Cité radieuse de Rezé

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Cité Radieuse de Rezé
Le Corbu[réf. nécessaire]
La Cité radieuse de Rezé.jpg

La Maison radieuse et l'église Saint-Pierre.

Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
Hauteur
52 m
Destination initiale
Destination actuelle
Propriétaire
Syndicat de Copropriété la Maison Radieuse
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées
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La Maison radieuse, également appelée Cité radieuse de Rezé ou La Maison familiale, est une résidence sur pilotis située dans la commune de Rezé (Loire-Atlantique), au sud de Nantes, où Le Corbusier a tenté d'appliquer ses principes d'architecture pour une nouvelle forme de cité, un village vertical, appelé « unité d'habitation ». C'est la deuxième des quatre unités d'habitation construites en France avec Marseille, Briey et Firminy.

Historique[modifier | modifier le code]

Le contact de Le Corbusier à Nantes se fait en la personne de Gabriel Chéreau, jeune avocat, vice-président d'une coopérative privée de logement social, La Maison familiale. Celle-ci a pour membres des employés du port de la ville. Au moment du lancement du programme de reconstruction de la ville de Nantes en 1945, Gabriel Chéreau s'inquiète des projets de l'architecte en chef, Michel Roux-Spitz. Il contacte alors l'architecte pour contrer ce projet mais sans y parvenir. Ils collaborent de nouveau trois ans plus tard pour reproduire l'expérience de Marseille. Mais l'unité de Rezé est la première à se réaliser dans un cadre de logement social « classique », ce que recherchait Le Corbusier, pour qui son concept d'habitat devait s'adresser en priorité aux personnes modestes.

Après des négociations difficiles avec les financeurs, notamment en raison des coûts élevés et des normes de construction HLM imposées par l'État, le projet met beaucoup de temps à se mettre en place. C'est finalement en juin 1950 que le plan définitif proposé par Le Corbusier aidé d'André Wogenscky est adopté. Le choix du lieu d'implantation est la commune de Rezé, au sud-ouest de Nantes et à proximité du port. La municipalité cautionne l'emprunt accordé par l'État à la Coopérative maître d'ouvrage du bâtiment. Les travaux ne commencent que le 11 juin 1953 et s'achèvent un an et demi plus tard. Les premiers habitants emménagent le 16 mars 1955 et le bâtiment est officiellement inauguré en juillet de la même année.

Description[modifier | modifier le code]

Installée dans un parc boisé de six hectares et au pied d'une pièce d'eau, elle fait 52 mètres de haut, 108 m de long, et 19 m de large. La surface de plancher brut est environ de 34 000 m2 pour 22 000 m2 de surface habitable. Elle est plus petite que celle de Marseille[1]. Elle comprend 294 logements répartis sur dix-sept étages et accessibles par six rues intérieures. Ils peuvent accueillir 1 400 personnes. Les appartements sont en duplex « montant » ou « descendant » et profitent de la double orientation est-ouest de chaque côté de l'immeuble ou sont exposés au sud. Ils sont cependant plus petits et moins variés que l'unité Marseillaise. La Maison radieuse comprend aussi une école maternelle située sur la toiture terrasse de l'immeuble, établissement régulièrement menacée de fermeture. L'immeuble est aussi pourvu de nombreux locaux collectifs, principalement accessibles depuis l'escalier central. Un bureau de poste y est implanté dans le hall de l'immeuble (mais quitte le site en 2002). La destination de l'immeuble est exclusivement bourgeoise et les logements ne peuvent recevoir d'autre activité que celle du loggis . Contrairement à l'unité d'habitation de Marseille, immeuble prototype commandé par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme à Le Corbusier, la Maison radieuse est fondée par une commande exclusive de logements HLM. La coopérative a d'ailleurs refusé en son temps d'y inclure une rue commerçante, celle ci étant incompatible avec la démarche entreprise par ses fondateurs.

Le Corbusier a insisté sur l'implantation de l'unité dans son environnement en construisant par exemple une passerelle pour la traversée de la pièce d'eau. Rappelons que, l'immeuble de Le Corbusier a été construit sur une espace très restreint de seulement 2,5 hectares, qui était le parc d'une demeure bourgeoise, "La Bouvardière". Les 3,5 hectares supplémentaires sont des acquisitions réalisées par les coopérateurs et les copropriétaires principalement dans les années 1970, comme le terrain dénommé "le pré au cheval", ou la "cure" sur la façade Ouest de l'immeuble . Mes ces derniers ont notamment été privilégiés au cours de la liquidation de la SA La Maison radieuse par l'abandon d'un projet immobilier de 160 logements sur le terrain dit le champ "Rontard" d'une surface de 2,5 hectares ou la dite société envisagée de réaliser une seconde opération. Ce terrain leur a finalement été vendu. Ces acquisitions volontaires ont été conduites par les coopérateurs et copropriétaires soucieux de préserver l'élément "vert" essentiel à la compréhension et au fonctionnement de l'œuvre de Le Corbusier. L'augmentation de l'utilisation de véhicules individuels a conduit à la réalisation d'une importante extension des stationnements autour de l'immeuble.

