]. On peut ainsi concrétiser une évaluation chrono-radiométrique débutant aux environs du IXe siècle av. J.-C. pour les premières occurrences d'équipement de fonte métallurgique, jusqu'au Ier siècle av. J.-C. pour les derniers fragments de fourneaux archéologiquement attestés. Au cours du 1er âge du fer, ces derniers évoluent de par leurs formes et leurs capacités en termes de volume selon l'acquisition de nouveaux procédés de transformation des matières métalliques brutes[629],[630],[620],[618],[619].

Les fours étrusques sont affectés d'une forme de cône tronçonné dans sa partie supérieure. Leurs diamètres, variables suivant les époques et les régions, s'octroient une dimension d'environ 1 5 mètres de moyenne. Ils se composent notamment de briques réfractaires, s'apparentant aux tegulae romaines[631], mais également de blocs de pierre taillée (généralement en grès ou en calcaire) faisant office de parois[629],[630],[620],[618],[619],[622],[621].

L'équipement à fusion métallurgique se présente en deux parties distinctes et superposées : d'une part un élément en prééminence, à l'intérieur duquel le minerai est incorporé, correspondant à une chambre à fusion du matériau ; d'autre part un élément inférieur faisant office de foyer à combustion[df] dans lequel est placé le catalyseur nécessaire au processus de fusion. Ce dernier aspecte une forme de dalle[dg] placé à l'horizontale et percé de trous[629],[630],[620],[618],[619],[622],[621],[631].

Outre la technique de purification des métaux par processus de réduction directe, la technologie métallurgique étrusque manifeste également un statut de précurseur au sein de l'Europe antique, dans différents domaines de l'orfèvrerie étrusque. Il s'agit en particulier de procédés tels que l'étamage[632],[633],[422] et la granulation par l'or[634],[635],[636],[637],[638],[94]. L'Étamage, au cours du 1er âge du fer étrusque, est une méthode d'orfèvrerie qui consiste à appliquer une fine pellicule de métal, généralement de l'étain[dh],[639],[632],[639]. La déposition par feuille s'effectue via un procédé d'immersion de la pièce dans un bain de métal porté au point de fusion, laquelle se voit suivie d'une centrifugation permettant un étalement homogène du matériau et enfin, l'opération se conclue par un essuyage (ou égouttage) de l'ouvrage manufacturé. Au moyen de cette technique de traitement de surface, l'épaisseur de la feuillure métallique évolue entre 5 à 8 10-6 m[639],[632],[639]. Au travers de sources littéraires antiques, telles que celles de Pline l'Ancien (23 - 79) dans son œuvre Histoire naturelle (Livre XXXIV)[633],[641], et de notables éléments matériels très probablement issuent d'ateliers artisanaux étrusques, tels que des bucchero à feuille d'or ou encore des vestiges de miroirs[642], lesquels sont fréquemment attribués aux environ du VIIe siècle av. J.-C. et du VIe siècle av. J.-C. pour les occurrences les plus antérieures, on peut appréhender l'hypothèse selon laquelle la paternité technologique du procédé d'étamage revienne probablement au étrusques[642],[633],[641],[422].

Toutefois, certaines données concrètes tendent à s'opposer à ce postulat. En effet, selon des historiens tels que Paul-Marie Duval (1912 - 1997), Gabriel Auguste Daubrée (1814 - 1896), ayant effectué des examens archéologiques et historiographiques approfondis, la découverte de l'étamage serait spécifique et indubitablement attribuable aux peuples celtes[643],[644], voire plus particulièrement à la « civitas » des « bituriges cubii »[645]. Pline l'Ancien lui-même, évoque une technique de plaquage de « plomb blanc »[di], laquelle est apposée par couches très fines sur ouvrages en bronze[dj] dont les « bituriges cubii » seraient les précurseurs. Le résultat de cette opération permet, selon Pline, d'obtenir des objets imitant l'argent[647],[dk]. Sous cet angle, et concernant l'industrie étrusque, il est possible de définir de manière plausible une forme d'acquisition précoce de la technique d'étamage par le biais de contacts commerciaux et culturels avec les peuples celtes[645],[644],[643],[642],[633],[641],[422].

En revanche, le processus dit de granulation par l'or deumeure comme étant un concept caractéristique et propre à la métallurgie fine étrusque. Cette méthode spécifique au domaine de l'orfèvrerie, réside dans l'application de petites granules d'or sur l'artéfact à ouvrager. Ce procédé, dont les artisans-orfèvres étrusques en seraient les dépositaires, est attesté dès le VIIIe siècle av. J.-C.[648],[649],[650],[651],[652].

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Au sein du peuple étrusque, l'importance que semble revêtir le domaine industriel des métaux est empreinte d'une culture religieuse marquée. Cette dernière se caractérise par l'assimilation et la synthèse des différentes facettes de la métiers : les matières premières (les minerais à caractère métallifère, les métiers de l'artisanat métallurgique ( les fondeurs, les forgerons, les orfèvres) et les catalyseurs nécessaires à l'ensemble des phases de transformation, d'obtention et de production des biens à composé métallique (c'est-à-dire la combustion par le dioxygène et le bois sous forme de charbon). Ainsi, également soucieux de leur mythologie, le panthéon des étrusques est doté d'une personnalité divine qui patronne l'ensemble de ces facettes : « Velia Velcha », le dieu du feu et des métaux[653],[654], également dénommé « Sethlans »[655], le dieu aux tenailles et au marteau d'artisan métallurgiste (dont la tête est parfois sumontée d'un bonnet)[dm][656] et l'équivalent de l'« Hφαιστος / Hếphaistos » grec[657],[658] ; que l'on appelle aussi : « Velchans » ou Vehlans[659],[660],[661].


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« Au-delà de la cité que les Tyrrhéniens nomment Populonia, il y a une île que l’on nomme Aithaleia. Elle se trouve à environ cent stades de la côte et doit son nom à la fumée (aithalos) qui stagne en nappe épaisse au-dessus d’elle. C’est que cette île contient un grand gisement de minerai de fer que les habitants extraient afin de le fondre et de le couler ; elle possède une grande quantité de ce minerai. »

— Diodore de Sicile, V, 13,1


La production métallurgique
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Les exportations

La conséquence directe de cette industrie est la construction de villes, le défrichage des campagnes, le creusement de ports et de nombreux canaux, (le est navigable dans la presque totalité de son cours)[668], et par suite le commerce principalement par voie maritime.

L'industrie du bois[modifier | modifier le code]

L'industrie du textile[modifier | modifier le code]

Production et système monétaires[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Monnaie étrusque et Monnaie de Populonia.
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Culture[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Vase plastique, groupe de Chiusi
Article détaillé : art étrusque.

L'art produit par cette civilisation est d'une grande richesse. Les Étrusques furent de très habiles artisans et eurent de grands artistes, peintres de fresques dans les tombes, comme celles de Tarquinia par exemple, sur vases, sculpteurs qui réalisèrent de véritables chefs-d'œuvre tant en bronze qu'en terre cuite. Ils furent également d'excellents joailliers, d'habiles métallurgistes. On peut voir leurs œuvres dans les grands musées italiens, comme ceux de Florence, du Vatican ou de Volterra. Mais ce qui gêne l'œil pétri d'esthétique gréco-romaine « classique », c'est la liberté de déformation des corps de l'esthétique étrusque à des fins d'expressivité. L'art étrusque est un art de mouvement.

VIIIe au VIIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Pendant une première phase allant du VIIIe au VIIe siècle av. J.-C., l'art étrusque s’inspire d' expressions orientalisantes avec l'importation d'objets en provenance d'Egypte et de Phénicie[670]. Les pièces d'orfèvrerie à filigrane, poussière et granulation de fabrication locale sont inspirées de modèles étrangers[671] . La technique du bronze se développe avec la production de trônes, sièges, boucliers, miroirs et laminé bosselée pour décoration de chars. En céramique, à côté des imitations grecques, prend corps une production originale locale[672] : vases en bucchero, en style italico - géometrique, grands vases avec support, ornés de figures de monstres et animaux[673].

