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Cinquième élargissement de l'Union européenne

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Cinquième élargissement de l’Union européenne
Image illustrative de l’article Cinquième élargissement de l'Union européenne
Pays prenant part à l’élargissement
  • Nouveaux membres
  • Les 15 anciens membres de l’UE

Type Élargissement de l’UE
Date
Participant(s) Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
Drapeau de Chypre Chypre
Drapeau de l'Estonie Estonie
Drapeau de la Hongrie Hongrie
Drapeau de la Lettonie Lettonie
Drapeau de la Lituanie Lituanie
Drapeau de Malte Malte
Drapeau de la Pologne Pologne
Drapeau de la Tchéquie République tchèque
Drapeau de la Roumanie Roumanie
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie
Drapeau de la Slovénie Slovénie

Le cinquième élargissement de l’Union européenne a lieu en deux temps, le et le et voit l’entrée de dix nouveaux États membres dans l’Union européenne en 2004, puis deux en 2007.

En 1989, les régimes communistes d’Europe s’effondrent, deux ans plus tard, l’URSS implose laissant derrière elle quinze États indépendants mais dans une situation politique, économique et sociale désastreuse. Ils entament alors une transition vers l’économie de marché, la démocratie et le rapprochement pour certains d’entre eux avec la Communauté économique européenne[1]. Le programme PHARE (Pologne Hongrie Aide à la reconstruction économique), initialement lancé en 1989 est l’un des instruments de pré-adhésion financés par la CEE puis l’Union européenne pour aider les pays candidats d’Europe centrale et orientale à mettre en œuvre les réformes économiques nécessaires à leur intégration[2].

Première phase

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Traité d'adhésion de la République de Lituanie à l'Union européenne.

L'acquis communautaire pour les dix pays candidats (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie, puis dans un second temps, Bulgarie et Roumanie) contient alors 3 000 directives et quelque 100 000 pages du Journal officiel de l'Union européenne à transposer. À ces acquis, s’ajoutent les critères de Copenhague que les pays candidats doivent respecter à partir de 1993 afin de prétendre à l’intégration européenne.

La décision d’intégrer d’abord dix nouveaux États membres, puis deux autres dans un second temps est prise au Conseil européen de Copenhague de 2002. Le traité d’adhésion de 2003 est signé le à Athènes et celui de 2005 à Luxembourg, entre les membres de l’UE et les dix pays adhérents. Les traités modifient également les principaux traités européens, y compris le vote à la majorité qualifiée du Conseil de l'Union européenne. Les traités sont ratifiés et entrent en vigueur le et le pour la Bulgarie et la Roumanie.

Neuf d’entre eux soumettent l’adhésion au vote populaire. Ce n’est cependant pas le cas de l’Union, ni de Chypre en raison de l’échec du référendum sur la réunification de l’ile juste avant l’adhésion de la totalité de l’ile de jure.

Seconde phase

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Timbre roumain célébrant l'adhésion des deux pays.

La Roumanie est le premier pays de l’Europe post-communiste à avoir des relations officielles avec la Communauté européenne. En 1974, un traité inclut la Roumanie dans le système généralisé des préférences commerciales de la Communauté. Depuis la révolution roumaine de 1989, l’adhésion est devenu l’objectif principal de chaque gouvernement roumain et de pratiquement tous les partis politiques. La Roumanie dépose sa demande officielle d’adhésion à l’UE en 1995 à la suite de la déclaration de Snagov[3]. Peu de temps après, la Hongrie et la Pologne la suivent. Deux chapitres ont empêché son adhésion en 2004, la situation économique et le sort des minorités Roms ; la Bulgarie a dû fermer ses réacteurs de la centrale nucléaire de Kozlodouy ; enfin les deux pays ont dû agir pour réduire drastiquement la corruption à tous les niveaux.

Dans le cadre des réunions d’intégration ont eu lieu entre les États membres de l’UE et la Bulgarie, un comité d’association a eu lieu le qui a confirmé l’ensemble des progrès pour la préparation de l’adhésion ; toutefois, il a souligné la nécessité de poursuivre la réforme des structures judiciaires de la Bulgarie, ainsi que la nécessité de poursuivre ses efforts pour lutter contre la corruption politique et le crime organisé[4],[5].

Conséquences économiques du cinquième élargissement de l'Union européenne et avantages après 20 ans d'adhésion à l'UE

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L’élargissement de l’Union européenne (UE) en 2004 et 2007 a soulevé de nombreuses questions et incertitudes. Beaucoup de personnes et certains partis politiques considèrent cet élargissement de l'UE vers l'est comme une menace pour le modèle social européen. Ce modèle social européen repose sur la promotion de l'emploi, l'amélioration des conditions de travail et de vie, le dialogue social, la réglementation sociale et du travail, la garantie de la protection sociale et la lutte contre l'exclusion sociale au sein de l'UE. L'élargissement de l'UE a également été associé au risque de dumping social et de pertes d'emplois. Cet élargissement a été instrumentalisé par certains politiciens qui ont présenté les délocalisations dans le cas des pays d'Europe centrale et orientale (PECO) (à l'exclusion de Malte et de Chypre) comme un « facteur crucial des pertes d'emplois dans l'industrie ». En réalité, il n’y avait pourtant aucun lien entre le dumping social et la délocalisation. Il en résultait une inégalité économique et sociale croissante entre les États membres existants de l'UE et les nouveaux États membres. Cela a été illustré par le niveau du salaire moyen dans les PECO en 2004, qui représentait à peine 26 % du salaire moyen dans l'UE-15.

