Cirque Plume

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Cirque Plume
illustration de Cirque Plume
Chapiteau du Cirque Plume

Création 1984
Siège social Besançon
Drapeau de France France
Activité Spectacles Vivants
Effectif 40
Site web www.cirqueplume.com

Chiffre d’affaires 2 000 000€
Les loges du cirque Plume
Le cirque Plume

Le Cirque Plume est une compagnie de cirque créée en 1984 par un groupe de musiciens, bonimenteurs et jongleurs franc-comtois. Né d'une rencontre singulière et construit par une histoire mouvementée, il est une des premières compagnies de cirque qui révolutionne les arts de la piste au début des années 1980.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Cirque Plume s'est construit par étapes, son histoire est à ce titre un élément primordial dans la création de leur œuvre.

Une rencontre singulière: le prologue d'une longue histoire 1980- 1984[modifier | modifier le code]

Si quelques-uns des fondateurs du Cirque Plume se rencontrent lors d'une fanfare organisée sur une péniche, le véritable noyau de la troupe se constitue en 1980 au hasard d'un festival jurassien promouvant le renouveau des arts de la rue, « la Falaise des Fous ». Un noyau qui se compose d'artistes issus de compagnies diverses telles que la fanfare « Léa traction », « La Gamelle aux étoiles » et « Le Magicien de balle ». Il naît de cette aventure au festival, des spectacles de rue, mélangeant la musique aux techniques de cirque, au boniment, au théâtre, à la danse, qu'ils présentent dans les fêtes rurales, les rues des villes et les petits théâtres. Ils répètent à cette époque dans des installations précaires, mais cela ne les empêche pas de créer en décembre 1983, sous un chapiteau prêté par le « Théâtre des Manches à Balais », leur premier spectacle, Amour, jonglage et falbalas, condensé de toutes leurs compétences artistiques et circassiennes. S'ouvre alors pour le groupe d'artistes un nouveau chemin, celui du cirque, instrument de liberté artistique et d'émancipation collective comme pour lutter contre un désenchantement idéologique et le modèle de consommation américain qui commençait doucement à s'imposer.

Une aventure circassienne nouvelle : le Cirque Plume 1984-1989[modifier | modifier le code]

Aux débuts de l'année 1984 ils sont neuf : Hervé Canaud, Michèle Faivre, Vincent Filliozat, Jean-Marie Jacquet, Bernard et Pierre Kudlak, Jacques Marquès, Robert Miny et Brigitte Sepaser, tous unis autour d'une envie de créer un cirque mélangeant un esprit de fête, de rêve et de poésie tout en traitant de sujets d'actualité, ils créent le Cirque Plume.

Une ébauche de tournée se crée, mais les spectacles sont le fruit d'amateurs car la moitié de la troupe est dans la nécessité de travailler à côté pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Les difficultés sont grandes et, rapidement, la nécessité de s'allier à des professionnels issus de formations circassiennes devient indispensable.

Ils recrutent donc des artistes extérieurs au groupe fondateur. Et si la compagnie doit faire des dépenses conséquentes, ils bénéficient de l'appui financier du conseil régional de Franche-Comté, qui leur permettra d'acheter leur premier vrai chapiteau. La troupe ne se distingue pas des autres petits cirques itinérants mais dispose d'un système d'organisation efficace : l'autogestion. Ainsi chacun des membres de la troupe exerce tour à tour les différents corps de métier qui permettent le fonctionnement d'une troupe artistique itinérante. Cependant, cette organisation ne leur permet pas de franchir les frontières de la région franc-comtoise.

L'année 1986 marque un tournant, le Cirque Plume participe au Festival Off d'Avignon. Jouissant ainsi d'une nouvelle renommée, il entre enfin dans le cercle des compagnies professionnelles reconnues. Les conditions matérielles, financières et d'organisation de la troupe s'améliorent (spécialisation dans les tâches de travail, achat de chapiteaux et de gradins et embauche d'un administrateur). Le Cirque plume devient plus professionnel, ses choix esthétiques s'affinent et se peaufinent par la création de nouveaux numéros et l'invention de mises en scène et de costumes plus élaborés.

Et en 1988, avec Spectacle de Cirque et de Merveilles, c'est le début des tournées nationales et internationales (Tunisie, Maroc, Belgique et Suisse).

