Cire Trudon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Trudon
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Modifiez l'article pour adopter un ton neutre (aide quant au style) ou discutez-en.

Cire Trudon
Image illustrative de l'article Cire Trudon

Création 1643
Fondateurs Claude Trudon
Personnages clés Lawrence Mynott (illustrateur)
Slogan Deo Regique Laborant
Siège social Drapeau de la France Paris (France)
Produits bougies parfumées
Site web www.trudon.com
Plaques de la maison Cire Trudon au no 78 de la rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris.

Cire Trudon est une entreprise française œuvrant dans le domaine de la cire.

Histoire de la Maison[modifier | modifier le code]

Naissance de la manufacture[modifier | modifier le code]

En 1643, Claude Trudon devient le propriétaire d’une boutique rue Saint-Honoré. Il y développe une activité d’épicier et de cirier. Les bougies qu’il fabrique servent aux paroisses et à l’éclairage domestique.

À la veille du règne de Louis XIV, Maître Trudon pose ainsi les premiers jalons d'une entreprise qui fera la fortune de sa famille. Son fils Jacques devient ensuite un droguiste-cirier et pénètre à la cour de Versailles, en 1687, sous le titre d'apothicaire-distillateur de la reine Marie-Thérèse d'Autriche.

À cette époque, la cire fait l'objet de toutes les attentions : soigneusement récoltée sur la ruche, elle est « blanchie » par l'action répétée de l'eau après la fonte qui entraîne les impuretés. Séchée par la suite en plein air sous forme de longues lamelles, la cire prend alors une couleur blanche, éclaircie par l'action naturelle des rayons du soleil, dont la flamme, en brûlant, illumine les bords translucides.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La Manufacture utilise de la cire d’abeilles pour fabriquer ses bougies. Elle prend même pour devise « Deo regique laborant », qui signifie en français « Elles travaillent pour Dieu et le Roi. » « Elles » désignant les abeilles. La cire est soigneusement récoltée sur la ruche avant d’être filtrée, lavée et exposée au soleil pour obtenir le blanc le plus pur qui soit.

La cour de Louis XV et les plus grandes paroisses du royaume sont séduites par les bougies parfaitement blanches de la Manufacture. Outre leur couleur immaculée, elles brûlent longtemps, sans crépitements. Plus d'une centaine d'ouvriers œuvrent alors dans un vaste bâtiment d'Antony, inscrit aux monuments historiques[1], avant de continuer dans la commune voisine de Bourg-la-Reine jusqu'en 1971. Trudon est devenue la plus belle manufacture de cire du royaume.

En 1737, l'héritier des Trudon, Jérôme Trudon, rachète l'une des plus célèbres fabriques de cire de l'époque, appartenant aux Péan de Saint-Gilles, la « Manufacture d'Antony pour le blanchissage des cires et la fabrique des bougies » créée en 1702. Brice Péan de Saint-Gilles est alors « cirier ordinaire du Roi ». Fort de son expérience familiale, Jérôme met son art au service du développement de cette vaste usine-atelier. Très exigeant, il produit alors une cire de très haute qualité, sélectionnant les meilleures récoltes de ruches du royaume, directement auprès des paysans et leur réservant les meilleurs et plus longs traitements. La qualité des eaux filtrées par les gypses qu'il utilise pour « laver » la cire est aussi la garante de leur pureté. La manufacture fait venir les meilleurs cotons pour confectionner des mèches qui permettent une combustion nette et régulière : les chandelles Trudon brûlent longtemps, sans crépitement !

En 1762, dans L’Encyclopédie, l'ingénieur Duhamel du Monceau fait l'éloge du talent des Trudon et donne la manufacture en exemple. La devise latine et le blason sculptés en bas relief ornent depuis longtemps la pierre du bâtiment de la grande fabrique : un décor de ruches et d'abeilles enrichi d'une devise : « Deoregique laborant », c'est-à-dire « Elles [les abeilles] travaillent pour Dieu et pour le Roi »[2]. Cette excellence vaudra à Charles Trudon d'être anobli par le roi Louis XVI et d'obtenir le titre de « Comte Trudon des Ormes ».

Les archives de la maison Trudon conservent toujours les anciennes recettes, les outils de fabrication et de blanchiment de la meilleure des bougies : « romaines » de fer forgé, bassines de fonte du XVIIe siècle. Sur les calibres de bois marqués aux armes royales et destinés à former la bougie, on lit encore certaines indications qui attestent de ce passé d'excellence : « Cierge pascal pour la Chapelle du Roy à Versailles », « Bougies de nuit pour le Roy ».

La maison Trudon restera fournisseur de Versailles jusqu'aux derniers moments de la Monarchie : durant sa captivité, Marie-Antoinette s'éclairera avec les chandelles de la manufacture.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Avec le sacre de Napoléon Ier, en 1811, la Manufacture entre à la cour impériale. L’Empereur n’offre qu’un seul présent à son fils, l'Aiglon, le jour de sa naissance : un cierge Trudon incrusté de trois pièces d’or à son effigie.

Honoré de Balzac cite la maison Trudon dans César Birotteau en 1837 : « et trois hommes allumaient les bougies. — Il faut cent vingt bougies, dit Braschon. — Un mémoire de deux cents francs chez Trudon, dit madame César dont les plaintes furent arrêtées par un regard du chevalier Birotteau. — Votre fête sera magnifique, dit Braschon[3]. »

Politique ou industrielle, aucune révolution ne parvient à faire de l’ombre à la Manufacture. Elle résiste notamment à l’avènement de la « Fée électricité ». En 1889, son savoir-faire est même récompensé par une médaille d’or à l’Exposition universelle.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2007, l’entreprise prend le nom de Cire Trudon et se spécialise dans la fabrication de bougies parfumées. Elle fait alors appel à des nez reconnus pour créer les parfums des histoires qu’elle souhaite raconter. Dans ses usines nichées au cœur de la Normandie, chaque bougie est coulée et façonnée à la main.

Ouverte au début du XXe siècle, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, à quelques pas de l’église Saint-Sulpice, entourée de nombreuses boutiques religieuses, la première boutique Trudon propose une gamme de bougies parfumées ou éclairantes.

En 2014, la Maison investit le 11 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans le Marais, un quartier historique et typiquement parisien.

En novembre 2015, Cire Trudon ouvre une nouvelle boutique à New York dans le quartier de Nolita, au 248 Elizabeth Street.

L'entreprise Cire Trudon exporte la plupart de sa production. Les exportations totalisent prés de 70 % du chiffre d'affaires, soit 7,9 millions d'euros[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no IA00121241 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Bas-relief de la Manufacture de Cires », Association pour la promotion du patrimoine d'Antony,‎ (consulté le 30 novembre 2008).
  3. César Birotteau, édition Furne, vol. X, p. 315.
  4. Julie Le Bolzer, « Cire Trudon, l’usine qui n’emploie que des femmes », Les Échos Business,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]