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Noir et blanc

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Maison
Maison néerlandaise photographiée à la fin des années 1970 sans couleurs.

L'expression « noir et blanc » (N&B) désigne des techniques dans les domaines de la photographie, du cinéma et de la télévision.

Elle peut se rapporter à une image comportant, outre le noir et le blanc, tous les gris intermédiaires, en niveaux de gris, le terme de grisaille est utilisé en peinture.

Elle peut désigner aussi une image ne comportant que le noir utilisé comme encre sur le papier blanc, dite au trait ou litho en imprimerie, par opposition aux demi-teintes ou simili qui utilisent une trame pour obtenir, avec les mêmes moyens techniques, des gris intermédiaires.

En esthétique, « en noir et blanc » peut désigner péjorativement une représentation sans nuances.

Colorimétrie

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Le noir et le blanc sont considérés ou non comme des « couleurs » selon la discipline : imprimerie, photographie, physique, peinture, théorie de la perception.

Un blanc, en synthèse additive, est constitué par la réunion, dans une proportion particulière, de toutes les longueurs d'onde du visible. Il existe autant de blancs que de températures de ce corps, le blanc « solaire » étant celui à 6 300 K.

Par extension, le blanc est le panachage des longueurs d'onde où l'œil ne peut distinguer un vrai blanc d'une température quelconque : l'œil n'est en effet sensible qu'à trois pics de longueur d'onde ; à partir de ces pics, il donne à la conscience une information de couleur.

Le « noir » (également en synthèse additive) est l'absence de couleurs, soit de tout rayonnement visible reçu par l'œil.

Le « gris » comprend les « couleurs » (nuances) jugées comme intermédiaires. Un très grand nombre de gris de même luminosité et de teinte distincte existe, selon la température de couleur considérée pour le blanc de référence.

Représentation

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On parle généralement de « noir et blanc », ou N&B[1], pour des reproductions de couleurs qui ne sont pas connectées à un service de colorimétrie (maxilum en latin)[réf. souhaitée].

Le Yin et le Yang.
Fresque illusionniste d'Andrea del Sarto au cloître du Scalzo, Florence.

Le retable illustre la valeur symbolique du noir et blanc, en tant que renoncement à la couleur. Le retable est normalement fermé, ses portes sont extérieurement décorées en « grisaille ». Lorsqu'on l'ouvre, l'intérieur forme un triptyque peint en couleurs.

Le concept et le symbole les plus connus du « noir et du blanc » sont le Yin et le Yang ; ces deux couleurs sont utilisées ensemble pour symboliser une complétude femme/homme, un absolu, une dualité totale, etc.[2]

Le symbole est utilisé dans tous les aspects de la vie et de l'univers, principalement, dans la poésie et la littérature, mais surtout dans la fantasy comme principe fatidique et inévitable de l'âme sœur.

Le symbole est aussi représenté dans le tao, les pièces du jeu d'échecs, les pierres du jeu de goetc.[3]

En peinture contemporaine, le noir et le blanc permettent de donner l'impression de lumière, de créer les contrastes et peuvent représenter le passé, bien que les monochromes l'utilisent.

Pendant la Renaissance, les « grisailles » permettaient d'ébaucher les structures peintes avant leur colorisation (pour le vitrail en dessin préalable ombré, en peinture vénitienne avant l'application des glacis). Certains peintres comme Andrea del Sarto utilisaient des teintes oscillant entre le blanc et le noir, pour simuler la sculpture par le trompe-l'œil.

Photographie

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Le noir et blanc en argentique

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Augusto De Luca, Rome 1996.

L'invention de la photographie noir et blanc, dès la fin du XIXe siècle, a précédé l'apparition des pellicules en couleur. Elle a bouleversé la perception des couleurs et perpétué la domination du noir et blanc dans le monde des images.

Les premières photographies sont en noir et blanc ; au XXe siècle, elles permettent aux artistes de découvrir de nouveaux effets optiques et de distinguer le monde en noir et blanc de celui en couleurs. La photographie noir et blanc était considérée comme précise ; la photographie en couleur apparaissait moins fiable. Cette domination du noir et blanc imprègne les mentalités à partir de la photographie noir et blanc[4].

Aujourd'hui, le noir et blanc reste une technique photographique utilisée pour créer un fort contraste, accentuer certains détails ou certaines parties.

Son emploi est courant pour le portrait. Par exemple, le photographe Nadar a montré comment rendre le caractère d'un visage, à une époque où la photographie en couleurs n'existait pas encore.