L'architecture des habitations est caractérisée par les premières cabanes circulaires et rectangulaires que l'on trouve représentées entre autres dans les nécropoles du Latium : Tarquinia, Vetulonia, Cerveteri et Populonia. Le modèle rectangulaire plus complexe avec une toiture à double pente, avec loggia et parois externes décorées[674]. L’architecture funéraire du VIIe siècle av. J.-C. voit la création de tombes à fosse à camera ou à couloir. Initialement ces tombes sont de modeste dimension, puis comme à Cerveteri prennent la forme de tumulus recouvrant des tombeaux à couloir. Les chambres à thòlos dont la couverture en forme de coupole est à base de blocs ou plaques de pierre[673].

L'architecture « à voûte » est utilisée pour les monuments funéraires, ponts et portes comme à Volterra, Cortone et Pérouse[675]. Le temple étrusque parfois de type périptère (entouré de colonnes), présente une face ouverte d'accès à l'intérieur, trois côtés fermés en brique ou pierre. Son toit en bois est orné de festons (antepagmenta[676]), antéfixes et statues ronde-bosse en pierre cuite peinte. Comme le montre la reconstitution d'un type de temple étrusque au musée de Villa Giulia de Rome, son toit pouvait accueillir des statues-acrotères des divinités[673].

La sculpture, caractérisée par la série de canopes de Chiusi, cippes et le lion ailé de Vulci appartient à la période orientalisante étrusque[673].

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VIe et IIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

La structuration de la société étrusque et la multiplication des échanges font émerger de nouvelles techniques artistiques. En particulier la peinture connaît un développement spectaculaire : de la décoration des tuiles, elle obtient un statut décoratif et s'applique sur les vases et les fresques[677]. L'apogée de l'art étrusque se situe à la fin du VIe siècle av. J.-C. avec la constructions de arches et cippe en pierre de Chiusi, les sarcophages en terre cuite et les statuettes en bronze comme la Chimère d'Arezzo. Les plaques en pierre des frises des temples sont décorées[678] de de motifs végétaux, géométriques, scènes fantastiques (monstres ailés) ou de la vie quotidienne : courses de chars, cavaliers, cortèges, combats et banquets. Des scène mythiques décorent les frontons[673].

Au Ve siècle av. J.-C. les Étrusques connaissent de graves crises politiques et militaires, et leur art en subit les conséquences. La production artistique diminue, à l'exception des bronzes de Vulci[679]. Le classique domine au IVe siècle av. J.-C. avec les terres cuites du temple de Faléries et le bronze du Mars de Todi. Pendant cette période se développe la portraiture, culminant au Ie siècle avec le bronze de L'Arringatore. Dans la plastique en terre cuite, le portrait a un caractère plus populaire et vivace comme le témoignent les figures des sarcophages (obesus Etruscus)[673]. Dans la peinture et la sculpture prévalent aussi bien le goût orientalisant décoratif de la tombe Campana de Véies que l' archaïque des tombes peintes de Tarquinia (tombe des Taureaux, des Lionnes, des Augures, de la Chasse et Pêche). Néanmoins les thèmes de la vie quotidiennes sont essentiellement étrusques (Jeux d'athlètes, spectacles de jongleurs, chasse, pêche, particularités des vêtements et du mobilier, instruments de musique, scènes de banquets parfois en compagnie de divinités et démons d'autre tombe. Au début du IVe siècle av. J.-C., le dynamisme de l'art s’atténue et les thèmes abordés sont désormais l'Adès et les épisodes guerriers de l'épopée italique (tombe François)[673].

Les artistes étrusques restent inconnus à l'exception du sculpteur Vulca, originaire de la ville de Véies mentionné par les auteurs classiques comme Pline l'Ancien qui cite Varron[680] ou Tite-Live[681]. Celui-ci aurait travaillé à Rome [682] pour le dernier roi de Rome étrusque, Tarquin le Superbe, et créa pour lui une statue de Jupiter en terre cuite pour le temple de Jupiter Capitolin (en latin : Aedes Iovis Optimi Maximi Capitolini) de la colline capitoline, et probablement la statue d'Apollon de Véies[683].

La peinture funéraire étrusque du IIIe et IIe siècle av. J.-C. avec une recherche de type impressionniste révèle une forte influence helléniste. Le cycle de la peinture étrusque s'achève probablement avec la tombe des Festons de Monterozzi dont le nom provient du décor uniquement orné à festons de la tombe. L'acculturation conséquente de la romanisation fait disparaître le pouvoir politique des Étrusques et leur traits culturels sont assimilés par les Romains[673].

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Langue, écriture et système numéral[modifier | modifier le code]

Transcription du texte du cippo perugino

La langue étrusque n'a jusqu'à présent pas pu être rattachée de façon satisfaisante à un groupe identifié, et a pu ainsi être classée comme appartenant à un groupe pré-indo-européen ou proto-indo-européen : on aurait plutôt tendance à dire aujourd'hui que l'étrusque n'appartient pas au groupe des langues indo-européennes[684]. Depuis le IXe siècle, il existe une théorie qui propose de l'apparenter au rhétique, un idiome non-indo-européen des Alpes orientales qui présente des similitudes avec l'étrusque, mais on ne possède que trop peu de sources écrites valables pour établir de manière significative un lien concret avec la langue étrusque.

Il existe un corpus, soit un ensemble d'inscriptions en langue étrusque conservées jusqu'à ce jour, dûment répertoriées et provenant pour la plupart d'entre elles de Campanie, du Latium, de Falerii et Faliscus, Véies, Caeré, Tarquinia et alentours, mais aussi d'endroits plus éloignés, hors de l'Étrurie, et avec lesquels celle-ci entretenait d'étroits rapports diplomatiques ou commerciaux : ce qui deviendra à l'époque romaine la Gallia Narbonensis (la Narbonnaise), mais aussi la Corse, la Sardaigne et l'Afrique du NordCarthage était souveraine[685].

La seule langue attestée avec laquelle on ait trouvé une parenté avec l'étrusque est celle qui fut parlée dans l'île de Lemnos, avant l'invasion athénienne (VIe siècle av. J.-C.), où des stèles ont été trouvées, comportant des inscriptions rédigées dans une langue proche de celle utilisée par les Étrusques.

Ces différentes approches au niveau linguistique, nous laisseraient supposer un postulat d'antériorité de la présence des étrusques dans l'Europe du Sud par rapport à celle des celto-italiques; en regard de ces derniers, les Étrusques étaient donc indigènes à l'Italie et se seraient par la suite "celto-italisés" dans leur langue d'origine par le biais du commerce et du contact culturel[686].

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L'instrumentum archéologique scriptural étrusque est également riche d'une documentation matérielle dite ex-voto. En témoigne l'épigraphie de syntaxe étruscophone accompagnant l'artéfact statutiforme surnommé L'Arringatore, lequel a été mis au jour en 1556, sur un site localisé dans l'agglomération de Pérouse, en Ombrie. Cette inscription met en évidence le prééminence encore vive du pouvoir politique des romains de substrat ethnique étrusque à la fin du Ier millénaire av. J.-C.[687]. En l'occurrence, l'épigraphie de l'Orateur est une dédicace consacrée à un magistratures cursus honorum[dr][687],[688], dont voici la lecture la plus récente[689] :

« Auleśi meteliś ve vesial clenśi cen flereś tece sanśl terine tuθineś χisvlicś »


Par le biais d'une analyse linguistique de cette inscription simultanément honorifique et votive, les deux premiers éléments syntaxiques figureraient le sujet du dédicace, et par conséquent, le patronyme du hiérarche dont la statue a été érigé. En l'occurrence, il s'agirait de « Auleśi meteliś », c'est-à-dire : Aulus Metelus, en latin. En regard des deux éléments centraux, « tece sanśl » de la présente syntaxe étrusque, on peut également noter que lieu de son élévation pourrait très probablement se concrétiser par toponyme dusite de rituel sacré de « Tece Sans »[688], soit en étrusque : « tece sanśl »[690].

