Citoyens - Parti de la Citoyenneté

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Citoyens - Parti de la Citoyenneté
Ciudadanos–Partido de la Ciudadanía (es)
Ciutadans – Partit de la Ciutadania (ca)
Hiritarrak – Hiritargoaren Alderdia (eu)
Cidadáns – Partido da Cidadanía (gl)
Image illustrative de l'article Citoyens - Parti de la Citoyenneté
Logo officiel
Présentation
Président Albert Rivera
Fondation 2006
Siège Gran Via de les Corts Catalanes, 751A
Barcelone
Idéologie Social-libéralisme[1]
Social-démocratie[2],[3]
Sécularisme[4]
Anticatalanisme[5]
Unionisme (en)[6]
Affiliation européenne aucune
Groupe au Parlement européen Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe
Affiliation internationale aucune
Adhérents 25 290[7]
Site web http://www.ciudadanos-cs.org/
Représentation
Députés au Congrès
40 / 350
Sénateurs
2 / 266
Députés européens
2 / 54
Parlements régionaux
93 / 1 268
Conseillers municipaux
1 527 / 67 611

Citoyens - Parti de la Citoyenneté (en espagnol : Ciudadanos – Partido de la Ciudadanía, en catalan : Ciutadans - Partit de la Ciutadania, en basque : Hiritarrak - Hiritargoaren Alderdia, en galicien : Cidadáns - Partido da Cidadanía) est un parti politique espagnol du centre, se définissant comme constitutionnaliste, progressiste et libéral. Lors des élections européennes de 2009, Citoyens se présente avec le parti Libertas. Il est issu de l'association citoyenne Ciutadans de Catalunya, opposée au catalanisme et favorable au principe de « pays formé par des citoyens et non par des territoires ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Citoyens est né à partir de la plateforme civique Ciutadans de Catalunya (« Citoyens de Catalogne » en catalan), créée le 7 juin 2005 à Barcelone par un groupe de quinze intellectuels, professeurs d'université et professionnels de différents milieux. Le 21 juin, ils présentent au Centre de culture contemporaine de Barcelone un manifeste, Pour la création d'un nouveau parti politique en Catalogne (également présenté à Bilbao et à Madrid), dans lequel ils s'engagent à créer une nouvelle force politique en Catalogne. Ils se déclarent opposés à ce que le nationalisme catalan soit imposé dans différents milieux politiques, ils appellent cela le « nationalisme obligatoire ».

L'acte de présentation du processus constitutif du nouveau parti a lieu le 4 mars 2006 au Théâtre Tívoli de Barcelone en présence et avec le soutien de différentes personnalités des milieux culturel, éducatif et politique. Pendant la campagne de Ciutadans de Catalunya pour le référendum d'approbation du nouveau Statut d'autonomie le 5 juin 2006, Arcadi Espada et d'autres membres de la plateformes sont agressés par un groupe d'indépendantistes catalans. Bien que les mossos d'esquadra (police catalane) - accusés de passivité par la victime - ont démenti l'agression dans un premier temps, tous les groupes politiques l'ont condamnée. La journaliste et sous-directrice du journal El Mundo, Victoria Prego est témoin de la scène et la décrit dans deux articles. La plateforme dépose officiellement plainte à Gérone et sur proposition du Parti populaire, la session plénière du Congrès des députés a approuvé à l'unanimité le jour suivant une déclaration institutionnelle pour condamner l'agression.

Les 8 et 9 juillet 2006, a lieu le congrès fondateur à Bellaterra en présence de 350 délégués venant de la cinquantaine de groupes locaux de l'organisation où sont définis l'organisation, la structure interne, où sont choisis les organes représentatifs ainsi que l'idéologie du nouveau parti et le nouveau nom qui lui servirait pour les élections régionales à venir en Catalogne, le 1er novembre 2006. Le congrès fondateur choisit également Albert Rivera comme président, un avocat de vingt-six ans, Antonio Robles comme secrétaire général.

Le nouveau parti décide de s'appeler « Citoyens - Parti de la Citoyenneté » en espagnol afin de réaffirmer que son rayon d'action est toute l'Espagne. Aussi, dans les communautés autonomes qui ont plus d'une langue officielle, on utilise indistinctement le nom du parti dans les deux langues officielles. Par la suite, Albert Rivera affirme que le mot « citoyens » a été choisi pour le parti car ils voudraient être « citoyens du monde »[8].

Parti local catalan (2006-2004)[modifier | modifier le code]

Les élections régionales de 2006[modifier | modifier le code]

Après sa constitution, Citoyens consacre toutes ses forces aux élections du Parlement catalan afin de mobiliser beaucoup d'abstentionnistes et de désabusés des cinq formations - Convergence et Union, Parti des socialistes de Catalogne, Gauche républicaine de Catalogne, Parti populaire et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative - représentées à ce moment-là au Parlement catalan. L'ambition du parti est d'entrer au parlement régional et de continuer à avancer sans faire aucune alliance d'intérêt avec un parti nationaliste.

