Cité-jardin Ungemach

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cité-jardin Ungemach
Cité-jardin Ungemach-Strasbourg(13).jpg
Présentation
Type
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Avenue Schützenberg
Coordonnées
Localisation sur la carte de Strasbourg
voir sur la carte de Strasbourg
Red pog.svg
Localisation sur la carte du Bas-Rhin
voir sur la carte du Bas-Rhin
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

La cité Ungemach est une cité-jardin créée au début des années 1920 et située dans le quartier du Wacken, au nord de Strasbourg. Quelques décennies plus tard, l'implantation, au fil des années, de constructions liées aux institutions européennes, dont le Parlement européen, fut conduite en bordure de cet ensemble de 140 pavillons, couleur rose ou paille, entourés de jardins.

Histoire[modifier | modifier le code]

Stèle de Léon Ungemach
Un cadre de verdure

Réalisation du projet privé à partir de 1920[modifier | modifier le code]

Charles-Léon Ungemach (1844-1928)[1] conduisit une politique sociale pionnière au sein de son entreprise : restaurant du personnel, installation sanitaire, infirmerie et bibliothèque, colonie de vacances pour les enfants du personnel. Vers 1900, il institua une participation de ses employés aux bénéfices de l’entreprise et même des tentatives de semaine de congés payés[2]. Engagé politiquement dans la gestion de la ville de Strasbourg en tant que membre du conseil municipal depuis 1904 et comme membre de la première chambre du Landtag depuis 1911, vice-président de la chambre de commerce depuis 1911, initiateur de nombreuses initiatives sociales, profitant de bénéfices réalisés pendant la guerre qui lui furent reprochés (il gagna un procès en appel à ce sujet), il décida de consacrer cet argent à une cité jardin pour de jeunes ménages. Il créa une fondation et obtint la mise à disposition de 12 ha de terrain par la Ville pour mettre en œuvre son projet.

Le programme d'un Concours pour la création d'une cité-jardin est publié le [3]. Les architectes Paul de Rutté et Jean Sorg sont chargés du projet définitif et signeront ensemble les plans d'architecture et d'urbanisme. Les travaux ont lieu entre 1923 et 1928[4].

Propriété de la ville de Strasbourg à partir de 1950[modifier | modifier le code]

La cité-jardin devint propriété de la ville de Strasbourg en 1950, comme convenu à l'article 9 de l’acte de donation. Le règlement initial de la cité a été remplacé par celui des logements sociaux, sa gestion étant aujourd'hui attribuée à un organisme de logements sociaux, Habitation moderne.

Référence d'urbanisme[modifier | modifier le code]

La Cité Ungemach est étudiée par les architectes, visitée par les touristes comme exemple de cités ouvrières[5].

Controverses[modifier | modifier le code]

Cette cité est enviée d'une part par ceux qui recherchent un pavillon avec jardin à tarif modéré et d'autre part par les promoteurs immobiliers à cause de sa situation jouxtant le quartier européen et notamment le parlement européen de Strasbourg et le parlement régional entrainant des controverses récurrentes.

Rumeurs de cession à des promoteurs immobiliers[modifier | modifier le code]

La situation de la cité, au centre du quartier européen et du projet immobilier en cours depuis 2016 dans le quartier du Wacken, éveille des tensions locales. Régulièrement des rumeurs strasbourgeoises insinuent que ces logements municipaux seraient cédés à des promoteurs privés. Ces rumeurs sont démenties avec constance par la municipalité qui rappelle que la cité Ungemach est protégée contre les projets immobiliers privés par la politique de la ville et le fait qu'elle est inscrite au patrimoine municipal[6].

Application du supplément de loyer de solidarité en 2015[modifier | modifier le code]

A la suite d'un projet important de rénovation énergétique de la cité, en 2015 Habitation moderne et la municipalité décidèrent d'appliquer le supplément de loyer de solidarité[7] à 31 familles de la cité. Cette décision fut jugée trop brutale par les familles concernées.[8]

Controverse en 2016 sur la nature "eugéniste" du projet initial[modifier | modifier le code]

Selon André Rosental, se basant sur le règlement initial d'attribution des logements, vouloir avoir des enfants, être en bonne santé et vouloir les élever dans de bonnes conditions d’hygiène et de moralité, le projet de cette cité géré dans les années 1920 par Alfred Dachert serait jugé aujourd'hui eugéniste, car le fait de ne pas avoir d'enfant impliquait à l'époque de devoir quitter la cité [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Igersheim, « Léon Charles Ungemach », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 48, p. 4983
  2. Freddy Sarg, Le Wacken, Strasbourg, Oberlin, p. 48-57.
  3. Stéphane Jonas, « Les jardins d'Ungemach à Strasbourg : une cité-jardin d'origine nataliste » in L'urbanisme à Strasbourg au XXe siècle. Actes des conférences organisées dans le cadre des 100 ans de la cité-jardin du Stockfeld, Ville de Strasbourg, 2011, p. 84
  4. Stéphane Jonas, op. cit., p. 50
  5. Office du tourisme, Strasbourg, visite et conférences en 2016
  6. L'urbanisme à Strasbourg au XXe siècle
  7. [https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F21051 Logement social : supplément de loyer de solidarité (SLS) (Gouvernement français)
  8. Hausse des loyers : big bang social à la Cité Ungemach (Rue 89)
  9. Paul-André Rosental, Destins de l'eugénisme, Paris, Seuil, (ISBN 9782020950275, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Jonas, « Les jardins d'Ungemach à Strasbourg : une cité-jardin d'origine nataliste (1923-1950) » in Paulette Girard et Bruno Fayolle Lussac (dir.), Cités, cités-jardins, une histoire européenne (actes du colloque de Toulouse des 18 et 19 novembre 1993, organisé par le Groupe de recherches Production de la ville et patrimoine des Écoles d'architecture de Toulouse et Bordeaux), Éd. de la Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, Talence, 1996, p. 65 et suiv. (ISBN 2-85892-215-2)
  • Freddy Sarg, Le Wacken, Éditions Oberlin, Strasbourg, 1985, 79 p. (ISBN 9782853690447)
  • Bernard Vogler, Elizabeth Loeb-Darcagne et Christophe Hamm (phot.), « Un Éden urbain », in Strasbourg secret, Les Beaux Jours, Paris, 2008, p. 138
  • Paul-André Rosental, Destins de l'eugénisme, Paris, Seuil, 2016  (ISBN 9782020950275)lire en ligne), l'intégralité de l'ouvrage.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :