Citroën Axel

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Citroën Axel
Citroën Axel
Rassemblement d'Axel à Andijk, 2019

Marque Drapeau : France Citroën
Années de production 1984 - 1988
Production 60 184 exemplaire(s)
Classe Citadine polyvalente
Usine(s) d’assemblage Drapeau de la Roumanie Craiova
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) Moteur boxer série G:
1 129 cm3
1 299 cm3
Position du moteur Avant
Puissance maximale 57,5 - 61,5 ch 6 - 7 (41,4 - 44,2 kW)
Couple maximal 81 - 98 Nm
Transmission Traction
Boîte de vitesses Manuelle 4 ou 5 rapports
Poids et performances
Poids à vide 860 - 875 kg
Vitesse maximale 150 - 157 km/h
Accélération 0 à 100 km/h en 13,1 - 15,4 s
Consommation mixte 8,6 - 8,9 L/100 km
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Berline bicorps 3 portes, 4 places

Entreprise bicorps 3 portes, 2 places

Châssis Citroën Axel / Oltcit
Coefficient de traînée 0,36 - 0,37
Suspensions Barres de torsions transversales,
amortiseurs hydrauliques à l'avant et à l'arrière
Direction à crémaillère
Freins Av et Ar : à disques ventilés
Ar : à disques
Dimensions
Longueur 3 725 mm
Largeur 1 542 mm
Hauteur 1 417 mm
Empattement 2 370 mm
Volume du coffre 216 dm3
Chronologie des modèles

La Citroën Axel était le modèle d'exportation pour quelques pays d'Europe de l'Ouest de la petite berline Oltcit (Olténie + Citroën)[1] présentée en octobre 1981 et produite à Craiova en Roumanie. En France, trois versions ont été vendues à partir de juillet 1984[2] : Axel, Axel 11 R et Axel 12 TRS.

Historique[modifier | modifier le code]

La forme générale rappelle celle d'une Visa mais avec 3 portes. L'Axel est issue d'un projet destiné à remplacer l'Ami 8. Mais lors de la prise de contrôle de Citroën par Peugeot en 1974, le projet Y (petite collaboration avec Fiat entre 1969 et 1974, visant à remplacer l'Ami 8, le tout sur une base de Fiat 127), qui était sur le point d'être industrialisé, est mis au rebut car Peugeot préfère rhabiller dans l'urgence la plateforme de la 104. Les stylistes de Citroën (Robert Opron et Jean Giret) s'inspirent alors de la ligne du projet Y[3]. C'est ainsi que naît la Visa.

Parallèlement, en 1976, le dictateur roumain Ceaușescu se porte acquéreur d'un projet clef en main pour la fourniture d'une usine et d'un modèle à fabriquer. Peugeot ressort des tiroirs de Citroën le projet Y pour l'industrialiser à bas coûts en Roumanie. L'accord franco-roumain se voit alors facilité entre Ceausescu et Citroën par le directeur de l'époque[4], George Taylor[5], natif de Roumanie, et conclu le 30 décembre 1976 avec la création de la société Oltcit, codétenue par Citroën[6] à 36%, et à 64% par l'État roumain, pour un investissement total de 2,5 milliards de Francs. L'Oltcit roumaine est donc la dernière voiture de conception 100 % Citroën puisque antérieure au rachat par Peugeot. L'usine devait être opérationnelle dès 1978 mais de nombreux retards imputables à la bureaucratie roumaine font que la mise en production n'aura lieu qu'en 1981. Avec une production initiale prévue de 130 000 exemplaires par an[6]. Étant donné que les Roumains n'arrivent pas à payer parce que l'Oltcit se vend mal[7] en Europe de l'Est, PSA apporte son aide en distribuant 50% des voitures sous le nom d'Axel dans plusieurs pays non communistes (France, Belgique, Pays-Bas, Autriche et Italie[8]) mais également en guise de contrepartie des importations de pièces Citroën en Roumanie. Ainsi, Citroën récupère une voiture vendue à un prix défiant toute concurrence, permettant également de compenser les frais liés aux études menées pour le projet Y. Après leur fabrication[9] à Craiova, les véhicules destinés à l'exportation étaient soumis à une vérification[10] à l'usine d'Aulnay-sous-Bois avant leur commercialisation en Europe de l'Ouest, afin de vérifier que le travail avait bien été fait en amont. Cependant, la voiture arrive sur le marché dix ans après sa conception (ce qui est beaucoup), de plus, le réseau rechigne à la vendre car la marge est faible, la consommation élevée, de mauvaises finitions, et d'un design vieillissant. En plus de cela, l'arrivée de l'Axel dans la gamme des petites berlines engendra davantage de concurrence interne avec la LN/LNA et la Visa. Toutes ces raisons conduiront à un échec annoncé[11].

