Circuit des murs peints d'Angoulême

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Le Circuit des murs peints d'Angoulême est un parcours de fresques ou de murs peints sur le thème de la bande dessinée dans la ville d'Angoulême.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier mur peint[modifier | modifier le code]

En 1982, le ministère de la Culture, sous la férule de Jack Lang, lance l'opération « Des murs en France », qui consiste à faire réaliser 13 murs peints dans 13 villes de France par 13 artistes différents[1]. À Angoulême, c'est l'artiste islandais Erró qui réalisera une immense fresque murale représentant une multitude de personnages de bande dessinée (Batman, Tarzan, Tintin, ...). Laissée à l'abandon pendant des années, la fresque a été rénové en 2013[2]. Elle est considérée aujourd'hui comme le premier mur peint angoumoisin[1].

Impulsion d'André Juillard[modifier | modifier le code]

En 1997, lors de la 24e édition du festival international de la bande dessinée, André Juillard y est Président du Jury. Sa présence à ce festival se manifeste par des expositions en intérieur mais aussi par un parcours dans les rues du vieil Angoulême, intitulé « Sur les traces d'André Juillard »[3]. André Juillard explique que « Les gens seront guidés dans les rues par des silhouettes de gueux, par des reproductions de planches, etc. (...) Cette exposition durera tout le printemps et l'été 1997. Elle sera l'aboutissement du désir d'une collectivité et du salon afin d'arriver à conjuguer l'image d'Angoulême comme ville d'art et d'histoire et celle de capitale mondiale de la BD. »[3].

Les œuvres, réalisées en toile marouflée, n'étaient pas destinées à rester collées sur les murs, mais elles ont bénéficié de l'effet d'entrainement qu'elles ont provoqué. Michel Donné, alors directeur de l'atelier d'urbanisme, écrira « Cette première tentative eut un salutaire effet déclencheur sur la politique des murs peints »[4]. De même, sur le site internet du festival, il est dit : « 1997. L’exposition "Sur les traces d’André Juillard", véritable parcours dans la ville alliant patrimoine et bande dessinée, incitera les partenaires locaux à façonner la ville aux couleurs de la BD et à développer le tourisme culturel. »[5].

Politique des murs peints[modifier | modifier le code]

C'est au cours de la décennie suivant cette édition que la production de murs peints s'est accélérée, sous l'impulsion d'une politique de la municipalité, appelée « programme murs peints » ou « programme murs peints »[6]. Le but était de montrer qu'Angoulême est bien la « capitale internationale du neuvième art »[7]. C'est en 1997 qu'une rencontre a lieu entre le Maire Philippe Mottet et la société Cité de la Création. Elle débouchera sur un contrat de plusieurs murs peints sur une durée de trois ans[6].

Les murs peints doivent « s'inscrire naturellement sur le parcours des habitants, des festivaliers et des touristes »[4].

Assemblage ville/bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le programme des murs peints fait partie d'un tout consistant à créer un lien naturel entre Angoulême et la bande dessinée. Pour Cité de la Création, il s'agit d'une « vraie réflexion sur la fonction de l'art dans la cité »[6]. Outre les murs peints, la ville s'est construite une identité propre autour de la bande dessinée : des numéros de rues et de certaines portes dans des bulles[8], des bus peints[8], des statues de personnages célèbres (le Marsupilami[9], Corto Maltese[10], le buste de Hergé[11]).

Polémique sur la Fresque des Simpson[modifier | modifier le code]

Ce graff mural, créé lors du festival de la BD de janvier 2014, a fait l'objet d'une pétition auprès de municipalité pour le conserver comme œuvre de street art[12].

Les murs peints[modifier | modifier le code]

Répartition des murs peints dans la ville[modifier | modifier le code]

Sur les vingt-sept murs peints que comptent actuellement le circuit, quatorze sont situés dans la zone où se déroulent la majorité des animations du festival[13]. La question est actuellement posée d'élargir le périmètre de ces œuvres, car si les murs peints sont devenus un marqueur de l’identité de la ville, ce n'est pas le cas pour les quartiers périphériques[6].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Liste des murs peints[modifier | modifier le code]

Titre Auteur Date Lieu
Avec le temps... François Schuiten 1998 Impasse Mestreau - Place du Champ de Mars
Blake et Mortimer André Juillard et Yves Sente 2000 Rue Saint-Roch
Boule et Bill Jean Roba 2001 Rue de Montmoreau
Chassez le naturel François Boucq 2000 Boulevard du docteur Duroselle
Cubitus Dupa 2000 Rue de Montmoreau
Gaston et Prunelle Franquin 1999 Rue Saint-Martial
Héros de la BD et de dessins animés Erró 1982 Ma Campagne
John Difool Mœbius et Jodorowsky  ? Rue Hergé
Kirikou Michel Ocelot 2013 rue de Saintes
L'Homme qui ne transpirait pas Ted Benoit  ? Place de l’Hôtel de Ville
La Fille des Remparts Max Cabanes 2004 Boulevard Pasteur
La Fresque du Défilé Turf 2014 boulevard Jean-XXIII
La Guitariste Loustal 2005 Place de la Madeleine
Le Baron Noir Yves Got et René Pétillon 1999 Rue Hergé
Le combat spatial Philippe Druillet 1985 Boulevard Wiston Churchill
Le Jardin extraordinaire Florence Cestac 2001 Rue Pierre Sémard
Les Pieds Nickelés Pellos 1999 Rue Louis Barthou
Lucky Luke Morris 2001 Avenue Gambetta
Mémoires du XXe ciel Yslaire 1999 Square Saint-André
Les Couilisses du théâtre Philippe Dupuy et Charles Berbérian 2006 Rue de Bélat
Natacha et P'tit bout d'Chique François Walthéry 1999 Rue de l'Arsenal
New York sur Charente Nicolas de Crécy 2001 Rue de la Grand-Font
Parcours Juillard André Juillard 1996 dans le « Vieil Angoulême »
Réalité, sortie de secours Marc-Antoine Mathieu 1999 Rue de Beaulieu
Sales mioches Olivier Berlion et Éric Corbeyran 2003 Rue Gambetta
Titeuf Zep 2005 Boulevard Pasteur
Un samedi à Malakoff Margerin 2000 Avenue Gambetta

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]