Citadelle de Bastia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Citadelle et palais du Gouverneur
Image dans Infobox.
Présentation
Type
Occupant
Patrimonialité
Localisation
Pays
Département
Commune
Coordonnées

La Citadelle (en Corse A Citatella ou A Citadella) est un quartier historique de la ville de Bastia. Sa construction date de la présence génoise en Corse.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Citadelle de Bastia vue du sud

La citadelle de Bastia a été fondée au XIVe siècle par les Génois. La capitale de la Corse est alors Biguglia, où résident les gouverneurs. Mais les Génois considèrent l'endroit dangereux et peu adapté pour le commerce. En 1380, le gouverneur Leonello Lomellini décida de construire un nouveau fort, appelé Fortino[1].

En 1475, le podestà Antonio Tagliacarne entreprend la construction d'une vingtaine de maisons. Ainsi nait le quartier de Terra Nova, en opposition à celui de Terra Vechja, qui correspond au quartier actuel du Vieux-Port, anciennement appelé Portu Cardu[2].

Dessin génois de la Citadelle de Bastia, entre 1600 et 1668


De la première fortification de la Citadelle, en italien Castello della Bastia ou aussi Fortino il ne reste plus rien. Il était situé en lieu et place du bastion Saint Charles, au-dessus du jardin de Romieu actuel. C'est cette tour du Fortino qui va donner son emblème à a ville de Bastia.

Emblème de la ville de Bastia sur la fontaine du Giardinè à la Citadelle, place Guasco

Monuments et lieux[modifier | modifier le code]

La place du Donjon, ou Piazza di A Corte[modifier | modifier le code]

C'est la place principale de la Citadelle. On y accédait par ce qui était l'unique porte d'entrée de Terra Nova, la ville haute. La place est entourée de bâtiments historiques qui ont fait l'histoire de la ville : le Palais des gouverneurs, le pavillon des Noble-Douzes, la Casetta.

Son nom ancien est Piazza di A Corte[1], en français "Place de la Cour". Le nom fait référence à la cour de justice, qui était installée à la Citadelle.

Les remparts de la Citadelle et la cathédrale Santa Maria

Le nom de Place du Donjon a été donné sous la domination française. Après la conquête militaire de l'île, l'armée française s'installe dans le Palais des Gouverneurs et on donne au bâtiment le nom de "Donjon".

Piazza di A Corte, ou Place du Donjon

A Piazzetta[modifier | modifier le code]

Au bout de la Piazza di A Corte, vers l'Est, se trouve A Piazzetta. Il s'agit en fait de la partie supérieure d'une des grandes citernes de la Citadelle. En plus des deux grandes citernes du Palais des Gouverneurs elle servait à alimenter en eau le quartier de Terra Nova.

A Piazzetta

Le Palais des gouverneurs[modifier | modifier le code]

Le bâtiment actuel du Palais des gouverneurs a été construit à partir de 1448 et achevé dans le premier quart du XVIe siècle[3].

Le palais a servi de résidence principale aux gouverneurs de la fin du XVe siècle jusqu'à la fin de la domination génoise, au XVIIIe siècle. Il a servi également de cour de justice et de prison. Ses façades et toitures sont classées au titre des monuments historiques en 1977[4].

Le Palais des Nobles Douze[modifier | modifier le code]

Le Palais des Nobles Douze a été créé vers 1703. C'était une institution réservée aux Corses, en particulier aux descendants des grandes familles. Les douze conseillers étaient élus pour deux ans. Ils étaient censés aider le gouverneur pour certaines tâches. Ils peuvent être considérés comme les députés des pieve.

Sous la domination française, le bâtiment est récupéré par l'armée qui y met ses bureaux. Ils sont aujourd'hui occupés par les services du patrimoine de la municipalité de Bastia.

Il est situé Place du Donjon, anciennement appelée Piazza di Corte.

Le Palais des Nobles Douze

Les portes[modifier | modifier le code]

Il y a deux portes pour entrer dans la Citadelle. La plus ancienne se trouve cours Favale. Elle est appelée Porte Louis XVI car reconstruite en 1775. La porte monumentale est inscrite au titre des monuments historiques en 1935[4]. Le nom corse de ce lieu est "E Loghje". Au dessus de la seconde porte on peut voir une pierre en mauvais état où l'on devine l'emblème de la Sérénissime République de Gênes : deux griffons entourant un blason, et une couronne.

La potence[modifier | modifier le code]

Sur la face ouest des remparts, du côté des petites boutiques près de la Porte Louis XVI, une potence est toujours visible.