Les pays membres de l’Europe des Quinze étaient incertains quant au cinquième élargissement de l'Union européenne, notamment quant à son impact économique. Selon le « Statistisches Bundesamt Deutschland », entre 2004 et 2008, les économies des dix nouveaux pays membres les plus avancés, ayant adhéré le 1er mai 2004, ont progressé de près de 23 %, tandis que celles des anciens États membres de l'UE-15 ont crû d'environ 8 %. Les taux de croissance des nouveaux États membres étaient les suivants : 38,8 % pour la Slovaquie, 30,5 % pour la Lituanie, 30,3 % pour la Lettonie, 25,6 % pour la République tchèque, 23,5 % pour l'Estonie, 23 % pour la Pologne, 22,2 % pour la Slovénie, 17,2 % pour Chypre, 15,3 % pour Malte et 9,9 % pour la Hongrie.

Après 20 ans d'adhésion à l'UE, l'Union européenne a fait preuve de prospérité. L’élargissement de l’UE a été associé à des évolutions positives en matière d’éducation, d’emploi, de protection de l’environnement et de la santé, de sécurité des produits, de gestion des déchets, de compétitivité industrielle, de relations commerciales, d’agriculture et de collaboration en matière de recherche entre l’UE-15 et l’UE-10. Après 20 ans, l'économie de l'UE a augmenté de 27 %. La production économique de Malte, de la Pologne et de la Slovaquie a plus que doublé. En 2004, 41 % des enfants des dix nouveaux États membres de l'UE étaient menacés de pauvreté, contre 17 % en 2024. L'élargissement de l'UE a entraîné une croissance du marché des produits alimentaires et agricoles. L'UE a réalisé d'importants investissements dans les infrastructures sous forme d'autoroutes, de gazoducs, de connectivité et de transports publics, ainsi que dans la recherche et l'innovation. Au cours des 20 dernières années, 40 % des pays de l'UE-10 ont réduit leur intensité énergétique. L'adhésion de ces dix nouveaux États membres a renforcé la puissance économique de l'Europe dans le monde.


Références

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Bibliographie

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  • (en) Jacques Rupnik et Jan Zielonka, The Road to the European Union : The Czech and Slovak Republics, vol. 1, Manchester University Press, coll. « Europe in Change », , 293 p. (ISBN 978-0-7190-6597-2, lire en ligne)
  • (en) Jacques Rupnik et Jan Zielonka, The Road to the European Union : Estonia, Latvia and Lithuania, vol. 2, Manchester University Press, coll. « Europe in Change », , 293 p. (ISBN 978-0-7190-6561-3, lire en ligne)
  • (ro) Mihai Berinde et Adriana Giurgiu, Aderarea României la Uniunea Europeană, Universității din Oradea, , 157 p. (ISBN 978-973-613-887-4)
  • (ro) Vasile Pușcaș, România spre Uniunea Europeană : negocierile de aderare, Institutul European, , 675 p. (ISBN 978-973-611-493-9)
  • Jan Babetskii, « L’adhésion des PECO à l’Union européenne et l’endogénéité des chocs d’offre et de demande », Économie & prévision, La Documentation française, no 163,‎ (ISSN 0249-4744, lire en ligne)
  • Nadège Ragaru, « Bulgarie 2003-2004 : Embellie économique, amertume à l’égard du pouvoir », Le Courrier des Pays de l’Est, La Documentation française, no 1044,‎ (ISSN 0590-0239, lire en ligne)
  • André Cartapanis, Audrey Koulinsky et Nadine Richez-Battesti, « L’hétérogénéité sociale de l’Union européenne après l’élargissement et la question des délocalisations », Revue économique, Presses de Sciences Po, nos 57/4,‎ 2006, p. 793-794, p. 814
  • Marie-Thérèse Bitsch, Histoire de la construction européenne de 1945 à nos jours, Complexe, , 360 p. (ISBN 978-2-8048-0021-5, lire en ligne)
  • Gérard Bossuat, Histoire de l’Union européenne : Fondations, élargissements, avenir, Paris, Belin, coll. « Belin sup. Histoire », , 411 p. (ISBN 978-2-7011-5250-9)
  • Bino Olivi (trad. de l'italien), L’Europe difficile : Histoire politique de la Communauté européenne, Paris, Gallimard, , 560 p. (ISBN 978-2-07-034575-5)
  • Jean-Louis Quermonne, Le système politique de l’Union européenne : des Communautés économiques à l’Union politique, Montchrestien, , 157 p. (ISBN 978-2-7076-0626-6)
  • Caroline De La Porte, « La dimension sociale de l’élargissement est-elle suffisamment prise en compte ? » , in : Christophe Degryse et Philippe Pochet (dir.), Bilan social de l’Union européenne 2000, ETUI – The European Trade Union Institute, 2001, p. 90-91. (ISBN 2-930143-91-6).
  • « The European Social Model », sur ETUC – European Trade Union, (consulté le )
  • Statistisches Bundesamt Deutschland, « Wirtschaft neuer EU-Staaten seit dem Beitrittsjahr um fast 23% gewachsen », Internet Archive, (consulté le ).
  • « 20 gemeinsame Jahre: Wie positiv sich die EU seit der Erweiterung entwickelt hat – Fakten und Zahlen », sur Europäische Kommission (consulté le ).

Compléments

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Articles connexes

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Liens externes

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