L'Axel offrait plusieurs atouts comme la tenue de route, le confort de suspension, la nervosité, une habitabilité meilleure que celle de la Visa avec un coffre plus vaste et plus pratique d'accès grâce à un seuil de chargement très bas. La voiture fut initialement étudiée afin de pouvoir être équipée d'une suspension hydropneumatique mais pour maintenir un coût faible et faciliter la tâche aux Roumains, cette idée sera mise de côté. La suspension arrière à barres de torsion et amortisseurs horizontaux[12], disposée sous le plancher, permettait d'éviter de pénaliser la largeur utile du coffre par des puits d'amortisseurs verticaux comme ceux de la Visa. Le principe de cette suspension sera d'ailleurs notamment repris sur les AX, Saxo et par Peugeot. Au rang des défauts, c'est d'abord et surtout une ligne esthétiquement dépassée : bien que techniquement actuelle, qu'il s'agisse du rapport encombrement-habitabilité, de l'aérodynamisme ou encore de la visibilité, le style a été arrêté... dix ans plus tôt pour le projet Y et certains détails, comme les gouttières apparentes, trahissent cet âge [13], surtout comparée à la Peugeot 205. La consommation est élevée (8-9 l/100), du fait notamment du poids élevé (50 kg de plus en moyenne qu'une Visa comparable), qui s'explique par divers renforcements de caisse destinés à adapter le véhicule aux conditions d'utilisation en Roumanie. Pour les premiers modèles en tout cas, de nombreux problèmes de fiabilité liés à un manque de contrôle de qualité de la production de l'usine roumaine ternissent l'image et compromettent, avec la consommation, sa crédibilité comme petite voiture économique [14].

En France, l'Axel aura une carrière discrète bien que bénéficiant d'un prix de vente très intéressant (la version de base était à 37 000 francs, soit moins chère, et mieux équipée que la 2 CV). Proportionnellement, ce sont les versions «Entreprise» (deux places avec TVA à 18,6 % récupérable au lieu de 33 %) à 35 000 francs, qui auront le plus de succès.

Précurseur de la voiture low cost, l'Axel ne rencontrera pas le succès. « Rien ne sert d'avoir raison trop tôt » lâchera un laconique Jacques Calvet aux journalistes qui demandaient son opinion sur les raisons de l'échec. Voyant l'Axel couler sous ses yeux, Citroën revend ses parts de marché en 1988, cessant alors sa production. On comptabilise 28 115 exemplaires commercialisés[15] en France[16] entre 1984 et 1990. La vente des tout derniers modèles d'Axel restés en concession cessera en 1992 pour les Pays-Bas, le 13 septembre 1990 pour les 11 dernières vendues en France, et en 1994 en Italie pour la toute dernière Axel vendue[17].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

En entrée de gamme, il existait le « moteur boxer bicylindre »[7] de 652 cm3 étudié pour le Projet Y et finalement utilisé sur la Citroën Visa à partir de 1978. C'est une évolution du moteur de l'Ami 8 mais qui a bénéficié du traitement Nickasil[12] des cylindres mis au point et utilisé pour le « moteur Comotor » (birotor) de la Citroën GS Birotor. Ce moteur, bien faible, ne fut monté que sur les versions bas de gamme commercialisées sur le marché roumain (Oltcit Club). Les motorisations vendues sur l'ensemble des marchés étaient le « moteur boxer série G » 1 129 cm3 de 57,5 ch DIN de la GS de 6 CV et le 1 299 cm3 de 61,5 ch DIN provenant de la Citroën GSA de 7 CV. Le 1 299 cm3 était réservé au haut de la gamme (12 TRS) et n'était accouplé qu'à une boite 5 rapports. Le groupe motopropulseur est une évolution de celui de la GSA et il en reprend de nombreux éléments (mais sans la partie haute pression hydraulique).