Un autre photographe, Simon Marsden, est spécialisé dans les photos de lieux « hantés » : il a adopté la photographie en noir et blanc pour rendre ses photos plus « surnaturelles ».

Le noir et blanc en numérique

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Les appareils photo numériques permettent de prendre des photos en noir et blanc.

Ce mode donne parfois de meilleurs résultats qu'une photo couleur transformée en post-traitement sur ordinateur ; le processeur d'image optimise les caractéristiques de la prise de vue : meilleur rendu des bords de silhouette, en particulier.

De l’invention du cinéma aux années 1950, les films étaient tournés en noir et blanc ; les pellicules couleur sont apparues au début des années 1930. Le changement d’un mode à l’autre s’est fait pour des raisons esthétiques et économiques (les coûts baissant). Les films tournés actuellement en noir et blanc, minoritaires, le sont pour un effet esthétique ou graphique.

En 1928, l'entreprise américaine Technicolor met au point un procédé de prise de vues à trois pellicules panchromatiques (noir et blanc) disposées dans une même caméra à un seul objectif, dont les photogrammes sont obtenus par filtrage trichrome. Ce procédé photographique est bien du noir et blanc ; le tirage ultérieur des copies, par imbibition, s'apparente plus à l'imprimerie trichrome qu'aux procédés photographiques ; il explique la longévité qualitative des films Technicolor.

Le premier film tourné avec ce procédé est Le Viking de Roy William Neill. Les grands studios restent méfiants ; la même année, le cinéma parlant apparaît sans susciter leur engouement). Walt Disney signe avec Technicolor un contrat d'exclusivité de cinq ans et sort en 1932 le premier film d'animation en couleurs, Des arbres et des fleurs, dans la série des Silly Symphonies. Devant le succès, ses concurrents font pression sur Technicolor pour ramener l'exclusivité à un an et se lancent dans la production de films en couleurs ; le procédé est encore onéreux et réservé à des productions de prestige. En 1939, Le Magicien d’Oz utilise le passage du noir et blanc (teinté en sépia) au Technicolor pour marquer le passage de la réalité au rêve.

Certains cinéastes choisissent le noir et blanc de façon ponctuelle, comme Alfred Hitchcock pour Psychose (1960). Il pensait en effet que la couleur aurait un rendu trop « gore » en raison des éclaboussures de sang dans la scène de la douche[5],[6]. Le studio lui avait alloué un budget modeste, aucune vedette, (à part Janet Leigh qui disparaît très tôt) et une équipe technique restreinte. Enfin, le noir et blanc correspondait à l’atmosphère mystérieuse et effrayante qu’il voulait ; son compositeur, Bernard Herrmann dit : « une musique en noir et blanc pour accompagner un film en noir et blanc racontant une histoire noire et blanche »[7].

En France, la couleur s'est imposée tardivement ; La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry est en noir et blanc mais comporte une fin en couleurs. Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) de Jean Girault est en couleurs mais débute par une introduction en noir et blanc[8].

Utilisation du noir et blanc dans le cinéma

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If.... (1968), film britannique de Lindsay Anderson, utilise l'alternance de la couleur et du noir et blanc pour illustrer la différence entre le réel et l'imaginaire.

Le film de David Lynch Elephant Man (1980) a été tourné en noir et blanc afin d'accentuer l'aspect dramatique du sujet, tout en créant une atmosphère rappelant les films fantastiques de la Hammer.

Woody Allen a tourné plusieurs de ses films en noir et blanc, dont Manhattan (1979), Broadway Danny Rose (1984), Celebrity (1998) et Ombres et Brouillard (1991).

François Truffaut a tourné son dernier film, Vivement dimanche ! (1983), en noir et blanc en hommage au film noir, alors que certains de ses films précédents l'avaient été pour des raisons budgétaires. Parmi les autres réalisateurs français ayant volontairement choisi le noir et blanc, on peut citer Leos Carax (Boy Meets Girl), Luc Besson (Le Dernier Combat, Angel-A)...

En 1992, le noir et blanc accentue le côté (faux) documentaire de C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde.

Steven Spielberg a déclaré qu’il était impossible de montrer l’Holocauste en couleurs, car tout ce qu’il en avait vu, au travers des documents d’archive, était toujours en noir et blanc : il a donc choisi de tourner La Liste de Schindler (1993) en noir et blanc.

Tim Burton a opté pour le noir et blanc pour réaliser Ed Wood (1994), biopic d'un réalisateur de séries Z (la plupart en noir et blanc).

