Citadelle de Doullens

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Citadelle de Doullens
Doullens citadelle (intérieur) 5.jpg
L'entrée de la citadelle.
Présentation
Type
Architecte
Ingénieur
Jean Errard (Errard de Bar-le-Duc)
Construction
XVIe siècle et XVIIe siècle
Propriétaire
Département
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées

La citadelle de Doullens, située à Doullens (Somme) est l'un des plus beaux ensembles d'architecture militaire de l'époque moderne du Nord de la France, antérieure à l’œuvre de Vauban.

Historique[modifier | modifier le code]

La première citadelle[modifier | modifier le code]

La Picardie, fut du XVe siècle à la Paix des Pyrénées de 1659, une marche frontière au nord du royaume de France. Elle fut dévastée à plusieurs reprises par les troupes espagnoles venues des Pays-Bas voisins. En 1523, l'artillerie française fut placée sur un retranchement de terre qu'avait fait élever Antoine de Créquy pour tenir en respect les envahisseurs espagnols. Afin de protéger cette frontière le roi François Ier décida, en 1530, de faire construire à Doullens une citadelle de grès. Il en confia la construction à Robert Mailly qui fit édifier une forteresse de pierre à quatre bastions, ce fut la première citadelle. François Ier, en 1526, puis Henri II, en 1547, vinrent en personne surveiller l'avancement des travaux. Cet ouvrage fit transition entre les châteaux forts du Moyen Âge et les citadelles bastionnées de Vauban du XVIIe siècle.

Située au pied du confluent de la Grouche et de l'Authie, avec d'un côté la position stratégique de la côte d'Amiens, de l'autre les collines de l'Artois, la citadelle fut, au XVIIe siècle, l'une des plus vastes de France.

La seconde citadelle[modifier | modifier le code]

En 1599, le roi Henri IV, après la prise d'Amiens par les Espagnols, en 1597, décida de renforcer et agrandir la citadelle. Il confia la réalisation des travaux à Jean Errard ou Errard de Bar-le-Duc (1554 - 1610) qui fit construire une vaste fortification de brique avec chaînage de pierre.

Vauban est-il intervenu dans les travaux de la citadelle de Doullens ?[modifier | modifier le code]

Doullens, intérieur de la citadelle

Il n'a pu le faire, de toute évidence, que pour les derniers travaux selon Paul Rudet. Le colonel Pierson pense que Vauban n'est jamais venu à Doullens, mais qu'il a simplement donné ses directives pour les derniers perfectionnements.

Fin du rôle militaire de la citadelle[modifier | modifier le code]

En 1634 par Christophe Tassin.

En 1659, le Traité des Pyrénées rattacha l’Artois à la France. La citadelle perdit alors son statut militaire et se transforme en lieu de détention : assignation à résidence, prison d’État, maison de préservation de jeunes filles, puis prison pour femmes.

Au XIXe siècle, Auguste Blanqui, Armand Barbès et François-Vincent Raspail y furent détenus.

Durant la Première Guerre mondiale, la citadelle, située seulement à 30 km de la ligne de front, fut transformée en hôpital militaire canadien.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Doullens, citadelle, ruines des bâtiments pénitentiaires

Pendant la Seconde Guerre mondiale de 1941 à 1943, la citadelle de Doullens devint un camp d'internement français.

Article détaillé : Camp de Doullens.

À partir de 1943, un blockhaus fut construit par les Allemands pour abriter un poste de commandement de missiles V 1.

Après Guerre[modifier | modifier le code]

C’est du haut des remparts qu’Albertine Sarrazin, célèbre écrivain, s’échappa en avril 1957. Elle fit le récit de cette évasion dans son roman L’Astragale. Le film L'Astragale, film réalisé en 1968 par Guy Casaril avec Marlène Jobert dans le rôle principal, est une adaptation de ce roman.

Accueil des Harkis[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, 83 familles de Harkis rapatriées d'Algérie furent accueillies à la citadelle dans les locaux du Ministère de la Justice. Six-cents personnes dont 300 enfants pour la plupart en bas-âge se trouvèrent rassemblées là, démunies de tout. L'armée française était chargée de venir en aide aux réfugiés mais les besoins de cette population civile, biberons, lait, layette, vêtements de femme, etc., ne pouvaient être satisfaits par les militaires. Un appel aux dons fut fait dans la presse locale pour sensibiliser les Doullennais à cette œuvre sociale d'urgence[2]. Ce furent les derniers occupants de la citadelle.

La citadelle aujourd'hui, un espace récréatif[modifier | modifier le code]

En 1973, l'association "les Amis de la citadelle" voit le jour. Une grande campagne de débroussaillage et de nettoyage est alors menée, par des bénévoles passionnés, sur un site à l'abandon depuis 1965. Devenue propriété du Conseil départemental de la Somme en 1978, la citadelle de Doullens fut gérée par la communauté de communes du Doullennais de 2006 à 2017 puis, depuis le 01 janvier 2018, par l'EPCC Somme Patrimoine (Établissement Public de Coopération Culturelle). Une nouvelle association nommée "la Citadelle", présidée par Patrick Bouffel, mobilise actuellement la société civile et les mécènes pour contribuer à reconquérir le site, œuvrant dans de nombreux projets (résumés sur leur site internet www.lacitadellededoullens.fr)

Tourisme[modifier | modifier le code]

Des visites guidées sont organisées par les médiateurs de Somme Patrimoine sur réservation. On peut voir l'intérieur de la citadelle, ses murailles de grès, ses bastions en as de pique, ses anciennes prisons pour femmes et son réseau de galeries de contre-mines.

Manifestations culturelles et sportives[modifier | modifier le code]

  • Les Journées doullennaises des jardins d'agrément (JDJA), se déroulent le dernier week-end de mai.

Culture[modifier | modifier le code]

  • concentration de voitures anciennes,
  • festivals de musique

Sport[modifier | modifier le code]

  • championnat de VTT,
  • championnat de moto-cross
  • championnat de tir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00116137, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Alain Trogneux, « La Guerre d'Algérie 1954-1962 » in Textes et Documents sur la Somme, revue du service éducatif des Archives départementales de la Somme, n° 74, Amiens, 2002 (ISSN 0769-5799)

Liens internes[modifier | modifier le code]