Entre succès et récompenses 1989-2010[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1980, et après quelques péripéties, toutes liées au monde du spectacle et à son instabilité, c'est la consécration pour le Cirque Plume qui ne s'arrête plus de créer. Après leur participation à Avignon, le public commence à se faire nombreux et l'État récompense le travail déjà fourni par la compagnie, l'encourageant ainsi dans la poursuite de son aventure. En effet, en 1989, le Cirque Plume se voit couronné par le Grand Prix national du cirque et celui du Cirque de référence du ministère de la culture.

Et alors que la troupe connaît un succès grandissant, Bernard Kudlak, devenu directeur artistique de la compagnie est élu vice-président de l'Association Nationale pour les Arts du Cirque (ANDAC) en 1991.

En 1993, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques ( SACD), attribue au Cirque Plume, la bourse de l'association Beaumarchais pour leur spectacle Toiles. C'est la première fois qu'elle est attribuée à une œuvre circassienne. La musique de "Toiles" fait l'objet d'une commande d'Etat à Robert Miny, "Le maestro", compositeur de toutes les musiques des spectacles du Cirque Plume.

En 1996, puis en 1999, sont créés successivement, L' harmonie est elle municipale ? et Mélanges (opéra plume) qui attirent les foules et qui reçoivent les faveurs des critiques.

En profitant d'un temps de pause qui lui permet entre autres d'acquérir de nouvelles compétences artistiques, la compagnie travaille un nouveau spectacle titré "Récréation", créé à l'occasion de l'opération "1, 2, 3 Cirque", manifestation phare de "L'année du Cirque" en 2002.

L'année 2004 fut riche en succès pour le Cirque Plume : Plic Ploc sera nommé pour les Molières 2006 dans la catégorie "grand prix spécial du jury théâtre public en région" .

En 2009 ils présentent un nouveau spectacle, L'atelier du peintre, leur 9e création. Lors des premières représentations parisiennes de l'automne, malgré un excellent accueil public, ce spectacle nécessite d'être resserré : c'est dans sa version définitive diminuée de 20 minutes) qu'il tournera ensuite jusqu'à la fin de l'année 2012.

Disparition de Robert Miny[modifier | modifier le code]

En 2012, Robert Miny, cofondateur de la compagnie, compositeur des musiques des spectacles, chef d'orchestre, musicien (piano, accordéon, guitare) et artiste de tous les spectacles de la compagnie depuis son origine, décède le 1er mars. C'est Benoit Schick (remplaçant de Robert Miny depuis la tournée de Plic Ploc) qui sera le compositeur des musiques du spectacle suivant.

En 2013, 10e création avec Tempus fugit ? une ballade sur le chemin perdu, le spectacle des 30 ans de la compagnie, dans lequel une jeune génération d'artiste se joint à la vieille garde du Cirque Plume, et interprète le répertoire de cette compagnie devenue historique. Important succès public et critique qui prouve qu'après 30 années de création, l'équipe réunie autour de Bernard Kudlak est plus que jamais présente, au mieux de sa forme.

Enjeux et esthétique : une révolution des arts de la piste[modifier | modifier le code]

Pionnière du Nouveau Cirque, la compagnie du Cirque Plume navigue entre le respect des traditions et l'innovation. Elle transforme les us et les coutumes pour mieux s'en évader et plonge alors dans une valse circassienne modernisée. C'est le principe d'une esthétique nouvelle, poétique et collective.

Un espace redéfini, des traditions rajeunies[modifier | modifier le code]

Une réappropriation de la scène circassienne[modifier | modifier le code]

La transformation de certaines caractéristiques du cirque classique est un point d'orgue du Nouveau Cirque. Au Cirque Plume, cette transformation passe par une réappropriation de l'espace de jeu. Bien que le chapiteau soit conservé, la piste traditionnelle de forme circulaire est quant à elle remplacée par un espace frontal entre spectateurs et artistes. Cette décision, prise en premier lieu pour des raisons techniques (le théâtre d'ombre nécessitant que le spectateur soit en face d'un écran) marque aussi pour la troupe une volonté de rénover la tradition circassienne en quittant l'espace sacré de son ancêtre. Abandonner le cercle, le renouveler permet également à la troupe de donner naissance à un nouveau moyen de voir, de parler et de comprendre le cirque, un nouveau langage. Ce nouveau dispositif scénique qui ne confond pas l'espace de la scène et celui de la salle n'instaure cependant pas de frontière entre les spectateurs et les artistes. Ces derniers n'oublient pas de créer des moments de complicité et de connivence avec leur public.

