Citadelle de Belfort

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Citadelle de Belfort
Image illustrative de l'article Citadelle de Belfort
Les enceintes et murailles sont hautes rendant le lieu presque imprenable.
Période ou style XVIIe siècle
Type Citadelle
Début construction XIIIe siècle
Destination actuelle Monument, Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1907, 1913)
Logo monument historique Classé MH (1923, 1997)
 Inscrit MH (1993)
Coordonnées 47° 38′ 13″ N 6° 51′ 56″ E / 47.6369258, 6.865575347° 38′ 13″ Nord 6° 51′ 56″ Est / 47.6369258, 6.8655753
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Alsace
Région Franche-Comté
Département Territoire de Belfort
Commune Belfort

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Citadelle de Belfort

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Citadelle de Belfort

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Citadelle de Belfort

La citadelle de Belfort actuelle, fortification commencée par Vauban, réalisée après 1687, est un des monuments principaux de la ville de Belfort. Elle surplombe la ville depuis un promontoire rocheux calcaire dressé au milieu de la trouée de Belfort. Elle comprend, outre l'ensemble des fortifications et des fossés, une œuvre magistrale sur le flanc Ouest de la caserne Haxo : le Lion de Belfort édifié par Bartholdi en 1880.

La citadelle fait l’objet de multiples protections au titre des monuments historiques : un classement le (porte Brisach) modifié par un classement le , un classement le (Ouvrages avancés : bastion avancé B, murs extérieurs et couverture du bastion, mur du rempart et sa couverture allant du bastion B à la porte de Brisach, mur du rempart et sa couverture allant de la porte de Brisach au château, fossés qui complètent le système de défense du XVIIe siècle), une inscription le (canal usinier recouvert) et d'un classement le (Ensemble des ouvrages constituant le château et ses fortifications)[1].

Situation stratégique : La trouée de Belfort[modifier | modifier le code]

Le Territoire de Belfort est une zone géographique située entre les Vosges et le Jura. Elle forme une frontière entre le bassin du Doubs et la plaine d'Alsace, appelé Trouée de Belfort.

Cette zone est un lieu de passage pour les hommes depuis la préhistoire[2], ce qui explique la richesse archéologique de ce territoire. À l'époque romaine, deux voies traversent la région dont celle passant par le site de Mandeure et citée par la table de Peutinger[3].

Cette zone est tout particulièrement importante lors des périodes d'opposition entre la France et les pays de l'actuelle Allemagne : Saint-Empire, Prusse, Allemagne. Elle pouvait servir de verrou contre les invasions venant de l'Est.

La fortification de cette trouée fut une méthode stratégique pour empêcher l'invasion de la France. Elle est constituée principalement des places fortes de Belfort et de Montbéliard, ainsi que de leur ceinture fortifiée.

La Trouée de Belfort et les environs.

Histoire architecturale de la citadelle[modifier | modifier le code]

Le château médiéval[modifier | modifier le code]

Une des imposantes falaises se dressant face à Belfort.

La première attestation du château de Belfort date de 1226 et se trouve dans le traité de Grandvillars[4]. Le site actuel était déjà occupé par un château fort : le château de Belfort-sur-la-Roche qui faisait face à un second château : le château de Montfort qui fut par la suite abandonné. Le château de Belfort date probablement du XIIe siècle.

L'architecture médiévale de ce château est connu par une représentation du XVIe siècle[5]. Il est composé d'une tour ronde et d'un habitat fortifié. L'habitat est situé sur le bord de la falaise (coté Ouest) qui lui sert de défense naturelle. Le coté Est est défendu par deux murs et un fossé. Le coté Nord forme une excroissance vers la tour des bourgeois.Celle-ci est, avec le "grand souterrain" (qui a été transformé par Vauban) le seul vestige médiéval présent dans la citadelle. Cette tour a été construit par Jeanne de Montbéliard pour servir de poste avancé au château.

Un plan de la ville et du château médiéval fut relevé par Papuchon en 1889. Suite aux fouilles archéologiques de l'INRAP en 2013[6], celui-ci put être légèrement corrigé.

Les fortifications du comte de la Suze[modifier | modifier le code]

L’essor de l’artillerie et son évolution technologique -boulets métalliques, longue portée- rendent les défenses de Belfort et du château obsolètes[7]. Dès 1579, les archiducs autrichiens projettent de fortifier Belfort selon les principes contemporains de fortifications. Celles-ci sont composées de murs plus épais, renforcés de terre pouvant ainsi résister aux tirs. L’idée des bastions en pointe est alors mis en proposé pour résister à l’artillerie. Mais l’absence de crédit empêche son application à Belfort[8].