La potence

Les remparts de la Citadelle[modifier | modifier le code]

Les murs les plus anciens ont été construits au XVe siècle. Avec les guerres et les destructions qui ont suivi, elles ont été faites et refaites plusieurs fois, entre 1575 et 1626.

Maisons historiques[modifier | modifier le code]

A Casetta, ou "Casa Tagliacarne"[modifier | modifier le code]

A Casetta

À l'origine c'est une maison appartenant à la famille Taglicarne. Antonio Tagliacarne était originaire de Levanto, sur la riviera ligure. En 1480 il demande à la République de Gênes l'autorisation de construite une vingtaine de maisons autour de la fortification initiale de La Bastìa. C'est ainsi que nait le quartier de Terra Nova. Il deviendra le premier podestat de la ville, de 1488 à 1498[2].

La maison est appelée "Casetta" à cause de sa petite taille d'origine. Les étages supérieurs ont été rajoutés plus tard. Sous la domination génoise, la Casetta fait office d'hotel de ville. C'est là que se réunissait la "Magnifica Comunità della Bastia", l'équivalent du conseil municipal[1].

Linteau en ardoise de Lavagna provenant de La Casetta, musée de Bastia

La maison Zerbi[modifier | modifier le code]

Casa Zerbi

C'était la maison du vicaire du gouverneur. Elle a servi de cour de justice. Elle a aussi donné son nom à la place : Piazza di Corte. Le vicaire était le second personnage le plus important de l'administration génoise, après le gouverneur. Quand le vicariat fut transféré dans l'enceinte du Palais des Gouverneurs, la maison devint propriété de la famille Centurione. Puis elle fut acquise par Paulu Zerbi (1582-1635), qui fut podestat. Il la réhaussa d'un étage et la fortifia, ajouta une tour, une citerne. Elle fut connue alors sous le nom de "Casa Zerbi"[2],[1].

Fontaine en marbre de la famille de Zerbi, musée de Bastia

Le palais épiscopal[modifier | modifier le code]

Le palais épiscopal : la façade de la rue de l'Evêché

En corse : U palazzu viscuvile. C'était le lieu de résidence de l'évêque de Mariana. En 1570 le siège est transféré à Bastia. En 1660 Mgr Giustiniani fait l'acquisition de cet ancien couvent qui appartenait aux Turchine, les Turquines.

Le bâtiment ne laisse à découvrir que sa façade sobre et austère. Elle était décorée d'un fronton de marbre blanc qui portait les armoiries de la famille Giustiniani. Il a été cassé à la Révolution et on peut le voir aujourd'hui au musée de Bastia.

Le palais s'étend en profondeur mais les rues sont aujourd'hui bouchées. On dénombrait 32 pièces, dont certaines richement décorées.

Après la Révolution le palais est abandonné. Il a été récupéré par l'armée. Il a servi de résidence aux officiers du Génie militaire.

Armoiries de l'évêque Fabrizio Giustiniani, 17e siècle, musée de Bastia. Marbre sculpté provenant du palais épiscopal, situé à la Citadelle.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

La cathédrale Santa Maria[modifier | modifier le code]

Santa Maria Assunta

En 1570 le siège de l'évêché de Mariana est transféré à Bastia. La nouvelle cathédrale est construite à l'emplacement d'une ancienne église qui a été rasée, appelée Santa Maria della Consolazione. Elle prenait appui sur un rocher, d'où son autre nom : Santa Maria l'Arrimbata. La construction débute en 1604 et durera quinze ans. Le campanile a été construit en 1620.

L'édifice est de style baroque. La façade, entièrement refaite au XIXe siècle est de style néoclassique. Son intérieur aux trois nefs richement décorées sont un exemple de baroque aux XVII et XVIIIe siècles.

Les orgues du XIXe siècle sont l'oeuvre des frères Serassi de Bergame.

Parmi les nombreux tableaux, on peut admirer une Assomption de la Vierge par Leonoro d'Aquila de 1512. C'est le plus ancien tableau de Bastia[5].

La cathédrale est classée monument historique en 1999.

Le riche décor intérieur de la cathédrale Santa Maria
L'Assomption de la Vierge par Leonoro dell'Aquila (XVIe siècle)


On peut y voir une statue de la Vierge de 200 kilos. Elle est l'oeuvre d'un orfèvre siennois, Gaetano Macchi, qui l'a réalisée au XIXe siècle grâce aux dons des Bastiais.