Pour alléger les coûts de construction, des modifications ont aussi été apportées aux techniques mises en œuvre pour la construction : le système du "casier à bouteilles" utilisé à Marseille a ainsi été abandonné pour un système de préfabrication béton plus simple de type "château de cartes".

Réception du bâtiment et son évolution[modifier | modifier le code]

À leur emménagement en 1955, les habitants bénéficient d'un système de location-vente coopératif : chaque habitant de la coopérative donne un apport initial équivalent à 15 % du coût total du logement. Il devient ainsi actionnaire de la coopérative. En 1971, la loi Chalandon oblige à l'abandon du système coopératif et les habitants doivent choisir entre la location ou l'achat de leur logement. À partir de cette date, la Société Anonyme HLM, la Maison radieuse alors en liquidation volontaire propose des contrats d'accession à ses coopérateurs en vue de fonder une copropriété. Mais celle-ci mettra cinq ans à voir le jour, soit le 18 mars 1976. Effectivement, seulement 10 % des coopérateurs sont intéressés et choisissent d'acquérir leur logement, les autres demandent d'accéder à la location simple mais beaucoup d'entre eux qui ne veulent pas renoncer à leur statut de coopérateur quittent tout simplement l'immeuble. Aussi, pour rembourser les apports initiaux et les apports annuels des 16 années suivantes, versés par les coopérateurs, la Société Anonyme HLM la Maison radieuse doit finalement fusionner avec une autre société HLM, Loire Atlantique Habitations qui rachète la plupart des lots. Cependant, cette dernière mettra en vente vers la fin des années 1980 et au début des années 1990 environ 40 % de ses logements. L'immeuble est aujourd'hui occupé à 35 % de copropriétaires occupants et à 65 % de locataires. Les logement sociaux gérés aujourd'hui par la société Atlantique Habitations, représentent 55 % du parc de logement et 53 % des tantièmes du Syndicat de copropriété. L'Association des Habitants de la Maison Radieuse (A.H.M.R), fondée le 25 avril 1955 à une activité aujourd'hui, soixantenaire. L'unité abrite environ 585 habitants (recensement INSEE 2011) dont la plupart adhère à l'association.

La réhabilitation des logements commence dans les années 1980. En 1996-1999, une réfection totale des façades préfabriqué en béton est entreprise, notamment dans le but de corriger des malfaçons liées aux économies faites lors de la construction du bâtiment. En 2004 et 2010, les huisseries extérieures sont restaurées.

Les façades et toitures de l’ensemble font l'objet d'une inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques dès le . Cette protection d'inscription est étendue par un second arrêté du concernant : l'école, les circulations intérieures (constituées du hall d'entrée, des rues et des cages d'escalier), la passerelle, et les appartements témoins du sixième étage dans leurs intégralité.

Ces deux arrêtés sont annulés et remplacés depuis le par un arrêté unique de classement au titre des monuments historiques et qui reprend l'intégralité des protections précédentes[2]. Des visites de certaines parties commune de l'immeuble, la terrasse, le hall et de l'appartement témoin au numéro 601 sont organisées régulièrement par la mairie de Rezé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est aussi la plus petite des cinq unités d'habitation corbuséennes
  2. « Notice no PA00108783 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Fromentin et Yveline Pallier, « Grands ensembles urbains en Bretagne », Éditions Apogée, Université de Rennes II - Haute Bretagne, Rennes, 1997, 112 p.
  • Deborah Gans, The Le Corbusier Guide, Princeton Architectural Press, 2006, pp. 136-138
  • Gérard Monnier, Le Corbusier. Les unités d'habitation en France, Belin, coll. « les destinée du patrimoine »,‎ , 240 p. (ISBN 2-7011-2577-4)
  • Jacques Sbriglio, Le Corbusier : l'Unité d'habitation de Marseille et les autres unités d'habitation à Rezé-les-Nantes, Berlin, Briey en Forêt et Firminy, Birkhäuser,‎ (ISBN 9783764367183), p. 148-150
  • Marilyne Monnier, Le Corbu 1955-2005 Rezé-les-Nantes, Marilyne Monnier,‎ (ISBN 2-9524188-0-2)
  • David Abittan, « Le Corbusier avait-il la recette des HLM qui rendent heureux ? », Slate,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]