Alphabet

L'alphabet étrusque est dérivé d'un alphabet grec lui-même dérivé de l'alphabet phénicien et a inspiré l'alphabet latin, comme leur système de numération à base 10 simplifié fut utilisé par les Romains[691]. Le tableau ci-dessous présente les alphabets étrusques archaïque et classique, ainsi les lettres équivalentes dans les alphabets grec et latin (quand elles existent) et la prononciation reconstituée :

Étrusque
archaïque
Étrusque
classique
Équivalent
grec
Équivalent
latin
Prononciation
A Alpha A [a]
B   Bêta B [b]
C, Gimel EtruscanC-01.png, Gimel Gamma G [g]
D   Delta D [r], [d]
E E Epsilon E [e]
EtruscanF-01.png   Digamma [v], [w], [u]
Z Z, Long-branch Oss.png Zêta Z [z], [ts]
EtruscanH-01.png EtruscanH-01.png, EtruscanH-02.png Êta H [h]
Earth symbol.svg, Sun symbol.svg Phoenician teth.png, Sun symbol.svg Thêta   [th]
EtruscanI-01.png EtruscanI-01.png Iota I [i]
EtruscanK-01.png EtruscanK-01.png Kappa K [k]
EtruscanL-01.png EtruscanL-01.png Lambda L [l]
EtruscanM-01.png EtruscanM-01.png Mu M [m]
EtruscanN-01.png EtruscanN-01.png Nu N [n]
Cercle noir 100%.svg Sun symbol.svg, Cercle noir 100%.svg Omicron O [thi], [u], [o]
EtruscanP-01.png EtruscanP-01.png Pi P [p]
Phoenician sade.png, Rune-Eh.png Rune-Dæg.png San   [ch]
EtruscanQ-01.svg EtruscanQ-01.svg, Phoenician qof.png Koppa Q [q], [phi]
EtruscanR-01.png EtruscanR-01.png, EtruscanR-02.png Rhô R [r]
EtruscanS-01.png EtruscanS-01.png Sigma S [s]
EtruscanT-01.png Long-branch Ar.png Tau T [t]
EtruscanV-01.png EtruscanV-01.png, Waw Upsilon V [u]
EtruscanX-01.png   Chi X [ch]
Φ Φ Phi   [phi]
Ψ Ψ Psi   [khi]
  EtruscanF-02.png   F [f], [fh]
Numération étrusque

La numération étrusque est un système numéral adapté de la culture grecque attique et qui fut transmise en grande partie à la civilisation romaine. Leur système est à base 10, les Étrusques écrivent IIII pour 4 (comme cela subsiste sur les cadrans d'horloge). La pratique de la soustraction jusqu'à 3 chiffres est courante et ils écrivent 17 (ci-em zathrum : 3 ôté de 20), 18 (esl-em zathrum : 2 ôté de 20), 19 (thun-em zathrum : 1 ôté de 20). Les nombres (jusqu'à 100) ont été retrouvés écrits sur les sarcophages pour exprimer l'âge du mort : II +++↑ (lecture de droite à gauche) pour les 82 ans du mort sur un sarcophage du Musée archéologique national de Tarquinia.

Les 6 premiers chiffres, reconnus par leur présence sur les dés étrusques[692] (à jouer ou à divination) qui comportait les chiffres de 1 à 6 suivant leurs symboles (comme les nôtres), et qui dans la langue étrusque s'écrivaient en toutes lettres : θu, zal, ci, huθ, maχ et śa (pour 1, 2, 3, 4, 5 et 6).

Et la valeur des suivants par les opérations reportées : mach + zal = sept ; thu + huth = sept ; ci + ša = sept.

Étrusque - décimal - symbole - romain
θu 1 I I
maχ 5 Λ V
śar 10 + puis X X
muvalχ 50 L
? 100 C or Ж C

(Les caractères employés ici pour représenter les formes anciennes des chiffres sont empruntés à diverses écritures, par ressemblance. Le tracé réel des caractères ne peut être directement reproduit ici.)

Religion[modifier | modifier le code]

Philosophie religieuse[modifier | modifier le code]

Antéfixe étrusque représentant le dieu-fleuve Achéloos, IVe siècle avant notre ère.

La vie quotidienne des Étrusques était empreinte de religiosité, au point que Tite-Live a écrit qu'ils tenaient « plus que toute autre nation à l'observation des rites religieux[693] ». Ils suivaient des rites bien précis, consignés dans les différents traités de la Disciplina etrusca consacrés à la divination, aux cultes de fondation des cités et de consécration des sanctuaires, au monde d'outre-tombe, aux limites de la vie et au destin usant du bornage sacré.

Mythologie étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : mythologie étrusque.

La mythologie chez les Étrusques est née de la révélation faite aux hommes par la nymphe Bégoé, ou Végoia, et le génie Tagès. La première était liée à la fertilité et les rituels (consignés dans un traité) dépendaient de celle-ci. Le second passait pour être un enfant chauve, enfant-vieillard, sorti d'un sillon de la terre. Cette révélation, aux dires des anciens, a été consignée dans le corpus des livres sacrés, sous le nom de Disciplina etrusca.

Le panthéon étrusque.[modifier | modifier le code]

Divinité étrusque Nom grec Nom latin Fonction(s)
Tinia / Tina Zeus Jupiter dieu de la lumière, roi des dieux et maître des Cieux
Uni Héra Junon reine des dieux, sœur et femme de Tinia
Velch Héphaistos Vulcain dieu du feu et des métaux, fils de Uni
Turan Aphrodite Vénus déesse de l'amour, de la beauté, de la fécondité et de la santé
Nethuns Poséidon Neptune dieu de la mer, frère de Tinia
Turms Hermès Mercure dieu du commerce, des marchands et protecteur des voyageurs
Laran Arès Mars dieu de la guerre
Maris Demeter Cérès déesse de l'agriculture
Aritimi / Artumes Artémis Diane déesse de la chasse et de la virginité
Apulu / Aplu Apollon Apollon dieu du Soleil et de la lumière, frère jumeau de Aritimi
Menrva Athéna Minerve déesse de la fureur guerrière, de la sagesse et des arts
Fufluns Dionysos Bacchus dieu du vin et de la fête
Usil Hélios Sol dieu du soleil

Rites funéraires[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Rite funéraire étrusque.
Têtes de canope de Chiusi

De l'urne-cabane de l'âge du fer, à l'urne biconique villanovienne contemporaine, à la tombe à ziro intégrant le canope de Chiusi avec son couvercle anthropomorphe, puis aux sarcophages architectoniques à bas-reliefs mythologiques, qui ensuite deviennent figurés avec leurs couvercles sculptés exposant le mort voire le couple en banqueteurs, tous ces rites montrent la durée de la civilisation étrusque depuis la fin des temps préhistoriques jusqu'à la période romaine, avec l'évolution des rites passant de la crémation à l'inhumation, puis retournant à l'incinération. (voir également les tombes à pozzetto, les tombes à volta et à camera (en forme de maison) et les tombes à tramezzo (à cloison). Les tombes sont le plus souvent regroupées en nécropoles.

Sites remarquables des nécropoles[modifier | modifier le code]
Principaux[modifier | modifier le code]
La Via degli Inferi, entrée de la nécropole de Banditazccia.
La Tomba Ildebranda à Sovana.
Secondaires[modifier | modifier le code]
Prato 
Nécropole de Prato Rosello
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Colle di Val d'Elsa 
Site de la frazione Dometaia
Marzabotto, Émilie-Romagne
Mevaniola, Émilie-Romagne

Politique et société[modifier | modifier le code]

La société étrusque est divisée en deux classes : esclaves et maîtres. Les traces archéologiques recueillies ne montrent aucune évolution au cours des siècles même si l'on peut supposer l'apparition au VIe siècle av. J.-C. d'une classe moyenne composée d'artisans et de marchands travaillant pour leur propre compte. L'état était organisé seulement en apparence, la lucumonie était dirigée par des riches oligarques à qui obéissaient les esclaves et les paysans (pénestes) et la dodécapole par le zilath (sans pouvoir réel). Les rois (lucumons) et les aristocrates (principes) se réunissent annuellement lors du conciclium etruriae à l'endroit sacré (Fanum Voltumnae) pour discuter des affaires militaires et politiques, et pour choisir également un zilath mechl rasnal (gouverneur), élu pour une année.