Les freins sont à disques ventilés en sortie de boîte et à disques à l'arrière[12]. La crémaillère de direction est également commune aux deux voitures.

Version Motorisation Architecture Puissance max. Vitesse max. 0 à 100 km/h
Oltcit Club Moteur boxer bicylindre Essence, 2 cylindres boxer, 652 cm3 34 ch à 5 250 tr/min. 121 km/h
11 R Moteur boxer série G Essence, 4 cylindres boxer, 1 129 cm3 57 ch à 6 260 tr/min. 150 km/h 15.4
12 TRS Moteur boxer série G Essence, 4 cylindres boxer, 1 299 cm3 61 ch à 5 500 tr/min. 157 km/h 13.1

Gamme[18][modifier | modifier le code]

La gamme française était constituée de cinq versions :[19]

Trois berlines :

  • Axel
  • Axel 11 R
  • Axel 12 TRS

Deux entreprises :

  • Axel
  • Axel 12 TRS

Les versions "Entreprise" se voyaient être de réels petits utilitaires grâce à leur seuil de chargement bas (0,55 m)[20], et à leur volume utile de 1,08 m³[21], contre 216 dm3 pour le coffre d'une berline ou encore 504 dm3 avec banquettes rabattues.

Axel[modifier | modifier le code]

Le bas de la gamme était occupé par l'Axel, qui était déjà mieux équipée que la Visa de base. Elle possédait en outre un essuie-glace à 2 vitesses avec lave-glace électrique à l'avant, des feux de recul, le désembuage de la lunette arrière, la vérification du niveau de liquide de frein et des témoins d'usure (pression huile moteur ; charge batterie)[22]. La berline ne possédait pas d'appuis-tête avant, contrairement à la version entreprise qui elle en avait en option, tout comme le pré-équipement radio (de série sur la 11 R et 12 TRS). En accessoirie, l'Axel avait les bandes de protection latérale ainsi que les jantes en alliage léger, pouvant ainsi remplacer les jantes tôles de série, très similaires à celles des C15 phase 1 essence, à quelques centimètres près.

Axel 11 R[modifier | modifier le code]

À 41 000 francs au catalogue, la 11 R venait ajouter à ces équipements des phares à iode (halogène), un pré-équipement radio, des appuis-tête avant, une montre à affichage numérique, un compte-tours, un compteur kilométrique journalier, une boîte à gants pouvant fermer à clef, un rétroviseur intérieur jour/nuit, des rétroviseurs extérieurs réglables depuis l'intérieur, des enjoliveurs de roues en plastique, des baguettes de protection latérales, un allume-cigare, des ceintures de sécurité arrières à enrouleur, un cendrier avant avec éclairage, un cendrier arrière, des crochets porte-vêtements, un essuie-glace avant à balayage intermittent, un essuie-glace arrière, des glaces de custode pivotantes, un lecteur de cartes (spot), des poignées de maintien au pavillon, un rhéostat d'éclairage du tableau de bord, une tablette arrière amovible, des tapis de sol en moquette et un voyant de frein à main.

Sur le tableau de bord, elle venait ajouter les voyants de température d'huile moteur, du serrage du frein à main et de la réserve de carburant ainsi qu'une molette de réglage de l'éclairage du tableau de bord.

Déjà bien équipée, la 11 R ne disposait que des jantes en alliage léger comme accessoirie.

La gamme 11 R possède pratiquement tous l'équipement de série de la 12 TRS. Intérieurement, seul le voyant de température d'huile moteur est absent, et extérieurement, seules les jantes en alliage léger sont de série, et non pas en accessoirie, contrairement à la 11 R.

Axel 12 TRS[modifier | modifier le code]

Enfin, la 12 TRS, haut de gamme du modèle avait une boîte 5 vitesses et 4 jantes alliage aux dimensions millimétriques TRX AS dont les pneus sont aujourd’hui extrêmement difficiles à trouver, pour cause, Michelin n'en refait plus[23]. Afin de remédier à ce problème, les propriétaires remplacent leurs jantes TRX par les jantes alliage de Visa (cabriolet, West end et Platine) ou de LNA Cannelle en pouces, au dessin similaire.

Seule la peinture métalisée vernie était en option, commune aux 3 gammes.

