Cinéman

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Cinéman
Réalisation Yann Moix
Scénario Yann Moix
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 90 minutes
Sortie 2009

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Cinéman est un film français réalisé par Yann Moix, sorti le .

Synopsis[modifier | modifier le code]

Régis Deloux, un professeur de mathématiques de Montreuil-sous-Bois, a subitement le pouvoir de voyager dans les films après s'être fait piquer par une broche. Ce qui lui permet de rencontrer la femme dont il rêve. De film en film (Pour une poignée de dollars, Tarzan, Robin des Bois, Orange mécanique...), il doit sauver Viviane que l'ignoble Douglas Craps a enlevée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Références cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le film fait de nombreuses références à la cinématographie.

D'autres films furent détournés, sur les affiches promouvant le film (sans compter Orange Mécanique) où le rôle-titre est présent avec les mêmes postures mais déguisé en Harold Lloyd, Robin des bois ou Zorro pour provoquer un décalage :

L'affiche principale présentant Régis Deloux en Tarzan a comme accroche « Cet homme est professeur de mathématiques », référence à Ceci n'est pas une pipe, soit un commentaire absurde par rapport à l'image.

Production[modifier | modifier le code]

Yann Moix attribue l'échec du film à plusieurs problèmes qui se déroulèrent durant la production même si il en porte la responsabilité.

Ainsi il envisagea comme acteurs initiaux Benoît Poelvoorde (qui tomba en dépression et eut des problèmes d'emploi du temps), Albert Dupontel (qui fut déçu que le scénario l'aurait oublié) et Jean Dujardin (indisponible). Poelvoorde était l'acteur vraiment voulu, c'est d'ailleurs pour cela qui le film est franco-belge. Il se rabattit sur Frank Dubosc, même si plusieurs acteurs refusèrent ensuite de collaborer avec lui.

Le tournage cumule les catastrophes : Dubosc eu une mauvaise chute nécessitant 25 points de sutures, Lucy Gordon faillit se noyer, une tempête de sable exceptionnelle à Almeria, la mésentente nationaliste avec l'équipe technique, la mésentente entre Pierre-François Martin-Laval et Frank Dubosc ainsi que la crise cardiaque du chef-opérateur qui nécessita son remplacement.

Le film ayant été très mal reçu par les producteurs de Pathé ainsi que par l'équipe du film, Yann Moix songea à faire un collage avec des films libres de droits, dans l'esprit de Guy Debord dixit Moix, qui finalement décida de faire entièrement de réécrire et redoubler le film déjà tourné. Même si la post-production et la synchronisation labiale est décriée[1],[2].

Réception[modifier | modifier le code]

Accueil du public et fréquentation[modifier | modifier le code]

Pour son premier jour d'exploitation, le film réunit 44 200 spectateurs pour une combinaison (conséquente) de 465 salles. À sa première semaine d'exploitation, le film se classe en 8e place du box-office. Après 2 semaines, 274 475 spectateurs ont vu le film[3], qui se classe à la quatorzième place du box-office français[4]. Les premiers résultats du film sont donc jugés très décevants[5]. Le film disparaît du top 20 des entrées France en 3e semaine[6].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

L'accueil critique du film est particulièrement sévère. Le Monde décrit un « résultat catastrophique », « dépourvu de liant et de dramaturgie »[7]. France Info déplore « l'absence de scénario »[8]. Pour Télé 7 jours, c'est « une suite de saynètes artificielles et gentiment indigestes »[9]. Le Nouvel Observateur dénonce « un jeu de massacre », dans lequel « les gags sont ratés et la postsynchronisation déraille sévèrement »[10]. L'Express, qui parle de « massacre consciencieux », relève le problème de postsynchronisation, le jeu outré de Franck Dubosc et l'absence de rythme[11]. Xavier Leherpeur, de Studio Ciné Live dénonce une « honte absolue », à la postsynchronisation « dégueulasse », portée par un Franck Dubosc à la vulgarité « à faire passer Jean-Marie Bigard pour un candidat à l'Académie française »[12]. Le critique de Télérama accuse « l'ineptie générale et le filmage à la truelle qui va avec », ne se souvenant pas « avoir vu un film aux couleurs aussi laides, techniquement aussi faible »[13]. Les Inrockuptibles parlent d'un bâclage, et soulignent « la débilité intrinsèque de son histoire, l’absence de rigueur absolue de son récit »[14]. La Voix du Nord évoque un film qui « transpire l'humour gaulois, celui qui sent fort le rance »[15]. Le Journal du dimanche parle d'un « massacre », « prétentieux et insupportable »[16]. Plus nuancé, Le Parisien évoque un film « parfois très drôle, parfois tout à fait raté », qui « suscite une certaine tendresse »[17].