Les magistrats

Ils constituent une catégorie de la société civile étrusque, très puissante et très attachée à ses prérogatives et ses privilèges et délibèrent dans une sorte de sénat, la seule assemblée politique de l'état étrusque. Les magistrats choisissent parmi eux les principes élus annuellement. Ceux-ci peuvent se substituer au roi, et, assistés d'une série de magistrats, peuvent assumer les fonctions de dirigeants.

Charges sacerdotales et administratives

Les religieux jouissaient d'une participation directe au gouvernement. Le peu d'informations que nous connaissons proviennent des épigraphes.

La famille étrusque

La famille était composée du père et de la mère vivant souvent avec les enfants et les neveux. Cette structure est reproduite dans le placement des lits et des chambres dans les tombes. Certains degrés de parentés nous sont connus grâce aux inscriptions reportées dans les tombeaux: papa' (grand-père), ati nacna (grand-mère), clan (fils), sec (fille), tusurhtir (époux), puia (épouse), ruva (frère) et papacs (neveu).

La femme étrusque
Article détaillé : Femme étrusque.

La femme étrusque jouissait sans doute d'une considération et d'une liberté plus grande que chez les peuples avoisinants. Elle pouvait participer aux banquets allongée sur le même klinai que son mari, assister aux jeux sportifs et aux spectacles. Ce fait scandalisait les Romains pour qui etrusca était synonyme de prostituée (décriée également par les Grecs dans la Truphé étrusque).

La mère, avec le père, transmettait son nom aux enfants (surtout parmi la classe la plus élevée de la société). Sur les épigraphes le nom de la femme est précédé par le prénom (son nom personnel) comme affirmation de sa propre individualité au sein du groupe familial. Les noms propres de femme fréquemment gravés sur le vaissellier et les fresques funéraires sont : Ati, Culni, Fasti, Larthia, Ramtha, Tanaquille, Veilia, Velia, Velka.

Sciences[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine étrusque.
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Les Étrusques avaient une bonne connaissance de la médecine (anatomie, chirurgie et physiologie)[699]. D'après l'Etrusca disciplina, recueil romain des textes de référence des pratiques religieuses et divinatoires étrusques, la vie humaine atteignait au maximum 84 ans, divisée en douze fois sept ans et tant que l'être humain n'avait pas atteint dix fois sept ans, il pouvait conjurer le destin par des rites propitiatoires.

La quasi totalité des informations inhérentes aux connaissances médicales de cette civilisation sont le résultats d'hypothèses et déductions sur la base des découvertes archéologiques et ex voto anatomiques. En effet les fouilles archéologiques ont mis au jour de nombreux sanctuaires où l'on a trouvé des reproductions anatomiques attestant de connaissances dans ce domaine[700]. Les étruscologues en ont déduit que les « fidèles » sollicitaient en échange d'offrandes la guérison de la partie malade qui était reproduite soit en cire ou en plâtre et déposée au sanctuaire auprès du dieu vénéré[701].

Certains auteurs antiques décrivent certaines de la médecine étrusque, Hésiode dans son œuvre Théogonie, rapporte que les connaissances des Étrusques relatives aux plantes médicinales proviennent de leurs aïeux, les fils de Circé, Agrios et Latinus[699]. Varron rapporte l'existence au mont Soracte d'un collège sacerdotal qui élaborait un médicament anesthésiant[699].

Les effets bénéfiques des eaux thermales sont connus et utilisés pour soulager de nombreux malades[699]. Scribonius Largus, médecin et écrivain romain souligne l'efficacité de diverses plantes médicinales dont les eaux ferrugineuses utilisées pour les soins de la vessie, et de fait définies comme vescicariae [702]. Les eaux thermales de l'Étrurie par la variété de leurs caractéristiques semblent particulièrement appropriées [703]

La thérapie principale étrusque est probablement à base d'herbes et plantes du territoire, néanmoins, la difficulté du dosage ne permet pas de définir la limite entre remède et toxicité[704]. Ovide préconisaitraccomandava le Semen Tuscum pour la cosmétique. Probablement l' épeautre dont la farine était utilisée pour les masques faciales[705].

l'étude philologique a mis en évidence quatre plantes principales. La Nepeta, qui permet l'extraction d'une huile essentielle cicatrisante et qui stimule la circulation sanguine et la digestion[705]. La menthe pouliot, dont les fleurs aident à la digestion et l'activité du foie et dont la tradition populaire lui attribue une régularisation menstruelle et relaxante. En usage externe, elle a de propriétés antiseptiques et antalgiques[705]. L' ajonc, plante laxative et diurétique, le « Mutuka », dont le préfixe «mut» fait penser à deux espèces le ciste et le thym [705]enfin la «Radia», probablement la ronce dont les feuilles et les fruits ont des propriétés astringentes, anti-inflammatoires, diurétiques et servent à soigner les hémorragies internes[705]

Les autres plantes citées par Dioscoride comme étant utilisées par les Étrusques ont toutes une racine indo - européenne : aubépine (sédatif) ; gentiane; arum[705].

Instruments chirurgicaux[modifier | modifier le code]

Les instruments chirurgicaux trouvés sur les sites archéologiques sont majoritairement en bronze, parfois en fer. On distingue des outils de cautérisation à pointe lanceolata (longueur environ 20 cm): ces instruments une fois chauffés étaient appliqués sur les tissus afin de cautériser les plaies et arrêter les hémorragies[706]; le couteau (longueur environ 6 cm) sorte de bistouri à lame arrondie pour les incisions ; des petites pinces lisses pliées en oblique par rapport aux branches (longueur moyenne 15 cm) servant à l'extraction de corps étrangers comme les échardes et os brisés [706] ; les sondes, dont une extrémité est en forme d'olive et l'autre à spatule ou cuillère (longueur 15 cm environ)[706] ; la tenaille (longueur entre 30 et 50  cm) permettait entre autres l'extraction dentaire ou les corps étrangers. Le « Thumi» (longueur 15 cm environ) est un instrument en bronze, une extrémité en forme de demi-lune et l'autre sous forme de poignée plate[706].

Jeux et sports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ludi.
Trois dés[707]
Joueur de cottabe, v. 510 av. J.-C., musée du Louvre

Comme beaucoup d'autres rites et traditions grecs importés par les Étrusques, puis transmis en grande partie aux Romains, parmi les jeux les plus connus, les ludi, par leur représentation sur les fresques des tombeaux, les scènes des vases a figure nere ou rosse, les objets qui nous sont parvenus. On notera particulièrement le lancer de gouttes de vin sur le kottabos, l'askôliasmos, un jeu d'équilibre sur une outre en peau gonflée d’air et huilée, le jeu de l'Empuse, les jeux du cirque[708] (chevaux et pugilistes[709] du Grand cirque de la vallée Murcia, organisé par Tarquin l'Ancien), celui de la balle (episkyros ou harpastum), les dés étrusques

Souvent ces jeux étaient des rites sacrés, destinés aux célébrations funèbres[710], comme la boxe[711].

Postérité et héritage culturel[modifier | modifier le code]

Au cours du Haut-Empire Romain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Apports des Étrusques aux Romains.