La statue de la Vierge d'argent, oeuvre de l'artiste Gaetano Macchi (XIXe siècle)

L'oratoire Santa Croce[modifier | modifier le code]

La confrérie de Sainte Croix, Santa Croce en corse est la plus ancienne de Bastia. Son origine est connue au début du XVe siècle. Elle fait bâtir en 1542 une chapelle sur un terrain appartenant à la basilique Saint Jean de Latran, à Rome. L'édifice actuel a été construit en 1600.

On peut y voir à l'intérieur le Très Saint Crucifix des Miracles, le Christ noir, u Cristu negru. Il aurait été découvert en mer en 1428 par deux pêcheurs bastiais.

L'oratoire a été endommagé lors du bombardement de la flotte anglaise en 1745. Le riche décor intérieur laisse à découvrir des stucs dorés, réalisés entre 1758 et 1775 par des artistes ligures et corses.


Le couvent Sainte-Claire[modifier | modifier le code]

L'ancien couvent, puis prison Santa Chjara

Le couvent Sainte-Claire, Santa Chjara, appelé aussi couvent des Clarisses a été édifié en 1600. Sur la marche d'entrée se trouvait gravée l'inscription tirée d'un vers de Dante : "Lasciate ogni sperenza, o voi ch'entrate" ("Abandonnez tout espoir, vous qui entrez"). Une fois par an le gouverneur était reçu au couvent, le jour de la Sainte-Claire.

Le couvent fut désaffecté à la Révolution et récupéré par l'armée. En 1817 il devient prison jusqu'en 1993, date de l'ouverture du centre pénitentiaire de Borgu. Il appartient aujourd'hui à un privé. Le couvent est totalement désaffecté.


Les bastions génois[modifier | modifier le code]

Les Génois ont édifié les premières fortifications en 1480. Puis ils ont entièrement reconstruit les remparts entre 1575 et 1626[6] . À l'intérieur de la citadelle on dénombrait six bastions :

Le bastion San Giovanni (en corse San Ghjuvanni)[modifier | modifier le code]

Le bastion San Giovanni

Le bastions San Carlo (San Carlu)[modifier | modifier le code]

Bastion San Carlo

Le bastion Santa Maria[modifier | modifier le code]

Le bastion Santa Maria
Bastion Santa Maria, citadelle de Bastia.jpg

Le bastion San Gerolamo[modifier | modifier le code]

Le bastion San Gerolamo

Le bastion du Dragon (U Tragone)[modifier | modifier le code]

Bastion du Tragone, de la jetée du même nom
Le bastion du Tragone

Le bastion du Chiostro (en corse U Chjostru)[modifier | modifier le code]

La Poudrière, à l'intérieur du bastion du Chjostru
Le bastion du Chiostro

Le chemin de ronde[modifier | modifier le code]

Le chemin de ronde faisait le tour des remparts de la Citadelle. Il était dédié à la surveillance. Il n'est aujourd'hui pas praticable dans son intégralité (privatisé en certains endroits).

Le chemin de ronde, côté sud

Noms de lieux[modifier | modifier le code]

A Chjappa, la rue Saint-Michel

En 2014, la municipalité bastiaise entreprend l'instauration d'une signalétique bilingue corse-français dans toutes les rues de la Citadelle[7]. Les noms anciens sont réhabilités. Voici quelques noms de lieux :

  • La Poudrière (A Pulverera)
  • Place Guasco (U Giardinè)
  • Place du Donjon (Piazza di Corte)
  • rue Saint-Michel (A Chjappa)
  • rue de l'Esplanade (Calarà)
  • rue du Dragon (U Tragone)
  • passage Antone Rosaguti, ex-passage Vauban (E Loghje)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d dirigé par Jean-Baptiste Raffalli et Michel-Édouard Nigaglioni, Bastia : le guide, Paris, Éditions Du Patrimoine,
  2. a b et c Almanach Bastiais, Tradizione viva di Bastia è di u so circondu, Bastia, Comité des fêtes de l'animation du patrimoine de Bastia,
  3. « Educorsica - Bastia : U palazzu di i Guvernatori », sur tice-corse.fr (consulté le 11 février 2020)
  4. a et b « Notice n°PA00099158 », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Fernande Bastia. Direction du patrimoine et Impr. bastiaise), La peinture, vol. 1, Ville de Bastia, Direction du patrimoine, (20-bastia : (ISBN 2-9514356-4-9 et 978-2-9514356-4-3, OCLC 469990022, lire en ligne)
  6. « Porte Louis XVI », sur http://www.bastia.corsica (consulté le 10 février 2020)
  7. « Les premières plaques bilingues ont été posées à la citadelle de Bastia », sur www.corsematin.com (consulté le 3 février 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]