Les seules critiques réellement enthousiastes viendront de l'hebdomadaire Marianne (« un formidable sacrilège que ce film, qui malaxe les grands titres de cinéma et rend hommage à l'illusion »[18]) ainsi que du Figaro (« rien ne ressemble à cette comédie d'amour déjantée, divertissante et réjouissante »[19]), deux journaux dans lesquels a écrit Yann Moix. Le film bénéficiera également d'une pleine page d'éloges dans Le Point, sous la plume de Bernard-Henri Lévy qui s'était fait le « découvreur » de Yann Moix à ses débuts, et avec qui il partage la même maison d'édition, Grasset. Le philosophe y évoque « le spectacle le plus impressionnant qui nous soit donné de voir ces jours-ci » et même « un film qui fera date », convoquant Auguste Comte et Hegel pour appuyer son analyse[20]. Les hebdomadaires Télérama et Le Nouvel Observateur s'interrogeront sur la valeur de ces éloges en les qualifiant de « renvoi d'ascenseur »[21],[22]. Yann Moix avait en effet été l'un des très rares journalistes à défendre le film Le Jour et la Nuit de BHL lors de sa sortie, et en fit encore un éloge vibrant 13 ans plus tard dans les bonus du DVD. Les deux films seront d'ailleurs souvent comparés par les critiques et les médias, et ont, entre autres, en commun l'implication de la famille Enthoven, éditeurs de Moix et BHL, Jean-Paul Enthoven étant coscénariste du film de BHL, et son fils Julien Enthoven jouant dans Cinéman. Yann Moix a lui-même admis dans une interview à Technikart[23] que la critique de BHL était un renvoi d'ascenseur : « Que Bernard Henri-Lévy me vienne en aide, c'est l'ultime catastrophe du film. Je lui demande de faire une bonne critique. C'est maladroit et personne n'est dupe, d'autant que j'avais écrit un bon article sur son film Le Jour et la Nuit qui avait été massacré partout. »

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Le film a été primé deux fois sur trois nominations lors des Gérard du cinéma 2010, qui eut lieu le 10 mai 2010 au théâtre Michel, Franck Dubosc pour le Gérard du désespoir masculin[24] et le film lui-même pour le Gérard du plus mauvais film.

Autour du film[modifier | modifier le code]

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De nombreuses rumeurs circulent sur les raisons réelles du départ de Poelvoorde très peu de temps avant le début du tournage (problèmes psy, surconsommation de drogues et d'alcool, désintérêt pour un film mal préparé, impression de servir un film au scénario faible financé sur le seul nom du réalisateur).[réf. nécessaire]

Ces rumeurs sont amplifiées par deux phénomènes contradictoires. D'un côté, Moix et Poelvoorde sont, par contrat, tenus au silence quant à l'objet de leur désaccord[réf. nécessaire]. De l'autre, ils amplifient leur désaccord au travers des médias dans lesquels ils sont tous deux très présents. Moix tient en effet une rubrique régulière dans Voici, ce qui lui permet de faire des révélations indiscrètes sur le comédien belge[25]. Poelvoorde, quant à lui en promo pour plusieurs films à gros budget ne se prive pas d'étaler son désamour pour le réalisateur de Podium.[réf. nécessaire]

Certains rôles ont évolué au cours du projet : l'adversaire de Dubosc est finalement Pierre-François Martin-Laval, dit « Pef » des Robins des Bois à la place de Jean-Paul Rouve, et l'héroïne qui devait être incarnée par Julie Depardieu est finalement jouée par Lucy Gordon (Les Poupées russes, Spider-Man 3). Elle est entièrement doublée pour l'occasion.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Rose pourrie du Caire », sur Nanarland,
  2. « Yann Moix : les dessous de la catastrophe Cinéman », sur Tecknikart,
  3. http://www.cine.voila.fr/box-office
  4. http://www.allocine.fr/boxoffice/boxofficedetail_gen_pays=5001.html?date=2009-11-04
  5. http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/box_office
  6. http://www.allocine.fr/boxoffice/boxofficedetail_gen_pays=5001.html?date=2009-11-11
  7. « "Cinéman" : projet séduisant, résultat catastrophique », Le Monde.
  8. « "Cinéman" de Yann Moix : la déception », critique audio du film sur France Info.
  9. Extrait de la critique du film Cinéman dans Télé 7 Jours, citée sur Allocine.fr.
  10. Extraits de critiques du film Cinéman, citées sur Premiere.fr.
  11. « Cinéman, massacre consciencieux », critique du film dans L'Express.
  12. "Le Masque et la plume", France Inter,
  13. http://www.telerama.fr/cinema/les-aventures-de-bhl-critique-de-cine,48955.php
  14. http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/article/cineman/
  15. http://www.lavoixdunord.fr/Cinema/2009/10/28/article_yann-moix-tombe-du-podium-un-ringard-en.shtml
  16. http://www.lejdd.fr/Culture/Cinema/Actualite/Cineman-l-avatar-de-Yann-Moix-144854/
  17. http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/cineman-curieux-28-10-2009-690769.php
  18. http://www.allocine.fr/film/revuedepresse_gen_cfilm=124373.html
  19. http://www.lefigaro.fr/cinema/2009/10/24/03002-20091024ARTFIG00135--le-match-micmacs-cineman-.php
  20. « Pour une poignée de films : Yann Moix », critique du film dans "Le Point"
  21. « Les aventures de BHL critique de ciné », critique du film par "Télérama"
  22. http://bibliobs.nouvelobs.com/20091106/15710/le-sur-moix-de-bhl
  23. http://www.dirprod.fr/index.php/2013/07/10/714-yann-moix-les-dessous-de-la-catastrophe-cineman
  24. http://www.lapageculture.com/2010/05/les-gerards-du-cinema-celebrent-franck-dubosc/
  25. Interview de Yann Moix sur RMC 10 janvier 2008 : [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]