Au Moyen Âge italien[modifier | modifier le code]

À la Renaissance italienne[modifier | modifier le code]

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Bien que la mémoire des anciens Tusci réapparaisse sporadiquement dans les chroniques de la fin du Moyen Âge, c'est à la Renaissance que des études se portent sur les témoignages du monde étrusque. Ainsi, lorsqu'Annius de Viterbe découvre des sarcophages étrusques, ce dominicain s'arrange pour que lors d'une partie de chasse organisée en 1493 pour le pape Alexandre VI, le souverain pontife tombe « par hasard » sur une tombe étrusque et dégage les fonds pour poursuivre les recherches. De Viterbe publie à Rome en 1498, un recueil intitulé Antiquitatum variarum (it) et consacré notamment à la civilisation étrusque qu'il relie aux Hébreux mais l'érudit Joseph Juste Scaliger montrera la fausseté de ce recueil[712].

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Le 15 novembre 1553, une statue de bronze est découverte dans la ville d'Arezzo lors de la construction de fortifications des Médicis à la périphérie de la ville. Cette Chimère d'Arezzo est immédiatement revendiquée par le grand-duc de Toscane Cosme Ier[713]. Une autre découverte fortuite, L'Arringatore[ds], a lieu en 1556, près de Pérouse[714],[715]. Il s'agit d'une sculpture de typologie artisanale étrusque et attribuée tournant du IIe siècle av. J.-C. et du Ier siècle av. J.-C.[dt]. Cette statue ouvragée en bronze est accompagnée d'une inscription en langue étrusque sur le pan inférieur droit de sa toge[687],[688].

Au cours de la renaissance italienne, et plus particulièrement au cinquecento toscan, l'héritage culturel du peuple étrusque semble également se répercuter sur les formes d'idéologies politiques et philosophiques. Dans l'un de ses ouvrages de critique d'historiographie antique, le « Variarum lectionum libri : commentaires sur les auteurs antiques »[du], le philologue et humaniste florentin Piero Vettori (1499 - 1585), détermine un parallèle entre l'organisation politique et territoriale de l'Étrurie et celle de la Toscane du XVIe siècle[374]. Ainsi, selon l'auteur italien, le système politique et organisationnel étrusque préfigure et impacte de manière indirecte, la logique oligarchique florentine, et plus globalement toscane, à l'époque du quattrocento et plus incidemment, à celle du cinquecento. D'après Piero Vettori, le mode de fonctionnement gouvernemental étrusque, basé sur la structure dite des lumniones[dv], lesquelles sont subordonnées aux dodécapoles étrusques, trouve un écho indubitable au sein de la politique de gouvernance oligarchique et contemporaine de ce dernier. L'historiographe explique et définit, au travers du seul exemple de la cité Toscane de Florence[dw] et à l'instar d'autres villes d'importance telles que Venise, ou encore Rome, la concordance et l'unité culturelles existant entre ces deux périodes distantes de 18 à 24 siècles[374].

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Époque moderne[modifier | modifier le code]

Étruscomanie et étruscologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Étruscomanie et Étruscologie.

Le savant écossais Thomas Dempster rédige entre 1616 et 1619 le traité De Etruria Regali, un des premiers ouvrages d'étruscologie[721].

Au XVIIIe siècle, l'Italie et l'Europe connaissent un véritable engouement pour les Étrusques, l'étruscomanie (Etruscheria en italien). Le siècle des Lumières s'alimente du goût des antiquités, et du modèle universel, autant moral qu'esthétique. Ceci est d'autant plus encouragé par l'engouement de nouvelles découvertes archéologiques recherchées par les adeptes du Grand Tour en Italie, en plus de la contemplation des vestiges de Rome. Le romantisme s'en empare également et naît le style étrusque.

Proche de la ville moderne de Tarquinia, les archéologues mettent au jour depuis le XIXe siècle, sur le site de Monterozzi, une importante nécropole de plus de 6 000 tombes. À la fin du XIXe siècle, le médecin italien Isidoro Falchi identifie la cité étrusque de Vetulonia.

À l'époque des Lumières, au début du XVIIIe siècle, l'historien français Nicolas Fréret (1688 - 1749) fut l'un des pères fondateurs de l'archéologie française étruscologique moderne. Ce dernier s'oppose notamment à son pair et homologue italien Stephano Rossi, en proposant une interprétation différente concernant les origines ethniques des étrusques[722],[723],[724]. Après avoir appréhender des études et analyses effectuées sur des instrumenta de facture artisanale étrusque mis au jour en contexte funéraire en Italie padanne, le spécialiste français corrobore les éléments receuillis à un probable substrat ethnique issu de la Méditerranée orientale[725],[726],[727],[728],[729],