Le 16 septembre 2006, Citoyens présente sa candidature aux élections au Palais de la musique catalane. Devant les 2000 sympathisants qui remplissent le Palais, on présente les candidats par province ainsi qu'une affiche montrant le candidat Albert Rivera nu.

Le , Citoyens a obtenu trois députés au Parlement de la Généralité de Catalogne (le gouvernement de Catalogne) avec un total de 89 567 votes dans toute la région de la Catalogne. Avec cette représentativité, Citoyens est devenu le sixième parti politique représenté au Parlement de Catalogne qui auparavant ne comptait que cinq partis politiques. Les trois candidats élus l'ont été dans la circonscription de Barcelone. Il s'agit d'Albert Rivera, d'Antonio Robles et de José Domingo.

Le programme du parti refusait toute prise de position pouvant favoriser les possibles candidats à la présidence de la Generalitat, Artur Mas ou José Montilla. Albert Rivera insiste sur le fait que le parti ne prendrait part qu'à des questions qui concernent les citoyens catalans, loin des rivalités pour le pouvoir de la part des grands partis comme CiU ou PSC qui sont arrivés en tête des élections. Le 24 novembre 2006, lors de la session d'investiture de Montilla en tant que président, Citoyens a voté contre.

Les élections municipales de 2007[modifier | modifier le code]

Après les élections en Catalogne, le parti a étudié l'idée de s'étendre à d'autres communautés autonomes. Le parti s'est présenté aux élections municipale du 27 mai 2007 en laissant la liberté à ses groupes locaux de présenter ou non des candidats. Finalement, Citoyens s'est présenté dans différentes villes catalanes dont les quatre capitales de province (Barcelone, Lérida, Gérone et Tarragone) et hors de Catalogne, à Alicante et à Salamanque. Pour ces candidatures, des candidats sans expérience politique préalable ont été choisis. Dans les autres villes du pays où le parti n'a pas présenté de candidats, Citoyens a invité ses sympathisants à voter blanc dans un communiqué officiel.

La campagne électorale a été marquée par des incidents ponctuels comme le boycott d'un acte de candidature à Barcelone où étaient présents la candidate Esperanza García et le professeur d'université Francesc de Carreras. À part cela, Citoyens a prétendu avoir été victime d'un boycott informatif de la part des médias de communication catalans aussi bien publics que privés durant la campagne électorale.

En mai 2007, Citoyens a envoyé une lettre au président du Parlement européen pour dénoncer le comportement du Parti des socialistes de Catalogne. Ce parti a sanctionné plusieurs de ses militants pour avoir maintenu des contacts avec ¡Basta Ya!, un collectif qui a reçu en 2001 le prix Sakharov du Parlement européen pour la défense des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et pour avoir qualifié le PSC de « groupuscule d'extrême gauche ». Citoyens a qualifié ce comportement de « inapproprié pour un parti démocratique » et a déclaré que cela aurait « déshonoré publiquement » le Parlement européen.

Citoyens prévoyait d'obtenir entre 30 et 50 sièges de conseiller municipal et une mairie, mais en Catalogne, ils ont obtenu 67 315 votes et 13 conseillers municipaux —8 dans la province de Barcelone (Casteldefels, Gavá, Montornés del Vallés, Sant Andreu de la Barca, Sant Boi de Llobregat, Sant Pere de Vilamajor, Viladecans et Vilanova del Camí) et 5 dans la province de Lérida (les cinq sièges de Gimenells i el Pla de la Font)—. Hors de Catalogne, Citoyens a obtenu 2048 votes (1,41 %) à Alicante et 1859 (2,28 %) à Salamanque, sans obtenir de place dans aucune de ces deux mairies.

Les élections européennes de 2009[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2009, le parti intègre la coalition Libertas, à laquelle appartient notamment Philippe de Villiers. Albert Rivera qualifie a posteriori cette alliance de « grave erreur » et déclare que « nos compagnons de route appartiennent au groupe libéral démocrate. D66 aux Pays-Bas, les libéraux au Royaume-Uni, François Bayrou en France, le Parti démocrate en Italie, le Parti démocrate aux États-Unis, etc. »[9].

Expansion nationale depuis 2014[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de sa stratégie d'implantation nationale, Citoyens a conclu des alliances avec des partis mineurs tels que le Centre démocrate libéral, l'Union du peuple salmantin, Union régionaliste de Castille-et-Léon, et l'Union centriste libérale qui ont fusionné avec Citoyens - Parti de la Citoyenneté entre 2014 et 2015.

De plus, durant cette période, des politiques provenant d'autres formations politiques ont créé la polémique en rejoignant Citoyens. Le 26 novembre 2014, deux conseillers municipaux du PSC à Sant Vicenç dels Horts ont quitté leur poste et le parti « en raison de divergences avec l'ambigüité du PSC au sujet de la consultation sur l'indépendance » pour rejoindre Citoyens.

