Citadelle souterraine de Verdun

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Citadelle souterraine de Verdun
15 Citadelle.jpg

Entrée de la citadelle souterraine de Verdun.

Présentation
Type
Construction
XIXe – XXe siècles
Propriétaire
État
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Avenue du 5e RAP
Localisation
Coordonnées

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La citadelle souterraine de Verdun est un ensemble de galeries creusées à la fin du XIXe siècle sous la citadelle de Verdun, dans le département de la Meuse en région Grand Est.

La citadelle haute est construite au XVIIe siècle selon les plans de Jean Errard après la prise de la ville par le roi Henri II en 1552. Une fois la ville définitivement rattachée au royaume de France en 1648, Vauban est chargé d'améliorer ses fortifications. Après la guerre franco-allemande de 1870, la ville rentre dans le système Séré de Rivières et se retrouve au centre de la place fortifiée de Verdun constituée de nombreux forts.

La citadelle souterraine, ou citadelle basse, est creusée à la fin du XIXe siècle et cumule 7 km de galeries à la fin de la Première Guerre mondiale. Elle sert à la fois de refuge, de poste de commandement et de base de ravitaillement. Le , elle accueille la cérémonie de désignation du Soldat inconnu qui repose sous l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

La citadelle est inscrite aux monuments historiques depuis le .

Historique[modifier | modifier le code]

Citadelle haute (XVIe – XVIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Photographie aérienne de la citadelle haute en 1918.

En 1552, le roi de France Henri II prend la ville de Verdun au Saint-Empire romain germanique dans le cadre du « Voyage d'Allemagne ». Il décide de consolider les fortifications médiévales et une citadelle est construite de 1567 à 1634[1]. Mais le chantier n'avance pas à cause des guerres de religion. Il faut attendre 1624, en pleine guerre de Trente Ans, pour que les travaux commencent réellement après que Louis XIII ait demandé au maréchal de Marillac, lieutenant-général des Trois-Évêchés et gouverneur de Verdun, d'achever rapidement les fortifications[2]. Le tracé de la citadelle de 1601 est modifié en 1626[3]. La citadelle s'étend sur une superficie de 20 hectares[4] sur le mont Saint-Vanne[1]. Les ingénieurs du roi et mathématiciens Pierre de Conty d'Argencour, Jacques Aleaume et Claude Chastillon dirigent la construction selon les plans et principes de l'ingénieur militaire barisien Jean Errard[3],[5].

En 1648, le traité de Münster, faisant partie des traités de Westphalie, confirme le rattachement de la cité et de l'évêché de Verdun au royaume de France[6]. Louis XIV confie à l'ingénieur et architecte militaire Vauban le soin d'améliorer la défense de la ville[1],[7]. Les travaux débutent en 1674 et s'arrêtent en 1692 avant de reprendre en 1698. La citadelle compte alors plusieurs bastions, des casernes, un arsenal, un magasin d'artillerie, un magasin à blé, des magasins à poudre[3]...

Après la guerre franco-allemande de 1870, la France met en place le système Séré de Rivières, conçu par le général Raymond Adolphe Séré de Rivières. 19 forts sont construits autour de la ville, tels que les forts de Vaux, de Souville ou de Douaumont, qui forment la place fortifiée de Verdun[1].

Citadelle souterraine (XIXe – XXe siècles)[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, les ingénieurs militaires, Guinot et Rouillon de Gironville, veulent faire de la citadelle une base logistique. De 1886 à 1893, des galeries sont creusées sous 16 m de roches et forment la citadelle souterraine de Verdun (ou citadelle basse en opposition à la citadelle haute). En 1914, les galeries cumulent une longueur de près de 4 km, et à la fin de la guerre, elles s'étendent sur 7 km[1],[8],[9].

La citadelle souterraine pouvait accueillir 2 000 hommes et servait à la fois de refuge, de poste de commandement et de base de ravitaillement. Elle se composait de six magasins à poudre, sept magasins de munitions, une boulangerie, un moulin, un central téléphonique et télégraphique, des machines élévatrices d'eau pour la ville et les forts, des cuisines et de vastes magasins[8],[9]. Lors de la bataille de Verdun de 1916, la citadelle souterraine accueille jusqu'à 10 000 soldats[10] et les fours à pains produisent 28 000 rations de pain par jour[9].

« Puissant réduit recouvert de lourdes masses de terre, la citadelle de Verdun est plus qu'une caserne, c'est une redoute, c'est le point de contact entre l'Avant et l'Arrière. C'est là qu'aboutissent toutes les relèves, c'est de là qu'elles partent toutes - c'est la gare de triage entre la Guerre et la Paix. »

— Gaston Gras, Douaumont[11].

Choix du Soldat inconnu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tombe du Soldat inconnu (France).
Reconstitution de la cérémonie du choix du Soldat inconnu.

Le , l'Assemblée nationale approuve à l'unanimité un projet de loi visant à déposer sous l'Arc de triomphe de l'Étoile les restes d'un soldat inconnu mort pour la France au cours de la Première Guerre mondiale. Les champs de bataille sont découpés en neuf secteurs : Flandres, Artois, Somme, Marne, Chemin des Dames, Champagne, Verdun, Lorraine et Alsace[12].

Le , huit cercueils sont acheminés à la citadelle de Verdun. Le neuvième n'est pas retenu car il subsiste un doute sur la nationalité du corps exhumé[12].