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Muséographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'après Jean-Marc Irollo dans son ouvrage Histoire des Étrusques, « l'époque villanovienne est la préhistoire des Étrusques »[2].
  2. D'après l'ouvrage publié par Jean-Marc Irollo "Histoire des Étrusques : l'antique civilisation toscane, VIIIe-Ier siècle av. J.-C."[4],[5],[6].
  3. Ces douze cités-états sont également dénommées le Dodécapole étrusque, dans le domaine spécifique de l'étruscologie[4].
  4. Notamment sur le côte orientale de la péninsule ibérique ; en Gaule méditerranéenne (tel que le site protohistorique de Lattara au VIe siècle av. J.-C. et Ve siècle av. J.-C.[11],[12],[13],[14]) et sur le littoral ligure[15],[16],[17].
  5. C'est-à-dire les souverains romains : Tarquin l'Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe.
  6. Plus précisément : les celtes de culture golaseccienne.
  7. Analyse et interpétation effectuée d'après le compte rendu rédigé par Maurice Leroy et Albert Grenier et publié en 1950, Les religions étrusque et romaine[22] et plus récemment dans le chapitre d'ouvrage L'origine Lydienne des étrusques, manuscrit par Dominique Briquel et issu du recueil "Histoire de la doctrine dans l'antiquité" (passage : page 95)[23].
  8. Que l'on surnommait également « Le père de l'histoire »[24].
  9. Selon un passage de son œuvre manuscrite Chroniques grecs et romaines, Livre I, paragraphe 30.
  10. D'après l'ouvrage "Le cavalier tyrrhénien", publié en 2005, rédigé par Natacha Lubtchansky[29],[30]. Il s'agit d'un bas-relief ouvragé en bronze et représentant un jeune guerrier tyrrhénien (probablement issu de la tribu des œnotriens) chevauchant un pégase mythologique. L'artéfact a été découvert incorporé aux contreforts sédimentaires des côtes tyrrhéniennes de la région italienne de Calabre. Plusieurs autres représentations de cavaliers tyrrhéniens ont été mis au jour au sein de cette même zone du littoral italien méridional. Ces multiples découvertes marquent un préalable au cursus artistique dit de l'equitatus préromaine. Ce mouvement de mise-en-œuvre plastique, met en jeu des influences simultanément étrusque, greco-archaïsante et méditerranéo-oriental[31],[32].
  11. Autrement dit le contexte de l'âge du fer européen.
  12. À la fois les occurrences bibliographiques grecques et romaines.
  13. Comme le révèle de multiples occurrences épigraphiques funéraires et/ou ex-voto[26],[34],[23],[9].
  14. Ou encore « Tuscie ».
  15. Une table de synthèse comparative mettant en jeu l'étrusque, le latin et le proto-indo-européen commun, laquelle est réalisée par James Patrick Mallory, dans son ouvrage À la recherche des indo-européens", concrétise de facto l'appartenance non-indo-européenne de la langue étrusque[47].
  16. C'est-à-dire la région italienne de Toscane à l'âge du bronze récent à final[24],[25],[53],[54].
  17. Essentiellement ceux d'Hérodote et de Denys d'Halicarnasse.
  18. Notamment au travers de l'instrumentum funéraire[61], mais également, et dans une moindre mesure, des éléments archéologiques votifs, l'ensemble de ces occurrences abondamment mises au jour dans l'agglomération et le site de Tarquinia et affichant un caractère artisanal villanovien / proto-étusque évident[62].
  19. Très probablement des tribus lydiennes, tyrrhéniennes, agrégées à des populations dites de la mer.
  20. Notamment le peuple italiote de lucanii[65].
  21. Autrement dit ce que les historiens définissent par le terme générique de « Grande Grèce »[67],[68],[69],[70].
  22. Autrement dit : le début de l'âge du fer italien.
  23. Soit en terme de datation chrono-culturelle, approximativement : -720 / -580[71].
  24. À l'instar de la Grande Grèce, de la Phénicie, de la cité-état de Tyr, ou encore de Carthage[87].
  25. Parmis celles-ci, on peut noter en particulier l'abécédaire de Marsiliana[88],[89].
  26. Autrement dit l'alphabet eubéen[90],[91].
  27. Par Jean-Paul Thuillier, professeur à l’École normale supérieure.
  28. D'un point de vue géostratégique et économique, Rome est située sur la route commerciale étrusque reliant l'Étrurie toscane à l'Étrurie campanienne. Il en résulte que les échanges commerciaux entre les deux de l'Italie protohistorique, en demeurent incidents et raffermis[93].
  29. La dynastie des Tarquins serait issue de cette métropole étrusco-toscane[105].
  30. Cité de naissance Servius Tullius (également appelé « Macstrna » ou « Mastarna »[106],[107],[108]).
  31. Ladite tablette léonine est une occurrence épigraphique mis au jour au niveau des bases de fondations du Capitole romain, et probablement utilisée en réemploi. Il s'agit d'une tessera hospitalis attribuée au VIe siècle av. J.-C., manuscrite en latin invitant les étrangers à la ville Rome à venir s'y implanter. Concrètement, c'est un signe de reconnaissance de la cité tibérienne envers ces derniers[112],[N 1].
  32. Dont notamment les latins, les sabins, ombriens, greco-chalcidiens.
  33. Il s'agit de l'actuel quartier romain dit de la Trastevere.
  34. À ce titre, les écrivains antiques tels que Tite-Live et Denys d'Halicarnasse, ne considéraient pas les 3 derniers monarques de Rome comme étant seulement pour part de substrat ethnique étrusque[140],[105].
  35. De gauche à droite : « Caile Vipina », ; « Macstrna » ; « Larth Ultes » ; « Laris Papathnas Velznach » ; « Pesna Aremsnas Sveamach » ; « Rasce » ; « Venthikau » et « Aule Vipina » ; à droite : « Marce Camitlnas » et « Cnaeve Tarchunies Rumach »[150],[105],[108],[111].
  36. Ce discours fut retranscit en langue latine sur une tablette d'incription appelée table claudienne. Cette dernière énumère et relate l'ensemble des faits structurant l'histoire de Rome depuis sa fondation jusqu'au prémices de l'empire capitolin. Cet artéfafact épigraphique gravé sur une plaque de bronze laminé et dont on a mis au jours des fragments au sein de la cité des 3 Gaules, réfacte la perspective que Claudius donne à la trame historique de la cité tibérienne[157],[158],[159],[160],[161].
  37. Terminologie historiographique et urbaine qui fait référence à l'édifice monumental du Capitole, l'occurrence architecturale la plus symbolique de l'ère antique romaine[172],[173],[174],[175],[176],[177].
  38. Occurence architecturale de fortification éponyme de Servius Tullius.
  39. Ce dernier se présente sous la forme d'une levée de terre haute de 6 mètres, laquelle est associée et liée à un fossé. Le témoignage d'un artéfact, affectant l'aspect d'un tesson de kylix de type et d'origine attique et mis au jour au sein des fondations de l'agger servien, met en évidence le terme et la conclusion du chantier défensif : cette dernière serait attribuée à la fin du VIe siècle av. J.-C..
  40. Le pomœrium entoure le plateau du Quirinal, du Viminal et de l'Esquilin.
  41. Cette œuvre monumentale, dont la tradition historiographique et antico-littéraire attribuent sa paternité aux rois étrusques de Rome (dynastie des Tarquins), aurait été fondée, puis édifiée sur un sol, légèrement en surplomb du cours d'eau de la Murcia romaine, à mi-chemin de deux des sept collines de Rome : celle de l'Aventin et celle du Palatin. La composition pédologique du site qui était auparavent de type marécageuse, aurait été terraformée, grâce à la mise-en-place d'un système de drainage permettant ainsi de l'assécher. En outre, on peut également noter que ce haut lieu de la Rome antique, fut, sous le règne des Tarquins, doté de simples gradins constitués de bois.
  42. Ce sanctuaire a été identifié et attesté comme étant le plus vaste édifice religieux construit par les étrusques.
  43. Selon Pline l'Ancien, la statue trônant in situ de la cellæ jupiterinne, façonnée en terracotta et incarnant la divinité éponyme, serait l'œuvre d'un artisan-sculpteur étrusque originaire de « Veis ». D'après l'historien antique, ce dernier porte le nom de « Volca »[N 2],[203],[204],[205],[206]. De surcroît, d'après Plutarque, les deux occurrences sculptées surplombant l'acrotère du sanctuaire capitolin, sont à créditer à un atelier véien. Cette ensemble d'éléments suggèrent, s'il en est, l'impact et l'incidence la culture étrusque au sein de la société romaine du VIe siècle av. J.-C..
  44. Bien que l'on compte tradionnellement 4 régions romaines, les annales antiques déplorent que peu de références par rapport à ce chiffre.
  45. Dans ce cas, il s'agit d'un ensemble défensif de type armure lourde ou cuirassée.