José Serna, coordinateur de Citoyens à Torrevieja a assuré en 2015 qu'il y avait dans les filets de Citoyens « des infiltrés du Parti populaire » qui prétendaient l'éloigner de la direction du parti. Citoyens a immédiatement réagi en l'expulsant du parti. José Serna accuse alors les responsables de Citoyens, tant au niveau local que provincial « de ne pas respecter les statuts de la formation pour l'éliminer ».

Élections européennes de 2014[modifier | modifier le code]

Élections régionales de 2015[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 2015, le parti emmené par Inés Arrimadas devient la deuxième force politique lors des élections régionales catalanes (17,9 % des voix, 25 sièges).

Élections générales de 2015[modifier | modifier le code]

Idéologie[modifier | modifier le code]

Les cinq grands axes autour desquels le parti articule sa politique sont :

  • la citoyenneté : défendre la convivialité inter-territoriale, l’égalité et l’équilibre des droits et des devoirs au sein de toutes les régions espagnoles et surtout parmi tous les citoyens espagnols. Les régions n'ont pas de droits, seuls les individus en ont.
  • liberté et égalité : promouvoir la critique constructive et défendre les valeurs démocratiques. L'État doit promouvoir l'égalité des chances et faire en sorte que ni l'origine ethnique, ni la langue, ni le sexe, ni la condition économique de l’individu ne détermine de privilège.
  • laïcité : neutralité dans l'administration publique vis-à-vis de la religion et des sujets identitaires, qui n’en sont pas moins respectables dans le domaine de la vie privée, mais qui ne peuvent en aucun cas s’imposer face aux droits civils des citoyens.
  • imposition de la langue espagnole : le concept de « catalan, langue propre » est selon Citoyens un concept nationaliste (catalan). Citoyens s'oppose à l'enseignement du catalan par immersion et souhaite imposer la possibilité d'un enseignement seulement en espagnol.
  • défense de la Constitution espagnole : la souveraineté repose sur l'ensemble des citoyens espagnols et non sur les communautés autonomes. Défense de l’intérêt général et non de l’intérêt particulier d’un territoire ou d’une partie des citoyens.

Citoyens est clairement opposé au dernier statut d'autonomie de la Catalogne approuvé par 73,23 % des Catalans lors du référendum du 18 juin 2006 (es), parce qu’il va à l'encontre de plusieurs positions mentionnées ci-dessus et insiste sur la ligne d’une construction et réorganisation de l'État fondée sur la « satisfaction » des intérêts particuliers et non ceux de l’intérêt général.

Président[modifier | modifier le code]

Albert Rivera, en 2015.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections générales[modifier | modifier le code]

Année Congrès des députés Sénat Gouvernement
 % Voix Sièges Tête de liste Rang
2015 13,93 3 500 446
40 / 350
Albert Rivera 4e
0 / 208

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Année Voix Sièges Tête de liste Groupe
2014 3,0 %
2 / 54
Javier Nart ADLE

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Année AN AR AS CN CB CM CL CT EX GA IB RI MD MU NC PV VC
2006 3,0 %
2007
2008
2009
2010 3,4 %
2011
2012 7,6 %
2013
2014
2015 9,3 % 9,4 % 7,1 % 5,9 % 6,9 % 8,6 % 10,3 % 17,9 % 4,4 % 5,9 % 10,5 % 12,1 % 12,5 % 3,0 % 12,5 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Annette Prosinger, « Eine Protestpartei, die sich gewaschen hat », Welt Online,‎ (lire en ligne)
  2. (es) ¿Ciudadanos liberales? (III), sur vozpopuli.com,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  3. (en) « Spain's Podemos leads poll but may have peaked - El Pais », sur Reuters UK,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  4. (en) « Citizens – Party of the Citizenship (C’s) « Demsoc Europe »,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  5. (es) « Albert Rivera o el acoso a un no nacionalista en el Parlamento autonómico de Cataluña », sur www.periodistadigital.com,‎ (consulté le 11 décembre 2015)
  6. (es) « Ciutadans elige a dos unionistas para las europeas: Javier Nart y Juan Carlos Girauta », sur vozpopuli.com,‎ (consulté le 11 janvier 2016)
  7. (es) « Ciudadanos cumple 10 años superando los 25.000 afiliados », sur cuatro.com,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  8. (es) « Don Albert Rivera Díaz. Nueva Economía Fórum. » [PDF],‎ (consulté le 5 mai 2015) : « Y nosotros nos llamamos Ciudadanos, o sea que evidentemente tenemos un dilema casi moral, porque nos gustaría ser ciudadanos del mundo. »
  9. Mathieu de Taillac, « En pleine ascension, Ciudadanos, le parti centriste, se voit en faiseur de roi », Le Figaro, samedi 19 / dimanche 20 décembre 2015, page 8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]