Une présence animalière réinventée[modifier | modifier le code]

Les spectacles traditionnels de cirque présentent des numéros de dressage d'animaux. Le cirque plume ne déroge pas à cette règle mais se la ré-approprie par un jeu de rôles qui transforme l'homme en animal. Le spectacle No animo màs anima est le reflet évident de cette modernisation de la présence animalière sur scène. En effet, c'est l'artiste qui endosse le rôle du fauve et imite sa gestuelle lors de numéros conventionnels comme le saut d'obstacles ou la traversée de cerceaux en feux. Ou encore, il est possible de le retrouver pavanant affublé d'un collier de chien sous les ordres de sa maîtresse. Le Cirque Plume rajeunit ainsi la pratique circassienne par des clins d'œil burlesques au cirque traditionnel et par un déplacement de l'ordre fonctionnel des choses.

Une nouvelle utilisation de l'exploit physique.[modifier | modifier le code]

Le Cirque Plume n'enfreint pas à la règle du cirque classique, il met en scène des numéros périlleux, de trapèze et d'acrobatie. Autant de prouesses physiques qui ne sont pourtant pas exploitées en tant que telles. En effet, ce n'est pas l'exploit qui intéresse la compagnie mais la beauté du geste de l'artiste. Elle s'intéresse ainsi à ce que le geste raconte, suggère. Les possibilités de jeux et d'être dépassent très largement la nécessité d'avoir des performances sur scène. Le Cirque Plume réinvente ainsi la condition première du numéro de cirque, il ne s'agit plus de mettre en scène une prouesse inédite et dangereuse dans un univers clinquant et pailleté mais de donner à voir le plaisir et la finesse du corps qui se met en danger.

Un univers poétique[modifier | modifier le code]

Un spectacle pluridisciplinaire[modifier | modifier le code]

La démarche artistique du Cirque Plume se caractérise par la volonté de mélanger les pratiques et les techniques du cirque et du théâtre, de réunir des artisans de différents univers en gardant comme présence structurante la musique et le chant. Les productions du Cirque plume sont un spectacle total et pluridisciplinaire qui mélange l'acrobatie, la jonglerie, les numéros de clowns, le théâtre d'acteur et le théâtre d'ombres. La scène de Plume est alors un espace polysémique et polymorphe où toutes les disciplines artistiques dialoguent entre elles dans un univers de chant et de musique joués en direct.

Une narration déconstruite[modifier | modifier le code]

La compagnie du Cirque Plume a une approche singulière de la dramaturgie qui se singularise par une simplicité créatrice et émancipatrice. Elle ne cherche pas à créer un spectacle de fiction, à raconter quelque chose mais tente plutôt d'élaborer un poème sans narration tramé toutefois par un fil conducteur à l'intérieur duquel différents éléments entrent en résonance. L'action est donc découpée en fragments comme autant d'accidents qui se suivent, s'enchaînent et rebondissent dans un récit non linéaire. L'action est multiple et décentrée. Et la cohérence qui existe entre ces histoires est à rechercher dans le monde des rêves, l'association d'idées et de jeux de mots/jeux d'objets. Les histoires des Plumes sont à recomposer, faisant ainsi appel à notre imagination, à notre créativité et à notre esprit enfantins. La déconstruction et l'éclatement de la narration contribue ainsi à la visée onirique et poétique des spectacles de la compagnie.

Un rapport profond avec la nature[modifier | modifier le code]

Le Cirque Plume prend ses racines dans une terre franc-comtoise qui abrite une nature développée et protégée. La faune et la flore y sont conservées et de nombreux paysages déploient forêts, rivières champs de fleurs ou espèces d'animaux différentes. Présente dans tous les spectacles qu'elle soit réellement présente ou suggérée, la nature permet l'émerveillement mais aussi le ressourcement et le questionnement sur la beauté du monde tout en créant une atmosphère onirique et de magie. Mais ce rapport profond, presque viscéral que la compagnie entretient avec la nature est aussi l'occasion pour elle d'apporter à ses spectacles une dimension écologique.