  46. En l'occurrence, la nouvelle mesure prise par Servius Tullius afin de renforcer la force de frappe de l'armée romaine, est fortement inspirée du matériel défensif et offensif des armées grecques de l'époque archaïque. Ce dernier comporte généralement les éléments suivant : un casque (κράνος / krános) ; une cuirasse (θώραξ / thốrax) ; des cnémides (protège-tibias) (κνημῖδες / knêmĩdes) ; un bouclier (ἀσπίς / aspís, parfois appelé improprement ὅπλον / hóplon) ; une lance (δόρυ / dóry) ; une épée courte (ξίφος / xíphos). Toutefois, à l'époque monarchique romaine du VIe siècle av. J.-C., ce type d'équipement guerrier évolue avec l'addition d'un autre élément de protection : les ptéryges, sorte de lanières de cuir ou de bronze, faisant office de protège-genou, de protège-clavicule, ou encore de liens entre les différentes plates d'armure[248],[249],[250],[251].
  47. C'est-à-dire les populations romaines natives de l'une des cités-états étrusques telles que « Veis », « Velx », ou encore Tarquinia et « Clevsin » et qui ont été adoptées et accueillies par la cité tibérienne. Ces tribus ou familles étrusques comprennent notamment des individus en exil et/ou des condotières (mercenaires).
  48. Lapis niger signifie : pierre noire. Il s'agit d'un cippe funéraire qui est affectée d'une forme volumique parallélépipédique et dont les 4 côtés présentent un cursus scriptural en latin archaïque. On a toutefois attesté que les caractères épigraphiques étaient de type étrusques. La stèle, attribuée au tournant du Ve siècle av. J.-C. et du IVe siècle av. J.-C., a été mise au jour en 1899, au cœur du forum romanurum, à proximité du Comitium. Cet artéfact en tuf volcanique met en évidence la pérennité de la culture étrusque au sein de la cité tibérienne, un siècle après l'exil du dernier roi étrusque de Rome, Tarquin le Superbe et la mise en place de la république romaine sous l'égide de la ligue latine.
  49. Autrement dit en plein cœur de la Rome républicaine.
  50. C'est-à-dire l'espace médian au sein duquel la civilisation étrusque a subi son ethnogenèse et s'est développée[1],[8].
  51. « Velx » étant la cité étrusque géographiquement la plus proche de la ville tibérienne et possédant un accès direct via la voie tibérienne[93],[111],[112].
  52. Celles-ci sont favorables à une agriculture céréalière et viticole et à la production de biens manufacturés en terracotta. Situés auparavent au Nord-Est du territoire étrusque, ces derniers se localisent dans la partie orientale de l'actuelle région italienne de Toscane[314].
  53. Tels que le volcan gris dit mont Amiata.
  54. Autrement dit celui du VIIIe siècle av. J.-C. et du VIIe siècle av. J.-C..
  55. Plus précisément : les celtes de culture golaseccienne.
  56. Tel que le IV de Tite-Live[346],[347],[348],[349],[350].
  57. On notamment mis au jour un fanum au sein du site archéologique de « Velzna », appelé le bois sacré étrusque de Voltumna ou Fanum Voltumnae[351],[346],[347],[348],[349].
  58. Les récentes études archéologiques confrontées aux textes littéraires anciens, mettent en évidence un possible processus d'acculturation des populations autochtones de la plaine padane, de la campanie, de l'Ombrie et du Latium, lors de l'expansion territoriale étrusque, laquelle relèverait plus d'un phénomène de colonialisation que d'une réelle emprise territoriale et sans équivoque[363],[364].
  59. Lequel est un concept administratif et politique également propre à l'antiquité romaine[366],[365],[367],[368] et grecque (Hérodote, Livre I, paragraphe 145[369] et Diodore de Sicile , Livre XV, paragraphe 49[370],[371]).
  60. C'est-à-dire, pour un groupe d'habitats donné, le phénomène urbanistique nécessaire à sa mutation en pôle urbain. Ce dernier s'octroie simultanément de deux catalyseurs : un élément d'agrégation d'une part , et un élément de densification et d'accroissement démographique, d'autre part. L'issue de ce processus se concrétise sous la forme de la fondation de la cité[377],[378].
  61. Les données archéologiques actuelles, confortées par les textes littéraires antiques, accréditent le postulat selon lequel les étrusques auraient été le premier peuple d'Italie à se préempter de ce type organisationnel de l'habitat et de structure territoriale[375].
  62. Les étrusques y ont notamment conceptualisé des ouvrages fluviaux tels que le creusement donnant matérialisation au Canal Bianco, probablement afin de faciliter la navigation commerciale[392].
  63. Les fouilles archéologiques effectuées sur la site Marzabotto, anciennement « Kaituna » cooptent de ce genre de situation topographique privlégiée[393].
  64. Par syncope de dérivation linguistique issue de la langue étrusque.
  65. Terme de grec ancien signifiant équerre.
  66. Cet instrument d'romain était l'appareil de levé notamment usité par les agrimenseurs de l'ancienne Rome[397],[398].
  67. Correspondant à la ville étrusque de « Kaituna »[401],[402],[393],[403],[404].
  68. D'après le chapitre d'ouvrage rédigé par Claire Joncheray : Les plans des cités étrusques à la période classique : de la réalité fantasmée aux nouveaux critères d’interprétation ; issu de l'ouvrage collectif, Urbanisme et architecture en Méditerranée antique et médiévale à travers les sources archéologiques et littéraires[395].
  69. Ou, autrement dénommé : l'« Etrusca Disciplina », c'est-à-dire l'art de divination étrusque pratiqué par les haruspices et appliqué à la fondation d'une cité[408],[409].
  70. La cité « Cisra », se préemptait d'un emplacement légèrement en retrait par rapport par rapport à la côte tyrrhénnienne, toutefois on objecte que cette dernière possédait un débouché maritime, via le site portuaire étrusque de Pyrgi[414],[415],[416],[417].
  71. Le site funéraire est actuellement classé au patrimoine mondial de l'UNESCO[428], les artéfacts mis au jour au sein de celui-ci conservés et exposés au Musée national archéologique de Cérétain à Cerveteri, Latium[429].
  72. Celui-ci se présentait sous une de petits villages régulièrement espacés au sein d'un zone spatiale ne dépassant pas 2 km2.
  73. La cité-état proto-historique étrusque de Tarquinia est également appelée « Tarchuna », en dialecte étrusque[390],[391].
  74. Cité-état étrusque également dénommée « Velc » ou encore « Velx », en langue étrusque.
  75. Cité étrusque où l'on a notamment mis au jour un artéfact à caractère artisanal étrusque dit la tabula Hebana. Ce dernier aspecte la forme d'une tablature portant des inscriptions épigraphiques qui recensent les différents édiles romains de la période monarchique qui ont gouvernés le pôle politique et proto-historique de « Heba » depuis l'époque de la prééminance étrusque, jusqu'au cours de la république romaine[359].
  76. Objet présenté à l'exposition du Louvre-Lens, Les Étrusques et la Méditerranée et issu de la collection - 239 de Santa Severa, à l'Antiquarium de Pyrgi, inv. 2013.4.465-472.
  77. Références muséographiques : collection numéro - 243 - Santa Severa, Antiquarium de Pyrgi, inv. 2013.4.390.
  78. Autrement dit, un motif décoratif surmontant un chapiteau.
  79. Référence muséographiques : Louvre-Lens - Les Étrusques et la Méditerranée - 247 - Santa Severa, Antiquarium de Pyrgi, inv. 2013.4.464 (Fragment de jambes de guerriers).
  80. Références muséographiques : Louvre-Lens - Les Étrusques et la Méditerranée - 233 - Rome, université la Sapienza, musée des antiquités étrusques et italiques.
  81. Également appelé « Hadria », en dialecte étrusque. Les différentes occurrences du corpus archéologique attestent que la cité-état de la région italienne de Vénétie est fondée au cours du VIe siècle av. J.-C. par les étrusques. Selon le géographe grec Strabon, le toponymie du pôle urbain portuaire aurait, par effet de déclinaison linguistique, contribué à la création du terme grec « Adrias », l'équivalent de l'élément adverbial de la mer éponyme : Adriatique[N 3],[433],[392].
  82. Autrement dit en plein cœur de la Rome républicaine.
  83. Par assimilation à la diffusion de la « koiné » grecque commerciale et culturelle, la « thassalocratie étrusque », est un terme historiographique qui désigne l'expansion territoriale, culturelle et commerciale étrusque au travers de nombreux établissements coloniaux au cours du VIIIe siècle av. J.-C., VIIe siècle av. J.-C., VIe siècle av. J.-C. et Ve siècle av. J.-C.
  84. Acrotère à figure de fantassin étrusque, mis au jour dans l'agglomération de la commune de Cerveteri, au sein du faubourg de Vigna Marini-Vitalini. Artéfacts attribué aux environs de 510 av. J.-C., ouvragé en terracotta. Ses dimensions sont les suivantes : 60 cm de hauteur, pour 12 8 cm de largeur. D'après le numéro d'inventaire HIN 25A du musée de Carlsberg Glyptotek à Copenhague.
  85. Il s'agit d'un modèle de barque mis au jour à Cerveteri (commune localisée au Nord-Ouest de la Campanie), au sein nécropole de Monte Abatone. Ce navire de petite est indexé aux environs de la 1re moitié du VIIIe siècle av. J.-C.. Ses dimensions sont les suivantes : hauteur de 4,9 cm ; longueur de 43,1 cm ; largeur de13 cm. D'après le numéro d'inventaire 185 de la Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, Médailles et Antiques.