Sin City (2005) est en noir et blanc pour des raisons esthétiques et artistiques et parce que le film rend hommage aux bandes dessinées en noir et blanc dont il est tiré. Quelques touches de couleur sont toutefois présentes, comme le rouge (le symbole du sang, de l’amour, de la passion et de l’érotisme), le vert (symbole du hasard et de la liberté), et le jaune (représentant la trahison, la richesse et la haine).

The Artist (2011), film français muet et en noir et blanc, a obtenu plus de cent récompenses, remportant notamment trois Golden Globes, sept BAFTAs, six César, un Goya et cinq Oscars.

En 2013, Alexander Payne choisit le noir et blanc pour son film Nebraska. Ce choix esthétique est qualifié par le producteur Albert Berger d'« emblématique »[9]. Il existe une version en couleurs, exigée par le distributeur Paramount Vantage pour des sorties postérieures, dont le cinéaste souhaité qu'elle ne soit « jamais vue par personne »[10].

Henri Verneuil s'est félicité de la post-colorisation de plusieurs de ses films dont La Vache et le Prisonnier, expliquant qu'il les aurait tournés alors en couleurs s'il avait disposé du budget et des moyens techniques[11].

En 2016, Mad Max: Fury Road ressort en Blu-ray et DVD en une édition noir et blanc. Le réalisateur George Miller déclare qu'il avait voulu dès le départ tourner ce film en noir et blanc, mais qu'il avait été tourné en couleurs par décision des producteurs[12].

Télévision

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Comme pour la photographie et pour les mêmes raisons (technique et maîtrise de rendus), le noir et blanc en télévision précéda la couleur, du début des années 1950 au milieu des années 1960. Le prix des téléviseurs en couleurs aurait dissuadé trop d'acheteurs.

La simplicité du noir et blanc, tant du point de vue technique que de celui de la perception, a permis des expérimentations comme celles de Jean-Christophe Averty.

Le noir et blanc est utilisé ensuite en vidéographie, en vidéo d’auteur ou d’amateur notamment, et comme effet télévisuel.

Vision en noir et blanc

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Deux femmes, une habillée en noir, l'autre en blanc, au temple du clan Chen à Canton.

Les personnes atteintes d'achromatopsie n'ont aucune vision des couleurs. Leur vision provient essentiellement des bâtonnets, alors que les cônes ne fonctionnent pas. Leur vision est donc en nuances de gris. Les photographies en noir et blanc ou le cinéma en noir et blanc donnent une bonne approximation de leur vision.

Bibliographie

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  • Philippe Bachelier , « Le noir et blanc en numérique. Méthodes et outils de pros », dans : Réponses Photo , n° 291, , pp. 22-38.

Notes et références

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  1. « Éducation artistique et culturelle : Abréviations et sigles, lettre N », sur Académie de Créteil, (consulté le ).
  2. Georges Ohsawa, Le cancer et la philosophie d'Extrême-Orient, éd. Vrin, Paris, 1991, p. 182 (ISBN 9782711642717)
  3. Elisabeth Papineau, « La culture arrogante du go [Le weiqi, une façon chinoise de voir le monde] », Perspectives Chinoises, vol. 62, no 1,‎ , p. 45–56 (DOI 10.3406/perch.2000.2569, lire en ligne, consulté le )
  4. Michel Pastoureau, Noir. Histoire d'une couleur, Paris, Seuil, , 210 p. (ISBN 978-2-02-049087-0), p. 178
  5. (en) Psycho Voted Best Movie Death - CBS News, 20 mai 2004.
  6. (en) Getting Hitched: Alfred Hitchcock films released on digital video disks - USA Today, juillet 2001.
  7. Dominique Auzel, Alfred Hitchcock, éditions Milan, Toulouse, 1997, p. 47.
  8. AlloCine, « Le Gendarme avec De Funès : pourquoi le début est en noir et blanc ? », sur AlloCiné (consulté le )
  9. (en) Jaci Webb, « Nebraska filming attracts local actors, gawkers », Billings Gazette, nov. 2012.
  10. (en) Maane Khatchatourian, « Alexander Payne Hopes No One Ever Sees Nebraska in Color », sur Variety, nov. 2013.
  11. « Une première européenne Un film d'Henri Verneuil " colorisé " », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. David Fakrikian, « Tout ce qu'il faut savoir sur la version de Mad Max en noir et blanc », Première,‎ (lire en ligne, consulté le )

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