Un art communautaire et populaire[modifier | modifier le code]

Le Cirque plume est un groupe de personnes soudées, un mélange d'artistes complices et réunis autour de la conviction qu'il est possible de faire et de créer des choses ensemble. La troupe est à géométrie variable mais il existe un noyau dur, celui de la direction, inchangé depuis sa création. L'énergie de groupe qui anime ce cirque apporte une cohérence à ses propos et forge son identité. L'art du Cirque Plume est donc un art communautaire et collectif. À cette dimension collective s'ajoute l'idée d'un cirque populaire qui se nourrit d'échanges et qui puisse être partagé par tous. La troupe reprend ainsi l'idée du théâtre citoyen et de l'éducation populaire formulée par Jean Vilar. Le Cirque Plume se caractérise par le désir de créer un langage ouvert à un grand nombre de personnes et par là même un spectacle de partage. Il s'agit de faire se côtoyer tous les âges et toutes les classes socioprofessionnelles et d'éviter de créer un public spécialisé.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Amour, jonglage et falbalas
  • 1988 : Spectacle de Cirque et de Merveilles
  • 1991 : No Animo Mas Anima
  • 1993 : Toiles
  • 1996 : L'harmonie est elle municipale?
  • 1999 : Mélanges (opéra plume)
  • 2002 : Récréation
  • 2004 : Plic Ploc
  • 2009 : L'Atelier du peintre
  • 2013 : Tempus fugit ? une ballade sur le chemin perdu
  • 2017 : La dernière saison

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur le Cirque Plume[modifier | modifier le code]

  • Perton Yves, Cirque Plume, photos en noir et blanc, préface de Claude Piéplu, éditions SO.A.C.D., 1998 (ISBN 9782951549814)
  • Kudlak Bernard, Cirque Plume : carnets de créations de Plic Ploc, édition du Layeur, 2006 (ISBN 2915118531)
  • Gwénola David, Cirque Plume, Actes Sud/ CNAC, 2010 (ISBN 2742787445) voir un extrait
  • Bauer, Trois mois parmi les Plume : la création du spectacle vue par un dessinateur, éditions SO.A.C.D., 2010 (ISBN 978-2-9515498-3-8)
  • Bauer, Au fil de la Plume - Tempus fugit ? la 10e création du Cirque Plume vue par un dessinateur, éditions SO.A.C.D. 2014 (ISBN 978-2-9515498-4-5)
  • Kudlak Bernard, Abécédaire du Cirque Plume (Textes écrits sur 30 ans d'aventure de la compagnie), éditions SO.A.C.D. 2014 (ISBN 978-2-9515498-5-2)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Les Plume font leur cirque, France, 1994, Christophe De Ponfilly, Interscoop - France 3
  • Un rêve de cirque, France, 2002, Charles Picq, cinétévé Arte France - France 3 - CNDP
  • Les Plume en Récréation, coll. Quels cirques !, France 3 - TV 5, 2002, Thierry Marchadier, 1+1 Production
  • In Progress (documentaire sur la création de Plic Ploc), France, 2005, Antoine Page, SO.A.C.D.
  • L'atelier du Cirque Plume (documentaire sur la création de L'atelier du peintre), France, 2009, Antoine Page, SO.A.C.D.
  • La dernière saison du Cirque Plume (documentaire sur la création de La dernière saison), France, 2017, Antoine Page, SOACD.

Discographie[modifier | modifier le code]

Le Cirque Plume (SO.A.C.D) produit et distribue la musique de tous les spectacles.

Composés par Robert Miny :

  • No Animo Mas Anima, SOACD Production, 1991
  • Toiles, SOACD Production, 1994
  • L'harmonie est-elle municipale ?, SOACD Production, 1996
  • Mélanges (opéra plume), SOACD Production, 1999
  • Récréation... et autres nouvelles, SOACD Production, 2002
  • Plic Ploc, SOACD Production, 2004
  • L'Atelier du peintre, SOACD Production, 2009

Composé par Benoit Schick

  • Tempus fugit ? une ballade sur le chemin perdu, SOACD Production, 2013
  • La dernière saison, SOACD Production, 2017

Sites internet[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]