  86. [1].
  87. Il s'agit d'un modèle de barque mis au jour à Cerveteri (commune localisée au Nord-Ouest de la Campanie), au sein nécropole de Monte Abatone et extraite d'une stèle inventoriée A dans la chambre funéraire de gauche. Cette barque est attribuée au VIIe siècle av. J.-C.. Ses dimensions sont les suivantes : hauteur de 4,5 cm ; longueur de 44 cm ; largeur de 16 cm. D'après le numéro d'inventaire 87955, musée national cérétain, à Cevereti, Campanie.
  88. Lesquels ont été réutilisés en réemploi de routes commerciales romaines.
  89. Les éléments granuleux qui la composent sont généralement inférieur à 4 millimètres.
  90. Dans le cas précis d'orogenèse par consolidation de débris volcaniques, il s'agit de roche tufée cinéritique[462].
  91. Mais auussi comme matériau de construction d'habitat type villae.
  92. De l'italien, littéralement nécropole du Crucifix du Tuf et la ville des morts.
  93. C'est-à-dire la période recouvrant la fin de la période classique et période hellénistique et la romanisation de l'Étrurie, ou plus précisément de -350 à -50.
  94. Il s'agit d'un roche marbière blanche à texture fine et possédant une très forte densité granulométrique[500].
  95. Cette œuvre représente une femme étendue, tenant un écrin à miroir. L'artéfact est confectionné en albâtre. Ce dernier aurait été sein d'un atelier de sculpture, en l'occurrence celui de maître Myyrtilos, au sein « Velathri ». En outre, il est attribué aux environs du milieu du IVe siècle av. J.-C.. L'inscription sur le couvercle évoque une défunte de 25 ans, du nom de « Larthi Ceincnei ». La cuve, c'est-à-dire le réceptacle accueillant les cendres de la défunte personne, qui accompagne cette pièce est ornée d'une scène représentant le meurtre d'Oenomaos par Pélops. Exposée et conservée au département des antiquités étrusques et romaines, Musée du Louvre, aile Denon, niveau 0, salle 18[526].
  96. Il s'agit d'une fresque représentant les héros de la mythologie grecque Ménélas et Mérion déposant dans un char le corps de Patrocle. Ulysse, figurant à droite et portant le « pilos » et un bouclier, observe la scène. Pièce d'artisanat mise au jour aux alentours de Volterra. Conservé au Musée archéologique national de Florence.
  97. Occurrences et postulat confortés et corrélés par la mise jour d'un instrumentum caractéristique d'un contexte d'habitat, telles que des amphores ou encore des poteries d'origine étrusco-grecques.
  98. Ce terme trouve son origine dans l'émanation nauséabonde qu'elle produit lorsque cette dernière est mise-en-œuvre. Cette exhalaison serait issue des particules de soufre présent dans la composition de cette roche sédimentaire[539].
  99. À l'origine, cette pièce archéologique ornementait et surplombait en en appareillé l'un des deux accoudoirs composant un trône, également ouvragé au moyen de la pietra fetida. Cet artéfact possède un double issu du second accoudoir.
  100. Références muséographiques : Louvre Ma2348.
  101. Objets destinés à accueillir les cendres du défunt.
  102. Laquelle serait sous-tendue à un acheminement par voie terrestres.
  103. Ce sanctuaire a été érigé au cours du IVe siècle av. J.-C., avant d'être incendié par les troupes romaines au cours du Ier siècle av. J.-C..
  104. Ce faciès chrono-culturel correspond, peu ou prou, à la culture dite d'Eboli ou la fin de la culture de Laterza.
  105. Dont notamment le site Portoferraio, comme l'indique sa dérivation toponymique du terme fer. Il s'agirait d'une ancienne petite cité fondée par les étrusques au cours du VIIe siècle av. J.-C.[617].
  106. Dont on atteste une occupation ethnique proto-villanovienne à villanovienne dès le XIIe siècle av. J.-C. / XIe siècle av. J.-C., implantation qui se pérennise puis se développe au cours du 1er âge du fer proto-étrusque et étrusque. Au sein de cette zone géographique, les occurrences archéologiques en contexte d'habitat sont nombreuses. On a ainsi extrait des poteaux de cabanes, un vestige de fortification, ainsi que les restes d'un matériel domestique rudimentaire et / ou artisanal , tels que des fours de fonderie métallurgique, des meules à abrasion, vaisselle à motifs géométriques variés. À proximité du site proto-urbain, on a également mis au jour un complexe funéraire villanovien : la Poggio La Pozza, actuellement localisée près du village d'Allumiere. Les sépultures de cette dernière disposaient de viatiques matériels pourvus, entre autres d'urnes de type biconique et présentant des motifs géométriques, ainsi que du petit mobilier funéraire du type vaissellerie, tels que des marmites, des pots et des tasses. On y a également relevé la présence d'objets d'apparat tels que des bijoux, fibules). On a retrouvé des artéfacts bronzes (objets, haches) à Monte Rovello et à Coste del Marano[618],[619],[620].
  107. M.M. V, 106.
  108. H.N. XXXV, 183-185.
  109. On atteste que le site d'extraction métallifère de « Pufluna » est devenu le plus important lieu minérifère du territoire étrusque, au cours du Ve siècle av. J.-C.[4].
  110. C'est-à-dire une sorte de brasier.
  111. Le plus fréquemment, il s'agit d'une dalle en pierre.
  112. Moins fréquemment, les orfèvres font usage de métaux tels que le plomb, l'argent, le cuivre, ou encore l'or[639],[640],[632].
  113. Probablement l'obtention de la céruse[646].
  114. Et par conséquent, probablement une forme de procédé d'étamage.
  115. Livre XXII, paragraphe 162.
  116. Note d'inventaire : Collection Borgia, specchio con scena erotica, IV sec ac. 27672.
  117. Personnalité mythogique étrusque fréquemment pourvue d'une sorte de bonnet surmontant son chef, comme en témoigne de nombreux spécimens numismatique sur leurs revers, tels que ceux attribués au IIIe siècle av. J.-C. in situ de « Pufluna »[655],[656].
  118. Sépulture que l'on a identifié comme appartenant à la période dite classique ou étrusco-hélleniste[N 4]. De l'italien : littéralement, « la tombe des enfers », et parfois incorrectement interprétée par « la tombe de l'ogre », au sens de divinité infernale[653], quelquefois Tombe d'Orcus) est une des tombes peintes du site de la Nécropole de Monterozzi[N 5].
  119. La présente fresque picturale réfracte l'un des évènements majeurs de la mythologie étrusque : « Le festin de Velia Velcha ».
  120. Notice muséographique : storia dell'Italia antica (1873) (14595818098).
  121. Il s'agit d'un pendentif. On concrétise, par le biais des textes antiques romains et quelques substantiels découvertes archéologiques, que cet accessoire d'apparat serait d'origine étrusque[637],[638],[636].
  122. C'est-à-dire un magistrat romain élevé au plus haut rang de l'administration publique romaine[687],[688].
  123. Terme italien signifiant L'Orateur. Cette dénomination lui probablement été consacrée en raison de sa tenue vestimentaire (en l'occurrence), une toge, mais également de son attitude et de posture générale, indubitablement similaire à celles d'un tribun[687],[688].
  124. Plus précisément en -100.
  125. D'après les recueils biographiques de Salvatore Lo Re, la Tra filologia e politica : une medaglione di Piero Vettori (1532-1543)[716] ; Raphaële Mouren, Biographie et éloges funèbres de Piero Vettori : entre rhétorique et histoire[717] ; Raphaële Mouren, Édition et enseignement à Florence au temps du second humanisme : Piero Vettori et les auteurs classiques (1499-1585)[N 6] ; et le chapitre d'ouvrage rédigé par Raphaële Mouren, La lecture assidue des classiques : Piero Vettorri[718].
  126. Autrement dit : des cités états calquée sur modèle étrusque.
  127. Dont l'oligarque et grand-duc de Toscane Cosme Ier, en est l'un des plus grands architectes[374].
  128. Ouvrage dont l'artiste toscan aurait effectué la restauration[719].
  1. « Étrusques », dans Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, 1877-1919 [détail de l’édition] (lire en ligne) (« quelques transcriptions d'articles », sur mediterranees.net)
  2. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre XXXV, paragraphe 157
  3. Strabon, Géographie, livre VII, V, 9
  4. C'est-à dire se situant entre le IVe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C..
  5. Soit 200 occurrences funéraires sur les 6 000 du site
  6. Thèse de doctorat en philologie grecque, sous la direction du professeur Jean Irigoin, Paris, École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, janvier 2002
  1. Rome : rione XIII trastevere.

Références[modifier | modifier le code]

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