Le , a lieu la cérémonie de désignation du soldat inconnu. Dans une galerie de la citadelle souterraine transformée en chapelle ardente, les cercueils, recouverts d'un drapeau tricolore, sont alignés deux par deux. En présence de nombreux officiels, le ministre des Pensions André Maginot tend un bouquet de fleur au caporal Auguste Thin. Ce dernier doit désigner le Soldat inconnu en déposant le bouquet sur l'un des cercueils : il choisit le 6e cercueil[12],[13].

« Il me vint une pensée simple : j'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132e, c’est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »

— Auguste Thin[13].

Le Soldat inconnu est emmené à Paris tandis que les sept autres cercueils sont transférés à la nécropole nationale du Faubourg-Pavé et forment « le carré des 7 Inconnus »[13],[14].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Le , la citadelle est inscrite aux monuments historiques[15].

En 2009, le circuit touristique est modernisé, en remplaçant les installations vieillissantes par du matériel technologique neuf[10].

En 2016, des travaux de rénovation prévus pour le début de l'année sont retardés pour des raisons environnementales et techniques. Il s'agit de mettre en place une nouvelle scénographie utilisant la réalité virtuelle[16].

Architecture[modifier | modifier le code]

La citadelle souterraine est creusée sous 16 m de roches et compte 4 km de galeries en 1914 et 7 km à la fin de la guerre. Cinq galeries principales de 4 à 6 m de large sont orientées ouest-est. Elles sont coupées perpendiculairement par quatre galeries de 2,50 m de large dites « d'écoute »[9],[13].

Elle se compose de six magasins à poudre, sept magasins de munitions, une boulangerie, un moulin, un central téléphonique et télégraphique, des machines élévatrices d'eau pour la ville et les forts, des cuisines et de vastes magasins[9].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Visite[modifier | modifier le code]

La visite de la citadelle souterraine se fait à bord d'une nacelle audioguidée qui parcourt les galeries et retrace le rôle de la France et de Verdun dans la Première Guerre mondiale[17].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Fréquentation de la citadelle
Année 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Visiteurs 115 972[18] 119 000[19] 106 797[20] 111 730[21] 103 274[22] 103 950[23] 79 340[24] 80 042[25] 92 289[26] 91 765[27] 93 830[28]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Les origines de la citadelle », sur citadelle-souterraine-verdun.fr (consulté le 30 mars 2016).
  2. Alain Girardot (dir.) et al., Histoire de Verdun, Metz, Éditions Serpenoise, , 205 p. (ISBN 2-87692-263-0, notice BnF no FRBNF36200908), p. 76.
  3. a, b et c Alain Girardot (dir.) et al., Histoire de Verdun, Metz, Éditions Serpenoise, , 205 p. (ISBN 2-87692-263-0, notice BnF no FRBNF36200908), p. 79.
  4. « La Citadelle Haute », sur le site de la mairie de Verdun (consulté le 30 mars 2016).
  5. Catherine Brisac, « Jean Errard », sur le site de l'Encyclopædia Universalis (consulté le 30 mars 2016).
  6. Alain Girardot (dir.) et al., Histoire de Verdun, Metz, Éditions Serpenoise, , 205 p. (ISBN 2-87692-263-0, notice BnF no FRBNF36200908), p. 71.
  7. « Vauban à Verdun », sur sites-vauban.org (consulté le 31 mars 2016).
  8. a et b Jean-Luc Flohic (direction) et al., Les patrimoines des communes de la Meuse, t. 2, Paris, Flohic Éditions, coll. « Les patrimoines des communes de France », , 608 p. (ISBN 2-84234-0744, notice BnF no FRBNF37193403), « Verdun », p. 1137
  9. a, b, c, d et e « La citadelle souterraine de Verdun », sur le site de l'office du tourisme de Verdun (consulté le 30 mars 2016).
  10. a et b « La Citadelle Basse », sur le site de la mairie de Verdun (consulté le 30 mars 2016).
  11. « La citadelle pendant la Bataille de Verdun », sur citadelle-souterraine-verdun.fr (consulté le 30 mars 2016).
  12. a, b et c « Le choix du soldat inconnu français », sur citadelle-souterraine-verdun.fr (consulté le 30 mars 2016).
  13. a, b, c et d Romain Sertelet, « La citadelle souterraine – lieu du choix », sur le site de la mission Histoire du conseil général de la Meuse, (consulté le 30 mars 2016).
  14. « Le cimetière militaire du Faubourg-Pavé », sur le site de l'office du tourisme de Verdun (consulté le 30 mars 2016).
  15. « Citadelle de Verdun », notice no PA00106657, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. Pascal Isch, « Citadelle de Verdun : retard à l’allumage pour les travaux de rénovation », sur le site de L'Est républicain, (consulté le 30 mars 2016).
  17. « La visite de la citadelle souterraine », sur citadelle-souterraine-verdun.fr (consulté le 30 mars 2016).
  18. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2003 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 26 février 2016).
  19. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2004 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 26 février 2016).
  20. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2005 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 13 mars 2016).
  21. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2006 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 13 mars 2016).
  22. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2007 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 13 mars 2016).
  23. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2008 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 13 mars 2016).
  24. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2009 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 13 mars 2016).
  25. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2010 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 30 mars 2016).
  26. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2011 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 30 mars 2016).
  27. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2012 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 30 mars 2016).
  28. [PDF]« Les chiffres clés du tourisme en Lorraine - 2013 », sur observatoire-lorraine.fr, (consulté le 30 mars 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]