Repris par les français, ces principes seront appliqués par Gaspard de Champagne, comte de la Suze qui y crée un système bastionné  nommé « couronné du comte de la Suze » à l’emplacement du second fossé. Trois bastions protègent alors la citadelle. Celui du Nord permet de protéger la zone de la tour des bourgeois.

Les fortifications de Vauban[modifier | modifier le code]

S’incluant dans la dynamique des évolutions postmédiévales de l’art de la fortification, Vauban (1633-1707), souhaitant diminuer les pertes humaines, révolutionne les arts de la poliorcétique et de la fortification.  Celui-ci crée trois systèmes théoriques de fortification mais cherche avant tout à s’adapter au terrain[9].

La conquête de la Franche-Comté en 1674 rend la fortification de la région de Belfort, donnant accès à l’Alsace, primordiale. Selon le système de double barrière du pré carré de Vauban, Belfort est en seconde ligne derrière Hüningue et Neuf-Brisach. Belfort, de simple fortification encore d’essence médiévale, acquiert alors le statut de forteresse royale.

Le projet de fortification de Belfort proposé en 1687, suite à la formation de la ligue d’Augsbourg, selon son second système théorique. Ce système est fondé sur la séparation des zones de tir lointain et rapproché en deux enceintes concentriques. L’enceinte extérieure est composée de bastions fortifiés détachés ayant vue sur le terrain. L’enceinte intérieure est dédiée au combat rapproché. Cette enceinte intérieure est formée, des tours 27, 41 et 46[10].

Vauban adapte le terrain en déplaçant la rivière de la savoureuse et s’adapte au terrain en avançant un ouvrage de protection face à la Miotte -il s’agit de la corne de l’Espérance- et un autre sur les glacis du château.

Les modification ultérieures[modifier | modifier le code]

Suite à la Révolution française, l’idée de Vauban de fortifier les collines alentours resurgit. Le second traité de Paris ordonne le démantèlement de Hüningue et place Belfort en première ligne. Le lieutenant-général du Génie Haxo dirige les modifications de Belfort entre les années 1817 et 1838, date de sa mort. Les travaux finiront en 1842. L’une de ses modifications est la création du camp retranché entre les barres rocheuses de la Miotte et de la Justice.

Alors que la citadelle n’était pas le cœur de la fortification de Vauban, Haxo la renforce et lui donne la première place. Il fait modifier la cour haute et crée les batteries de tir vers les glacis (actuel restaurant et salle basse). Il inclut les fortifications extérieures de Vauban au sein d’une enceinte continuer et forme une autre enceinte intermédiaire, donnant à la citadelle sa forme actuelle. Afin de protéger l’accès à la citadelle, il faut construire la casemate actuellement appelée casemate de Denfert-Rochereau et fortifie le pont d’accès. Haxo est aussi à l’origine de deux poudrières et de la construction de la grande caserne, protégée contre les tirs et pouvant accueillir 300 hommes[11].

L’arrivée de Pierre Philippe Denfert-Rochereau à Belfort modifie peu la citadelle mais voit la construction du Fort des Barres protégeant l’accès du chemin de fer et des redoutes des Hautes et Basses Perches.

La dernière étape dans l’histoire de la fortification de la citadelle de Belfort fait suite au départ des forces prussiennes en 1873 et est l’œuvre du général Séré de Rivières. Celui-ci ne modifie pas la citadelle mais fortement le réseau des forts protégeant Belfort et la Trouée[12].

La citadelle est ainsi un témoignage des multiples évolutions de la conception d'un ouvrage défensif, un autre exemple en Franche-Comté étant le Fort de Joux.

Plan de la citadelle[modifier | modifier le code]

1. Caserne à l’épreuve, Musée d’Histoire et terrasse panoramique (1826)
2. Lion de Bartholdi
3. Grand cavalier, Casemate Haxo (1820)
4. Grand Souterrain, couvert en 1749
5. Pont-levis
6. Poterne (Accès par la ville)
7. Grand Couronné du Comte de la Suze, parcours découverte (1637-1648)
8. Batterie Basse Haxo
9. Poudrière-chapelle
10. Troisième fossé (1830)
11. Quatrième fossé (1830)
12. Corne Vauban (1687)
13. Tour des Bourgeois (XIIIe siècle)
14. Casemate Denfert-Rochereau
15. Parking Bauer

Une citadelle et des forts[modifier | modifier le code]

La citadelle de Belfort ne permettait pas à elle-seule de verrouiller la trouée de Belfort et les frontières françaises. Suite à la seconde prise de la Franche Comté en 1678, Vauban fortifie Belfort en lien avec la ville de Besançon. Afin de former une frontière efficace, d'autres sites sont fortifiés par celui-ci, dont Bramont ou Neuf-Brisach.