Données sur la production[modifier | modifier le code]

Production par modèle[17]
1984 1985 1986 1987 1988 Total
Axel & Axel 11 R 9 343 13 997 8 802 3 258 1 451 36 851
Axel 12 TRS 1 649 3 577 1 582 2 037 1 313 10 158
Axel Entreprise 2 615 4 327 2 318 1 158 659 11 077
Axel 12 TRS Entreprise 1 420 459 138 70 11 2 098
Total 15 027 22 360 12 840 6 523 3 434 60 184

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • L'Axel n'aura pas marqué les esprits, cependant, elle aura tout de même eu le droit de faire une apparition au cinéma dans le film L'Amour en douce en 1984, avec Daniel Auteuil figurant au volant d'une des premières 12 TRS du marché français, que l'on peut voir à de multiples reprises dans le film.[24] On peut également en apercevoir une autre de manière très brève dans le film Tais-toi ! de Francis Veber en 2002 à 38:56'.
  • Dans sa chanson intitulée Citroën, le rappeur Lomepal évoque l'Axel : "Mais ça roule comme une Citroën Axel, j'garde l'esprit au frais, il m'reste des kilomètres à faire"[25] en parlant d'une voiture lente à moteur refroidi par air.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La cousine de Craiova, Thijs van der Zanden, éditions Eindhoven, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Argus, 15 octobre 1981.
  2. L'Automobile Magazine no 457, juillet 1984.
  3. 60 ans de style et de prototypes Citroën, par Roger Guyot et Christophe Bonnaud, éditions Roger Régis.
  4. « Biographie George Taylor Président de société. », sur www.whoswho.fr (consulté le 27 juillet 2018)
  5. « George Taylor - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 27 juillet 2018)
  6. a et b « Citroën Axel », l'automobile ancienne,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2018)
  7. a et b La Citroën GS de mon père, par Dominique Pagneux, éditions E.T.A.I.
  8. « OLTCIT / CITROËN AXEL - Populaire franco-roumaine. EP4 - Rétro Passion le Blog », Rétro Passion le Blog,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2018)
  9. PSA - Citrovidéo, « Citroën Axel Usine Oltcit et fabrication », (consulté le 10 juin 2018)
  10. PSA - Citrovidéo, « Citroën Axel, les soucis de fiabilité et de qualité », (consulté le 10 juin 2018)
  11. PSA - Citrovidéo, « L'axel Citroën mal vue par le réseau », (consulté le 10 juin 2018)
  12. a b et c Les Citroën du monde, par Gilles Colboc et Jean-François Ruchaud, éditions E.T.A.I.
  13. Joël Broustail, Citroën Essai sur 80 ans d'anti-stratégie, Éditions Vuibert, 155 p. (ISBN 2711778185)
  14. « La saga des voitures moches (11) / Citroën Axel - Petites Observations Automobiles (POA) », Petites Observations Automobiles (POA),‎ (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2018)
  15. « Cette voiture a une histoire peu banale. (Index en page 1) - Page : 28 - Discussions libres (Général) - FORUM Pratique », sur forum-auto.caradisiac.com (consulté le 4 mars 2019)
  16. Charle, Aurélien., Citroën : un siècle d'aventures, Larousse, dl 2018 (ISBN 9782035956842 et 2035956846, OCLC 1078379476, lire en ligne)
  17. a et b Zanden, Thijs van der (T. H. J. M.), Citroën Axel : la cousine de craiova, Citrovisie, (ISBN 9789081520805 et 9081520806, OCLC 794311368, lire en ligne)
  18. Citroën, Brochure Citroën Axel, année-modèle 1987, Automobiles Citroën, , 4 p. (lire en ligne), p. 4
  19. PSA - Citrovidéo, « Citroën Axel - Oltcit - spot longue durée », (consulté le 15 juin 2018)
  20. Citroën Axel, « Présentation Citroën Axel Entreprise », (consulté le 26 juillet 2018)
  21. Citroën Service, Brochure Gamme Entreprise 1987, Automobiles Citroën, , 12 p., p. 3
  22. Citroën Axel, « Citroën Axel - Présentation de Juillet 2018 », (consulté le 28 juillet 2018)
  23. Colin Paturel, « Axel OltCit », (consulté le 8 septembre 2018)
  24. Citroën Axel, « Citroën Axel 12 TRS au cinéma! (1984) », (consulté le 13 juin 2019)
  25. « Lomepal - Citroën (Prod Meyso) » (consulté le 10 septembre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]