Afin de proteger Belfort d'une attaque venant de l'Est, Haxo crée le "camp retranché", camps quadrangulaire enchâssé entre la citadelle, le Fort de la Justice, le fort de la Miotte et la Corne de l'Espérance. Les forts de la justice et de la Miotte étaient reliés par un rempart -le front du Vallon- traversé par une porte (achevé en 1842). Ce camps devait servir de zone de rassemblement pour une armée.

Afin d'éloigner les ennemis de la citadelle même, un principe développé tout particulièrement par Denfert-Rochereau fut de construire des forts limitant les attaques de l'armée adverse sur la ville même.

L'allongement des portées de tir d'artillerie rend ce principe essentiel dans les modifications de Séré de Riviéres. Celui-ci construit une série de forts afin d'entourer la ville d'une ceinture de protection. Cette ceinture s'étend en direction de Montbéliard et du Lomont permettant d’empêcher le contournement de Belfort et de verrouiller la Trouée de Belfort. Cet ensemble de fortifications se compose de forts et de batteries

Tourisme : La citadelle aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le musée d'Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancienne caserne de Haxo renferme le musée d’histoire de la Ville de Belfort. Ce musée présente des collections liés à l’histoire du Territoire de Belfort, allant de la préhistoire à l’époque moderne.

Visite[modifier | modifier le code]

L’accès au quatrième fossé, à la cour d’honneur et à la terrasse panoramique au sommet de l'édifice est libre à toute saison. Durant la saison estivale, il est aussi possible de visiter l'enceinte de la Tour des Bourgeois.

En été, il est aussi possible de visiter le second fossé et le parcours patrimonial du « grand souterrain », fossé médiéval recouvert par Vauban. Cette visite permet de découvrir le système des fortifications, les poudrières et le « grand souterrain ».

Animations culturelles [modifier | modifier le code]

À la citadelle prennent place tout au long de l'année de nombreuses animations et événements culturels : Week-ends estivaux de reconstitutions historiques, nuits des musées, journées du patrimoine...

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • C'est dans le quatrième fossé qu'a été prise la photo dite du fusillé souriant, qui est en réalité un simulacre d'exécution destiné à faire parler le résistant.
  • Le 21 novembre 1945, le lieutenant Martin est tué pour la libération de Belfort dans son char, le Cornouailles, sur la colline de la Miotte Le char est présenté à l'entrée de la citadelle et la tourelle dans le parcours découverte.
  • Ce parcours contient une plaque commémorative rendant hommage au clan scout Guy de Larigaudie dont 11 membres sur 24 sont morts pour la France et qui fut le seul clan scout décoré à titre collectif de la médaille de la Résistance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00101142 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Trafics et transits entre Vosges et Jura, Musée (s) de Belfort, 2007.
  3. http://omnesviae.org/fr/reconstruction/
  4. Baradel et alii, Histoire de Belfort des origines à nos jours, p.58
  5. Vue du château par Daniel Speckling (Archive départementale du Haut Rhin)
  6. http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques-de-presse/p-16204-Recherches-archeologiques-place-d-Armes-a-Belfort-mise-au-jour-des-vestiges-de-la-ville-moderne.htm
  7. Faucherre N.,, Places fortes, Bastion du pouvoir, p.11-12
  8. Belfort, le site fortifié, p.10-12.
  9. Faucherre N., Places fortes, Bastion du pouvoir, p. 40.
  10. Hayberger L., Pagnot Y.,, Vauban, l'homme, l'ingénieur, le réformateur, p. 93-131.
  11. Collectif, Un digne successeur de Vauban, François Nicolas Benoît Haxo (1774-1838), p. 157-165
  12. Collectif, Belfort, le site fortifié, p. 38-39.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pour une première approche : Fiches découvertes du musée d'Histoire de Belfort.
  • Baradel Y., et al., Histoire de Belfort , Horvath, 1985.
  • Baradel Y., et al., Belfort : forteresse royale, citadelle républicaine, Belfort, 1997.
  • Hayberger L., Pagnot Y., Vauban, l'homme, l'ingénieur, le réformateur, Belfort, 2007.
  • François Nicolas Benoit Haxo, un digne successeur de Vauban, actes du colloque, Belfort, 2001.